Point Plume – Septembre

Photo CC0 by Clark Young via Unsplash

Cette fois, je prends un peu (un tout petit peu) d’avance pour tirer le bilan d’écriture de septembre. Septembre, c’est la rentrée des classes, le début de l’automne, bref, on quitte doucement l’ambiance vacancière pour entrer dans une période plus « active », avant l’hiver et l’hibernation. Septembre fut aussi, me concernant, un mois charnière. Ce bilan sera donc long et assez personnel mais je pense que tout auteur et toute autrice peut, un jour, être confronté(e) à cela et cela me semblait donc important de le partager, malgré ce caractère personnel.

Attention, pavé !

Écriture

Ce mois de septembre aura donc marqué, pour moi, la fin d’une longue période et (je l’espère) le début d’une nouvelle. Vous l’avez peut-être remarqué au fil de mes bilans, ces derniers mois j’ai lutté avec l’écriture. Avancer les mots sur le papier (enfin, plutôt l’écran) devenait chaque jour plus compliqué. J’avais le sentiment tenace que ce que j’écrivais était bien loin de la qualité de certains textes écrits auparavant et dont j’étais bien plus fière. Le sentiment de ramer plus que de raison pour chaque phrase. De devoir me battre pour extirper chaque phrase et, en la relisant, de me dire « tout ça pour ça ? ». S’est ajouté un énième refus pour un de mes deux romans en cours de soumission – et c’est là que je me suis rendue compte à quel point, lorsque notre confiance en soi est fragile et le syndrome de l’imposteur trop costaud, on se focalise bien vite sur le négatif et pas assez sur le positif. Ce refus de plus, je n’en ai retenu que ça. Le refus. Alors qu’il était très, très détaillé, soulignait beaucoup de bons points, proposait des pistes de re-travail et, en somme, se montrait aussi bienveillant qu’encourageant. Mais comme, depuis des mois, je regardais ma pratique avec une vision de plus en plus sombre, ça n’a pas loupé : mon esprit a évacué tout ce positif pour ne garder que le « non ».

Bref, ça n’allait pas du tout.

Même Felicia Day a fait un burn-out, quand elle créait Geek and Sundry, et elle en parle dans son livre.

J’ai finalement touché le fond ce mois-ci car un beau soir je me suis retrouvée à envisager d’abandonner purement et simplement l’écriture. Il faut savoir qu’imaginer des histoires, ça a toujours fait partie de moi. Petite, je m’inventais des histoires pour m’endormir ou simplement parce que j’en avais envie. Je créais des scénarios pour mes jouets. Quand j’ai eu mes premiers coups de coeur littéraires, je piquais sans vergogne mes personnages préférés pour écrire de petites histoires inédites où ils figuraient. J’en imaginais d’autres de mon cru, avec mes mots d’enfants. L’écriture, j’avais ça dans le sang.

Mais ce mois-ci, après tous ces mois à me *forcer* à écrire sans plus tirer aucun plaisir de cette activité, sans plus ressentir cette poussée d’enthousiasme qui me fait oublier jusqu’à l’heure, je me suis sérieusement posé cette question : est-ce que ça valait le coup de continuer ? Est-ce que je n’avais pas perdu ce mojo, cette flamme qui me pousse chaque fois à mettre sur le papier les histoires qui se créent dans ma tête ? Et surtout, qu’est-ce que ça pouvait bien vouloir dire de mon état psychique si j’envisageais d’arrêter une activité qui faisait tellement partie de moi jusque là ?

Heureusement, je suis bien entourée. J’en ai parlé à mon homme, je suis allée voir des amis, je me suis confiée à des proches. Et ça m’a fait un bien fou. Je m’étais également inscrite à la newsletter de Cécile Duquenne, qui partage chaque jour une pensée bienveillante autour de l’écriture. Le lendemain de cette soirée où j’ai eu vraiment la sensation de toucher le fond, après une longue discussion avec mon homme qui a su poser les mots que j’avais besoin d’entendre, après avoir relu quelques uns des messages de Cécile (notamment celui qui dit qu’il faut savoir s’écouter et ne pas culpabiliser lorsqu’on n’écrit pas), j’ai compris.

Mes proches ❤ ❤ ❤

Je ne voulais pas abandonner l’écriture. Je n’avais pas perdu mon mojo. Par contre, j’avais besoin de prendre soin de moi. De souffler. Mon année 2019 est en effet, sur le plan de la santé, pas mal éprouvante et c’est loin d’être terminé. Cela n’est pas sans effet sur le psychique aussi. Depuis tous ces mois, mon corps et mon esprit me soufflaient tout simplement qu’ils avaient besoin d’une pause, une vraie, pas celles du genre où je culpabilise en arrière-plan parce que je n’avance pas dans mes projets d’écriture comme je le souhaiterais.

Une fois ce simple constat fait, je me suis remise au clavier. Pas parce que je me suis forcée. Non. J’étais mue, à nouveau, par cette flamme, ce mojo. J’ai écris ma nouvelle pour l’AT Noir des éditions Noir d’Absinthe, à mon rythme. Sans culpabiliser les jours où je n’y touchais pas et où je faisais, enfin, de véritables pauses.

Résultat ? J’ai pris énormément de plaisir à rédiger ce texte (alors qu’il est très sombre, paradoxalement). J’ai retrouvé avec beaucoup de soulagement cet élan créateur que je croyais avoir perdu tout au long de ces derniers mois.

J’ai conscience que cet enthousiasme retrouvé est encore fragile. Aussi, je vais donc y aller tranquillement sur les projets longs, sans forcer. Quitte à ne pas suivre de réels objectifs. Pour le moment, l’objectif premier est de consolider ce plaisir d’écrire tout récemment retrouvé en écoutant mes besoins. En faisant de *vraies* pauses. Les problèmes de santé sont toujours là, le besoin de me préserver et de prendre soin de moi prime. Je l’avais oublié en voulant trop produire, en confondant mes difficultés avec de la simple procrastination. Je suis en mesure de faire la différence entre les deux, à présent, et c’est une nuance bien plus essentielle qu’on ne le pense.

Au menu de « Se chouchouter », bouquiner, bouquiner, bouquiner ! ❤

Pour octobre, donc, pas d’objectifs précis, j’avancerai au rythme qu’il faudra pour ne pas malmener davantage ma santé !

Prenez soin de vous ! 🙂

4 réflexions sur « Point Plume – Septembre »

  1. Voilà un article qui me parle, mais alors d’une force… je ne sais même pas quoi ajouter en commentaire tellement j’ai l’impression que j’aurais pu en écrire les 3/4 moi-même.
    Dans tous les cas, je suis rassurée de voir que tu as réussi à rebondir. La relation à l’écriture peut être complexe et fragile, avec un équilibre difficile à tenir (il faut avoir de l’énergie à revendre et on n’en possède pas des quantités illimitées). Du coup, je vais éviter d’écrire un commentaire-pavé et juste t’envoyer de bonnes ondes !
    Prends soin de toi, c’est le plus important.

    1. Merci beaucoup Cécile pour ton commentaire qui me va droit au coeur !
      Ce post semble résonner chez plusieurs personnes, c’était aussi la raison de sa publication – que des auteurs et autrices ayant connu/étant dans la même problématique sachent qu’ils et elles ne sont pas seuls. Surtout que je n’ai pas beaucoup lu sur ce sujet.
      Merci pour les bonnes ondes, prends soin de toi également ! ❤

  2. […] Malgré tout, je vais suivre le hashtag #Nanoandchill instauré par Betty Piccioli pour partager mes petites avancées au cours du mois de novembre. Pour éviter toute forme de pression, je ne remplis pas ma page du NaNoWriMo. Je reste fidèle à ma ligne de conduite, instaurée le mois dernier, qui est : m’écouter (voir mon Point Plume de septembre) […]

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