Publié dans Monde du livre

ReLIRE ou le droit d’auteur balayé

CC Elliot Lepers pour OWNI.fr  (Source)
CC Elliot Lepers pour OWNI.fr (Source)

Ces derniers temps, la BnF fait beaucoup parler d’elle. Ou plutôt : ReLIRE, son projet de numérisation d’ouvrages indisponibles du XXe siècle suscite des émois partout sur le Web, émois bien légitimes vu le projet. Moi-même, en tant que scribouilleuse, lectrice et bibliothécaire, ne peux rester indifférente face à ce projet qui me fait bondir.

[EDIT : comme indiqué dans plusieurs commentaires (que je vous invite à lire pour les détails), la SOFIA est aussi actrice du projet. Même si le rôle de la BnF paraît limité, il reste, à mes yeux, de trop. Une bibliothèque est un service public, elle n’a pas à se rendre partenaire d’un tel projet, surtout au vu des bouleversements qu’il suscite – bouleversements négatifs, qui ne respectent rien ni personne.]

Mais avant d’aller plus loin, petit rappel sur ce qu’est la BnF (Bibliothèque nationale de France si l’on déroule le sigle). La BnF est plus qu’une bibliothèque : cette institution a aussi pour vocation de conserver le patrimoine relatif à la culture française, via notamment le dépôt légal. Elle participe a des programmes de recherche, offre catalogues de références, expositions fréquentes, conservation d’ouvrages précieux, etc… En somme, elle a toutes les missions d’une bibliothèque, à la différence qu’elle a la lourde charge de conserver ce qui a trait au patrimoine français, tandis que les bibliothèques municipales, plus courantes, n’ont pas cette vocation de conservation (sections patrimoniales exceptées, bien entendu).

Ce qui pose problème en ce moment chez la BnF, c’est son projet ReLIRE. ReLIRE vise (pour simplifier) à rendre disponibles sous format numérique des oeuvres du XXe siècle qui ne le sont plus (disponibles). Jusque là, où est le problème? me demanderez-vous. D’autant plus que la BnF a réalisé Gallica, bibliothèque numérique qui rend accessible à tous des oeuvres précieuses et historiques, une initiative qui relève autant de la prouesse technique que d’un effort de porter ces trésors culturels à tous – l’une des missions des bibliothèques. Alors pourquoi ReLIRE dérange-t-il tant ?

La réponse tient d’abord en deux phrases :

L’auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d’exploiter son oeuvre sous quelque forme que ce soit et d’en tirer un profit pécuniaire.

Au décès de l’auteur, ce droit persiste au bénéfice de ses ayants droit pendant l’année civile en cours et les soixante-dix années qui suivent.

Ces phrases sont extraites du droit de propriété intellectuelle et artistique (le texte de loi est lisible en entier sur le site de Legifrance, ainsi que la directive européenne qui le modifia pour arrêter cette durée de 70 ans après décès avant que l’oeuvre ne relève du domaine public). Je n’invente donc rien et j’avais justement appris ce droit de la propriété intellectuelle durant mes études, et pour une bonne raison : en cas d’animation nécessitant la reproduction d’une oeuvre, l’équipe de bibliothécaires se doit de respecter le droit, et donc de le connaître pour éviter les bourdes.

La BnF connaît aussi ce droit. Normalement, elle ne devrait pas numériser puis diffuser les oeuvres indisponibles du XXe siècle, la plupart des auteurs concernés (si ce n’est tous) étant soit encore en vie, soit décédés depuis moins de 70 ans. En théorie, donc, ces auteurs possèdent encore tous leurs droits quant à leurs oeuvres. Alors pourquoi la BnF fait-elle ça ? Et puis n’est-ce pas illégal, pour le coup ?

Et bien non ! En vertu d’une loi promulguée en mars 2012, la BnF peut procéder à ce pillage (je sors les grands mots, car comme je le disais, cette affaire ne me laisse pas indifférente). En toute légalité. Ainsi le site de ReLIRE nous offre une page détaillant son cadre légal. Petit extrait :

[…] elle introduit un aménagement de l’exercice du droit d’auteur sans remise en cause du principe de ce droit ni de la titularité des ayants droit moraux et patrimoniaux ;

On notera la précision qui  annonce que cette modification qui donne le droit à la BnF de numériser des oeuvres en principe non libres de droit ne modifie en rien le principe du droit de propriété intellectuelle… Pour ma part, cette précision me fait doucement rire (jaune) car au contraire, cette modification change considérablement la donne. Cela signifie que les auteurs d’oeuvres publiées en France entre le 1er janvier 1901 et le 31 décembre 2000 peuvent voir leurs oeuvres indisponibles être numérisées sans avoir été préalablement contactés.

Alors, bien sûr, ils toucheront encore leurs droits. On pourrait donc légitimement penser qu’ils n’ont rien à reprocher à ReLIRE, surtout si cela permet de diffuser des oeuvres introuvables.

Et bien non. D’une part, la BnF n’a contacté personne. C’est aux auteurs de faire la démarche de recherche dans la base de données de ReLIRE si leurs oeuvres sont concernées et de faire opposition s’ils ne souhaitent pas voir leurs oeuvres numérisées et diffusées. Mettons-nous à la place des auteurs : leurs créations restent et resteront *leurs* oeuvres, les fruits de leur travail créatif, leurs bébés. Comment réagiriez-vous si vous étiez auteur, que vos textes n’étaient plus disponibles pour des raisons X ou Y (maison d’édition qui a mis la clé sous la porte, problèmes avec l’éditeur, choix de l’auteur de cesser de publier…) et que vous découvrez, au hasard du Web, qu’une institution publique a décidé pour vous et sans vous en demander l’autorisation de diffuser vos oeuvres ? Il y a de quoi être mécontent ! C’est piétiner le droit le plus élémentaire de l’auteur, celui de pouvoir disposer de ses oeuvres.

Il y a l’argument de « ça permet de redécouvrir des oeuvres qu’on ne trouve plus ». Là, je sors ma casquette de lectrice. Il m’est arrivé de rechercher des ouvrages indisponibles. Or, tomber dessus au hasard de visite en brocantes ou librairies d’occasion rendait ma rencontre avec ces ouvrages plus précieuse. Il y avait eu l’attente, la recherche, en amont de cette rencontre… Par ailleurs, il arrive que des éditeurs procèdent à des rééditions de textes indisponibles, exhumant ainsi de petits chefs-d’oeuvre. Ce fut notamment le cas du Dit de la Terre place de Tanith Lee, repris intégralement chez Mnémos après avoir longtemps cessé d’être commercialisé. Côté français, je cite l’exemple donné par Psyché dans son billet à savoir Les Soldats de la mer d’Yves et Ada Rémy chez Dystopia. Là encore, la réédition apporte un éclairage particulier à ces oeuvres reprises, agrémentée d’un soin particulier (nouvelle couverture, etc.).

Or, la BnF, en plus de traiter cavalièrement les auteurs, veut juste numériser le tout sans aucun tri, le bon comme le mauvais, et le diffuser. Et non sans erreurs… Entre la base de données qui pèche par des erreurs ou les titres listés alors qu’ils font déjà l’objet d’une réédition papier ET numérique (c’est le cas pour une nouvelle de Mélanie Fazi, qui parle aussi de ReLIRE dans le même billet), ReLIRE semble bien bancale en plus de n’être pas tout à fait respectable…

Par ailleurs, cette histoire n’est pas sans me rappeler l’affaire Google. Souvenez-vous : en 2004, le célèbre moteur de recherche décide d’offrir un service rendant accessible le contenu d’ouvrages, préalablement numérisés, service nommé Google Livres (Google Books). A l’époque, le projet avait divisé et des protestations s’étaient élevées quand Google voulut toucher aux oeuvres protégées par le droit d’auteur. La BnF faisait d’ailleurs partie du choeur de protestations… Google dut même faire face à la justice et a subi des condamnations pour dédommager des éditeurs français dont les ouvrages avaient été numérisés. Je ne décrirai pas plus l’affaire (pour en savoir plus, la page Wikipédia qui lui est consacrée regorge de détails) mais vous comprendrez pourquoi ReLIRE m’y fait penser, tout en notant l’étrange revirement de la BnF qui fait ce que précisément elle reprochait à Google.

Je n’irai pas plus loin dans le détail concernant ReLIRE car d’autres l’ont fait bien mieux que moi – je vous invite  d’ailleurs à lire les articles en question, que je liste ci-dessous. Mais je tenais à rédiger ce billet et à ajouter mon grain de sel car je trouve que la façon dont le projet est mené est détestable. Il n’y a aucun respect ni pour l’auteur, ni pour les éditeurs, ni pour les lecteurs, ni même pour les bibliothèques.

Et si vous êtes auteur, je vous invite expressément à rechercher dans la base de ReLIRE si vos textes sont concernés par cette numérisation.

[EDIT] Le collectif Le Droit du Serf avait lancé une pétition en ligne pour contrer cette modification du droit auteur. Il est toujours possible de la signer.

En savoir plus sur ReLIRE et les réactions suscitées

Publicités

43 commentaires sur « ReLIRE ou le droit d’auteur balayé »

  1. Je suis entièrement d’accord avec toi 🙂 Effectivement, en plus de piétiner les droits les plus élémentaires des auteurs, où est le charme de chercher un bouquin épuisé, comme tu le dis si bien, de bouquinistes en bouquinistes? En tant que lectrice qui en ait eu une paire de comme ça sur ma wishlist, même une réédition, ça m’aurait limite déçue car « coupée » dans ma quête ^^ Alors, une vulgaire numérisation!!!! La BnF ne donne décidément pas une belle image du métier…

    1. Tout à fait !
      Pour ma part, j’ai deux vues différents sur les rééditions. En tant que lectrice, j’aime, comme toi, cette quête d’un trésor de papier, le parfum des pages jaunies, la longue attente, le hasard, parfois, qui nous fait tomber sur l’ouvrage tant recherché… En tant que bibliothécaire, j’apprécie les rééditions qui me permette d’acquérir l’ouvrage pour le faire découvrir à mes lecteurs. Mais dans le cas d’une réédition, souvent l’éditeur a repéré le petit trésor. Alors que ReLIRE, déjà c’est numériser (et comme toi, je suis attachée au format papier même si de belles choses se font en numérique), mais en plus c’est TOUT qui est numérisé. Même s’il y a de sombres bouses dans le lot, hop, ça part ! Et puis cette façon de traiter les auteurs et de déformer la loi pour s’offrir un cadre soi-disant légal…. Parce qu’en plus, ce détail des droits qui restent jusqu’à 70 ans après décès de l’auteur, ça vient d’une directive européenne ! J’attends la réaction de l’Europe, tiens, face à ce bidouillage honteux.

  2. Très bonne analyse ma chère. 🙂
    Deux « détails » supplémentaires : « être rémunéré » ne signifie pas « être *correctement* rémunéré. Un auteur négocie le % de royalties avec « son éditeur ». Si le montant lui semble abusif, il ne signe pas, sauf si l’éditeur corrige on offre. Ici, les conditions restent à être précisées, et ne sont pas négociables. L’auteur peut tout aussi bien se retrouver devant un régalien : « vous percevez 0, 000001% ». Techniquement… il est payé. Concrètement… il se fait… (insérer ici le terme imagé qui vous semble le plus adapté).
    C’est particulièrement grave mis en parallèle avec le second « détail » : les chances qu’un ouvrage revoie le jour « sur papier » après une publication numérique sont, statistiquement, extrêmement minces. Cette concurrence, au vu des facilités de piratage notamment, rend déficitaire par avance tout projet traditionnel de réédition (sur bel et bon papier). Les nouvellistes savent, par exemple, qu’à moins d’être une immense superstar, les anthologistes refusaient de considérer les textes que les auteurs avaient déjà publié online, même l’auteur retirait le texte d’Internet.
    Or, comme signalé, oui, les livres épuisés ont parfois une « seconde vie », plus belle que la première (cf. mon propre recueil « Contes de la Tisseuse », qui se trouve d’ailleurs sur la liste ReLIRE de ce mois-ci)

    Voilà mon petit caillou pour ton joli mur. 🙂

    Restons groupés.
    Amitiés à tous les résistants.
    Léa Silhol

    1. Merci Léa pour ton passage en ces lieux et pour tes précisions ! 🙂
      Je n’avais pas pensé au problème posé par la numérisation, à savoir que ça peut réduire les chances d’une réédition papier. Et j’en suis toute retournée… 😦 Déjà que je n’aime pas ReLIRE, là, ça empire…

      Résistons, c’est le mot !

  3. Alors qu’il y a des anomalies réelles dans le processus, le couplet sur le bouquiniste est mignon mais a failli me faire décrocher de ce billet. J’aime beaucoup aller chez le bouquiniste mais cela n’enlève en rien mon désir d’avoir accès aux versions numértiques, les deux ne sont pas opposés.

    L’enjeu réel pour le lecteur est d’un autre ordre. Rien n’est dit chez Relire sur la plateforme numérique adoptée pour distribuer les livres. J’ai peur que nous ayons une couche de DRM en plus de la numérisation. C’est le véritable enjeu.

    Pour ce qui est d’être auteur et de voir ces textes repris, réutilisés sans approbation apriori, il est à noter que tous les auteurs ne sont pas contre. Il ne faut pas faire l’amalgame. Certains auteurs sont pour le partage, d’autres pour la propriété intellectuelle et avec des variétés entre deux. Un mécanisme de recherche des auteurs (puisqu’ils devront être rétribués) auraient été plus logique.

    1. Je ne suis pas non plus « anti » numérique (je vais d’ailleurs bientôt acquérir un feuilleton publié uniquement sous ce format), mais il est vrai que, personnellement, j’ai un plus grand attrait pour le papier que pour le numérisé. Comme ce blog reste avant tout une façon pour moi de partager ma passion (les livres et tout ce qui tourne autour), il est logique que je mentionne cet attrait dans le billet.
      Que des auteurs soient d’accord pour le partage, je ne le nie pas. C’est la façon de faire qui me pose problème. L’auteur est traité comme partie négligeable. Qu’il soit d’accord ou pas d’accord, personne ne lui a demandé quoi que ce soit. Il est certes invité à chercher s’il est concerné (dans une base non dénuée d’erreurs) et à faire usage d’un droit d’opposition, mais quid des auteurs sans Internet, ou qui n’ont tout simplement pas eu cette info, ou encore de ceux décédés depuis moins de 70 ans ? Partager des oeuvres indisponibles ou orphelines, sous forme numérisées ou non, ne me pose pas de souci dès l’instant que l’entreprise est réalisée AVEC les auteurs, pas à pas (et non pas dans la précipitation), en accord avec la loi (c’est une directive européenne qui a décidé la durée de 70 ans après décès de l’auteur avant que son oeuvre ne tombe dans le domaine public, qu’a-t-elle à dire sur ce coup de canif dans le Code de la Propriété Intellectuelle ?). Comme vous le dites si bien – et je vous rejoins là-dessus – il aurait fallu que la BnF recherche les auteurs. Pas l’inverse. Sauf que c’est malheureusement cette dernière option qui a été choisie, et ce n’est pas acceptable.
      Et oui, vous soulevez un autre problème : sera-ce vraiment partagé ou *commercialisé* ? Si oui, comment ? Ce flou fait aussi partie des arguments des personnes qui protestent contre ReLIRE.
      Merci pour votre commentaire qui apporte des arguments et des nuances.

      1. Absolument, Lullaby.
        Karl : personne ne dit que _tous_ les auteurs sont contre ce dispositif. Le problème est d’avoir ici un « opt-out » alors que cela devrait être un « opt-in ». C’est tout. La BnF aurait pu publier sa liste, en disant :  » Ces livres sont éligibles. Si vous voulez que nous vous publions en numérique, appuyez sur le bouton ». Là… cela aurait été très bien, même s’il existe déjà de très bonnes solutions ailleurs, où l’auteur (contrairement à ReLIRE) négocie son contrat selon les règles du « consentement éclairé » établi par nos lois, y compris les paramètres des royalties.
        J’aurais largement préféré, pour ma part, que mes livres épuisés soient disponibles en consultation gratuite en bibliothèques que selon ce système à la fois tyrannique et… flou.
        Ce système a lésé à le circuit des bibliothèques, et aborde des initiatives de publication numérique *équitables* qui portent ombrage aux grands groupes, mais sont au plein bénéfice des auteurs ET des lecteurs (et de la Justice, au passage)
        Ce débat n’est-il pas un *peu trop* avancé pour qu’on revienne sur des bases qui devraient être acquises ? Allons !
        Et pour ce qui est du DROIT : il faut arrêter de regarder cette affaire du point de vue des « consommateurs ». Le Droit ne concerne que ceux qui ont créé l’oeuvre. Les « droits du public » (illusion récente) ne sont pas inscrits au CPI. Et les *désirs* des lecteurs ne peuvent avoir préséance sur *les droits* des créateurs. Valider cette idée serait mettre en danger de nombreuses (autres) zones de notre système juridique : inventions scientifiques et technologiques, brevets et modèles, et le Code du travail en général. Demain, on foutra les chômeurs sur une liste, et ils seront, sans opposition de leur part, « à qui voudra les prendre » (dans tous les sens du terme). Qui accepterait cela ? Le feriez vous ? Non, n’est-ce pas. C’est une évidence. Notre travail, et nos libertés, alors, vaudraient moins que les vôtres ? L’ère du « numérique » justifierait cela ? Au nom de quoi ? Ce n’est qu’une technologie de plus, qui n’a pas à changer les dispositifs fondamentaux des lois. Réfléchissez. Il est temps. Ne laissez pas cette société vous réduire à l’état de machines-à-acheter.
        Nous ne sommes pas, nous, créateurs, des objets de consommation.
        Je suis une lectrice boulimique, et une fan assumée, mais je n’accepterai jamais, à aucun prix, que l’on viole les artistes qui me tiennent chaud dans le noir.
        Soyons clairs : ReLIRE nous vole. Mais c’est la réaction des *lecteurs* qui, véritablement, peut nous dérober toute envie de continuer à écrire.

        Cessez de gober des vessies, messieurs-dames, et commencez à allumer des lanternes. Vite.

      2. @lea

        « personne ne dit que _tous_ les auteurs sont contre ce dispositif. » Si si. Même dans le billet initial au-dessus où « l’auteur » devrait être forcément choqué. 🙂

        Le « opt-in » est ce que je prône dans mon propre billet sur le sujet. En revanche, je ne pense pas que ce soit simple et va en partie à l’encontre du projet qui est justement de remettre en circulation des œuvres qui ne sont plus *facilement disponibles*. L’enjeu n’est pas de savoir si l’auteur le veut, l’enjeu est de le remettre en circulation afin que l’œuvre soit un peu plus disponible et plus largement que ceux qui ont la chance (privilège et hasard) d’être près d’un bouquiniste ou d’une bibliothèque avec l’objet tant convoité. Ayant vécu au Japon pendant quelques années, l’accès au format numérique d’œuvre non disponible dans le circuit commercial et dans les bibliothèques (japonaises). Autre élément cela rend

        Le numérique peut rendre aussi accessible les œuvres à des lecteurs qui ne peuvent pas lire sur papier comme par exemple les aveugles.

        « il existe déjà de très bonnes solutions ailleurs, où l’auteur (contrairement à ReLIRE) négocie son contrat selon les règles du « consentement éclairé » établi par nos lois, y compris les paramètres des royalties. »

        Oui mais c’est justement le problème. Les auteurs et les éditeurs ne le font pas 🙂

        « mes livres épuisés soient disponibles en consultation gratuite en bibliothèques »

        +1, ça c’est la partie du projet qui me dérange beaucoup plus, car rien n’est dit sur la façon exacte dont les œuvres seront accessibles. DRM ou pas, bibliothèques ou pas, etc. Quant à mettre vos livres épuisés disponibles à la consultation, il y a une solution, si vous avez les fichiers numériques. Les mettre en ligne sur le Web.

        Ce système ne lèse rien du tout pour justement les auteurs qui ont déjà une démarche positive de publication numérique. Parce que justement on les entends déjà et envoyer des lettres pour se retirer du système et/ou (comme moi) ils s’en moquent car les textes sont déjà librement accessibles.

        Quant au droit du lecteur/auteur, etc,vaste sujet. Si ce n’est que la propriété intellectuelle est maintenant complètement vide de sens car détournée depuis bien longtemps par les grands groupes de l’industrie culturelle. Si les pays sont passés de 50 ans à 70 ans… c’est suite à un lobby forcené à l’OMPI de Disney Corporation pour protéger Mickey qui allait s’élever au domaine public. Et en ce moment, le lobby continue pour les passer à 90 ans. Les brevets sont une autre ignominie. Et oui, tout cela est à réformer.

        « Qui accepterait cela ? Le feriez vous ? Non, n’est-ce pas. C’est une évidence. »

        Bah si justement et c’est pour cela exactement que je travaille dans le domaine des technologies ouvertes, et de l’open source, le plus possible. Le logiciel utilisé pour laisser ce commentaire, cette plateforme Web est WordPress (OpenSource) et possiblement sur un serveur Apache. La plupart de vos messages transitent à travers des technologies dévelopées par de nombreuses personnes qui ont justement fait don de leur « propriété intellectuelle. » Ce que vous semblez oublier.

        ReLire ne vole personne. En revanche, le système fait partie d’une grosse machine qui prolonge la main mise des éditeurs sur la propriété intellectuelle, qu’il possède déjà. Protéger la propriété intellectuelle ne fera que renforcer les industries, pas les auteurs. Ce qu’il faut faire, c’est justement ce que vous disiez à un moment, aller vers les éditeurs alternatifs, occuper le vide, numériser les ouvrages vous-mêmes et les mettre à disposition des lecteurs de façon payante et/ou gratuite. (N’oubliez pas qu’à chaque fois qu’une personne achète un livre chez un bouquiniste, vous ne touchez pas de royalties.)

        🙂 On se rejoint sur un point, celle du combat contre les industries, mais pas du tout avec le même angle 😉

      3. @Karl, vous dites : « L’enjeu n’est pas de savoir si l’auteur le veut, l’enjeu est de le remettre en circulation afin que l’œuvre soit un peu plus disponible et plus largement que ceux qui ont la chance (privilège et hasard) d’être près d’un bouquiniste ou d’une bibliothèque avec l’objet tant convoité. »
        En fait, ni l’un ni l’autre. L’enjeu est de remettre en circulation des oeuvres *en masse*, de les numériser grâce à de l’argent public, afin que les éditeurs « historiques » du XXe siècle gagnent beaucoup d’argent.
        Quant à aller vers les éditeurs alternatifs, les nouveaux éditeurs numériques, ne vous en faites pas ; les auteurs présents sur le net, qui combattent la loi sur les Indisponibles et ReLIRE de toutes leurs forces, ont déjà fait cette démarche. Mais ils se préoccupent aussi des autres, de leurs ainés peu connectés, et aussi (surtout ?) de sauvegarder une certaine liberté d’expression qui ne peut pas plus s’exercer avec une obligation de publication qu’avec une censure.

      4. @ Karl (je me permets de commencer par un soupir, parce que c’est *épuisant* de répéter des évidences ».
        – Vous dites : « L’enjeu n’est pas de savoir si l’auteur le veut »
        : SI. Justement. c’est là tout l’enjeu. Parce qu’une « idée » (originale) est la propriété de celui qui l’a émise, bossée, et a décidé de la mettre à disposition *selon des conditions précises*. valider autre chose serait condamner le monde à un silence de plomb.

        – Vous dites : « Le « opt-in » est ce que je prône dans mon propre billet sur le sujet. En revanche, je ne pense pas que ce soit simple et va en partie à l’encontre du projet  »
        : Le « projet » est une matière financière. Il ne peut se substituer à la matière humaine, ou avoir préséance sur elle. Le opt-in ne serait pas simple ? Faux. Il suffirait de largement le médiatiser, en commençant pour un mailing collectif aux ayants-droits, en se servant des bases de référencement d’Edilectre, des sociétés d’auteurs, et de la BnF. Ils ont nos adresses email, Karl. Ils ont la mienne, j’en témoigne, et mon RIB. Mais ils ne m’ont pas contactée concernant mes livres. Pas parce que c’était difficile, mais parce qu’ils savaient que 90% des auteurs résisteraient à leur système. Ne tombez pas dans ce panneau. La Sofia sait où nous sommes.

        – Vous dites :  » Quant à mettre vos livres épuisés disponibles à la consultation, il y a une solution, si vous avez les fichiers numériques. Les mettre en ligne sur le Web. »
        : C’est vrai. Et quel âge avez-vous, sans indiscrétion ? Et vivez-vous dans l’illusion que les artistes sont 1/ riches à millions – 2/ des gens-qui-ont-un-vrai-job (ailleurs) et écrivent pour se faire plaisir ? On retourne à la réalité, un peu ? Allez; Pourquoi est-ce que je ne mets pas mes livres sur le web (gratoche); Eh bien voilà : c’est mon job, pas un de mes loisirs. J’écris parce que là ma nature. Je me fous absolument d’être lue. Si je *publie* (nuance) c’est parce que les lecteurs paient pour avoir un exemplaire de mes rêves (que j’écris de toute façon, n’est-ce pas). Voilà le deal. Il n’y en a pas d’autre. Je déteste viscéralement être « exposée ». Si je publie, c’est parce que cela finance mon mode de vie excentrique. La nature m’a faite ainsi, le CPI m’a, un temps, donné les moyens d’en « faire quelque chose » qui fournit à mes lecteurs des livres qui leur donnent… eh bien, ce que chacun d’eux y trouve à titre individuel. C’est ainsi que le lecteur finance « les livres suivants », à bien des titres. Et le lecteur intelligent le sait, et y trouve son bénéfice.
        Mais je n’ai pas « besoin » d’être lue. ce n’est pas une finalité. Au contraire !
        Par contre… J’ai des gamins, voyez-vous ; et « donner » mon travail (pour rien) serait une « erreur de gestion » selon les dispositions en usage dans les lois concernant les sociétés. Ma position a été depuis un temps de me délester des maquignons habituels (les éditeurs, dont j’ai eu toutes les occasions du monde de tester la valeur), et une fois mes droits pleinement recouvrés, de me diriger vers des systèmes d’édition autonomes, alternatifs, équitables, et conformes à mes droits. On vit dans le monde réel, là, mister.

        – Vous dites : « Oui mais c’est justement le problème. Les auteurs et les éditeurs ne le font pas » (i.e : utiliser les ‘autres moyens de… publier)
        : Les éditeurs ont leurs raisons (généralement idiotes). Les auteurs… c’est autre chose. De une c’est – leur – droit, qu’ils n’ont pas à justifier auprès des simples consommateurs. De deux : les auteurs de littérature (bis repetita) savent par expérience que le numérique constitue une « fin de vie pour un livre », dans le circuit traditionnel. Aucun éditeur « classique » ne republie sur papier un bouquin largué dans l’univers numérique. Pas rentable. Ce serait bien que cela change ? Que oui ! Mais pour l’instant… c’est ainsi, et nos loyers restent à payer, et n’attendent pas. Et je le répète : pour les auteurs qui « fonctionnent » : ce sont les royalties qui payent le loyer. Il faut cesser de tout confondre, Karl. De voir les écrivains comme des gamins en recherche de lustrage d’ego qui publient « pour la gloire ». Certains sont cela, je n’en disconviens pas, mais pas tous. 😉
        Ok. On m’a souvent blâmée, chez mes confrères, pour ma « rupture des codes tacites = loi du silence sur les chiffres ». Les blâmes… je m’en cogne. Je récidiver pour pour votre édification. Que « gagne » un auteur pro « qui marche correctement » ? Je ne vais utiliser que mes propres chiffres, évidemment. Les bonnes années, (avant le pic de la crise vers 2005) mes royalties amenaient au budget familial entre 18 000 et 25 000 euros (net) par an. J’aurais pu gagner le double ou triple, si je n’étais pas une féroce « activiste against Marketplace ». J’ai rejeté des offres avec des 20 000 euros d’à-valoir, par principe, à cause de clauses abusives dans les contrats. Mon mari est cadre. Les « meilleures années », je gagnais plus que lui. Même ainsi, et sans goûts de luxe excessifs, avec deux enfants… nous nous en sortions « à peu près », sans plus. Voilà ce que j’enlève du budget familial, si je décide que « les droits des lecteurs » prévalent sur les miens. Allo la terre ?

        – Vous dites : « Ce système ne lèse rien du tout pour justement les auteurs qui ont déjà une démarche positive de publication numérique. »
        FAUX. Il nous lèse au titre de nos droits hier établis, sur la base desquels nous avons conclu *des contrats* qu’il invalide de façon éhontée. Et il nous lèse au titre patrimonial, comme vu si dessus.
        Nous n’avons aucune obligation de publier en numérique, ni de publier tout court. Il faudrait commencer, déjà, à debunker cela. Nos histoires sont *à nous* et nous les proposons sous la forme qui nous va.

        – Vous me dites :  » La plupart de vos messages transitent à travers des technologies dévelopées par de nombreuses personnes qui ont justement fait don de leur « propriété intellectuelle. » Ce que vous semblez oublier. »
        Verdict un peu rapide, monsieur. Ces développeurs dont vous parlez ont eu, à moins d’être piratés (d’où râleries et procès afférents) le *choix*. Comme nous avons, nous auteurs, le choix d’offir nous royalties à des oeuvres, ou des textes gratuits à des fanzines, etc. Le CHOIX. D’où votre propre expression « faire don ». Ce qui relève d’une *décision*. allo allo ?
        Qui « oublie » quelque chose, ici ?

        Maintenant, cher Karl, établissons les choses clairement une fois pour toutes : je ne sais pas qui vous êtes. J’ai suivi le lien et lu votre profil, car j’aime savoir à qui je m’adresse, afin de ne pas me rendre ridicule par paresse. Votre link m’en a dit « un peu » sur vous. Vous n’êtes pas auteur (artiste) n’est-ce pas ? Alors ne confondez-vous pas notre univers et le vôtre ?
        Précisons ceci afin de ne pas nourrir votre confusion : mon « casier » à moi est largement connu. Je suis auteur pro depuis 1999, j’ai dirigé une maison d’édition réputée internationalement pour l’équité de ses contrats, et je suis une activiste « chiante ». J’aime l’art avec passion, et la Justice plus que tout au monde. MAIS je suis une geek et une nerd auto-assumée (pas la créature antique que vous pourriez présupposer, les raccourcis clichetons étant ce qu’ils sont). Je programmais des sites web dès 1995, suis passée sans cris d’orfraie de musicos classiciste à la MAO avec délectation (sans renoncer toutefois à mes bonnes vieilles grattes vintage). Rien ne me fait plus tripper d’un digital pen ou une avancée informatique. Je suis un auteur SF alors… le jour (proche, si mes frères trekkies continuent comme ça) où on proposera une interface neuronale permettant d’arpenter le Grid, je serai une des premières à me ruer vers la perceuse. Soyons clairs là-dessus, hm ? Je ne suis pas allergique au numérique, au contraire. Mais ce n’est pas parce que mon itunes pèse un To que j’ai perdu dans la translation l’appréciation exacte de la différence qu’il y a entre un MP3 et le scratch d’un bon vieux vinyle. J’aime les deux. Mais si « Information wants to be free » selon le slogan vite corrompu des premiers ages du web, je prise plus un « freedom wants to BE ». Devenir digitaux, même en ces âges, n’invalide pas le fait que nous sommes des êtres organiques, des êtres d’âme. l’Art est un univers radicalement différent de l’invention technique. C’est notre matière organique que nous utilisons. L’art n’est pas ‘utilitaire’, sinon à des fins psychanalytiques. Voilà pourquoi c’est un matos sensible, instable, qui doit être préservé avec mania. Et je sais reconnaître une sale méchante Black Ice quand j’en vois une. Ok ? Ceci our qu’on sache exactement sur quel terrain on se rencontre, vous et moi, parce que votre jargon vous trahit un poil, ici. Je ne suis pas impressionnée par les (serveurs) Apache. Mon mec a opéré les crash tests sur leurs plumes, voyez-vous. C’est sa tribu. Il est Maquettiste et web programmer, et je suis écrivain, nous avons 2 à 4 ordis chacun (et nos gosses aussi) et il n’y a pas de brèche-système entre nos univers. Toute la famille est Nerd. Ceci établi, nous pouvons bypasser le langage binaire, please ? On en reparlera quand l’écueil capital que constitue l’ordinateur Quantique sera vraiment vaincu. 😉 Dans l’intervalle, restons humains. Les auteurs cyberpunk n’ont cessé de nous alerter là-dessus, n’est-ce pas ?

        – Vous dites :  » Le numérique peut rendre aussi accessible les œuvres à des lecteurs qui ne peuvent pas lire sur papier comme par exemple les aveugles. »
        : Les mal-voyants sont plus nombreux que les non-voyants, Karl. En sommes-nous d’accord ? J’en fais partie. Dégénérescence maculaire (les lecteurs de mon  » fo/véa  » peuvent à présent me reconnaître des dons de voyance, car je n’en étais pas atteinte lorsque j’ai commis ce non-livre – Un demiurge me punit peut-être d’avoir caché un quart des textes dans des *codes-barres* lisibles seulement en pharmacie ? 😉 ). Lire sur écran est devenu une *torture*. J’ai dû, moi la nerd, revenir au papier et au stylo. N’allons pas faire passer la violation de nos droits pour une mesure humanitaire, please. Je l’ai dit depuis longtemps : je lirai mes livres à haute-voix volontiers, pour des livres-audio, et j’adorerai être transcrite en Braille (on dirait du Klingon, le Braille, c’est irrésistible). Mais *avec un accord* et *avec un contrat*, même si c’était (fort probablement) à titre gratuit.

        Tout ceci étant dit :
        Vous terminez :

        – « ReLire ne vole personne » : Si. Moi, Nous. Nous tous.
        – « En revanche, le système fait partie d’une grosse machine qui prolonge la main mise des éditeurs sur la propriété intellectuelle » : OUI, nous sommes d’accord. Et puissent-ils tous se faire laminer.
        –  » Protéger la propriété intellectuelle ne fera que renforcer les industries, pas les auteurs.  » : FAUX, nom de Dieu ! (pardon my French). Pas si l’industrie numérique se range du côté des créateurs et leur donne les moyens de bypasser les éditeurs. Pas si nous faisons corps, et faisons dérailler ce train. Ces barbons ne connaissent pas le B-A= BA du monde numérique qu’ils prétendent traire. N’ont pour lui aucun amour, et aucun respect, pas plus que la science la plus basique. Il convient de s’emparer du train, de le détourner, et de les envoyer dans le mur qu’ils nous ont si obligeamment offert.
        –  » Ce qu’il faut faire, c’est justement ce que vous disiez à un moment, aller vers les éditeurs alternatifs, occuper le vide, numériser les ouvrages vous-mêmes et les mettre à disposition des lecteurs de façon payante et/ou gratuite. » :
        : OUI. Je suis absolument pour. Mais la loi ReLire favorise les éditeurs défaillants, leur permettant de récupérer des droits dont les dispositions sur « l’exploitation suivie » les désaisissait à notre profit. J’ai ainsi récupéré les droits sur un de mes ouvrages, en bonne et due forme, et il a été réédité (avant de redevenir indisponible à la chute de son 2e éditeur). ReLire va proposer à présent à ce 1er éditeur de reprendre, contre mon gré, ce livre. Que pensez-vous de cela ? Lisez les *petites lignes* de la loi, et zappez wikipédia, allons. Ne confondons pas ‘basics de vulgarisation’ et ‘véritable étude de ca’s. (wikipédia, are you serious? Une amie juriste aurait beaucoup à dire sur les prétentions « libertaire » de cette institution, une fois confrontées à la réalité). Et la reprise des droits aux éditeurs défaillants n’est pas si simple, même selon les dispositions de l’ancien CPI. Quant aux solutions offertes par ailleurs… elles commencent à peine à présenter une option acceptable ( = viable pour les auteurs professionnels – le loyer, Karl, souvenez-vous du ‘détail’ du loyer)

        Il nous faut des solutions alternatives. Il faut que le monde numérique cesse de penser en bits et en open source, et admette, l’existence des autres dimensions, sans se boucher à l’émeri comme les scientifiques-et-dérivés n’en ont que trop l’habitude (à l’heure où les collèges de physiciens quantiques bossent avec les kabbalistes pour pousser certains axiomes au bout, c’est juste ridicule, mon cher). Les Aliens existent, et ont des droits aussi. Nous, poètes, artistes, rêveurs, sommes vos Aliens. Si vous ne respectez pas notre civilisation, K. Dick vous honnit.
        Prenez partie. Montrez-nous ce que vous pouvez proposer.
        Pour l’instant, votre biosphère n’est pas plus juste que celle où nous nous trouvons incarcérés. Et, bien que Nerd, je la refuserai avec la même énergie, et virulence, pour des raisons éthiques. Troquer un tyran méprisant pour un autre ? Allons. Non merci.
        Allons d’un pas plus loin : les entreprises d’édition équitable, tous média confondus, sont et seront visées par l’Ennemi au fur et à mesure qu’elles se révèleront. Si nous venions à faire alliance, et à marquer des points, rien ne s’opposera à ce que « les grands intérêts » fassent voter quelque autre loi, tout aussi inconstitutionnelle (pour les initiés, celle-ci l’est clairement – dixit mes contacts avocats). Stopper le projet ReLire est surtout capital à ce titre : ne pas les laisser poser les bases de ce précédent. Faire dérailler la machine avant qu’elle n’auto-justifie, sur la passivité des consommateurs égoïstes, sa validité à exister, muter, grossir, et avaler tout le reste.

        Le problème, Karl, c’est que les programmeurs manquent de « vision ». C’est pourquoi il faut des rêveurs comme nous, pour écrire des romans d’Anticipation. Et permettons-nous de rappeler que le MIT et le Pentagone sélectionnent chaque année une oeuvre de SF pour (les premiers) essayer de réaliser une innovation technologique « fantasmée » par un écrivain et (les seconds) pour monter des scenarii prévisionnels concernant certaines menaces nouvelles en rapport avec lesdites « technologies du futur ». Internet ne s’est pas bâti autrement. Et les trekkies savent comment a été inventé Quicktime, l’Ipod, & so on.
        Les auteurs de SF sont les parents de vos technologies. Si on tue notre liberté, beaucoup ne publieront plus, car nous sommes (pauvres cons que nous sommes) des *idéalistes*. Sinon Asimov n’aurait pas donné des lois à ses robots ; il se serait contenté de les créer, en bon matheux.
        Voilà la confusion que vous faites, Karl. Confondre l’imagination et ses dérivés pratiques. Et elle est gravissime. Car restreindre, réguler, désespérer l’imagination d’un peuple, c’est détruire sa simple capacité à juger, faire oeuvre de discernement, de lucidité, de révolte, et d’usage de ses libertés.
        Voilà de la philosophie. Et la philosophie est la seule chose qui compte, dans ce débat, car il s’agit d’une question de *principe*.

        Vous croyez que ReLire ne vole personne parce que vous n’êtes pas du peuple des pillés. c’est là un raisonnement _colonialiste_. Ce manque d’empathie vous mène à des conclusions de machine. Vous voici prêt, au nom de l’assouvissement des consommateurs, à justifier (à vos yeux du moins) l’architecture native d’un système qui finira par tout véroler. Par – intérêt – de – consommateur. Parce que (nia nia nia ouin ouin) c’est trooop difficile de trouver les bouquins disparus, comme cette ado qui bitche « j’ai pas d’mains » devant une cocotte minute, dans une*pub*. Pauvre petite. Moi, « j’ai pas de demain ». Mais demain est immatériel, n’est-ce pas ? Y a-t-il vraiment « vol », alors ?
        Voilà pourquoi les consommateurs trouvent du charme à reLire. Par *facilité*, par désordre alimentaire, par paresse physique et mentale, pire encore : *morale*. Par manque de coeur, de principes, de courage, de résistance à la loi de consommation. Pas par philosophie, quoi que vous en disiez. Ce qui revient à servir les intérêts mercantiles contre lesquels, pourtant, vous vous élevez.

        Je regrette d’être passée ici ce matin. J’avais prévu d’écrire aujourd’hui. Chaque lecture de discours tels que le vôtre me font regretter d’avoir jamais cédé aux sirènes de l’édition. Avec de tels partenaires, ReLire n’a besoin de rien d’autre. Une fois les Muses correctement égorgées par vos raisonnements robotiques il ne restera plus rien à voler, à part des manuels techniques, et des recueils de statistiques.

        Je crois que les Ghosts dans vos machines avaient rêvé d’humanité. Mais K. Dick nous l’avait dit très tôt, n’est-ce pas ? Laisse le programmeur, aime les réplicants.

        M’sieurs-dames. Je retourne à ma dernière oeuvre. C’est, de fait, un ouvrage technique : le manuel de survie de la base ReLire… en anglais. Pour que nos confrères qui ne parlent pas français puissent comprendre ce qu’on leur demande, puisque la BnF, quand elle vole les étrangers, aime à le faire (comble de cynisme) sans leur donner les moyens ni de la ReLire, ni de la… lire.
        Et ça, oui, ce sera available on request, et absolument gratuit.

        Léa S.
        Ghost on the shelves

  4. Avec ce programme comme dans celui d’autres institutions, la BnF entre avec un grand pied dans le champ de l’édition, de la mise en forme des contenus, de la distribution massive de la documentation et dans la sphère économique du livre. C’est une erreur. On n’a pas encore pleinement réalisé que numériser, c’est toujours éditer. Ce qui veut dire choisir, sélectionner, modifier, transformer, vendre, promouvoir activement, financer. Quelle bibliothèque ou centre d’archive a le droit de faire tout ça et en a les compétences?

    La neutralité durement acquise des bibliothèques me semble menacée. Le fondement et la mission de ces institutions étaient d’être un agent « neutre » pour conserver les oeuvres humaines et les rendre accessibles à l’identique. Et la numérisation change tout, parce que numériser, ce n’est jamais que conserver, mais c’est toujours aussi diffuser, ré-éditer. On voit immédiatement comment l’entrée de la BnF dans le champ éditorial lui fait perdre sa neutralité: elle est précipitée au coeur de débats politiques, culturels, économiques. Les bibliothèques n’ont jamais été responsables de l’édition nationale, pourquoi le deviendraient-elles? D’ailleurs, quelles compétences ont les bibliothécaires ont pour le faire?

    Qui veut qu’une institution d’État devienne l’éditeur principal du patrimoine commun? L’édition doit demeurer un champ libre, ouvert et démocratique. Un lieu de débat, de discussion, de controverses, tout ce dont une bibliothèque doit restée s’éloigner.

    Pourtant, la question de l’accessibilité, de la diffusion et de la ré-édition du domaine public et des oeuvres dites orphelines ou .épuisées est des plus importantes. Les projets de mettre ces immenses archives communes sous la responsabilité d’une bibliothèque nationale menace leur neutralité. C’est à une table de concertation, un forum, un organisme (à inventer?) que cela devrait être discuté et décidé.

    Une bibliothèque nationale n’est pas une entreprise, c’est un fonctionnaire, un service pour tous, lecteurs, éditeurs, citoyens de toutes tendances. Une bibliothèque nationale avec une exclusivité sur quoi que ce soit est une aberration.

    1. *Mets sa casquette de bibliothécaire* Yep, tout à fait ! Si c’est bien le rôle d’une bibliothèque de donner accès à la culture au plus grand nombre, ce n’est pas à elle de se substituer aux éditeurs, bien dit !
      Merci de votre commentaire sur cette question que je n’avais pas abordée et qui a aussi son importance.

      1. En fait, le rôle de la BNF, ici, est uniquement de gérer la liste et la base de données ReLIRE. Le reste sera géré par la Sofia. La numérisation sera proposée en priorité à l’éditeur d’origine, puis, s’il refuse, à des éditeurs numériques intéressés. Dans tous les cas, l’éditeur d’origine touchera une part du gâteau, se voyant récompensé pour avoir cessé de faire son boulot. L’auteur, lui, touchera… 50% de ce qui restera après déduction des frais de numérisation, gestion, etc., les autres 50% étant partagés entre les deux éditeurs (celui d’origine et le numérique) qui peuvent donc ne faire qu’un. (Suis pas sûre d’être très claire !)

  5. Oui, j’ai l’impression que c’est au moins la deuxième ou troisième fois qu’exactement la même chose arrive, avec exactement le même tollé. À croire que rien n’a été résolu et que nous sommes condamnés à la répétition ! Faire un bourde pareille en 2013, ça a quand même de quoi étonner… Certes, on en est encore au début du numérique, mais plus assez au début pour revendiquer une telle ignorance.

  6. Hey la miss ! (je reprends le mess. qu’avala goulument WP, désolée s’il manque des bouts par rapport à l’original)
    Merci, donc, pour ton billet, c’est intéressant d’avoir sur le sujet ton regard pluri-disciplinaire, conjugué aux qualités de ton blog, la passion de faire passer informations, éclairages et coups de coeur sur tout ce qui touche au monde du livre.
    Comme tu sais, je suis avec toi dans l’opposition à ce projet de numérisation des indisponibles, et la consternation face au tort fait sans vergogne aux auteurs.

    Une précision, au passage, quant au rôle de la BnF dans cette sale histoire : la démarche « éditoriale » (je mets des gros guillemets, parce qu’à mes yeux la numérisation n’a rien à voir avec l’édition, avec tout ce que cela implique de travail sur et autour de l’oeuvre, d’accompagnement du livre publié et de l’auteur, etc) ne relève pas d’elle. La BnF est chargée d’établir et tenir la base de données ReLIRE. Pour la suite, elle a des complices :
    La SOFIA, en charge de l’exploitation numérique des bouquins tombés dans l’escarcelle d’Etat (étude des demandes de retrait d’ouvrages, attribution des licences d’exploitation, perception des sous et rémunération)
    Et enfin, pour ce qui est de l’exploitation du texte numérisé, c’est du domaine soit de l’éditeur d’origine s’il le désire (pour 10 ans), soit de « tout opérateur qui en fera la demande » (pour 5 ans si je me souviens bien) – avec ce flou merrrrveilleux pour l’auteur qui verra son oeuvre, son bébé, l’encre de son âme, confié à un mystérieux organisme d’ « édition » (guillemets toujours), sans avoir son mot à dire, se prenant le fait accompli tel un mur en pleine gueule. Et ainsi s’effondre en plus toute la belle relation de confiance que bâtissent ensemble, traditionnellement, un auteur et un bon éditeur. Merci qui ? merci ReLIRE, merci l’Etat français.

    (Bon je radote un peu en reprenant des trucs que tu as soulignés, donc j’arrête là !)

    Des bises, et à bientôt sur les barricades 🙂

    1. Merci Psyché pour ton passage en ces lieux, tes mots toujours si appréciés et cette précision d’importance, à savoir que la BnF n’a qu’un rôle dans l’histoire, et qu’il y a des complices. Je ne l’avais pas indiqué, mais c’est un point important. D’autant plus important qu’en tant que bibliothèque, la BnF n’aurait pas du se rendre complice de la Sofia. Qu’une BM soit partenaire avec un éditeur pour publier le contenu de conférences/colloque/expos ayant eu lieu en ses murs, oui, là, je vois l’utilité et ça se fait. Mais là ? Comme je le disais, la BnF avait levé le bouclier contre Google. Pourquoi participer à une entreprise qui appartient à la même procédure ? Bref, je radote moi aussi ^^ » mais merci de ces détails très importants pour bien saisir l’affaire. Entre la SOFIA, certains éditeurs et, donc, la BNF qui si elle n’est pas l’initiatrice n’en est pas moins complice, ReLIRE rassemble plusieurs acteurs, tu as raison de le rappeler.
      Des bises aussi, d’encre et de papier 🙂

      1. la BNF est l’un des cinq organismes à l’origine de la loi sur les indisponibles du XXe siècle, comme en témoigne l’accord cadre publié l’an dernier par Actualitté : http://www.actualitte.com/societe/exclusif-l-accord-cadre-sur-la-numerisation-des-oeuvres-indisponibles-32264.htm (intégral ici : http://www.actualitte.com/document/accordindisponibles.pdf )
        Plus surprenante est la présence de la SGDL. Mais on peut penser que la BNF et la SGDL ont voulu calmer les ardeurs du SNE, grand gagnant dans l’histoire.

  7. Lucie, je reviens à la ligne pour te répondre : merci de tes précisions (Psyche a également rappelé que la BnF n’a au fond pas le rôle d’initiatrice du projet, détails que j’ai oublié de préciser… dès que possible j’édite le billet), cela dit, elle n’aurait pas du se faire complice des acteurs de ReLIRE en listant et en gérant la base de données. Comme indiqué par M. Gauvreau, si une bib’ a bien le rôle de permettre l’accès de la culture au plus grand nombre, elle reste un service public. Qu’elle s’associe à des entreprises privées pour certaines choses (animations…) ou avec un éditeur pour mettre sur papier/ebook des animations qu’elle a mise en place, ok. Mais là, je trouve que ça déborde clairement de son cadre d’activité et instaure un flou dans ses fonctions. Je vois déjà plusieurs de mes lecteurs confondre bib’ et librairie, alors si en plus la BnF brouille aussi les pistes avec l’édition, que restera-t-il de l’identité des bibliothèques ? De leurs missions ? Et, enfin, en tant que service public, normalement ça reste à part.
    Bref, tu as raison de rappeler les différents acteurs en jeu dans ReLIRE (je te rassure, ton commentaire est clair ;)), mais en tant que bibliothécaire, même cette petite part prise par la BnF me hérisse le poil. Ce n’est pas du tout comme ça que je vois notre métier, et en plus les bibliothèques sont aussi lésées dans l’histoire.
    Merci encore de ton passage et des détails apportés ! 🙂

    1. Cela dit, comme je le précisais dans un autre commentaire pas encore validé, la BNF est aussi l’un des cinq organismes à l’origine de l’accord-cadre qui a mené à la rédaction de la loi.
      En fait, je crois qu’il m’est impossible de faire un commentaire clair parce que cette histoire est totalement embrouillée 🙂

    2. @Lullaby : je ne parlais pas de l’initiation du projet (où comme le montre le lien de Lucie la BnF a eu sa part), mais de son application 😉

      Cela dit, je comprends et partage sans réserve ton hérissage de poil quant à l’implication de la BnF. Je suis passée quelques mois, au fil des errances pros, dans un service public, à forte valeur sociale, qui perdait tout sa valeur, son sens et jusqu’à son efficacité du fait de mesures visant à le transformer en entreprise – et ce n’était qu’un bref passage ! alors pour toi qui te dévoues à cette valeur au quotidien et sur la durée, oui, ça doit être douloureux de voir ainsi la BnF sortir de son tracé idéal…

      1. Arf, j’avais lu trop vite >< Merci de re-préciser !
        Et oui, je vois de ces trucs, des fois… je ne peux pas parler de tout par ici, malheureusement (devoir de réserve, tout ça), mais c'est clair qu'entre ce qui se passe dans ma bib' et dans d'autres bib', ici et de par le monde, BnF compris, c'est dur à avaler (je ne souhaite d'ailleurs pas gober cette amère pilule et préfère tenter de conserver les buts premiers du métier, envers et contre tout. Et je ne suis pas la seule dans le cas, fort heureusement ! ;)).
        Bref, tu m'as comprise.
        Des bises livresques

  8. @karl : alors là, on n’est pas d’accord, je pense ^^
    Je suis moi-même auteur (enfin, je me considère plus comme une scribouilleuse et une auteur en devenir, car j’ai bien conscience du travail qui m’attend avant d’être un auteur en tant que tel, mais j’ai quelques publications en ouvrage collectif à mon actif), et ce procédé me révolte.
    Me révolte parce que je croyais les écrits (les miens, ceux des auteurs en général, car je suis aussi lectrice) étaient protégés par le CPI. Je ne sais pas d’où vient votre source que c’est Disney qui a exigé cette durée de 70 ans, pour ma part, je sais que c’est l’UE qui l’a fixée, et que justement les Etats-Unis envient ce CPI que nous avons.
    Et, donc, en tant que scribouilleuse, je n’apprécierai pas que quelqu’un dispose à sa guise de mes écrits sans m’en demander mon avis, et les diffuse comme bon lui semble, toujours sans mon avis. Un auteur a un rapport très fort avec ses créations, comme tout artiste. Exiger que les oeuvres indisponibles soient disponibles pour tous, facilement, peut paraître légitime mais, même en tant que bibliothécaire (et ce que j’apprécie le plus dans mon métier, c’est justement le partage du contenu des ouvrages), je considère que l’auteur a droit de regard sur ses oeuvres. Qu’elles soient indisponibles, comme je le disais plus haut, peut venir de plusieurs facteurs :
    – l’auteur ne veut plus publier. Il/elle a ses raisons, et même s’il s’agit d’un(e) auteur que j’admire, je ne remettrai pas en cause cette décision. J’ai en carton un texte que j’avais envoyé pour une antho, il a été refusé en toute fin de sélection mais l’anthologiste avait admis que cela avait été difficile. A présent, je ne souhaite plus voir ce texte publié. Je le garde, mais je préfère le garder en tiroir, car je ne veux pas le voir diffusé. C’est mon oeuvre, et j’ai fait le choix de la laisser cachée. Si un auteur ne veut plus voir ses oeuvres diffusées, je ne le comprends donc que bien.
    – l’éditeur a cessé sa commercialisation. Or, le même éditeur recevra des dividendes après ReLIRE. Pourquoi donc ne fait-il pas l’effort de revoir avec son auteur un contrat pour relancer la commercialisation, tout simplement ?
    – enfin, dans les cas où l’éditeur a mis a clé sous la porte, eh bien là aussi il peut y avoir plusieurs raisons. Notamment le fait que pas assez de lecteurs n’acquéraient les ouvrages parus chez le dit éditeur, par exemple…

    Exiger la disponibilité de tout, non, je ne suis pas d’accord. En tant qu’auteur, que lectrice, que bibliothécaire, je considère que si le lecteur peut avoir des exigences, il ne doit pas non plus exiger la réalisation de tous ses souhaits personnels envers les acteurs du livre. Je saisis bien vos raisons d’apprécier une diffusion plus large mais celle-ci doit-elle vraiment se faire aux dépends des auteurs ? Aux dépends des bibliothécaires ? Aux dépends même des lecteurs, qui se verront avec ReLIRE offrir des numérisation de tout et n’importe quoi, sans aucun travail soigné autour ?
    Moi, je ne souhaite pas cela. Si je saute toujours de joie devant des rééditions (papier ou numérique) d’indisponibles, si je regrette l’indisponibilité de certaines oeuvres, je n’en souhaite pas moins que le CPI continue de protéger les auteurs, que les bibliothéques gardent leur statut de service public *séparé* des entreprises privées et du commerce… et nous n’avons pas parlé des libraires ! Où sont-ils, dans cette histoire, eux qui sont déjà bien menacés par les cybermarchands et leurs méthodes peu recommandables ? Alors qu’en cas de réédition (papier, numérique aussi peut-être), ils peuvent aussi bénéficier, là, avec RELIRE, rien pour eux.

    J’ajouterai que vu le nombre d’auteurs, d’éditeurs même qui protestent (souvent des structures indépendantes, de petite taille, pour qui ce pillage peut se révéler dangereux pour leurs affaires, alors qu’elles subsistent déjà tant bien que mal face aux grosses maisons), je ne crois pas que beaucoup d’auteurs soient ravis de se faire ainsi piller leurs oeuvres sans avoir été consultés au préalable.

    Voilà, désolée si je me suis montrée un peu « forte » dans mes propos, mais c’est ainsi que je ressens cette affaire, et, je le rappelle, sur le sujet j’ai aussi mon regard de lectrice et de bibliothécaire. Diffuser la culture oui, n’importe comment et en piétinant une directive européenne qui protège les auteurs, non.

    1. « je croyais les écrits étaient protégés par le CPI. »

      Le droit d’auteur a une histoire et de relativement récente si on la compare à l’histoire de la création littéraire. Je vous laisse plonger dans wikipedia pour mieux comprendre les évolutions. Mais pour un petit raccourci, nous sommes passés en France après la révolution Française de 5 ans après la mort de l’auteur à… 70 ans aujourd’hui en plusieurs étapes. La prochaine cible des groupes de lobby est de le faire passer à… 95 ans. 70 ans après la mort de l’auteur. L’espérance de vie en France est environ 80 ans. Donc disons que l’auteur a publié une première œuvre à 20 ans. 60 ans + 70 ans = 130 ans avant que l’œuvre ne fasse partie du domaine publique.

      Et si vous attachez tant d’importance à la propriété intellectuelle, et selon vos commentaires précédents sur les brevets, cela veut dire la protection des semences que les paysans ne peuvent pas replanter, la protection de certains gènes et de leurs applications, la capture de nombreuses histoires dans les grands groupes de médias pour utilisation possible plus tard. La culture vit parce qu’elle circule, parce que lorsque vous avez lu quelque chose vous avez été inspiré de prolonger cette histoire par des mots.

      D’autre part, personne ne « vole des idées » il ne s’agit pas d’un bien matériel. Si j’ai un œuf et que vous me prenez mon œuf, je n’ai plus d’œuf (même chose pour les bœufs). Si j’ai une idée et que vous avez une idée et que nous les partagions, nous avons chacun deux idées, personne n’a été dépossédée et nous nous sommes enrichis. Généralement, les gens confondent moyen de subsistance et valeur quand il parle du monde de la création.

      « A présent, je ne souhaite plus voir ce texte publié. »

      Cela n’a rien à voir avec la discussion en cours. Votre texte n’a jamais été publié. Personne ne force à publier les textes jamais publiés. Les textes dont nous parlons sont des textes qui sont déjà disponibles mais difficiles à retrouver, car en petite quantité éparpillée ici ou là. Si j’habite dans une grande ville au bon endroit géographique, je peux plus facilement trouver le texte. Si je suis au fin fond de la campagne dans un autre pays, je ne peux pas y accéder. Il n’y a pas de logique à cela.

      L’enjeu est vraiment de pouvoir accéder à des œuvres difficilement accessibles. Et c’est pour cela que 1. le système m’inquiète à cause des DRMs et 2. le manque d’information sur le type de commercialisation envisagé.

      « – l’éditeur a cessé sa commercialisation. Or, le même éditeur recevra des dividendes après ReLIRE.  »

      Je trouve cela anormal également.

      « pas assez de lecteurs n’acquéraient les ouvrages parus chez le dit éditeur »

      Ce qui est le cas de la grande majorité des auteurs. Un bon tirage pour un auteur inconnu c’est 1,000 exemplaires. Un livre à 20 Euros, 10% de droits = 2 euros * 1000. 2000 euros. Les auteurs ne vivent pas de leurs ventes. Une infime minorité en vive. À noter que la plupart des petits éditeurs ne survivent pas non plus. Nous avons donc un schéma pyramidal de type tupperware où tout le petit monde fait vivre et perdurer le système pour le bénéfice d’une poignée de privilégiés au haut de la pyramide. Et les auteurs de romans, cela va mieux, mais si jamais vous publiez de la poésie, c’est encore pis.

      « une diffusion plus large mais celle-ci doit-elle vraiment se faire aux dépends des auteurs ? »

      Si on parle de l’accessibilité, elle se fera avec ou sans l’auteur. Les techniques de numérisation des livres sont de plus en plus accessibles à tous. On est pas encore à l’époque de la K7, mais on y vient. Le monde de la photographie et de la musique, on déjà vécu cela. Les ouvrages chez les bouquinistes sont déjà accessibles sans reversement de droits d’auteurs. Quitte à choisir, si j’étais auteur intéressé par le versement de droits, je ferais tout mon possible pour rendre l’œuvre disponible facilement et toucher des droits, plutôt que le circuit hors-droits de l’occasion.

      Si on parle de la société de gestion et de la vente des œuvres, comme c’est le flou le plus total sur la solution retenue, je suis comme vous plutôt dubitatif et ne fais pas confiance aux éditeurs et aux solutions techniques qui seront retenues. Et je dis que les auteurs ont là une chance de se réveiller et de prendre les devants.

      « ce pillage peut se révéler dangereux pour leurs affaires, alors qu’elles subsistent déjà tant bien que mal face aux grosses maisons »

      C’est un faux raccourci. Si on enlève les erreurs de la base (ouvrage déjà existant) et c’est normal qu’il y ait des erreurs, il n’y a pas de pillages. piller = «  Dépouiller, avec violence, de ses biens une ville, une maison, etc.  » Rien n’est enlevé. C’est de l’immatériel. Et les ouvrages n’étaient pas vendus. En revanche, nous pouvons parler de manque de respect, de pousser à l’action forcée, etc.

      1. Je crois que nous ne nous comprenons pas.
        D’une part, je ne vois pas le rapport entre les semences, les gènes etc et la création artistique (que protège le CPI). Le CPI existe justement pour protéger cet immatériel que vous considérez avec tant de désinvolture. Pour vous, ce n’est pas du pillage, une oeuvre étant immatérielle. C’est justement pour éviter ce bazardage de textes, musique, autres oeuvres artistiques que le CPI a été mis en place, et même à l’étranger il existe ce système de contrats, de droits. Les semences, les gènes, tout cela n’a rien à voir – et vous vous fourvoyez d’autant plus à me sortir cet argument que je suis une défenseuse de la libre circulation des semences – celles-ci, même créées par l’homme, appartiennent au règne de la nature et n’ont pas, à mes yeux, à faire l’objet de contraintes, licences d’exploitation et autre. Car étant une plante, un végétal, donc un vivant de la Nature.
        Les idées, les oeuvres appartiennent à une autre catégorie. Vous dites que c’est immatériel, donc qu’il ,n’y à considérer ReLIRE comme du vol. Très bien. Dans ce cas abolissons aussi la loi sur le plagiat, puisque, selon vous, ce n’est pas du vol que de reprendre quelque chose du domaine de l’immatériel.
        Non. Non, non, non. Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’une oeuvre issue de l’esprit d’une ou plusieurs personnes (je parle là d’art) qu’il faut jeter ensuite le tout à tout vent ! Autant supprimer les noms des auteurs, alors, et ne garder que les titres des ouvrages, peintures, sculptures. Ben oui : si l’on suit votre raisonnement, n’importe qui peut reproduire les textes d’Amélie Nothomb et les diffuser à sa guise, puisque son oeuvre est issue de son espritn donc immatérielle, ce n’est pas du vol ! Le CPI est justement là pour éviter ces considérations désinvoltes et pilleuses, et je constate à vous entendre qu’il est heureux qu’il existe car il est des personnes,qui ne saisissent pas l’intérêt de ce CPI, justement.
        Vous vous plaignez aussi des 70 ans – je rappelle qu’il s’agit d’une directive européenne, appliquée dans de nombreux pays. Pourquoi tant de pays s’attacheraient-ils à défendre cet immatériel ? Par ailleurs, je ne vois toujours pas où vous avez bien pu trouver cette histoire de 95 ans ! Puisqu’on parle de Wikipédia, voici une page qui montre la durée des droits patrimoniaux par pays – vous constaterez que nombreux sont ceux à appliquer 50 ou 70 ans après décès de l’auteur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dur%C3%A9e_du_droit_d%27auteur_par_pays
        Voler une oeuvre, dans le sens de l’utiliser sans accord de l’auteur alors que théoriquement, l’oeuvre devrait être protégée, relève du vol de l’oeuf aux yeux de l’auteur. Par ailleurs, autoriser cela, c’est ouvrir la porte à des pillages divers des oeuvres. Immatériel donc pas du vol vous dites ? Non, décidément, nous ne nous comprenons pas.

  9. @karl : je rebondis aussi sur l’argument des personnes mal ou non voyantes. Je ne suis pas sûre qu’ils soient tous équipés des dernières technologies, mais il existe déjà pas mal de façons pour eux d’accéder à la lecture : les textes lus, par exemple, et des petites maisons permettent de plus en plus souvent l’utilisation de leurs ouvrages ainsi, le tout dans le respect du CPI. S’agissant du numérique, même chose. Mais cela reste encore peu par rapport au nombre d’ouvrages disponibles en papier. Avant même de parler de leur rendre accessible des oeuvres indisponibles, il me paraît plus important d’étendre les textes lus et numériques aux oeuvres déjà disponibles. Ce qui se fait progressivement – en tout cas, je vois le numérique se répandre petit à petit chez les éditeurs, petits et grands. Preuve qu’ils intègrent ce système de diffusion.

  10. @karl : vous dites :
    « ReLire ne vole personne. En revanche, le système fait partie d’une grosse machine qui prolonge la main mise des éditeurs sur la propriété intellectuelle, qu’il possède déjà. »
    Qu’ils *voudraient* pleinement posséder, me semble-t-il. Face à un auteur un tant soit peu combatif et conscient de ses droits, je pense plutôt qu’il n’en est rien, et que justement le CPI garantit alors les limites fixées à leur éventuelle avidité. Fragiliser la position de l’auteur en lui contestant ses droits, comme le fait cette loi sur la numérisation des indisponibles, ne contribue pas à l’idéal d’une culture libre et accessible à tous : cela renforce la position de pouvoir (et la puissance financière) de ceux qui ne voient dans la vie du livre qu’un intérêt économique – ceux-là qui voyaient précisément des oeuvres échapper à leur main-mise dans le cadre du numérique, puisque les contrats jadis signés n’incluaient pas de clause pour la cession des droits d’exploitation num. (ce qui laissait les auteurs libres de refuser la signature d’avenants aux conditions abusives / inéquitables / incluant des DRM / etc).

    Comment dire que ReLIRE ne vole personne, alors que ces droits, entre les mains des auteurs, reviennent soudainement comme par (dés)enchantement dans le giron de l’éditeur d’origine ou d’un opérateur lambda voulant sa part du gâteau numérique ? Et ce, sans les garanties, les garde-fous qu’offre le contrat d’édition négocié d’égal à égal entre un auteur et son éditeur ?
    Comment dire que ReLIRE ne vole personne, alors que les bibliothèques voient ainsi disparaître la possibilité d’un projet de mise en consultation des oeuvres orphelines, à la fois plus juste (puisqu’un tel projet aurait impliqué une démarche véritable, active, pour prouver ce statut d’oeuvre orpheline, à l’opposé du si confortable opt-out), et plus démocratique (puisqu’à but non lucratif) ?
    Comment dire que ReLIRE ne vole personne, alors que cette entreprise de numérisation fait obstacle au travail de redécouverte et réédition qu’opèrent de leur côté un certain nombre d’éditeurs indés, passionnés (j’en connais qui sont en train de négocier un contrat, ou ont signé et préparent la publication à terme, de textes pillés par ReLIRE ; j’en connais d’autres qui font un boulot formidable de remise à disposition de perles, et leur donnent une vie nouvelle, parfois plus éclatante que sous leur précédent avatar, cf cette merveille que fut la remise à la lumière des Jardins Statuaires de Jacques Abeille) – certes cela n’assure pas une redisponilité exhaustive du corpus publié, certes cela se fait à un rythme qui demande une certaine patience, mais je ne suis pas assez ‘consommatrice’ pour être accro à l’esprit du « tout, tout de suite, à n’importe quel prix (surtout si c’est autrui qui doit en faire les frais) », ni du stakhanovisme. All in good time, et dans l’intervalle je préfère faire confiance à l’auteur pour choisir pour son oeuvre la route qui lui va bien. Moi, lectrice, j’estime que ReLIRE, en se servant sans se poser de questions ni demander d’autorisation dans le vivier qu’explorent ces éditeurs alternatifs, en limitant l’horizon des possibles, en bloquant un nombre colossal de livres sur une voie de garage sans qu’il y ait même garantie qu’un travail sérieux soit accompli pour les faire découvrir au public, me vole la perspective de rééditions belles, réfléchies, en adéquation avec la vision de l’auteur.
    Plus glaçant encore : que cette loi me vole, nous vole, l’espoir et le rêve d’oeuvres en gestation, et que leur créateur, échaudé par une entreprise ouvrant une brèche dans le CPI, écoeuré par le peu de cas que l’Etat (ainsi que, hélas, une partie du public) fait de ses droits, préfèrera garder par-devers lui, loin de mains qui viennent de démontrer ouvertement leur avidité. (et ce n’est pas moi qui l’en blâmerais, loin de là)

  11. https://en.wikipedia.org/wiki/Copyright_Term_Extension_Act

    « The Copyright Term Extension Act (CTEA) of 1998 extended copyright terms in the United States by 20 years. Since the Copyright Act of 1976, copyright would last for the life of the author plus 50 years, or 75 years for a work of corporate authorship. The Act extended these terms to life of the author plus 70 years and for works of corporate authorship to 120 years after creation or 95 years after publication, whichever endpoint is earlier.[1] Copyright protection for works published prior to January 1, 1978, was increased by 20 years to a total of 95 years from their publication date. »

  12. Pour ce qui est de la copie et de la création : deux univers où il n’est pas possible de protéger ses créations: la cuisine et la mode. Que vous soyez habitué à un système, je le comprends fort bien, puisque le droit d’auteur est quelque chose avec lequel la société nous conditionne en permanence. Lisez Free Culture (qui d’ailleurs ne prône pas la disparition du droit d’auteur).

  13. @lea

    J’arrête la discussion pour deux raisons.

    1. Vous placez des idées et des mots dans ma bouche que je n’ai pas dit.
    2. Vous me faites un procès d’intention.

    C’est dommage.

    1. Cher Karl,
      Vous tombez ici dans le travers habituel des webbiens qui, arrivant d’un pas par trop victorieux sur un ring, ne s’attendaient pas à y trouver Mike Tyson. Et vous me servez les clichés d’usage en ce cas.

      Notre conversation ne peut aboutir parce que :
      1/ je suis du camp des créateurs qu’on lèse, et en intimité et amour avec beaucoup des créateurs lésés.
      2/ Vous êtes du camp des « bénéficiaires » du larcin, ce qui suffit amplement à expliquer votre désir de le justifier, et le désagrément que vous trouvez à faire face à quelqu’un qui ne se laisse pas abuser par des clichés pour débutants.

      C’est mon milieu, mon sujet, mon job. Je le connais d’une façon que vous ne pouvez pas approcher : de l’intérieur. Par obligation. Il est bien normal que les « basics » m’aient laissée froide.

      C’est tout.
      Et la fin de cette conversation, à laquelle j’agrée avec le plus grand des plaisirs, n’est pas « dommage ».

      Je ne veux pas dire que l’avis des gens « extérieurs au job / non concernés » est sans valeur. Mais il n’a qu’une valeur de baromètre sociologique.
      Après tout, dans les cas de cambriolage, c’est le cambriolé que la justice entend, et qui est seul en droit de porter plainte. L’avis du cambrioleur (« Wo que je l’ai fait pour contester contre la société de richesse zyva. C’est pas pour la Mustang, quoi, c’est de la politique de rebelle ») ou du voisin d’à côté (« Mon voisin a bien mérité de se faire tirer sa caisse. Elle est fort belle et il s’en sert peu. Et puis quoi ? Il est _assuré_, non ? De quoi se plaint-il? ») joue dans une tout autre… cour. 😉

      Allez en paix (si vous le pouvez). Et merci 1000 fois de m’avoir rendu la partie de *ma* paix, et de mon temps, que vous aviez quelque peu confisqués.
      Ceci dit… de façon générale, je doute que vous trouviez ici (connaissant la « patronne ») beaucoup de gens favorables à vos théories. Pourquoi vous acharner ainsi ? Je suis sûre qu’il y a plein d’autres lieux où vous brilleriez plus facilement.

      LS (accablée par la stérilité de l’univers supposé de la Communication à Grande Vitesse)

  14. Au passage, puisqu’on en est au chapitre « conseils de lectures »(et puisque notre chère Natacha G. est entravée loin du front par des problèmes… *informatiques* et ne peut donc venir chanter ici les louanges d’une des ses idoles… ce qu’elle n’aurait pas manqué de faire si elle l’avait pu) 🙂
    Donc :
    Au chapitre des « lectures utiles », et parce qu’il me semble particulièrement important de ne pas laisser s’installer un faux débat « L’édition à l’Ancienne » versus « L’édition à l’heure du monde digital » qui n’a absolument pas lieu d’être et brouille le sujet :

    En toute chose il vaut mieux s’en remettre à Dieu plutôt qu’à ses Saints. Les inquiets quant au sentiment des grands acteurs du numérique et à leur possible (telle que souvent présentée) unité d’opinion… seront utilement réconfortés par les analyses de Jaron Lanier, un des pionniers du monde numérique, papa du terme « réalité virtuelle », penseur responsable et impeccable, et une des figures les plus respectées de la Tech-Sphere.
    Voir ses bouquins : « You’re not a Gadget » ect. et son avis sur la sur-valorisation du « collectivisme », du libre accès à tout ‘sous prétexte que nous en avons les moyens (techniques)’ et des illusions entourant Internet, au détriment des créateurs (cf. son article en ligne c/o Edge Magazine « Digital Maoism: The Hazards of the New Online Collectivism ») où il étudie notamment le cas Wikipedia.

    Ce Monsieur a fortement milité pour le respect du droit des auteurs à l’époque de l’affaire Google Books, et donné un certain nombre de coups de pieds dans les… prétentions d’Internet et du digital à réformer le droit des créateurs, voire ‘le monde’, disons. Venant d’un des hommes les plus éminents dudit « monde digital » je trouve cela particulièrement rassérénant à contempler. 🙂
    A l’heure où nos technologies évoluent de plus en plein vite (et quoique ce soit, certes, si déééélicieux) il est capital de garder l’esprit clair et la tête froide quant à notre nature d’êtres non « digitaux », mais « humains », prioritairement, et de ramener l’univers digital à sa juste dimension.
    Et il est rassurant de savoir que certains réussissent cette conciliation interne avec classe, grâce, et une intelligence qui n’a rien… d’artificielle. 😉

    Et hop. Je retourne à mon poste (la hotline des auteurs étrangers confrontés à ce pinacle de cynisme : l’interface opt-out en…. « French only » – Pfff)

    Bonne suite pour vos réflexions, m’sieurs dames.

    LS

  15. Pourriez-vous m’indiquer que faire :
    1°- pour consulter gratuitement sur internet la liste des 60.000 titres déjà retenus pour numérisation. Ainsi que ceux en projet de numérisation, avant toute décision;
    2°- pour s’opposer le cas échéant à cette numérisation si l’on est, comme moi, le descendant direct d’un auteur décédé depuis une trentaine d’années ?
    J’ai beaucoup cherché ces réponses, sans succès.

    Avec mes remerciements,
    Musset

    1. Bonjour,
      Il est possible de consulter les oeuvres retenues pour numérisation sur le site de ReLIRE (http://relire.bnf.fr/accueil). Attention, dans le cas d’anthologies, il faudra rechercher au titre de l’anthologie et la base souffre d’erreurs nombreuses. Ceux de la prochaine fournée ne sont malheureusement pas (à ma connaissance) encore indiqués.
      Pour faire opposition, c’est indiqué dans la FAQ (http://relire.bnf.fr/vos-droits-auteur-ayant-droit).
      Je vous invite également à vous rapprocher de l’équipe Nitchevo, qui a rassemblé toute la documentation nécessaire sur ReLire et les recours possible, ainsi que les actions en cours contre ReLire (pétitions etc). Une page rassemble les liens utiles ici : http://fragmentale.net/relirebynitchevo_wiki/index.php?title=Accueil
      J’espère avoir pu répondre à vos questions. En cas de problème dans vos démarches, n’hésitez pas à écrire à l’équipe de Nitchevo à cette adresse niet[at]nitchevo[point]net (il est possible aussi de les contacter via la page dont je vous ai donné le lien plus haut), l’équipe aide les auteurs (ou ayant-droits) en difficulté dans leurs démarches.
      Bon courage dans vos démarches face à cette machinerie qui a oublié que dans l’affaire, il y avait les créations de *personnes*.
      Lullaby

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s