RSS

La Dame des abeilles, Thomas Burnett Swann

31 Juil

dame_des_abeillesQuatrième de couverture

Dans le bruit et la fureur des passions antiques, voici la tragique histoire de Romulus, décidé à tout conquérir, de son frère Rémus, qui désire suivre la sagesse de la nature, et de la belle dryade Mellone, qui parce qu’elle est la maîtresse de Rémus va se trouver impliquée dans un conflit déchirant.

Et voici également la sombre et captivante histoire de Didon, la reine fondatrice de Carthage, de son amant Énée et de son fils Ascagne, ainsi que de la cruelle néréide Électre et du roi-éléphant Iarbas.

Entre amour et colère, beauté et cruauté, sensualité et combats épiques, deux légendes appartenant à la mythologie de la fondation de Rome se trouvent réinventées de manière magique.

Mon avis

Ce volume-ci est composé de deux courts romans, Le Peuple de la mer et La Dame des abeilles, considérés respectivement comme les tomes 2 et 3 de la Trilogie du Latium (je vous ai parlé précédemment du premier tome, Le Phénix vert). Cependant, chaque histoire peut se lire indépendamment. Le seul point commun, ce sont les personnages, et encore, ils n’apparaissent pas systématiquement dans chaque texte.

L’action du Peuple de la mer se déroule chronologiquement avant Le Phénix vert mais, comme je le disais, peu importe l’ordre dans lequel on lit les récits. Le Peuple de la mer se focalise sur Didon, sur Carthage, sa fondation, sur l’arrivée d’Énée et de son fils – alors encore petit garçon – et les conséquences qui en déroulent. Un très beau récit, où Didon apparaît comme une reine dans toutes les images que laisse paraître ce mot. Une reine au coeur blessé, une reine qui s’est liée d’amitié avec un roi exclusif, Iarbas, l’éléphant, qui craint les hommes en raison de leur intérêt trop grand pour l’ivoire. À l’instar du Phénix vert, on retrouve toujours ces métaphores si sensuelles, ces images qui font appel à tous nos sens, qui explosent de beauté. Mais – et là je pousse un gros coup de gueule envers le traducteur – ces magnifiques métaphores sont truffées de coquille. Une pitié alors que le phrasé de Thomas Burnett Swann donne tout son charme à cette revisitation d’une aventure de l’Énéide ! Le traducteur, dans une note à la fin du texte, précise que le manuscrit ne put être achevé par l’auteur. De fait, il a souhaité rester au plus près du texte afin de respecter l’écrit de l’auteur. Personnellement, je ne sais pas si pousser ce respect au point de laisser toutes ces coquilles rend vraiment hommage à Thomas Burnett Swann – à mes yeux, c’est plutôt l’inverse.

Dans le second récit, La Dame des abeilles, on retrouve tout simplement la nouvelle Où est-il donc, l’oiseau de feu ? qui était présente dans Le Phénix Vert, mais allongée pour former un roman. Où est donc l’intérêt, me direz-vous, de relire cette revisitation du mythe de Romulus et Rémus ? Eh bien l’intérêt se trouve dans le point de vue de Mellone, qui alterne avec celui du faune – seul narrateur dans la nouvelle de départ. L’intérêt réside aussi dans un développement de la naissance des jumeaux ainsi que de la vie dans la forêt. Un peuple non présent dans la nouvelle apparaît ainsi, un peuple qui a son rôle à jouer dans l’histoire : les télesphores. Le passage qui se déroule dans leur lieu de vie est d’ailleurs une bouffée de verdure et de zénitude (agrémentée d’une touche d’humour) bienvenue ! 🙂 On redécouvre donc l’histoire, même si certains passages sont les mêmes, grâce à ces nombreux ajouts et développements. Et les coquilles se font moins nombreuses (ouf).

Pour ma part, j’ai été aussi enchantée par ces deux récits que par le volume précédent, bien que j’ai grincé des dents sur les coquilles. Une belle ballade mythologique et antique, contée par la plume riche et sensuelle de Thomas Burnett Swann.

Et cette fois, quelques exemples de cette plume si plaisante (pour compenser les coquilles) :

Mais un coeur aimant, dans un corps qui n’aime point, peut prendre l’acidité du coing.

Concernant un essaim d’abeilles volant de nuit :

Saupoudrées de lune, elles tourbillonnaient comme une Voie lactée au-dessus de nos têtes. Les abeilles sont familières au berger. Mais celles-ci…

À noter que si cette édition est épuisée, vous pouvez cependant retrouver l’intégralité de la Trilogie du Latium chez le même éditeur, au format numérique, ou bien au format poche chez Points (en trois volumes au lieu de deux, pour le format papier).

Les Moutons électriques, 262 pages, 2006

Publicités
 
1 commentaire

Publié par le 31 juillet 2014 dans Lecture

 

Étiquettes : , , , , , ,

Une réponse à “La Dame des abeilles, Thomas Burnett Swann

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :