Le temps fut, Ian McDonald

Quatrième de couverture

Bouquiniste indépendant, Emmett Leigh déniche un jour un petit recueil de poèmes lors de la liquidation de la librairie d’un confrère. Un recueil, Le Temps fut, qui s’avère vite d’une qualité littéraire au mieux médiocre… En revanche, ce qui intéresse Emmett au plus haut point, c’est la lettre manuscrite qu’il découvre glissée entre les pages de l’ouvrage. Pour le bouquiniste, tout ce qui peut donner un cachet unique et personnel à un livre est bon à prendre. Il se trouve ici en présence d’une lettre d’amour qu’un certain Tom adresse à son amant, Ben, en plein cœur de la Seconde Guerre mondiale. Remuant ciel et terre – et vieux papiers – afin d’identifier les deux soldats, Emmett finit par les retrouver sur diverses photos, prises à différentes époques. Or, la date présumée des photos et l’âge des protagonistes qui y figurent ne correspondent pas… Du tout.

Mon avis

Une novella qui démarre par le furetage d’un bouquiniste dans les collections abandonnées par un confrère en liquidiation, voilà qui ne pouvait mieux démarrer pour une grande amatrice de livres comme moi ! 🙂

C’est au cours de cette fouille qu’Emmett tombe sur un recueil de poésie, dans lequel est glissée une lettre. Une lettre d’amour, adressée par un certain Tom à Ben, alors qu’ils vivaient les tourments de la Seconde Guerre Mondiale. Mais alors qu’il creuse l’histoire de ces deux hommes, en faisant une obsession, Emmett se rend compte que les lettres et indices qu’ils laissent au fil du temps ne suivent pas un ordre chronologique cohérent…

Je pourrais résumer Le temps fut en cette simple phrase : c’est une histoire d’amour sur fond de guerre, avec un mystère temporel.

Mais ce serait bien mal rendre justice à cette novella, couronnée du British Science Fiction Award en 2018. Ian McDonald possède une écriture prenante, précise, qui accroche le lecteur. Je me suis très vite passionnée pour l’enquête d’Emmett, très vite inquiétée pour le devenir de ces deux amants, qui éprouvent un véritable coup de foudre l’un envers l’autre en pleine Seconde Guerre Mondiale, à une époque qui, de surcroît, n’est pas tendre avec les homosexuels.

Si, étant connaisseuse des récits de voyages dans le temps, j’ai assez vite assemblé les pièces du puzzle lorsqu’Emmett commençait à peine à en discerner l’image, je dois dire que jusqu’au bout, j’ai eu du mal à lâcher ce texte. Le fait qu’il parle de la guerre le rend également dur. Ian McDonald, au travers de sa double histoire – celle d’Emmett, à notre époque, celle de Tom et Ben – dénonce les horreurs de la guerre, l’ombre terrible qu’elle porte sur des sentiments aussi forts et aussi beaux que ceux qu’éprouvent Tom et Ben l’un envers l’autre. Cela rend le récit d’autant plus déchirant.

Émouvante, difficile par ses thèmes abordés, Le temps fut est une novella qui mérite le détour. Une histoire intemporelle, d’amour et de tragédie, accompagnée ici d’un zeste de science-fiction. Une histoire que je vous recommande.

Ce livre a été lu dans le cadre de l’opération Masse Critique organisée par Babelio. Merci aux éditions Le Bélial pour leur confiance !

Éditions Le Bélial, 2020, 139 pages.

Un avis sur « Le temps fut, Ian McDonald »

  1. Je confirme ton résumé en une phrase 🙂
    C’était une chouette aventure, entre amour des livres et voyage temporel même si elle était un brin trop courte pour moi.

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