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Sator Arepo Tenet Opera Rotas

29 Avr

Présentation de l’éditeur

Le Puits des Pécheurs de l’antique bibliothèque cache en son sein des textes sacrés et hérétiques d’une valeur inestimable. Chaque livre a un emplacement précis et a été rangé selon des rituels dont le but est d’empêcher les forces du mal de s’échapper du Puits. Seul le Conservateur connaît la position exacte de chacun des volumes, car il est le seul à avoir accès aux secrets du « Sator ». Sator Arepo Tenet Opera Rotas est le sceau du Puits des Pécheurs…

Mais la force du vieux Conservateur se fait moindre et le vent des condamnés a éparpillé les volumes qui composent le « Sator » aux quatre coins du labyrinthe. Le Conservateur a donc confié à ses 4 Acolytes la tâche de récupérer les livres sacrés qui ont été dispersés. Le premier qui réussira à les retrouver deviendra le nouveau Conservateur !

Une course passionnante contre le temps : pour battre ses adversaires, il faut modifier, à son propre avantage, les passerelles et ponts mobiles suspendus et enchevêtrés sur les abysses du labyrinthe…

Mon avis

Photographie personnelle

Photographie personnelle

Sator Arepo Tenet Opera Rotas. Derrière ce nom malaisé à retenir se cache, à l’origine, un carré magique. Mais Sator Arepo Tenet Opera Rotas (que j’appellerai Sator tout court dans le reste de l’article, ce sera plus simple ^^ ») c’est aussi un jeu de société ! Et c’est de ce dernier dont je vais vous parler aujourd’hui 😉

L’action se déroule dans une bibliothèque sise au-dessus d’un puits maudit. Des livres sacrés qui composent, ensemble, le « Sator », permettent aux forces maléfiques contenues dans le puits d’y rester. Mais le Conservateur se fait vieux, les volumes sont dispersés n’importe où dans la bibliothèque et les forces emprisonnées dans le Puits sont à deux doigts de s’échapper… l’un des Acolytes du Conservateur parviendra-t-il à retrouver les quatre volumes composant son « Sator » personnel, devenant ainsi Conservateur à la place de l’ancien ?

Voilà pour l’univers de Sator – et vous comprendrez d’office pourquoi il a sa place sur le blog ! 🙂 Pour ma part, et vu les illustrations qui les représentent, j’aurai parlé de Moines plutôt que d’Acolytes, mais enfin… Il est vrai qu’ils usent d’outils bien peu catholiques pour parvenir à leurs fins – des formules latines qui frôlent la sorcellerie, des gargouilles pour bloquer leurs adversaires… une vraie bataille pour obtenir le poste convoité de Conservateur ! (Dans la vraie vie, il suffit de passer un concours de la fonction publique pour devenir conservateur. Ce qui manque nettement de sel, il faut bien l’avouer…)

On installe d’abord le jeu avant de démarrer la partie : chaque joueur tire une carte au sort, indiquant où se trouve les quatre livres de sa couleur sur le plateau. Puis, chaque joueur dispose ses tuiles (des ponts suspendus faits de pierre, de bois, de marbre ou de fer), en suivant les règles édictées. De fait, aucune partie ne se ressemble vu que la disposition de départ change tant en fonction de la carte tirée que du nombre de joueurs.

Chaque joueur se voit attribuer un Moine (j’ai du mal avec le terme d’Acolyte) et un certain nombre de cartes Incertus Movet in Aere Sospeso (de leur petit nom Incertus Movet). Chaque joueur dispose également de cartes Liber Fidei (ils ont tous le même nombre de cartes de ce type, et les cartes sont identiques, hormis leurs couleurs), qu’ils ne pourront jouer qu’à partir du 2e tour. Et pour cause : si les cartes Incertus Movet permettent d’agir sur les ponts suspendus, les cartes Liber Fidei comporte des formules latines en forme de gros coup de pouce. On pourra ainsi, avec une carte Liber Fidei, faire apparaître une gargouille de pierre, déplacer des adversaires, ou encore marcher dans le vide tel Indiana Jones dans La Dernière Croisade.

Neque Animus Neque Corpus a Vobis Aberit !

Neque Animus Neque Corpus a Vobis Aberit !

Bien entendu, les mouvements permis par les cartes Incertus Movet respectent des règles précises (que certaines cartes Liber Fidei peuvent éventuellement contourner). À noter que le nombre de cartes Liber Fidei dans sa main ne peut dépasser le nombre de trois. L’usage des cartes Incertus Movet permet à chacun de se constituer des Points Mouvements. Pour une carte Incertus Movet jouée, le joueur peut avancer son Moine d’une case, et ainsi de suite. Mais ces cartes Incertus Movet ont toutes un coût (de même que les cartes Liber Fidei), indiqué par un petit engrenage. Or, chaque joueur dispose, à son tour, de 6 points d’action (correspondant aux engrenages), pas plus. À chacun de dépenser intelligemment ses points d’action afin d’être le premier à mettre la main sur ses livres sacrés !

On s’en doute, les autres joueurs ne vous laisseront pas gagner facilement. Déjà, ils recherchent aussi leurs propres livres sacrés et comme ces derniers ne sont pas forcément rangés près des vôtres, il se peut qu’ils démolissent votre joli chemin tout tracé en voulant créer le leur. Donc même involontairement, ils peuvent vous mettre leurs cannes dans vos pieds ! (Souvenez-vous, on incarne des moines vieillissants ^^)

Égarés dans la bibliothèque infernale... *air connu*

Quatre moines à la recherche de leurs livres perdus. (Photographie personnelle)

J’ai joué à 2 et à 4 joueurs à ce jeu et je dois dire que dans les deux cas, retrouver mes livres ne fut pas aisé ! Même si on ne cherche pas à embêter ses adversaires, on finit invariablement par lui couper le pont sous le pied (si je puis dire). Résultat : un plateau qui change constamment, des plans soigneusement élaborés qu’il faut revoir à chaque fois que revient son tour, et des livres sacrés qui, alors qu’ils semblaient si proches l’instant d’avant, se retrouvent séparés de notre pion Moine par un abysse infranchissable l’instant d’après.

Avec un tel pitch, on ne peut s’empêcher de penser au Nom de la Rose, et notamment au film qui a été tiré du roman éponyme d’Umberto Eco. Entre les moines incarnés par les joueurs, la bibliothèque qui recèle de sombres secrets, et le côté labyrinthique du plateau, il y a de quoi ! (Points de meurtres, cependant, ni de Sean Connery à l’horizon dans la partie. Et c’est heureux, on peine déjà suffisamment à courir (lentement) après nos livres !). Des joueurs ont également évoqué les escaliers mouvants de Poudlard, en raison des mouvements fréquents des ponts suspendus. De fait, le jeu pourra donc plaire au plus grand nombre ! 🙂

Une partie de Sator peut, d’après la boîte, durer entre 45 minutes et 1h. Mais entre le temps d’installation et l’assimilation des règles, puis selon le nombre de joueurs, la partie peut rapidement durer plus longtemps sans que l’on s’en rende compte – on est trop occupés à revoir comment se tracer un chemin vers le prochain livre après chaque coup de ses adversaires !

Joueurs jouant à Sator, illustration.

Sator version Grandeur Nature

Plus les joueurs se mettent dans la peau de leurs personnages, plus le jeu en devient drôle – personnellement, j’aime déclamer les formules latines des cartes Liber Fidei quand je les joue, façon incantation magique. Que les non-latinistes se rassurent, d’ailleurs, tout ce latin n’est là que pour soigner l’univers du jeu. Chaque carte montre par un dessin très clair l’action qu’elle permet et les cartes Liber Fidei disposent, en plus, de la traduction de leur formule et d’une explication supplémentaire dans le livret de règles. Il n’est donc pas obligatoire d’avoir pris des cours de latin pour prendre plaisir au jeu. C’est mon cas (je n’ai pas fait de latin) et je m’amuse follement à chaque fois ! 🙂 Dernière précision : bien qu’étant édité par un éditeur italien (qui s’appelle… Scribabs !), le livret de règles est en différentes langues, dont le français.

Ajoutez à ça que le design de la boîte la fait ressembler à un vieux manuscrit aux parchemins fripés et vous aurez un très chouette jeu pour amoureux des livres ! (ou pour tout amateur de jeux, d’ailleurs).

Sator est actuellement indisponible à la vente, sauf sur le marché de l’occasion, mais rassurez-vous : l’éditeur prévoit de le rééditer à la fin de l’année avec, en prime, une extension intitulée Malleus Maleficarum. Au menu de cette dernière : des cartes supplémentaires, de nouvelles règles et… un Moine Noir !

Un jeu de Federica Rinaldi et Enrico Pesce, éditions Scribabs, pour 2 à 4 joueurs, 2008.

Pour en savoir plus

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2 Commentaires

Publié par le 29 avril 2015 dans Livre jeu

 

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2 réponses à “Sator Arepo Tenet Opera Rotas

  1. girlkissedbyfire

    29 avril 2015 at 7:41

    ah ça a l’air vraiment original et sympa comme jeu, il faut que je retienne !

     
    • Lullaby

      30 avril 2015 at 4:10

      Si tu veux, je ferai un nouveau commentaire de ce billet pour indiquer la sortie de la réédition 🙂
      Oui, c’est original et on s’amuse bien avec ce « plateau mouvant » ^^

       

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