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Le Livre de l’Énigme t. 1 : La Somme des Rêves, Nathalie Dau

26 Fév

Le Livre de l'Énigme I : La Somme des Rêves de Nathalie DauQuatrième de couverture

Les Mages Bleus, servants de l’Équilibre, ont été décimés, mais l’un des leurs a survécu au prix de son honneur, motivé par le besoin impérieux de transmettre la vie.
Le jeune Cerdric, né bréon de la noble famille Tirbald, va, quant à lui, affronter une mère qui ne l’a pas désiré, un monde qui semble incapable de l’aimer.
Et si la solution à ses tourments résidait dans la Marche voisine, là où vit son mystérieux père, en exil ?
Mais au terme de son voyage, Cerdric recevra surtout le poids d’un secret terriblement lourd à porter : celui de la Somme des Rêves, une espérance de renouveau pour ceux qui refusent de s’incliner devant les dieux…

Mon avis

J’ai découvert les écrits de Nathalie Dau avec le premier volume du double recueil de nouvelles Contes myalgiques. J’ai aussitôt aimé, et mes bonnes impressions se sont confirmées depuis avec le deuxième volume des Contes myalgiques ainsi que le roman Les Débris du chaudron (autant de titres dont vous entendrez à nouveau parler par ici, puisqu’ils auront droit à un avis de lecture chacun ;)). Je ne surprendrai donc personne en disant que Nathalie Dau fait partie de mes auteurs favoris. Et c’est une place encore consolidée par son dernier ouvrage, le roman La Somme des Rêves, premier tome de la série Le Livre de l’Énigme.

La quatrième de couverture, à mes yeux, ne rend pas justice à l’excellence de ce livre. Oui, c’est un bouquin excellent. J’ai adoré ! 🙂 Que dire ? L’univers, Nathalie Dau l’a porté en elle pendant des années. Et ça se sent. Parce qu’il y a une telle cohérence, une telle fluidité, tant de détails dans les religions, l’histoire, la géographie, la société de ce monde que l’on voit qu’il a été porté longtemps, élaboré avec du temps, de la patience et, surtout, du talent. Car il en faut, pour savoir amener le lecteur dans un monde imaginaire sans le perdre avec tant de nouveautés. De ce côté-là, je me suis sentie comme dans le cycle des Neuf princes d’Ambre de Roger Zelazny, où l’auteur nous dévoilait petit à petit l’univers vaste et complexe d’Ambre. Dans La Somme des Rêves, c’est pareil. L’entrée est progressive, fluide, et les plus curieux pourront toujours apaiser leur soif d’informations avec les annexes présentes en fin de volume.

L’écriture. Depuis le début (je parle là des Contes myalgiques I : Les terres qui rêvent), j’ai été séduite par cette façon qu’à Nathalie Dau de marier écriture fluide et poésie avec une facilité déconcertante. Je bois littéralement ses phrases, tant elles sont bien tournées. Je me souviendrai toujours de cette façon qu’elle a eu de décrire le geste d’étaler du miel sur du pain, dans la nouvelle Le goût du miel (enclose dans les Contes myalgiques II : Les Atouts du Diable et dans l’anthologie Ouvre-toi !). Dans La Somme des Rêves, même chose : plusieurs fois je suis tombée en arrêt sur des phrases, des passages si bien tournés, si poétiques autant qu’évocateurs, qu’on a envie de les lire à voix haute pour faire rouler les mots sur sa langue.

Et si nous parlions de l’histoire, à présent ? Nous suivons Cerdric, jeune bréon évoluant dans un monde où l’ordre des Mages Bleus a été anéanti — avec une violence et des accusations qui font penser aux chasses aux sorcières et à l’Inquisition de notre propre univers. Cerdric ignore qui est son père (le dernier Mage Bleu en vie, qui a payé fort cher le prix de sa survie) et, de surcroît, n’a pas été désiré par sa mère, Nérasia Tirbald. Et Cerdric de se débattre pour se trouver une place, trouver son bonheur, entre cette histoire familiale difficile, ce passé familial  lourd à porter, et les machinations de la Cour, des religieux et des politiques. Dans tous ses écrits, Nathalie Dau n’a pas son pareil pour atteindre le lecteur en plein coeur. La Somme des Rêves ne fait pas exception. J’ai dévoré le livre car je voulais connaître le destin de Cerdric, de ses proches, et qu’il m’était intolérable de les laisser en suspens trop longtemps. Je suis passée par nombre d’émotions en fonction de ce qui lui arrivait, j’avais même envie de rentrer dans l’ouvrage quand c’était trop dur, trop injuste, ce qui s’y passait. C’est dire que le roman m’a captivée, envoûtée, émue !

Si je devais résumer mon avis en quelques mots, ce serait donc ainsi : coup de coeur. Sans hésitation. Et en plus, nous, lecteurs, sommes gâtés ! Car deux nouvelles suivent le roman, la première nous présente la cosmogonie de l’univers présenté par Nathalie Dau et la seconde nous dévoile l’histoire de l’un des ancêtres de Cerdric. De quoi entrer encore plus en détails dans ce monde imaginé par l’auteur, et toujours avec progressivité, ainsi le lecteur ne se perd pas en route.

Coup de coeur, donc, et maintenant, j’attends avec impatience la suite ! 🙂

Editions Asgard, 2012, 397 pages.

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3 Commentaires

Publié par le 26 février 2013 dans Lecture

 

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3 réponses à “Le Livre de l’Énigme t. 1 : La Somme des Rêves, Nathalie Dau

  1. psycheinhell

    27 février 2013 at 7:18

    Chouette écho de lecture ! Et je te rejoins pleinement sur la voix de la dame, qui anime cet univers de fantasy de la magie de la conteuse, et embarque le lecteur jusqu’à la dernière page…

     
  2. Fa Cryptomeria

    1 mars 2013 at 11:25

    Alléchant 🙂
    …Dis-moi, cela donne même envie de goûter quelques citations, par rapport aux phrases magiques que tu évoques ^.^

     
    • Lullaby

      1 mars 2013 at 11:48

      Et bien, voici de quoi se régaler ! 🙂
      La fameuse phrase du miel c’est :  » « Un rayon de miel pour mon rayon de soleil », disait-elle en souriant, son couteau étalant l’or crémeux. », ça n’a l’air de rien et pourtant, ces simples mots m’ont aussitôt mis en bouche la saveur et la texture du miel. J’en ai eu une subite envie de tartine de miel ! Sans compter la tendresse qui émane de cette attention maternelle.
      Pour La Somme des rêves, j’ai posté quelques citations en d’autres lieux mais je t’en remets une ici, qui me plaît autant par le phrasé que par le fond :
      « Sombres sont les forêts sauvages.
      Aguichantes et terribles, des crocs nichés sous leurs sourires, des griffes au bout de leurs caresses, des effrois déployés comme autant de toiles d’épeires. Et cependant, si l’on accepte d’y céder, si l’on ose oublier, un instant, les règles régentant les hommes, si l’on s’assouplit le cuir au lieu de le couvrir d’acier, elles peuvent offrir le meilleur de soi-même. »
      Et ce n’est qu’un échantillon ! Quand je dis que Nathalie Dau a un don tant au niveau de l’écriture que de la transmission des émotions par ses textes, je n’exagère pas.
      J’espère que tu pourras mettre la main sur ses écrits – de toute manière, comme indiqué, je causerai aussi de ses recueils et du roman 😉 Leurs sujets sont différents du Livre de l’énigme, mais ça reste tout aussi excellent !
      Des bises enchantées

       

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