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ReLIRE : la suite

06 Mar
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L’an dernier, le collectif Le Droit du Serf avait déposé un recours auprès du Conseil Constitutionnel concernant ReLIRE. ReLIRE, opération qui consiste à numériser et commercialiser les oeuvres indisponibles du XXe siècle sans en parler aux auteurs auparavant (c’est à eux de s’informer et de s’opposer avant la date limite). J’avais déjà évoqué ce projet plus d’une fois sur ce blog, ainsi que mon désaccord vis-à-vis de ce projet qui traite par-dessus la jambe de le rôle de l’auteur et son investissement dans ses créations.

Et le verdict est tombé récemment : le Conseil Constitutionnel a jugé ReLIRE conforme à la Constitution.

La réaction de la communauté des écrivains ne s’est pas faite attendre : Lionel Davoust, Silène Edgar, Lucie Chenu et Léa Silhol se sont déjà exprimés face à ce verdict. Je partage leur fatigue, leur dégoût, face à ce verdict qui ne tient pas compte des attentes légitimes des auteurs.

Je connais des gens qui trouvent que ReLIRE est une bonne initiative. Pensent-ils seulement à l’auteur qui a passé de longues heures sur son oeuvre ? Qui y a mis son âme, ses tripes, son coeur ? Qui est complètement mis de côté dans le processus alors que c’est lui, le créateur de ces oeuvres ?

Un auteur = un être humain. Un être humain qui entretient une relation très intime avec ses créations : ne sont-elles pas issues de son esprit, des profondeurs de son être ? En rendant ce verdict, le Conseil Constitutionnel fait plus qu’ignorer les revendications légitimes des auteurs. Il balaie leur statut de créateur.

La mobilisation est-elle donc finie, avec ce verdict ? Je ne le sais pas. Mais, ainsi que le dit Silène Edgar en évoquant l’exemple de Thomas Bernhard, dont les ayant-droits n’ont pas respecté son souhait testamentaire :

Nous sommes vivants.
Et nous ne renonçons pas.

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6 Commentaires

Publié par le 6 mars 2014 dans Monde du livre

 

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6 réponses à “ReLIRE : la suite

  1. Escrocgriffe

    7 mars 2014 at 2:52

    La lutte n’est pas finie !

     
  2. Louisia

    14 mars 2014 at 10:22

    Je ne comprends pas trop. L’initiative est génial. Je connais plein de livre que je ne peux pas lire car ils sont devenus indisponibles (et donc très chers d’occasion). Au moins, avec cette numérisation, on pourra avoir accès à ces ouvrages. Dans le lien que tu donnes, j’ai lu ça : « au moyen d’une offre légale qui assure la rémunération des ayants droit », du coup le livre sera payant et l’auteur rémunéré, non ?
    Je trouve que cela permettra d’accéder à des ouvrages, qui se seraient perdus au cours du temps de toute manière. Faut-il les laisser disparaitre ?
    Article très intéressant qui ouvre un beau débat.

     
    • Escrocgriffe

      14 mars 2014 at 11:09

      C’est vrai que ça partait d’une bonne idée mais le constat est catastrophique, je connais des auteurs très en colère, alors qu’à la base ils n’étaient absolument pas opposés à cette idée, loin de là. Malheureusement, l’écrivain est toujours la dernière roue du carrosse…

       
  3. Louisia

    14 mars 2014 at 10:48

    Bon, en lisant plusieurs articles, je me rends compte que la situation est plus complexe. Visiblement, l’accord des auteurs et des éditeurs n’est pas pris en compte et le droit d’auteur bafoué. Je suis trop naïve de croire que les initiatives de l’état sont pour notre bien commun. J’espère qu’il y aura quand même une révision à ce verdict du conseil constitutionnel.

     
    • Lullaby

      15 mars 2014 at 6:59

      Hello Louisia,
      désolée de répondre un peu tard – en effet, comme tu l’as constaté par la suite, ce qui pêche avec ReLIRE ce n’est pas tant le principe (sur la base, cela ne me dérange pas non plus) que la façon de faire.
      Qu’on n’ait pas demandé leur avis aux auteurs, alors qu’ils sont les premiers concernés, ça me paraît une hérésie. Pire : peu de communication avait été faite, ce sont les auteurs qui se sont lancé l’info, car c’est aux auteurs de se manifester s’ils ne sont pas d’accord – or, beaucoup n’ont pas forcément eu vent de ce qui allait se passer.
      En plus les oeuvres seront numérisées et commercialisées en un temps record, sans correction. Personnellement, je n’aime pas acheter un bouquin (numérique ou papier) qui ne soit pas passé par la case « correction/repérage de coquilles avant), et ça prouve aussi que l’intérêt du lecteur n’est pas non plus pris en compte (sauf le côté « vache à lait »)
      Et on a aucune info sur ce que toucheront les auteurs ni le prix de vente de ces oeuvres numérisées. En plus, des oeuvres que des éditeurs s’apprêtaient à rééditer étaient dans la liste de départ, car tout ça a été tellement monté vite que quantité d’erreurs ont été commises.
      Donc, oui, ReLIRE, c’est compliqué, mais surtout c’est mal fichu et ça se fiche comme d’une guigne de la place de l’auteur dans sa création (un comble) et c’est surtout ça qui est gênant, comme tu l’as vu.
      Merci en tout cas de ton intérêt pour le sujet, j’espère aussi que tout n’est pas perdu dans cette histoire.

       
  4. Louisia

    28 mars 2014 at 8:21

    Ah oui d’accord, c’est le bordel en résumé. Ils font ce qu’ils veulent de choses qui ne leurs appartiennent pas. Je croyais que ça ne faisait plus en France ce genre de choses…
    C’est clair que je n’avais pas du tout entendu parlé de ça avant que tu écrives cet article, c’est pour dire ! Il n’y a vraiment pas eu de communication à ce sujet… ça ne me tente pas non plus d’acheter dans ces conditions…
    Encore merci pour toutes ces informations !

     

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