Le Château des Animaux t. 1 : Miss Bengalore, Xavier Dorison et Félix Delep

Quatrième de couverture

Les hommes sont partis. Dans le château, il ne reste plus que les animaux : poules, chèvres, ânes et moutons s’épuisent à la tâche pour le prestige du président Silvio et sa cruelle milice de chiens. La dictature et la terreur règnent… À moins que certains animaux ne décident d’entrer en résistance.

Mon avis

Un château déserté par les hommes. Des animaux qui ont prit le pouvoir mais qui se retrouvent, pour la plupart, sous le joug d’un taureau et de sa milice canine. Ainsi, alors que Silvio mène une vie dorée, ses ouailles – qui sont censés le glorifier et ne jamais le critiquer – se tuent à la tâche et ne mangent que les rations qui leur sont octroyées.

Le concept du Château des animaux est familier et pour cause : dès la première page, le scénariste explique dans un Avant-propos qu’il s’est inspiré de la célèbre oeuvre de George Orwell, La Ferme des animaux. Mais là où le roman évoquait en filigrane le régime communiste qui s’installait en Russie sous Staline (tout en ayant bien évidemment une portée politique plus large que cette simple analyse !), Le château des animaux étire quant à lui le sujet aux dérives actuelles.

En effet, la justification principale utilisée par Silvio le taureau pour sa place au pouvoir, c’est qu’il est le plus fort de tous les animaux et que le régime qu’il a instauré est la seule solution efficace pour éviter l’intrusion des loups dans le château et les ravages qu’ils pourraient commettre dans la population (vous la saisissez, l’analogie contemporaine ?). Et les animaux, maintenus dans un régime de terreur, se plient à cette loi du plus fort.

Mais certains commencent à ne plus supporter les injustices qui vont de pair avec un tel régime politique… au risque de le payer de leur vie. Miss Bengalore, une chatte qui travaille dur pour élever ses petits depuis la mort de son compagnon, est d’abord un animal comme les autres, qui ne songe pas à se rebeller. Et même si c’était le cas, elle ne voit pas comment lutter contre un taureau et des chiens.

C’est là qu’entre en scène un rat saltimbanque et là aussi que j’arrête mon résumé, pour vous laisser une part de découverte. Ce rat saltimbanque, en effet, se fera voix de la sagesse et de l’éveil des consciences.

J’ai beaucoup aimé Le Château des Animaux ! Il apporte un vrai sous-texte actuel au concept d’Orwell tout en abordant d’autres thèmes, comme par exemple celui de l’importance de l’éducation et de la culture, au travers du personnage du rat. Il montre comment une population, menée par la peur, peut trop facilement se laisser prendre à un régime soi-disant sécuritaire qui devient rapidement oppressif et sanglant. Il montre aussi comment tout un chacun s’efforce de survivre sous un tel régime. Comme Miss Bengalore, qui s’efforce de protéger ses petits de la violence qui imprègne leurs vies ou M. Gigolo, lapin qui vend ses charmes pour obtenir des rations supplémentaires.

Cette BD, qui allie scénario solide et riche en sous-textes avec un dessin superbe, est un très bel hommage à La Ferme des animaux. En notre époque troublée, sa lecture n’en devient que plus indispensable ! Un gros coup de coeur pour ma part et je ne manquerai pas de lire les tomes suivants (3 sont annoncés)

Éditions Casterman, 71 pages, 2019

Book-trailer

8 réflexions sur « Le Château des Animaux t. 1 : Miss Bengalore, Xavier Dorison et Félix Delep »

  1. Bien envie de découvrir cette BD, déjà parce que la couverture claque, ensuite parce que j’aime le boulot de Dorisson dans « Undertaker », et enfin parce que ta chronique quoi ☺

  2. Je suis une grande fan de La ferme des animaux d’Orwell ! Autant 1984 j’ai dû que deux ou trois fois, autant La ferme des animaux je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai lu ♥ Je ne sais pourquoi, quand je me suis lancée dans ta chronique, j’imaginais un roman ! Le format de la BD peut apporter quelque chose d’autres, je serais très curieuse de la lire à l’occasion. Merci pour la découverte 😀

    1. De rien ! 🙂 (et je remercie le libraire qui fait les offices BDs à ma bibliothèque, même si ce n’est pas moi qui m’occupe des acquisitions BDs, j’y assiste quand je peux à ces offices car j’y découvre des pépites comme Le Château des animaux, sinon je serai passée à côté !)
      Le dessin est (en tout cas pour mon goût) très beau et la réinterprétation du célèbre roman d’Orwell bien pensée. Bref, je te souhaite une bonne lecture par avance ! 🙂

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