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Morwenna de Jo Walton

27 Déc

morwenna_waltonQuatrième de couverture

Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.
Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est ? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.

Mon avis

Cela faisait longtemps que je n’avais pas été aussi absorbée par un livre. Une fois ma lecture commencée, il m’a été difficile de lâcher Morwenna. Pourtant, il ne s’agit pas d’un roman à suspense. On lit le journal d’une adolescente galloise, entre 1979 et 1980, qui a perdu sa soeur jumelle dans un accident tragique et en a conservé des séquelles. Morwenna – c’est son nom – est une lectrice férue de science-fiction et, de plus, elle est capable de voir des fées. Elle est en rupture avec sa mère – folle – et bien que rendue à la garde de son père, elle ne connaît pas vraiment celui-ci, puisqu’il a quitté le domicile conjugal bien des années auparavant.

Alors pourquoi n’ai-je pas pu lâcher ce livre avant d’arriver à la fin ? Parce que Morwenna est le portrait subtil et bouleversant d’une ado qui se reconstruit grâce à la lecture. Parce que, d’une certaine manière, je me suis reconnue dans ce personnage – au même âge, j’étais plongée aussi souvent qu’elle dans des livres appartenant aux genre de l’imaginaire. Parce que Morwenna est une véritable ode autant au pouvoir de la littérature de science-fiction qu’à celui de l’imagination.

Et parce que les fées. Morwenna, en effet, voit des fées. Elle interagit avec elles depuis son enfance. Mais la touche de magie féerique reste cependant discrète, elle apporte un parfum de merveilleux à cette histoire émouvante sans la transformer en un récit de fantasy urbaine pure. Les fées, la magie, sont ici étroitement liés à l’environnement dans lequel a grandi Morwenna – à savoir le pays de Galles et son riche folklore. De fait, le merveilleux dont la jeune fille a toujours paré sa région et sa vie apparaît comme un subtil jeu entre véritable magie et foisonnement de l’imagination de Morwenna. Au lecteur de trancher, même si l’auteur maintient un jeu d’équilibriste qui ne permet pas de trancher, justement. Pour notre plus grand bonheur.

Car au final, Morwenna parlera à tous ceux pour qui la lecture est bien plus qu’un loisir mais une façon de vivre, voire même de survivre. Il plaira aussi aux férus de féerie par sa façon de dépeindre celle-ci, ainsi qu’aux amoureux de la SFFF.

C’est ma lecture coup de coeur de cette fin d’année. Un grand merci à Sumitsuki pour me l’avoir prêté ! 🙂

Éditions Denoël, 334 pages, 2014

Cette lecture s’inscrit dans le challenge À la recherche de Faerie organisé par Bazar de la littérature.

challenge-a-la-recherche-de-faerie

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11 Commentaires

Publié par le 27 décembre 2016 dans Lecture

 

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11 réponses à “Morwenna de Jo Walton

  1. Strega

    27 décembre 2016 at 9:14

    Tu as parfaitement résumé ce qui fait la magie de ce roman. Je me suis aussi beaucoup reconnue en Morwenna et ce roman m’a vraiment marquée alors que, comme tu le fais si justement remarquer, il est loin d’être palpitant. Je crois que c’est le genre d’histoire auquel on est sensible dès le début ou jamais justement grâce à l’empathie que l’on peut ressentir ou non vis-à-vis du personnage. Sans cette empathie on voit juste un catalogue de lectures, mais avec on voit les fées.

     
    • Lullaby

      27 décembre 2016 at 5:03

      Je pense comme toi : autant cette lecture m’a beaucoup parlé, ainsi qu’à toi, autant j’ai vu des critiques moins enthousiastes par des lecteurs qui n’avaient pas accroché. Comme tu le dis, c’est typiquement le genre de livre qui divise selon que l’on s’attache immédiatement ou non à la narratrice. J’aime bien ta phrase finale, elle résume bien mes impressions 🙂

       
  2. Lutin82

    27 décembre 2016 at 11:24

    Oui, et la jeune Morwena a la chance de vivre dans une contrée de gens passionnés par la littérature en général et la sfff en particulier. Tout le contraire de beaucoup d’entre nous. C’est vrai qu’il a l’air tentant et magique, mais ce détail me coupe un peu l’envie.
    Je m’y mettrai quand le soufflé sera un peu retombé et que je n’aurai plus d’attente démesurée. Pour l’instant, je pense que j’en désirerais trop et que je serai déçue.

     
    • Lullaby

      27 décembre 2016 at 5:05

      Certains livres nécessitent le bon moment pour plonger dedans, donc tu fais bien d’attendre. Morwenna était dans ma PAL depuis plus d’un an (merci à la patience de l’amie qui me l’a prêté). C’était le moment pour moi de m’y plonger et je peux dire que cette lecture est tombée à point nommé ! N’hésite pas à transmettre tes impressions le jour où tu te lanceras (même si c’est dans un an ^^)

       
      • Lutin82

        27 décembre 2016 at 5:38

        J’ai des livres qui végètent depuis plusieurs années et que je finis toujours par lire. Ce sera la même chose avec Morwena. Oui, j’attends le bon moment et la bonne disposition d’esprit.

         
  3. Acr0

    27 décembre 2016 at 10:06

    Ah je suis ravie que tu aies apprécié ce livre que j’

     
    • Acr0

      27 décembre 2016 at 10:07

      ai moi-même tant aimé (désolée pour l’envoi trop rapide à cause de raccourcis clavier, snif)

       
      • Lullaby

        30 décembre 2016 at 11:32

        Finir l’année sur un coup de coeur comme ça, j’avoue que ça fait du bien ! 🙂 (pas de souci pour le message tronqué ^^ »)

         
  4. Vert

    29 décembre 2016 at 3:00

    J’ai été un peu déçue la première fois que je l’ai lu, la faute à beaucoup d’attentes. Par contre la relecture a été une vraie claque (en même temps c’est facile, c’est pas comme si j’avais pas connu les années d’internat et les expéditions hebdomadaires à la bibliothèque !).

     
    • Lullaby

      30 décembre 2016 at 11:35

      Je peux le comprendre – je crois que si j’ai tant traîné à le lire, c’était de peur d’avoir trop d’attentes et d’être déçue, comme tu le décris. Je ne regrette donc pas qu’il soit resté si longtemps dans la PAL ^^ (ah oui, en effet, tu as du t’y reconnaître encore plus oO J’espère que c’était moins difficile pour toi que pour l’héroïne au niveau des relations avec les pensionnaires ! (encore que, je suis bien placée pour savoir que l’école, c’est souvent la jungle…))

       

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