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La trahison des dieux, Marion Zimmer Bradley

16 Juin

La trahison des dieux, Marion Zimmer BradleyQuatrième de couverture

Le récit légendaire de la guerre de Troie ressuscité par l’auteur des Dames du lac.
La princesse Cassandre, fille du roi Priam, prêtresse du temple d’Apollon, a vu l’inexorable avenir : Hector tué par Achille, les Grecs vainqueurs après des années de siège, la ville à feu et à sang, en expiation de l’enlèvement d’Hélène.
Mais comment détourner la marche du destin, comment surmonter l’aveuglement et l’inconséquence des hommes ? Écartelée entre l’obéissance aux dieux et ses liens avec les humains, Cassandre assistera désespérée à l’accomplissement de la volonté divine.
Passions amoureuses, fracas des batailles, héroïsme et violence des combats singuliers, intrigues de palais : l’épopée ancienne devient ici un fabuleux roman historique au rythme haletant, aux couleurs somptueuses.

Mon avis

J’ai découvert les écrits de Marion Zimmer Bradley lorsque j’étais adolescente, avec son célèbre cycle des Dames du Lac. J’avais été si emballée que chaque fois que je tombais sur l’un de ses livres en librairie, j’en faisais aussitôt l’acquisition – j’ai cessé après une déception et depuis je ne m’empare des récits de l’auteur qu’une fois sûre que le contenu de l’histoire est susceptible de me plaire. 😉 En tout cas, ceci pour expliquer pourquoi la couverture de mon ouvrage est un peu vieillotte, mais le livre est toujours édité en poche, sous une couverture et une maquette récente, et sous le titre Troie ou la trahison des dieux (l’ajout de Troie dans le titre date de la sortie du film éponyme de Wolfgang Petersen, en 2004, l’éditeur ayant sans doute voulu surfer sur l’actualité).

Récemment, je me suis piquée de relire La trahison des dieux et ma lecture a été aussi agréable qu’elle fut à l’époque ! 🙂 Si le cycle des Dames du lac revisitait le mythe arthurien d’un point de vue féminin, ici l’auteur s’attaque à la guerre de Troie, toujours d’un point de vue féminin. Et pas n’importe lequel : celui de Cassandre, condamnée par Apollon à ce que ses prédictions (elle a des visions de l’avenir) ne soient jamais crues. D’emblée, déjà, avec ce don, Cassandre offre un point de vue intéressant et particulièrement dramatique. Elle pressent la tragédie mais rien ne peut la détourner et c’est impuissante qu’elle assistera à la marche des événements.

Impuissante, mais pas inactive ! Élevée chez les Amazones, prêtresse vierge d’Apollon et de Python, Cassandre est une femme de caractère. On retrouve, comme souvent dans les romans de Marion Zimmer Bradley, un aspect féministe dans le récit, surtout au début où les hommes en prennent pour leur grade. Mais cela se dilue par la suite, dans le sens où, même si ces réflexions féministes demeurent, elles sont mieux amenées et mieux intégrées (à mes yeux) dans l’histoire.

Par ailleurs, Marion Bradley a le talent de nous emmener en des temps et des lieux lointains de façon colorée et vivante. Dans La trahison des dieux, Troie se dévoile sous nos yeux et prend vie, comme si elle existait encore aujourd’hui. Les personnages – souvent féminins pour les principaux, ce qui, vu le point de vue choisi par l’auteur, n’est ni étonnant ni dommageable – sont bien construits et attachants, surtout Cassandre. Les croyances de l’époque sont bien retranscrites, et les dieux sont là aussi, offrant des signes de leur présence et maîtres implacables des destins des mortels.

S’ajoute à cela le drame de Troie mise à sac, les passions amoureuses qui parfois déchaînent les tempêtes (l’enlèvement d’Hélène par Pâris), les guerriers héroïques ou pas (Achille, Hector, Ulysse…), le fracas des batailles…  Tout cela fait de La trahison des dieux un roman passionnant, qui plus est reprenant un récit classique de l’antiquité grecque. D’ailleurs, j’ai bien envie de lire L’Iliade de Homère pour comparer les points du récit que l’auteur a respecté et ceux dont elle s’est écartée. Elle assume justement ces derniers en postface, expliquant que si L’Iliade l’avait satisfaite, elle n’aurait jamais ressenti le besoin d’en faire le sujet d’un roman.

Un excellent roman de cette grande dame de la fantasy, sur un sujet peu fréquent dans le genre. Et traité avec brio comme avec fougue !

Éditions Le Livre de Poche, 1999, 443 pages.

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Publié par le 16 juin 2013 dans Lecture

 

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