Publié dans Lecture

Cette crédille qui nous ronge, Roland C. Wagner

cette_credille_qui_nous_rongeQuatrième de couverture

Une planète : Océan. Un conflit : celui qui oppose les colons végétariens aux colons carnivores. Un homme : Quartz B, garde du corps qui a perdu son client, l’ambassadeur de la Terre, et qui va devoir reprendre le flambeau d’une délicate mission. Le problème : non conformiste, aussi diplomate qu’un catcheur mexicain, Quartz B. saura-t-il apaiser les tensions afin d’éviter que ne dégénère le conflit entre les amateurs de vraieviande et les végétares ?

Mon avis

C’est l’été, le moment idéal pour voguer vers d’autres horizons. Et avec le challenge Summer Star Wars qui fait son retour, c’est l’occasion idéale pour s’en aller au milieu des étoiles et visiter des planètes lointaines 🙂

Pour entamer ce voyage intergalactique, voici un premier arrêt sur Océan. Océan, une planète colonisée par une population en majorité francophone (mais pas que). Une planète à la faune surprenante (les animaux ne sont pas divisés simplement en mâles et femelles, certaines bestioles savent très vite venir se servir seules dans les frigidaires et laver leur vaisselle après avoir mangé) et sans prédateurs. Un petit paradis, alors même que la Terre a vu disparaître bon nombre d’animaux ? Pas vraiment, comme le découvrira à son grand dam Quartz B, garde du corps de son état propulsé sur la scène politique sans qu’on lui demande son avis.

C’est que, sur Océan, le débat fait rage : peut-on ou non consommer des animaux alors qu’il n’y a pas de prédateur naturel ? La question est d’autant plus épineuse qu’elle a déjà causé une guerre, autrefois. Pour Quartz B, la mission s’avère donc délicate…

Ce petit roman – presque une novella, tant il est court [EDIT : en fait, c’est bien une novella] – est, je dois bien l’avouer, une petite merveille ! 🙂 Je l’ai lu dans sa version numérique mais il est toujours commercialisé sous format papier. Ainsi que le laisse présager le résumé, l’auteur s’en donne à coeur joie pour traiter d’un thème très délicat en nos terres françaises, chantres de la gastronomie : le végétarisme. Malin, Roland Wagner déplace le problème ailleurs mais n’en garde pas moins une plume acérée. Sous couvert de la problématique colonialiste de cette exo-planète se cache bien une réelle réflexion sur le végétarisme. Mais, et surtout, réflexion faite avec humour. Et bon sang que ça fait plaisir ! 🙂

Entre les bestioles bizarres, qui ressemblent à s’y méprendre au Marsupilami (la couverture de Caza en fait un beau portrait) et qui se servent toutes seules dans les cuisines, la population qui se divisent entre végétares et amateurs de vraieviande (pour faire opposition à la Terre où les habitants amateurs de produits carnés doivent se contenter de viande élevée en éprouvette, les animaux étant éteints), et la langue ! Un régal, cette langue ! Vous voyez le Québec, où le Français s’est développé loin de son berceau ? Sur Océan c’est pareil. Le vocabulaire a évolué, loin de la Terre, mêlé à d’autres langues. Cela reste très lisible mais à lire, c’est franchement drôle et cela donne une belle touche de légèreté à un sujet qui l’est moins.

Ajoutez une bonne dose d’action, saupoudrée d’une louche de suspense et d’un zeste de politique. Et puis cette faune ! Bon sang, cette faune ! Je n’ose en dire plus, mais Quartz B vivra un moment pas piqué des hannetons – la réaction extérieure est d’ailleurs à se tordre de rire 🙂 Au menu, vous n’aurez au final que régal pour vos yeux de lecteur 🙂

Pour résumer : un planet opera qui allie avec excellence humour et sujet de réflexion, qui ne se pose absolument pas en moralisateur – libre à vous de creuser le sujet ou non – et qui fait voyager. Un court séjour sur Océan qui m’a beaucoup plu ! 🙂 Et, oui, étant végétarienne, je dois dire que lire un petit ouvrage de SF sur le sujet qui parvient à le traiter de façon aussi détachée que vraie, ça m’a fait bien plaisir 🙂 Mais je pense que même si vous n’êtes pas familier de ce choix d’alimentation, cette petite balade sur Océan vous plaira.

Éditions ActuSF, 106 pages, 2012

Cette lecture s’inscrit dans les challenges Je suis éclectique du forum Mort-Sûre, catégorie Science-Fiction, ainsi que dans le challenge Summer Star Wars Episode II du blog de Lhisbei

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8 commentaires sur « Cette crédille qui nous ronge, Roland C. Wagner »

    1. Oui c’est clair que c’est le genre de livre qui possède son petit délire. Je l’avais pris en numérique car je n’étais pas sûre d’accrocher, d’ailleurs. Après, il est vrai que le sujet m’interpellait, du fait de mon choix d’alimentation, mais j’ai trouvé le côté enquête, action et humour bien dosés, donc peut-être que ça plaira à d’autres personnes. Comme c’est un récit très court, c’est moins « lourd » à lire si on n’aime pas trop qu’un gros pavé, on perd moins de temps. Et si on aime on passe un bon petit moment 🙂

  1. Je suis également végétarien, du coup ton article m’interpelle ! Je le note dans ma wish list, merci 😉

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