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Niourk, Stefan Wul

13 Fév

Niourk de Stefan WulMon avis

Pas de quatrième de couverture pour cet avis de lecture pour la simple raison que, mon ouvrage étant édité par Folio Junior édition spéciale, la quatrième de couverture est en fait à l’envers. Elle propose de commencer par la fin pour répondre à des tests, faire des jeux, découvrir des extraits d’oeuvres, le tout en lien avec le roman et dans le but d’approfondir sa lecture. Tous ceux qui sont de ma génération se souviendront bien de cette collection et comprennent ce que je veux dire 😉

Je me charge donc de résumer l’histoire : dans un monde ravagé, les océans se sont asséchés jusqu’à devenir des lacs immenses. L’homme, cinq cent ans après cette catastrophe, a repris des habitudes datant de la préhistoire : la chasse, la peur des prédateurs, le respect empli de crainte envers les choses et bâtiments laissés par les dieux. Choses et bâtiments qui ne sont autres que les ruines de la civilisation et dont la signification est perdue depuis longtemps. L’enfant noir, qui vit dans la tribu de Thôz mais est rejeté de tous à cause de son aspect, va suivre courageusement le Vieux dans la ville des dieux. Et, au fil de ses aventures et découvertes, acquérir une puissance et un savoir qui pourrait bien lui valoir l’admiration de toute la tribu.

Ce court roman a été écrit par un auteur qui, contrairement à ce que son pseudo pourrait laisser croire, est français. Niourk est devenu un classique, à l’instar d’un autre roman du même auteur, L’orphelin de Perdide, qui est passé à la postérité grâce à son adaptation en long métrage avec le grand Moebius au dessin. J’avais repéré Niourk comme un classique de la science-fiction voici fort longtemps, lorsque toute jeune ado j’avais mis la main sur le Dictionnaire de la science-fiction de Denis Guiot, Alain Laurie et Stéphanie Nicot. Un ouvrage qui m’avait permis de connaître ce genre alors que je le découvrais tout juste. Et même si, malgré tout, je me penchais plus vers la fantasy et le fantastique, ce Dictionnaire m’a laissé en tête titres d’oeuvres connues du genre, thèmes récurrents et autres grands noms, ce qui fait que je ne suis pas trop perdue en science-fiction malgré mon attrait moindre pour ce genre.

Quid de Niourk ? J’ai eu la chance de le lire dans une édition illustrée, ce qui apportait une autre dimension à l’histoire. Le roman en lui même m’a beaucoup plu. J’ai aimé cette façon, très crédible, de décrire le monde tel qu’il pourrait être après une catastrophe mondiale. L’évolution de certains animaux (due notamment aux déchets radioactifs – le roman porte en filigrane un message anti-nucléaire), la régression de l’homme qui se retrouve à la merci de son environnement, avec un vocabulaire et un savoir limité, et renoue avec des pratiques tribales anciennes,violentes. J’ai aimé suivre les aventures de l’enfant noir, découvrant comme lui les vestiges laissés par les hommes d’avant la catastrophe, m’amusant devant ses réactions devant des objets et lieux qui lui étaient tout à fait inconnus mais dont moi, lectrice du XXIe siècle, je comprenais la réelle utilité. J’ai frissonné lors des dangers.

Mais là où Niourk, pendant une bonne partie du récit, semble se poser comme un simple roman de science-fiction accessible même aux jeunes lecteurs, la partie finale se charge de démontrer pourquoi, au-delà de la conception d’un monde post-apocalyptique crédible, le roman est devenu un classique. Plus complexe, elle est aussi porteuse de réflexions sous-jacentes sur des sujets toujours d’actualité malgré la date de première parution de Niourk (1957). Je n’en dit pas plus pour ne pas déflorer l’intrigue, mais si vous souhaitez découvrir un excellent roman de post-apo, je vous recommande celui-ci. En revanche, s’il peut être lu aussi par des ados, je ne le mettrai pas dans les mains de lecteurs plus jeunes que des ados, en raison de la violence de quelques scènes.

A noter également que si cette édition illustrée n’est plus disponible, le roman est régulièrement réédité et est également disponible adapté en bande dessinée.

Éditions Folio Junior, 187 pages, 1992.

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2 Commentaires

Publié par le 13 février 2013 dans Lecture

 

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2 réponses à “Niourk, Stefan Wul

  1. Fa Cryptomeria

    13 février 2013 at 6:31

    Ooh ce souvenir d’enfance ❤ …

    J'avais été très marquée par Niourk / rha pas évident de détailler sans spoiler. Bref, dans mon esprit de toute jeune fille pré ado, ce fut un coup de coeur post apo 😉

    N'avais pas connaissance d'une version illustrée par contre. Le sujet s'y prête bien faut dire. Et je suis d'accord avec toi, c'est bien plus qu'un roman pour ados, un vrai classique, j'ai bien envie de remettre la main dessus du coup. Thx 🙂

     
    • Lullaby

      13 février 2013 at 8:02

      Bonne relecture, dans ce cas ! 🙂
      Et je comprends aisément le coup de coeur d’alors que tu as eu – ce livre qui a l’air tout simple est en fait tellement plus que ça en réalité. Il cache bien son jeu, et à la fin, j’ai vraiment saisi la complexité, les réflexions sous-jacentes. Et puis pour réussir à être encore d’actualité tant d’années après… bref, j’espère que tu pourras t’y replonger 😉 Des bises

       

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