RSS

Brendan et le secret de Kells, Tomm Moore

27 Nov

Dans mon premier billet sur les bibliothèques du monde, j’évoquais l’Irlande et le livre de Kells, précieux manuscrit visible à Dublin. Je vous avais aussi mentionné qu’un long-métrage d’animation s’était inspiré de ce bel ouvrage, chroniqué par Claire sur le site de Fées Divers.

A mon tour, j’ai pu visionner ce film et puisqu’il y est question d’enluminures, de conception d’un manuscrit et des outils nécessaires à son écriture (plume, encre, savoir-faire), je me suis dit qu’un billet sur ce blog ne serait pas hors thème ! 🙂 D’ailleurs, je pense que je parlerai de temps en temps par ici de films consacrés aux livres ou à la lecture 😉

Mais revenons-en à Brendan et le secret de Kells ! The Secret of Kells, qui est son titre en V.O., est le fruit d’une production française, belge et, bien sûr, irlandaise. On suit l’histoire de Brendan, jeune apprenti moine vivant à Kells sous l’autorité de son oncle, abbé des lieux. Nous sommes au IXe siècle et le pays subit les invasions régulières de vikings, qui pillent et tuent tout sur leur passage. Craignant qu’ils ne s’attaquent à Kells, l’abbé ordonne la construction d’un mur. Un jour arrive un frère de l’île d’Iona, seul rescapé avec son chat du massacre de sa communauté. Il a également sauvegardé un trésor : un manuscrit magnifiquement enluminé mais non achevé. Brendan, fasciné par la beauté de l’ouvrage et désireux de réaliser lui aussi des enluminures, part en forêt à la demande du frère d’Iona, pour lui fournir de quoi fabriquer de l’encre verte. C’est là qu’il rencontrera Aisling, enfant-fée, esprit des bois, mais aussi le Crom Cruach, créature redoutable et incarnation de ses peurs.

Basé sur des faits historiques – l’île d’Iona a bien été habitée par Saint Colomba et victime d’invasions nordiques ; certains historiens pensent que le livre de Kells y a été rédigé – le film est un bel hommage au livre. Un personnage dit que le monde a besoin de livres pour garder espoir, plusieurs fois il est fait mention que le livre de Kells sert à repousser les ténèbres de sa lumière… L’imagination et l’acte de dessiner (ou d’écrire) sont également encensés, notamment lors de la confrontation de Brendan avec ses peurs. Le long-métrage montre aussi très bien l’acte d’enluminure. Il y a la conception de l’encre, qui fait très labo de chimie mais rappelle les trésors d’ingéniosité dont faisaient preuve les moines à l’époque pour obtenir les couleurs désirées. Egalement, l’importance de la qualité de la plume et de celle de l’oeil ! Il n’y a qu’à voir les multiples petits détails des dessins des manuscrits enluminés pour se dire que les moines chargés de cette tâche alliaient doigté précis et oeil perçant !

Extrait de Brendan et le secret de Kells © Cartoon Saloon

Le style du dessin en lui-même n’est pas sans évoquer ces mêmes manuscrits enluminés. Je dis bien évoquer, non calquer. Mis à part les scènes montrant les pages du livre de Kells, qui reproduisent admirablement bien les enluminures que l’on peut admirer au Trinity College, le dessin s’inspire des enluminures sans les copier. Ainsi, les perspectives peu respectées, les formes des arbres et des végétaux rappellent les perspectives fantaisistes et les vrilles végétales des dessins des moines. Le style, peu courant, peut d’ailleurs en dérouter plus d’un, mais pour ma part, j’ai trouvé que cette originalité (sans compter les inspirations tirées des manuscrits) donnait tout son charme au long-métrage.

A noter aussi l’intéressant mélange de féerie, de tradition celtique (avec les légendes des esprits de la forêt, de respect de l’animal car esprit des bois) et de religion, le tout en toute harmonie. Que ce soit le loup blanc, incarnation de la fée, qui sauve le livre de Kells, livre religieux, m’a beaucoup plu. Les Vikings, quant à eux, sont dépeints sous des formes floues, noires et rouges, tels des créatures surnaturelles et maléfiques. Brendan et le secret de Kells étant également un film pour enfants, cette symbolisation de l’ennemi n’est guère étonnante. Mais les plus grands apprécieront aussi, le film fourmillant de plusieurs détails symboliques pas toujours décryptés au premier abord.

Enfin, la musique signée Bruno Coulais achève de faire de ce long-métrage un petit bijou d’animation à voir au moins une fois dans sa vie. Et encore plus si l’on est un(e) amoureux(se) des livres ! 🙂

The Secret of Kells
Réalisé par Tomm Moore, scénario de Fabrice Ziolkowski et Tomm Moore, 2009, 1h15

Bande-annonce

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le 27 novembre 2012 dans Livres animés

 

Étiquettes : , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :