RSS

Cartographie des nuages, David Mitchell

02 Mai

Cartographie des nuages, David MitchellQuatrième de couverture

[Trouvant la 4e de couv’ de l’édition poche pas terrible en plus de trop en dire sur le roman, je préfère reprendre dans ce billet celle de l’édition grand format, dénichée sur le site de l’éditeur, L’Olivier]

Adam Ewing est un homme de loi américain, embarqué à bord d’une goélette partie de Nouvelle-Zélande et faisant route vers San Francisco, sa ville natale. Il n’a rien à voir avec Robert Frobisher, lequel, un siècle plus tard, se met au service d’un compositeur génial pour échapper à ses créanciers. Ni l’un ni l’autre ne peuvent connaître Luisa Rey, une journaliste d’investigation sur la piste d’un complot nucléaire, dans la Californie des années 70. Ou Sonmi~451, un clone condamné à mort par un État situé dans le futur.

Pourtant, si l’espace et le temps les séparent, tous ces êtres participent d’un destin commun, dont la signification se révèle peu à peu. Chaque vie est l’écho d’une autre et revient sans cesse, telle une phrase musicale qui se répéterait au fil d’innombrables variations.

Mon avis

Voici quelques années, je parlais à une amie du coup de coeur que j’avais éprouvé pour le diptyque The Orphan’s Tales de Catherynne M. Valente (pour découvrir mon avis précis, voir les chroniques que j’ai faites sur Fées Divers, ici pour le tome 1 et ici pour le tome 2). Je lui parlais notamment de la structure de cette oeuvre, composée de récits enchâssés les uns dans les autres, à la manière d’une tapisserie où les fils se croisent et se recroisent. Mon amie me conseilla alors la lecture de Cartographie des nuages, expliquant que j’y trouverai là un récit formés de récits, comme des pièces de puzzle qui finissent par s’emboîter. Je notais alors le titre pour le lire plus tard.

Entre temps, ma PAL m’a accaparée et je n’ai pas pu me plonger dans ce roman. Puis, l’an dernier, je suis tombée sur la bande-annonce du nouveau film de Lana et Andy Wachowski, Cloud Atlas. Il s’agit de l’adaptation du roman de David Mitchell et le visionnage de cette bande-annonce m’a immédiatement emballée. Il était plus que temps de me plonger dans le roman ! ^^ »

Et voilà comment j’ai plongé tête la première dans Cartographie des nuages.  Il me serait difficile de résumer cette oeuvre. Elle mêle 6 personnages principaux différents, 6 récits différents qui se déroulent à 6 époques différentes. A priori, aucun rapport entre toutes ces histoires.

Sauf que si. Contrairement au film (que je n’ai pas encore vu, je me base donc sur la BA) qui présente un lien fort, dans le roman, il y a bien un lien aussi mais ténu, un mince fil rouge qui apparaît discrètement et montre que ces 6 personnes séparées par l’espace et le temps ont un rapport entre elles. Que leurs actes ont des conséquences. Un tel message ne pouvait me laisser indifférente, puisque je suis portée à penser que tout-est-lié. 😉

Mais ce n’est pas la seule chose qui m’a plu dans Cartographie des nuages. Les 6 récits m’ont plu, le tour de force narratif de l’auteur (nominé plusieurs fois au Booker Prize, on comprend pourquoi !) m’a également plu. On suit tour à tour un notaire américain en voyage dans le Pacifique au XIXe siècle, qui découvre les indigènes et les colons ; un musicien aussi talentueux que désargenté et imbu de lui-même début XXe ; une journaliste qui enquête sur un possible scandale nucléaire ; un éditeur vieillissant victime d’une série de tuiles ; une clone en rupture de ses semblables dans une Corée futuriste et ultra consumériste ; un homme qui tente de survivre aux attaques d’une tribu barbare dans un Hawaii post-apocalyptique.

Le lecteur (en tout cas, pour ma part, je l’ai été) sera ravi de découvrir pêle-mêle journal de bord, thriller, récit humoristique et cynique, science-fiction et bien plus encore dans un même roman ! Par ailleurs, loin de n’être qu’un simple divertissement, Cartographie des nuages évoque aussi des sujets qui peuvent prêter à réflexion. Le colonialisme, les extrémités criminelles que peuvent atteindre certaines entreprises pour préserver leurs bénéfices, le traitement infligé aux personnages âgées dans nos sociétés modernes, les dérives de la sur-consommation dans le futur si elle se poursuit telle qu’elle est actuellement, la question éthique du clonage humain, etc.

Un chef d’oeuvre, c’est le mot qui m’est venu à l’esprit en refermant l’ouvrage. Allier avec autant de brio divertissement et sujets de fond, narration maîtrisée et multiplicité des genres littéraires, multiplicité des lieux, époques et personnages sans perdre de vue la globalité de l’histoire. Tout cela dans un roman qui se veut construit comme un morceau de musique, un poème, avec ces récits morcelés en 2 (à l’exception de l’histoire centrale, celle située dans un futur post-apocalyptique).

Chef d’oeuvre, à n’en pas douter ! Et je n’ai désormais qu’une hâte, c’est de découvrir le film qui en a été tiré. 🙂

Points, 2012, 713 pages.

Publicités
 
3 Commentaires

Publié par le 2 mai 2013 dans Lecture

 

Étiquettes : , , , , , ,

3 réponses à “Cartographie des nuages, David Mitchell

  1. Escrocgriffe

    12 janvier 2014 at 10:27

    C’est quand même génial qu’un chef d’oeuvre ait donné naissance… à un chef d’oeuvre 😀 Bel article, j’ai hâte de lire le roman 😉

     
    • Lullaby

      12 janvier 2014 at 11:02

      Oui, d’autant plus que pour certains livres-chefs-d’oeuvres, le passage à l’écran n’a pas bénéficié d’autant de qualités… Mais celui-là, si 🙂 L’auteur lui-même, dans une interview, se disait très content du travail des Wachowski, et on le comprend (autant qu’on l’approuve, d’ailleurs ^^) ! Bonne lecture ! 🙂

       
  2. Escrocgriffe

    12 janvier 2014 at 11:09

    Merci ! 😀

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :