Publié dans Lecture

La Faune de l’espace, A. E. Van Vogt

faune_espace_vanvogtQuatrième de couverture

Bien au-delà du système solaire, un vaisseau cosmique, parti de la Terre, se livre depuis des années à une ran­donnée d’exploration interplanétaire.
Il transporte dans ses flancs plusieurs équipes de savants qui disposent des laboratoires nécessaires à la recherche. Parmi eux, des psychologues chargés de comprendre la nature des civili­sations extra-terrestres.
Soudain, au cœur d’un désert d’étoiles, l’astronef rencontre l’être fabuleux qui se nomme lui-même Ixtl. Il flotte depuis des milliers d’années dans la nuit sans limite, cherchant obstinément la source d’énergie qui lui rendra ses terribles pouvoirs. Pour son malheur, le vais­seau spatial va la lui apporter…

Mon avis

J’avais croisé ce titre dans un Dictionnaire de la science-fiction destiné aux enfants et jeunes adolescents, voilà pas mal d’années donc. Ce n’est qu’à l’âge adulte que j’ai pu lire ce titre, bien que je ne l’avais pas noté dans ma LAL (= Liste à Lire), mais lorsque je suis tombée dessus, ma mémoire en a aussitôt dégainé le souvenir (bizarrement, elle est nettement moins prompte à me rappeler ce qui a trait aux tables de multiplications et autres opérations mathématiques… ^^ »).

A. E. Van Vogt était présenté comme un auteur classique de la science-fiction par ce dictionnaire et j’ai donc lu La Faune de l’espace comme tel, à savoir un roman qui date et écrit par une plume qui a laissé son nom dans le genre (mais pas forcément pour ce titre précis). Et en effet, La Faune de l’espace a plutôt vieilli. On suit les aventures de nombreux scientifiques embarqués sur le Beagle et qui explorent l’espace. Des scientifiques qui sont tous, sans exception, des hommes. Une discrimination qui peut trouver sa raison dans la première date de parution du roman : 1950.

Passé ce problème, La Faune de l’espace offre tout le panel du roman classique de space opera : de vastes étendues étoilées, des planètes étrangères et, bien sûr, des créatures toutes plus bizarres – et dangereuses – les unes que les autres, comme le titre français le laisse présager. On pourrait d’ailleurs diviser le roman en quatre parties, tant ces aventures bénéficient d’une résolution complète avant de passer à la suivante (l’ami Wikipédia confirme d’ailleurs qu’en fait, le roman est l’assemblage de 4 nouvelles parues entre 1939 et 1950).

On découvre donc quatre entités extraterrestres, quatre entités qui tantôt feront l’objet de la curiosité scientifique du personnel du Beagle, tantôt menacent l’équipage, voire même les deux à la fois. C’est d’ailleurs cet aspect-là du roman qui m’a le plus plu, car l’auteur ne se prive pas ! 🙂 Il nous imagine ainsi des créatures parfois tellement autres qu’il est difficile de se les représenter visuellement. Et cela les rend d’autant plus plausibles – après tout, qui sait quelles formes la vie peut-elle prendre au fin fond de la galaxie ?

A. E. Van Vogt met également en scène, au travers du personnage de Elliott Grosvenor, le nexialisme. Le Beagle rassemble des scientifiques spécialisés dans tel ou tel domaine, historiens compris. Chaque domaine dispose ainsi d’un groupe de personnes, chapeautées par un supérieur, les supérieurs étant eux-mêmes supervisés par un directeur élu (des militaires accompagnent également tout ce beau monde, pour d’évidentes raisons de sécurité liées à l’exploration des mondes inconnus). On trouvera d’ailleurs, au fil des aventures, quelques problématiques politiques et des enjeux liés au pouvoir du à une telle concentration de fortes têtes dans un même lieu clos.

Mais revenons à Grosvenor et au nexialisme : Grosvenor est le seul représentant de cette branche méprisée et méconnue, et pour cause, le nexialisme est une science révolutionnaire qui, au lieu d’avoir une approche spécialisée, en a une globale. De fait, Grosvenor étudiera chaque créature avec cet angle d’attaque global et aura ainsi bien souvent un point de vue plus correct que ses comparses. J’ai d’ailleurs eu du mal, au bout d’un moment, avec ce côté « monsieur-je-sais-tout » du personnage, qui finit par trouver systématiquement la solution adéquate et, à un moment, en devient même franchement pédant.

De fait, je ne parlerai pas de réel coup de coeur pour ce roman, mais les créatures et mondes évoqués, à eux seuls, suffisent pour offrir un bon moment d’évasion et une lecture science-fictive très plaisante, même si datée, mais c’est ce côté suranné qui lui donne aussi son charme (bon, à l’exception de l’absence de personnage féminin, cela dit).

À lire surtout pour découvrir ces quatre entités originales (dont une rappelle, par sa façon de se reproduire, la créature des films de la saga Alien) ! 😉

Éditions J’ai Lu, 308 pages, 1971

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Je suis éclectique du forum Mort-Sûre, catégorie Science-Fiction.

challenge_jesuiseclectique2015

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7 commentaires sur « La Faune de l’espace, A. E. Van Vogt »

  1. Ce n’est peut-être pas LE titre de Van Vogt à lire en 1er mais il est sûr que c’est un auteur vraiment à lire – je pense à des livres comme « A la poursuite des Slans » ou « Le Monde des Ā ».
    Des classiques ^^

  2. Plein de Van Vogt qui patientent patiemment dans leur carton (un fan maison ^.^), tu me donnes bien envie de le redécouvrir. J’avais adoré Le monde des A, mais n’en avais lu que le premier de la série.
    Sur le sexisme structurel, je te rejoins, ça semble vraiment relié à une époque qui n’est déjà plus la nôtre, et heureusement sur ce genre de points. C’est d’autant moins évident de le remarquer (mais apparemment ça t’a sauté à la figure 🙂 ) du fait de son caractère systématique, et pas du tout remis en question ; je repense à une tripotée de nouvelles asimoviennes, beaucoup lues toute jeunette, où ce trait était, je pense maintenant, assez présent, mais où je ne l’avais absolument pas repéré. Du coup, en te lisant je repense aussi à un certain nombre d’adaptations filmiques de classiques de la SF (à la K. Dick par exemple) où ces valeurs rétrogrades sont installées dans des « histoires du futur », et lues / vues dans le contexte du présent.
    Bref, ça donne quand même envie, pas uniquement pour constater ce décalage mais aussi pour tout l’aspect politique, toujours passionnant en SF, et pour la sensation de l’altérité complète, qui m’a toujours fait un drôle d’effet (les créatures du Silverberg, parfois franchement dégueu, sont une expérience à ce titre). ça pourrait rappeler un peu le boulot 😀

    Merci pour la découverte ! Et congrats pour parvenir à partager autant d’impressions de lecture, je sais le temps que ça prend et je suis un peu impressionnée ^.^

    1. Tiens, moi aussi j’ai un fan à la maison ^^ Avant, de Van Vogt, je n’avais que « A la poursuite des Slans » (très bon bouquin sur la mutation, et donc la différence et comment celle-ci peut être gérée par la politique, la société etc), et maintenant il y a une flopée d’autres titres de lui sur les étagères ^^ »
      Oui, j’aurai pu ne pas remarquer ce sexisme « d’époque » dans d’autres récits mais là, vu que les personnages sont assez interchangeables (clairement, ce sont les créatures extraterrestres et le nexialisme qui sont le plus explorés), l’absence de personnages de sexe féminin était d’autant plus criant.
      De rien pour la découverte, et oui, comme tu dis, ça prend du temps ^^ » (j’ai encore des retours de lecture en retard à faire -_-« ). Heureusement, je me cantonne uniquement aux coups de coeur et lectures qui m’ont bien plu, sinon je crois que je n’y arriverai pas… (et puis c’est moins agréable de parler d’un livre que je n’ai pas aimé)

      1. Complètement d’accord, j’ai choisi le même cap (passer sous silence les lectures peu ou pas appréciées), de fait il y a de tels monceaux de bonnes lectures, à découvrir et faire découvrir, qu’il reste bien assez de pain sur la planche ! (Bon, j’avoue que je ne trouve pas le temps non plus de parler des livres que j’aime :D)

        J’ai aussi remarqué, à l’époque où je chroniquais avec un minimum de régularité, que le fait de chercher à chroniquer tout ce qu’on lisait finissait par déformer la lecture, en mode « tiens ça faudra que j’en parle » ou « comment je pourrais qualifier ce texte en quelques mots »… Exercice agréable mais qui demande de la mesure, au final. J’en avais parlé avec une proche, libraire de son état, qui lisait beaucoup (la nuit forcément…) et chroniquait beaucoup à une époque, elle avait le même ressenti. Mais bon, tant qu’on n’est pas dans le forçage ou le sentiment de se contraindre, ça va, ça reste globalement un bon « vice impuni » 😉

  3. C’est vraiment un auteur à part, ton résumé est intriguant ! En plus j’avais adoré «  A la poursuite des Slans »…

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