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Annie Sullivan & Helen Keller, Joseph Lambert

10 Mar

Annie Sullivan & Helen Keller, Joseph LambertQuatrième de couverture

Née en 1880 dans l’Alabama, la petite Helen Keller devient aveugle et sourde à l’âge de dix-neuf mois, suite à une maladie. Elle se trouve alors dans l’incapacité de communiquer avec son entourage, si ce n’est avec quelques gestes maladroits. Sa vie va être bouleversée l’année de ses six ans, quand ses parents engagent Annie Sullivan comme préceptrice. Elle-même malvoyante, celle-ci a appris à enseigner la langue des signes à l’Institut Perkins pour les aveugles. Elle va prendre en charge l’éducation d’Helen Keller et, au fil des mois, réussir non seulement à établir un contact avec l’enfant, mais aussi à lui apprendre la langue des signes, puis l’écriture. Les deux femmes resteront amies à vie.

Mon avis

Je connais bien l’histoire d’Helen Keller, cette Américaine née au XIXe siècle qui devint sourde et aveugle avant ses deux ans. Plus jeune, j’avais lu son histoire puis, plus tard, son autobiographie. C’est une histoire vraie qui m’a marquée. Car la petite Helen aurait pu demeurer dans son univers obscur, ignorant, si Annie Sullivan n’était pas entrée dans sa vie.

Elle-même malvoyante, Miss Sullivan fut engagée par les Keller dans l’espoir que, peut-être, cette ultime tentative pourrait percer le mur qui entoure Helen du fait de ses handicaps. Car sans vue et sans ouïe, comment l’éduquer, lui apprendre ce qu’est le monde ? La petite n’a même pas de notions de mots, ayant été coupée du monde très tôt. Elle vit donc en sauvageonne, surprotégée et gâtée par sa famille. Pourtant, contre toute attente, Annie Sullivan va réussir – à force d’insistance et de patience – à entrer en contact avec Helen. Mieux, une fois la barrière franchie, l’enfant s’avère vive et intelligente. Si bien qu’adulte, elle parviendra à intégrer la prestigieuse université d’Harvard et en ressortira diplômée, devenant ainsi la première personne sourde diplômée.

Aussi, lorsque j’ai entendu parler de cette bande dessinée, n’ai-je pas hésité – d’autant plus qu’elle est louée par les critiques, et avec raison. 🙂

J’ai beau connaître par coeur ce destin extraordinaire, il me passionne toujours. La bande dessinée de Joseph Lambert se concentre surtout sur la vie d’Annie Sullivan, moins connue que celle de son élève, et sur cet instant fort, cet instant clé où Helen parvient enfin à sortir de sa prison de silence et d’obscurité. De fait, il apporte quelques éléments à ce que j’avais déjà lu au sujet de Helen et de sa préceptrice.

Le dessin se partage en deux styles : coloré et précis lorsque l’on est du point de vue extérieur ; totalement noir, avec simplement une silhouette solitaire, claire et floue pour exprimer la perception du monde d’Helen. Ce choix de représentation du point de vue de la petite fille est superbe : il rend d’autant plus fort, d’autant plus poignant le moment où l’enfant apprend à nommer ce qui l’entoure et où son monde si noir, si effrayant, si solitaire, se remplit d’objets familiers, de personnes chères désormais identifiés par un nom.

Quant au destin d’Annie Sullivan, il serre le coeur. Orpheline, élevée dans des hospices insalubres, souffrant d’une mauvaise vue, son petit frère décédant très jeune, elle n’a pas eu une vie facile avant d’arriver à un institut pour aveugles où le directeur va la prendre sous son aile et l’aider à dépasser ces épreuves passées.

La BD, que l’on connaisse ou non l’histoire de ces deux femmes, est un véritable récit poignant, qui ne peut que toucher et émouvoir. C’est un récit plein d’humanité, qui témoigne aussi de la condition des handicapés à l’époque. L’interrogatoire d’Helen, notamment, lorsqu’elle est soupçonnée de plagiat, serre littéralement le coeur face à ces adultes qui oublient qu’ils ont face à eux une petite fille, handicapée de surcroît.

En résumé, une BD superbe, dure par moments, mais si positive en même temps quand on voit les progrès fulgurants d’Helen après ce fameux moment où elle comprit le sens des mots ! 🙂 Un récit mis en images de façon superbe, une histoire vraie touchante, humaine, magnifique. À lire absolument !

Pour aller plus loin

  • La BD comporte des notes et une bibliographie à la fin pour approfondir le sujet
  • Une courte biographie d’Helen Keller (en français) sur le site de la fondation qu’elle a créée et qui poursuit ses activités de nos jours
  • Les pages Wikipédia sur Helen Keller et Annie Sullivan
  • En 1962, Arthur Penn réalisa Miracle en Alabama, un film évoquant la vie d’Helen Keller et le rôle de sa préceptrice

Éditions çà et là et Cambourakis, 90 pages, 2013

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5 Commentaires

Publié par le 10 mars 2014 dans Lecture

 

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5 réponses à “Annie Sullivan & Helen Keller, Joseph Lambert

  1. Sumitsuki

    10 mars 2014 at 2:00

    Ah ouiii j’avais adoré cette histoire ! Pfiou, lue il y a peut-être plus de vingt ans… J’y repense de temps à autre, et me demande si elle n’a pas contribué à influer sur mes tournants professionnels…

    Contente de savoir qu’elle existe en BD. L’a l’air chouette en plus 🙂

     
    • Lullaby

      10 mars 2014 at 9:02

      Très chouette en effet, la BD ! 🙂
      Et complémentaire des lectures, en plus, avec cette vision « dessinée » qui permet de mieux prendre la mesure de ce moment très fort.

       
  2. Escrocgriffe

    14 mars 2014 at 2:50

    Quelle histoire… Je me rappelle de cette lecture d’enfance comme si c’était hier. Il faut que je lise la bd à l’occasion.

     

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