Publié dans Lecture

L’Aube de la Guerrière, Vanessa Terral

L'Aube de la Guerrière, Vanessa TerralQuatrième de couverture

À peine décédée, Solange est envoyée à l’armurerie divine. Le Livre de saint Pierre a parlé : guerrière par prédisposition naturelle, mais ange sans grande valeur, elle ne sera d’aucune utilité dans la guerre qui oppose les siens aux démons. Autant l’employer dans les Fosses, ces lieux dispersés dans les plans qui ont pour point commun d’abriter des Larves, des créatures de cauchemar. Lesquelles ont une fâcheuse tendance à fuguer…

Un job qui n’a rien de bien intéressant – à part une meilleure connaissance des différents types d’effluves méphitiques – jusqu’à ce qu’elle découvre que les démons aussi envoient des guerriers dératiser les abords des Fosses. Dont Terrence et Aghilas… ce dernier possédant le même Don qu’elle, un pouvoir très rare visiblement : le Feu des Ténèbres.

Mon avis

La bit-lit, ce n’est pas mon truc. Les résumés des oeuvres appartenant à ce genre ne m’ont absolument jamais tentée – à part peut-être la série Mercy Thompson de Patricia Briggs car il y a du loup-garou dedans et une héroïne métisse (père amérindien, mère blanche) qui peut se transformer en coyote (folklore, quand tu nous tiens !). Et les critiques sont plutôt bonnes. Ça, et L’Aube de la guerrière, dont je vais vous parler, puisque j’ai sauté le pas et l’ai lu.

Car le roman de Vanessa Terral appartient à ce genre et réussit un tour de force particulier : réunir les ingrédients propres à la bit-lit, donc cibler ce public, et plaire à des lecteurs habituellement réfractaires à la bit-lit. Comme moi. Mais comment ? Eh bien, vous allez le découvrir. 😉

D’abord, parlons un peu de l’auteur. Vanessa Terral ne m’est pas inconnue, j’ai déjà croisé sa plume au fil d’anthologies et l’ai toujours trouvée de qualité. Le folklore et les mythes sont des sujets que l’on croise souvent dans ses textes et qui sont repris avec talent. Quand j’ai appris la sortie de L’Aube de la guerrière, je n’ai d’abord pas été tentée. Le résumé comme la couverture l’estampillaient clairement bit-lit et, comme je viens de vous le dire, ce n’est pas mon truc en matière de littérature. Puis les critiques ont commencé à tomber. Et dans plusieurs d’entre elles, je vois la mention faite que ce roman peut plaire aussi aux personnes qui n’aiment pas ce genre. Me voilà interpellée. Et comme j’apprécie la plume de l’auteur, j’ai décidé de me lancer.

Bien m’en a pris ! Durant la première partie du roman, on retrouve en effet tous les ingrédients de la bit-lit : une héroïne (mais en l’occurrence c’est le genre au caractère fort et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds), du surnaturel (l’histoire se passe après la mort de l’héroïne, devenue ange guerrière), l’amorce d’un triangle amoureux, aussi (les deux démons). Mais, à mesure que l’histoire avance, force est de constater que l’on s’écarte des sentiers battus.

Oui, il y a amorce de relation amoureuse, mais non, ça ne fait pas l’intrigue de premier plan. C’est la recherche de Solange (l’héroïne) de sa place dans l’après-vie qui constitue, à mes yeux, le principal moteur de l’histoire. Solange a un passé difficile, elle ne se sent pas vraiment à son aise parmi les anges (et ils le lui font bien ressentir en tentant de la re-tuer !). On suit, au fil du roman, sa façon d’appréhender son passé, ses fautes, ainsi que son parcours dans cette après-vie bien mouvementée. Et bien que les relations avec les deux démons soient aussi présentes, elles apportent un certain piment au roman pas désagréable du tout ! 🙂

Solange a un caractère bien trempé et n’a pas la langue dans sa poche. Ce que j’ai apprécié aussi ! 🙂 Les héroïnes fortes manquent un peu trop à mon goût dans la fantasy mainstream, alors en trouver une dans la bit-lit ça fait plaisir ! (On me glisse dans l’oreillette qu’il existe des femmes au caractère fort dans d’autres romans du même genre, comme Mercy Thompson (tiens donc), mais vu que ce n’est pas toujours le cas, vous comprendrez pourquoi j’apprécie quand je croise des héroïnes capables de s’assumer toutes seules).

Quand au surnaturel… j’aurai du avoir plus confiance ! Je connaissais pourtant les sujets de prédilection de Vanessa Terral. Parce que si, au début, on a l’impression d’une intrigue banale entre anges et démons, il y a ces Larves. Et pour moi, le mot déjà faisait tilt. Dans la dernière partie du roman, on aura justement le détail de ces créatures, issues du… folklore romain. Et il y a bien plus. Vanessa Terral, je l’ai dit, reprend souvent les mythes dans ses textes. L’Aube de la Guerrière ne fait pas exception. Les mythes nordiques sont là, ainsi qu’une touche de celticisme. Oui, oui ! Il n’y a pas que des anges et des démons dans l’histoire. Bien au contraire ! L’auteur donne la part belle aux religions anciennes, dites païennes. Et qu’est-ce que ça fait plaisir ! 🙂

À ceci s’ajoutent l’humour et l’action, achevant de faire de ce roman non seulement de la bit-lit qui sort des clichés habituels tout en les reprenant, mais une lecture jubilatoire, drôle – j’ai éclaté de rire à certaines piques, et pourtant je suis un public difficile en matière d’humour littéraire – enlevée, où l’après-vie est dépeinte d’une façon qui respecte tant les poncifs chrétiens que les mythologies – en particulier scandinaves. Un beau cocktail, servi par une jolie plume (comme toujours, ai-je envie de dire, puisque jusqu’à présent je n’ai jamais été déçue par l’écriture de Vanessa Terral).

La morale de l’histoire… ne jamais dire jamais, on risquerait de louper un aussi bon roman tel que L’Aube de la guerrière ! 🙂 Et si vous souhaitez aller plus loin, l’un des personnages croisés dans le roman a droit à une nouvelle décrivant son histoire dans l’anthologie Saisons païennes (à noter que les deux récits, roman comme nouvelle, peuvent se lire sans que l’on ait lu l’autre).

Éditions du Chat Noir, 2012, 285 pages.

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5 commentaires sur « L’Aube de la Guerrière, Vanessa Terral »

  1. Ha tiens, tu me donnes envie!! Je lis pas des masses de bit-lit, parce que c’est toujours pareil (à part des Anita Blake de temps en temps quand j’ai envie de mettre mon cerveau en grève ^^) mais là, tu as piqué ma curiosité! Je l’ajoute à ma wishlist alors 🙂

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