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Destination Univers, anthologie dirigée par Jeanne-A Debats & Jean-Claude Dunyach

14 Août

Destination UniversQuatrième de couverture

Qui n’a pas rêvé des étoiles ?
Franchir le seuil de la lumière, foncer dans l’hyperespace par des chemins secrets, filer au cœur des astres mourants, plonger dans la chevelure des nébuleuses et s’aveugler à la lumière des supernovæ ; rêver parce que le ciel au-dessus de nous est à la fois fascinant et irrésistible.
Mais la navette Atlantis a atterri et ne repartira plus, le ciel nous est désormais fermé .
Huit auteurs ne se sont pas résignés, ils ont pris leur envol dans cette anthologie. Ils nous ont chanté les planètes lointaines et les océans spatiaux, les stations orbitales et les vaisseaux rutilants sous des étoiles inconnues. Ils ont peuplé l’univers immense de dangers incommensurables, d’aventuriers exceptionnels, d’intelligences artificielles, de civilisations oubliées et de trésors fabuleux.
Parce que, même si le ciel nous est fermé, il nous reste le rêve.
Et qu’on ne rêve jamais assez.

Mon avis

En matière de romans et nouvelles, la science-fiction n’est pas vraiment ma tasse de thé. Je préfère voir les grandes épopées de vaisseaux spatiaux dessinées (en BD, manga ou film) plutôt que décrites à grands renforts de termes techniques et d’explications scientifiques. Que voulez-vous, je suis littéraire jusqu’au bout des ongles ! ^^ Mais je ne suis pas non plus une réfractaire – ainsi j’ai adoré les 2 premiers volumes de Dune de Frank Herbert, apprécié les nouvelles d’Arthur C. Clarke (par contre, la lecture de 2001: odyssée de l’espace reste un mauvais souvenir).  Simplement, à cause de ma crainte de me retrouver noyée dans un récit scientifico-technique, j’ai tendance à m’approcher du genre avec circonspection.

Sauf si la 4e de couv’ me promet un récit attirant, dépaysant, apportant tant réflexion que divertissement, comme ce fut le cas avec Dune. Et Destination Univers, justement, promettait tout cela. Aussi n’ai-je pas hésité à me procurer l’ouvrage !

Cette anthologie a été publiée par Griffe d’Encre à l’occasion du Festival Zone Franche de Bagneux, qui portait sur ce thème cette année. Elle rassemble des plumes confirmées et d’autres plus « jeunes », mais la différence ne se sent pas à la lecture, l’écriture étant parfaitement bien maîtrisée dans chaque nouvelle. Voilà pour l’avis global, s’agissant d’une anthologie, je vais détailler mes impressions texte par texte :

Les Tiges de Thomas Geha : un récit poignant, dramatique même, où l’humanité n’est plus qu’un jouet dans la guerre qui oppose deux espèces extraterrestres. J’ai apprécié l’univers développés par l’auteur, les explications biologiques et les termes techniques inventés sont bien amenés et assez clairs, bref une bonne entrée en matière qui m’a poussée à poursuivre ma lecture quoi qu’il arrive !

Évaporation et sublimation d’Anthony Boulanger : premier coup de coeur. Une histoire qui tient plus de la poésie, du mythe mâtiné de science-fiction que l’inverse. En fait, je pourrai même parler de cosmogonie. J’ai adoré ce texte à cause de cet aspect et son écriture apporte également beaucoup à la poésie de l’histoire.

Le Bal des méduses de Célia Deiana : au titre je m’étais dit : « chouette ! encore un texte empreint d’une certaine poésie, d’un certain onirisme » Du coup, lors de la première page, j’étais un peu déçue que ce ne soit pas le cas. Je me suis tout de même laissée emporter par ce court mais beau texte, poignant, et dont la chute m’a autant ravie que serré le coeur. Inutile de préciser que la petite déception des premières lignes a eu vite fait de s’envoler !

Sleeping Beauty d’Anne Fakhouri : là aussi le titre est trompeur, puisqu’il s’agit en fait du nom du vaisseau à bord duquel l’action débute. Une histoire assez classique, mais qui embarque jusqu’au bout, avec des traits d’humour et une fin qui laisse le lecteur poursuivre l’histoire au-delà. Classique peut-être, mais plaisant à lire, assurément.

Le Gambit de Hunger d’Olivier Gechter : une histoire de duel entre une chasseuse de primes et sa proie, où le chassé ne l’est pas forcément. Le tout avec une IA et un jeu d’échecs, comme le titre le laisse présager. C’est le texte que j’ai le moins aimé, à cause du jeu d’échecs, car n’étant pas très familière avec les termes techniques de ce jeu, j’ai l’impression d’avoir manqué des subtilités dans l’histoire.

Le Marathon des trois lunes d’Aurélie Ligier : attention, coeurs sensibles, attachez vos ceintures et cachez vos yeux ! Aurélie Ligier nous emmène dans un texte violent, qui fait remonter les plus bas instincts à cause d’une bactérie. L’écriture et la narration parviennent (trop) bien à instaurer le malaise chez le lecteur. En tout cas, ça a bien fonctionné sur moi. Une histoire terrible et sanglante.

Les Dieux bruyants de Laurent Genefort : heureusement que cette nouvelle est placée juste après le texte d’Aurélie Ligier ! Après tant de violence, une bouffée d’optimisme et de poésie était la bienvenue et Laurent Genefort nous l’offre avec cette belle histoire d’extraterrestres intelligents qui communiquent par la couleur changeante de leur peau. Les différentes termes désignant la faune et la flore de cette planète ne m’ont pas dérangée du tout, bien qu’ils soient nombreux et tous inventés. J’ai vraiment aimé les particularités de cette espèce dont la culture se base sur le récit de mythes et d’histoires. Le texte en lui-même est une fable écologique teintée d’espoir, malgré des passages difficiles où l’on a le coeur serré devant tant de cruauté humaine, avec une fin qui laisse planer autant d’espoir que de crainte. C’est avec regret que je suis passée au texte suivant et ai quitté les charmants pilas. Les Dieux bruyants est mon deuxième coup de coeur.

Le Khan Mergen d’Olivier Paquet : l’anthologie se clôt avec ce texte qui parvient à merveille à retranscrire tant l’émerveillement provoqué par un ciel étoilé que la culture mongole placée dans un contexte futuriste. Bien que mes connaissances en la matière soit rudimentaire, si jamais l’auteur a inventé des aspects culturels, tout est écrit de telle manière, et l’ambiance si bien instillée que rien de tel ne paraît. L’histoire évoque également le dépassement d’un certain conditionnement, d’une habitude de vivre. Et, apparemment, l’univers évoqué par l’auteur sera développé dans une série de romans à paraître. Ayant beaucoup apprécié cette nouvelle (c’est mon troisième coup de coeur), je pense que je lirai les romans aussi à leur parution !

Destination Univers a donc tenu toutes ses promesses et j’ai passé un excellent moment de lecture, au milieu des étoiles 🙂

Destination Univers
Anthologie dirigée par Jeanne-A Debats et Jean-Claude Dunyach
Éditions Griffe d’Encre, 2012, 240 pages.

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3 Commentaires

Publié par le 14 août 2012 dans Lecture

 

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3 réponses à “Destination Univers, anthologie dirigée par Jeanne-A Debats & Jean-Claude Dunyach

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