Publié dans Lecture

Coeurs de loups, anthologie co-dirigée par Valérie Lawson et Charlotte Bousquet

Coeurs de loups, dirigé par Valérie Lawson et Charlotte BousquetQuatrième de couverture

Coeurs de loups, ce sont seize auteurs décidés à unir leurs voix dans une anthologie. Seize auteurs décidés à abolir les frontières, et brouiller les origines. Avec eux, les loups deviennent hommes et les hommes choisissent les loups, les loups content un nouveau monde, ou l’ancien qu’ils ont aimé, les fourrures et les peaux se mêlent pour créer un chant, un chant d’espoir et de coeur, pour les loups et les autres grands prédateurs.

Mon avis

Les loups, et par extension leur présence dans le mythe du loup-garou, voilà un sujet qui ne pouvait que me plaire. Et quand, en plus, s’ajoute la bonne action à la perspective d’une bonne lecture, pourquoi résister ? Car pour chaque exemplaire vendu de cette anthologie, deux euros sont reversés à l’association FERUS qui agit pour la protection et la conservation des loups, mais aussi des ours et des lynx, en France.

En plus de ce sujet prometteur (que ce soit concernant le loup-garou ou le loup tout court, d’ailleurs, car je suis aussi sensible à la biodiversité qu’offre la Nature) et de ce soutien apporté à FERUS, l’anthologie en elle-même est agréable à lire. Et si elle comporte quelques textes assez faibles, elle en propose plusieurs fort plaisants et même une poignée de belle pépites ! Voici mes impressions, texte par texte. Mes avis seront courts, mais c’est parce que les textes le sont aussi et je ne souhaite pas en dévoiler trop, afin de vous laisser le charme de la découverte, si l’anthologie vous tente ;).

Prière de mon moulin de Hélène Pedot : ce n’est pas une nouvelle au sens où on l’entend, mais un plaidoyer pour la présence du loup dans nos contrées, avec quelques rappels de faits et de chiffres. Mais un plaidoyer écrit avec le coeur, un plaidoyer doublé d’une plume poétique en plus d’être passionnée, avec quelques références littéraires, ce qui fait qu’au final, c’est un texte aussi bon qu’un autre, même s’il diffère de ce que l’on attendait. Pour ma part j’ai adoré ce préambule à l’anthologie, tant il débordait d’amour pour le loup.

Le roi de la clairière de David Bry : c’est la nuit, et le loup s’avance dans la clairière. Des animaux et un homme s’y trouvent pour lui renouveler leur allégeance. Mais les temps changent… une courte nouvelle qui, sous la forme d’un conte, décrit parfaitement l’attitude des hommes et ce qu’ils y perdent. Aussi poignant que criant de vérité.

Loup de source de Nadia Coste : quand un loup boit en aval d’un homme, à la même rivière, le voilà transformé, à son tour, en être humain… devenir homme, pour un loup, relève de la malédiction. Une inversion du mythe du loup-garou, originale et prenante.

Fin de loups de Sophie Guth : en forme de poème, une histoire tragique de faim et de mort. Déroutant, à cause de sa forme, mais non moins dénué d’émotion.

Empreinte de Manon Fargetton : une jeune femme, anéantie par une rupture brutale, s’en retourne auprès de son père, qui vit en bordure d’une forêt. Coup de coeur pour ce très beau texte qui évoque avec beaucoup de tendresse et d’originalité le mythe du loup-garou.

Fleur de loup de Anne Ferrier : une jeune fille aime à jouer, la nuit venue, avec un loup. Mais sa famille n’est pas du même avis… l’histoire tragique de deux attitudes différentes envers le loup : celle qui les aime et ceux qui les tuent.

La Bête de Jean-Luc Marcastel : une bête mystérieuse et cruelle rôde et sème la mort sur son passage, durant un terrible hiver. Un chasseur et un zoologue mènent l’enquête. De la part de l’auteur de la saga Louis le galoup, je m’attendais à du bon. Et c’est du très bon ! Nouveau coup de coeur pour cette histoire, en particulier pour son retournement de situation. Je n’en dis pas plus pour ne pas déflorer l’intrigue !

Le choix de Carina Rozenfeld : Ailis atteint un âge fatidique. Celui du Choix. Chaque année, le Maître du village choisit parmi les filles de seize ans une nouvelle concubine. Mais Ailis, par malheur, est cette année la seule de cet âge. Elle décide de fuir dans la forêt, préférant la mort certaine donné par les loups que le Maître. Une belle histoire qui, là encore, désigne d’abord le loup tel que vu à l’époque avant d’en montrer le vrai visage, pas si cruel qu’on le croit.

Anthropolycie de Fabien Clavel : un autre texte sur un loup qui devient homme. Sympathique, sa narration permet d’éviter la redite avec la nouvelle de Nadia Coste malgré un sujet similaire. La fin est poignante.

Un conte de loups de Sophie Dabat : quand une princesse naît couverte de fourrure, c’est la consternation pour le couple royal. Ils convoquent les animaux de leur assemblée pour avoir leur avis. Voilà une histoire digne d’un conte, comme l’indique son titre ! Joliment racontée, avec des animaux qui conseillent le roi et la reine et une petite princesse hors normes.

Les loups du Beg de Anne-Sophie Silvestre : un médecin exerce dans les montagnes. Là, il navigue entre patients et loups, pouvant passer d’une forme à l’autre, comme ses ancêtres. Une belle et terrible histoire, celle d’un homme appartenant tant au genre humain qu’à celui du loup, mais dont la chasse de l’un sur l’autre va obliger à un choix tragique.

Boussole de Samantha Bailly : une jeune fille voit son compagnon à quatre pattes tué. Je n’ai pas du tout aimé ce court texte qui se résume à cette simple phrase. Rien n’est dit ni sur la protagoniste, ni sur son compagnon de fourrure, ni sur le lien qui les unit. L’auteur parle de boussole, mais pourquoi ? J’ai eu l’impression désagréable, à lire ce texte, de découvrir une nouvelle inachevée, un simple bout d’histoire sans le reste de l’intrigue qui va avec.

Lunatique de Marie Caillet : une mystérieuse créature recherche asile en plein hiver… un texte très original qui nous conte la naissance du loup. Un autre coup de coeur, tant cette histoire fascine et emporte.

Tous-les-chants de Meredith Blixen : le titre en lui-même est évocateur de l’héroïne, qui connaît tous les chants. Ou presque. Encore un beau texte.

La promesse de Marika Gallman : une femme a rendez-vous dans un cimetière avec son ancien amour. Pendant qu’elle l’attend resurgit le souvenir d’une nuit d’épouvante… j’évoquais tout à l’heure la malédiction du loup transformé en homme. Ici, Marika Gallman nous parle de celle du loup-garou, homme envahi par l’instinct de prédation du loup. Une histoire tragique, bien que classique au niveau de sa reprise du mythe, tragédie mis à part peut-être.

Un loup pour l’homme… de Sandy Julien : on boucle la boucle avec un texte qui vaut aussi par sa chute. Ou l’histoire du monde et de la relation hommes-loups. Une histoire sympathique pour clore cette anthologie.

Au final, quelques coups de coeur, beaucoup de textes sympathiques ou juste plaisants et un que je n’ai pas du tout aimé. Un bon score pour cette anthologie qui, si vous aimez les loups, si vous êtes sensibles à leur sauvegarde, sera sans nul doute faite pour vous ! 🙂

Pour aller plus loin

Éditions du Riez, 2013, 156 pages.
Challenge nouvelles & novellas

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