Publié dans Lecture

La saga d’Uasti, Tanith Lee

saga_uasti_tanithleeQuatrième de couverture

Née du feu d’un volcan, Uasti, la mystérieuse déesse voilée , va parcourir le monde des hommes à la recherche de son destin. Tour à tour épouse de voleur ou de roi, guérisseuse, guerrière, sorcière, elle finira par comprendre le mystère de ses origines et se retirer de l’autre côté de l’océan. Mais elle a laissé derrière elle son fils, Tuvek, élevé par les barbares dans l’ignorance du secret de sa naissance. Lorsqu’il apprendra de qui il est l’enfant, Tuvek va jurer de se venger de cette mère qui l’a abandonné. Fort des pouvoirs magiques que son sang lui a transmis, il va aussi traverser les mers pour traquer sans relâche celle qu’il hait plus que tout au monde, sa mère, Uasti la sorcière blanche…

Mon avis

Tanith Lee fait partie de mes écrivains favoris et pourtant cela n’a pas empêché ce livre de dormir sur mes étagères pendant plusieurs années avant que je ne le lise enfin… Sans doute parce que ce petit pavé m’impressionnait, du haut de ses mille et quelques pages ! ^^ » Mais, une fois commencée, ma lecture s’est poursuivie rapidement et avec plaisir. Car comme toujours, Tanith Lee a fait montre de talent et a su créer un univers aussi chatoyant que sensuel au sein duquel se déroulent des histoires captivantes.

La saga d’Uasti comporte l’intégralité de la trilogie formée par La Déesse voilée, Vazkor et La Quête de la sorcière blanche. Dans la première partie, nous découvrons la narratrice qui s’éveille dans le noir, sans aucun souvenir de son identité ni du lieu où elle se trouve. Ce n’est qu’en s’extirpant de ce souterrain qu’elle découvre qu’elle était endormie sous un volcan. Elle masque son visage dès qu’elle le peut, car pour avoir vu son reflet, elle se sait maudite et ne devant pas offrir son visage à la vue des autres. Au fil de ses errances, elle se découvre des pouvoirs aussi fluctuants qu’insoupçonnés. Dans Vazkor, nous suivons le parcours de son fils qu’elle a abandonné, ne l’ayant jamais désiré – c’est un puissant sorcier, avide de pouvoir, qui l’a épousée en profitant de son ascendant sur elle, pour assurer une descendance avec celle qu’il considérait comme membre d’une espèce supérieure. Ce fils, élevé dans une tribu barbare et dans le secret de ses origines, va croiser de manière sanglante la route d’individus qui ont autrefois côtoyé son père – père auquel il ressemble beaucoup. Dès lors, Tuvek va cheminer pour découvrir sa parenté et concevoir un désir de vengeance sur cette mère qui l’a abandonné. Dans La quête de la sorcière blanche, Tuvek est parti par-là les mers pour retrouver sa mère biologique, dans l’optique d’assouvir sa vengeance. Mais la route sera semée d’embûches et d’illusions.

Vous l’aurez compris, l’un des thèmes majeurs de cette trilogie est la quête des origines. Pour Uasti (nom que notre narratrice se verra donner dans La Déesse voilée) comme pour Tuvek, cette quête des origines (qui se double d’une quête d’identité pour Uasti) sera le moteur de leur voyage. On pourrait même parler d’errance, d’ailleurs, concernant Uasti puisqu’elle sera ballottée au fil des événements, avant de décider seule de son destin lorsqu’elle aura enfin trouvé les clefs de son passé. Pour Tuvek, les choses sont quelque peu différentes. Il croit savoir qui il est mais découvrir l’identité de ses véritables parents va profondément bouleverser son regard sur son lui-même – et faire naître en lui une véritable haine pour cette mère qui l’a abandonné.

Le thème du pouvoir est également prégnant, Uasti comme Tuvek appartenant à une espèce non humaine, malgré leurs apparences, ils joueront souvent (parfois inconsciemment) de la suprématie que leur donne leurs pouvoirs mentaux. De ce fait, le lecteur ne s’identifiera pas à eux. Mais il sera ravi par les voyages des personnages au sein de contrées barbares ou soi-disant civilisées, le tout sous la plume toujours aussi poétique et sensuelle de Tanith Lee. De fait, malgré la violence qui pouvait entourer les deux personnages principaux (quand ils ne l’imposaient pas eux-même), j’ai beaucoup aimé ce voyage dans ces contrées imaginées par Tanith Lee. Elle a le don de déployer sous nos yeux des paysages, des villes, des cultures certes parfois barbares ou répugnantes, mais toujours avec un vocabulaire chamarré qui leur donne le poli des univers de contes. Le fait qu’elle s’attarde sur les descriptions et non sur l’action accentue d’ailleurs cet effet.

À noter que si la trilogie s’inscrit majoritairement dans le genre de la fantasy, La Déesse voilée contient une part de science-fantasy. Un mélange des genres qui se fait avec fluidité même s’il pourra surprendre, je pense, certains lecteurs en dépit des indices glissés par l’auteur pour annoncer cette transition.

La saga d’Uasti est donc un pavé mais un plaisant pavé, puisque les pages se tournent toutes seules et que l’auteur a su créer un univers aussi foisonnant que décrit en détails. Cette abondance de descriptions, bien que rédigées dans une écriture sensuelle, pourra peut-être rebuter certains mais pour ma part, elle a contribué à me donner le sentiment de lire une véritable et passionnante saga de science-fantasy. 🙂

Éditions J’ai Lu, 1041 pages, 2004

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Pavé de l’été organisé par le blog Sur mes brizées.

pavedelete2016

Publicités

4 commentaires sur « La saga d’Uasti, Tanith Lee »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s