Publié dans Lecture

Le Phénix vert, Thomas Burnett Swann

Le phénix vert, Thomas Burnett SwannQuatrième de couverture

Pour Mellone la dryade, la vie s’annonçait paisible : son arbre, ses abeilles, un jour sans doute, un enfant après une nuit passée dans l’Arbre divin. Mais la Forêt bruit soudain d’une terrible nouvelle : Énée, le tueur de femmes, le parjure, le monstre assoiffé de sang, vient de débarquer sur les côtes. Comme toutes ses sœurs, Mellone a juré devant sa reine la perte de l’envahisseur, qui s’imagine investi par les dieux du devoir de créer une nouvelle Troie sur ce rivage et dont l’arrivée signifie leur perte. Pour les derniers êtres magiques de l’Âge d’or, va s’engager un combat qui va bouleverser les fondements mêmes de leur existence.

Mon avis

Le Phénix vert, c’est l’histoire de Mellone, la dryade, et d’Énée, le Troyen. Énée, jeté sur la mer après la chute de Troie et qui est chargé par les dieux de fonder une ville, une nouvelle Troie. Il est accompagné de son fils, Ascagne. Mais, sur ce rivage où ils se sont arrêtés avec leur équipage, vivent des centaures, des faunes et des dryades. Et les rumeurs ont fait d’Énée un tueur sanguinaire. Mellone est donc chargée par sa reine d’abattre ce monstre. Mellone, qui n’a pas encore été dormir dans l’arbre où sont conçus les enfants. Sauf que… l’amour va s’en mêler.

Il serait dommageable de réduire ce court roman à une simple intrigue amoureuse. Oui, il y a là une belle idylle entre une femme-arbre et un guerrier mythique. Mais Le Phénix vert, c’est bien plus que cela. C’est une histoire d’un temps révolu, de l’époque de l’Odyssée et de l’Iliade. C’est une époque où les créatures mythologiques sont aussi courantes que les animaux. Où la nature est encore sauvage, secrète. Pas un Âge d’Or, mais presque.

Dans cette revisitation de l’Énéide, Thomas Burnett Swann prend le parti de nous présenter un monde enfui, un monde où il est naturel de croiser des créatures chimériques. Un monde où les divinités réalisent des oracles et laissent des signes. Je n’ose aller plus loin concernant la description du contenu de ce court roman enchanteur, car le découvrir avec plus d’éléments que la quatrième de couverture irait, à mes yeux, à l’encontre d’une exploration émerveillée, tous sens en éveil, de ce monde révolu. D’autant plus que l’auteur nous le fait vivre avec une plume absolument magnifique. Imaginez des descriptions où les métaphores coulent aussi simplement qu’un ruisseau, où elles sont aussi chargées de sensualité et de beauté que des grains de raisin dans lesquels on vient de croquer. Qu’elles sont aussi un plaisir pour le lecteur que l’est, gustativement, cette même grappe de raisin.

Pour la même raison que la découverte doit rester intacte, je ne disposerai pas d’extraits. Mais cette plume ! Ce monde ! Et ces joies, ces drames, cette idylle. Ah ! Lire Le Phénix Vert fut véritablement un enchantement de lecture comme j’en ai vécu rarement. Un enchantement qui se prolonge avec une nouvelle sise en fin de roman, Où est-il donc, l’oiseau de feu ?, dans laquelle l’auteur revisite cette fois-ci la légende de Romulus et Remus, les jumeaux élevés par une louve et fondateurs de Rome. Et Mellone, toujours, sera de l’histoire car la dryade vit bien plus longtemps que les hommes.

Le Phénix Vert est également le premier volume d’un ensemble appelée la Trilogie du Latium. Bientôt suivra un billet sur la suite de cette série, La Dame des abeilles. À noter que si cette édition est épuisée, vous pouvez cependant retrouver l’intégralité de la Trilogie du Latium chez le même éditeur, au format numérique, ou bien au format poche chez Points (en trois volumes au lieu de deux, pour le format papier).

Les Moutons électriques, 253 pages, 2004

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Je suis éclectique du forum Mort-Sûre, catégorie Fantasy

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7 commentaires sur « Le Phénix vert, Thomas Burnett Swann »

  1. Damned, ça donne *envie* ! Je suis une fidèle groupie de tes billets enthousiastes et j’y ai encore plein de découvertes à… découvrir :3, mais là le mélange mytho grecque, classiques, géopolitique (c’en est après tout, et les histoires de colonisation n’ont pas fini d’être d’une sinistre actualité…) et plume enchanteresse… Comment te dire ? Je suis comme une gamine devant une vitrine scintillante 😀

    Et the cherry on the cake (formule non certifiée) c’est l’absence d’extraits… Te connaissant je sais que ça doit donc être de l’ultra bombe. C’est drôle comment ça me donne encore plus envie *.*

    Encore merci de cette nouvelle promesse de pépite ! J’ai un peu (beaucoup) lâché les romans SFFF ces temps-ci mais ce ne sera que meilleur d’y revenir. Bon, me souffle le diablotin d’épaule, j’ai acheté *fort peu* de livres cette année, moi… Si je parviens à le lire avant 2023 je donnerai mon sentiment ici !

    (Et comme tu sais aussi, j’aimerais ne pas me contenter de ‘liker’ tes billets mais papoter longuement, et puis letempsletemps enfui… Mais je te lis toujours avec grand plaisir <3)

    1. Oooh merci pour ce commentaire qui me va droit au coeur ❤ Bien sûr que je sais que tu discuterais volontiers en long, en large, en travers et en diagonale si le temps le permettait – ah le temps ! So much books, so little time…

      Contente que ma chro te donne envie, j'espère que tu aimeras ! 🙂

      Et toujours heureuse de te voir passer par ici, même si tu n'as pas le temps de papoter, c'est toujours un plaisir ❤

      Des bises & bonne lecture !

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