Comme un conte, Graham Joyce

Quatrième de couverture

Il y a vingt ans, une adolescente nommée Tara disparaît sans laisser de trace. Son corps n’a jamais été retrouvé, et sa famille a fini par accepter son deuil. Pourtant, le soir de Noël, on frappe trois coups à la porte. Sur le seuil se tient une jeune fille qui ressemble étrangement à Tara. Et elle a l’air toujours aussi jeune… après la joie des retrouvailles, des questions se posent. Peter, qui ne croit pas aux miracles, croit encore moins à l’histoire de sa soeur, qui prétend avoir été enlevée par des fées…

Mon avis

Comme un conte, d’entrée de jeu, aborde une thématique fréquente dans les légendes féeriques : le passage d’un être humain au pays des fées. À l’instar de Thomas le Rimeur, Tara a un jour disparu. Envolée, l’adolescente. Vingt ans plus tard, ses proches ont reconstruit ce qu’ils ont pu sur le trou béant laissé par l’absente. Vingt ans plus tard, une jeune femme se présente à la porte du domicile parental et se désigne comme la disparue. En vingt ans, elle n’a pas pris une ride. Son frère Peter peine à croire qu’il s »agit bien d’elle, tout comme il peine à croire son histoire. Tara aurait, en effet, suivit un homme-fée en terres féeriques…

Voilà pour le postulat de départ. Tout au long du roman, l’auteur reste dans un constant équilibre sur le fil, laissant au lecteur le doute subsister quant à la véracité du récit de Tara. De fait, le point du vue de Peter, celui qui doute, est le plus souvent abordé. Mais le frère et la soeur ne sont pas les seuls personnages qui viennent apporter leur grain de sel dans cette histoire. Il y a Richie, l’ex-petit ami de Tara qui avait été suspecté par la police lors de sa disparition et dont la vie fut tout aussi dévastée par cette disparition que la famille de Tara. Il y a les enfants de Peter, il y a cette vieille voisine. Et il y a Tara. Tara et ses mystères.

Les amateurs de féerie seront décontenancés par la description du pays des fées réalisée par Tara. Pourtant, quand on connaît bien les fées, on sait qu’elles ont leur propre système de morale, différent de celui des humains. J’ai donc été plutôt heureuse de voir que, tout en respectant ce point, Graham Joyce a livré sa propre version du code moral si étranger des fées, de leurs façons de vivre, à la fois si bizarrement séduisantes et si dérangeantes en même temps.

Le fait que le doute subsiste constamment, ou presque, se marie très bien avec le contexte contemporain de l’histoire. La magie se glisse à petites touches, permettant ainsi plus facilement le glissement vers le surnaturel.

Comme un conte, j’ai eu du mal à rentrer dedans et puis, finalement, je me suis laissée prendre au récit de Tara, aux dilemmes de Peter, tiraillé entre sa joie de retrouver sa soeur et ses doutes, et à tout ce qui arrive aux différents personnages.

Une variation sympathique sur le thème de l’enlèvement par les fées, dans un contexte contemporain, et sur la difficulté des enlevés à refaire leur vie lors de leur retour dans le monde réel. Entre fantasy et fantastique, Comme un conte est un roman subtil qui pourra plaire autant aux amateurs de fées qu’à celles et ceux qui n’ont pas l’habitude de lire ce genre de récits.

Éditions Bragelonne, 384 pages, 2015

2 réflexions sur « Comme un conte, Graham Joyce »

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