Wilder Girls, Rory Power

Quatrième de couverture

Une île sauvage, trois amies inséparables, une descente aux enfers.

Voilà bientôt dix-huit mois qu’un mal inconnu, la Tox, a frappé l’île Raxter. Dix-huit mois que le pensionnat pour jeunes filles qui en occupe la pointe a été mis sous quarantaine.

D’abord, la Tox a tué les enseignantes, une à une, puis elle a infecté les élèves, dont les survivantes portent désormais ses monstrueux stigmates dans leur chair.

Coupées du reste du monde, cernées par les bêtes mutantes qui rôdent dans les bois alentour et livrées à elles-mêmes, celles qui restent n’osent plus sortir de l’enceinte de l’école. Jour après jour, elles attendent le vaccin que le gouvernement leur a promis.

Hetty et ses deux meilleures amies, Byatt et Reese, se serrent les coudes malgré les privations, bien déterminées à lutter ensemble jusqu’au bout…

Mon avis

J’avais repéré cet ouvrage lors de sa parution en anglais et j’attendais avec impatience sa traduction. Je suis heureuse que l’éditeur français ait conservé la couverture, car elle est magnifique. Mais qu’en est-il du contenu ? Le résumé promettait un récit plein de suspense autour d’adolescentes coupées du monde, enfermées dans leur pensionnat pour jeunes filles frappé par une aussi terrible que mystérieuse épidémie…

On pourrait bien entendu songer à l’actualité en lisant ce résumé, bien que l’ouvrage date d’avant l’épidémie de coronavirus. Mais on mesure rapidement que l’on est là dans un tout autre type de maladie. Les malades atteintes, lorsqu’elles survivent, voient leur corps se doter d’étranges mutations. Pour Hetty, c’est l’un de ses yeux, désormais inutilisable. Pour Byatt, une seconde colonne vertébrale. Pour Reese, une main recouverte d’écailles et des cheveux luminescents.

Wilder Girls est raconté à la première personne du singulier. C’est Hetty qui raconte, en majorité, les événements à mesure qu’ils se déroulent. Byatt prend parfois le relais mais Hetty reste la narratrice principale. Elle nous conte la survie, au jour le jour, dans ce pensionnat où ne demeurent plus que deux adultes pour guider ces adolescentes livrées à elles-mêmes. La survie dans une île où il n’y a rien d’autre que cette école, où le gouvernement leur livre régulièrement vivres et vêtements – trop peu, hélas ! La survie dans une île où la faune et la flore, atteintes également, ne sont plus ce qu’elles paraissent : des arbres trop fournis, des chevreuils devenus carnivores…

C’est dans ce contexte terrifiant que vit désormais Hetty. Au fil du récit, je n’ai pu m’empêcher de penser que Wilder Girls était un mélange de la la Trilogie du Rempart Sud de Jeff VanderMeer et de la BD Black Hole de Charles Burns. J’ai pensé aux romans de VanderMeer à cause de cette maladie fantastique bizarre, de cet environnement malade de façon inquiétante, un peu comme ce qui se passait dans la fameuse zone X de sa trilogie. J’ai pensé à la BD de Burns à cause des mutations provoquées par la maladie chez ces jeunes filles. Mais Wilder Girls, malgré ces références qui me sont venues à l’esprit, s’en détache par son propre style et sa façon de traiter le sujet.

Le style est superbe ! Certaines phrases proposaient des images délicieusement poétiques, malgré la noirceur et la violence de cette petite île où survivre est un combat de chaque instant. Très bien écrit, Wilder Girls possède aussi un suspense bien travaillé, qui fait que j’ai lu ce bijou en une journée !

Wilder Girls est centré autour de ces trois jeunes filles qui cherchent à survivre. Trois amies proches, trois grandes adolescentes confrontées au pire. Leur relation est finement abordée, avec Hetty qui ne sait pas comment nommer ce qu’elle ressent pour Reese alors que son amitié, très forte, avec Byatt a été instinctive. J’ai aimé comment l’autrice a développé, tranquillement, la relation entre Hetty et Reese au fil des pages comme des événements – nous, lecteurs, nous doutons assez vite que Hetty est amoureuse de Reese sans oser se l’avouer…

Si le roman est surtout centré sur ses personnages et leur combat pour survivre, il n’en omet pas moins la prise en charge (catastrophique, comme on s’en doute) du gouvernement de cette étrange épidémie comme son origine – attention, ce dernier point n’est pas abordé frontalement, c’est un personnage qui le devinera. J’ai lu une critique où la lectrice se plaignait que l’origine de la Tox ait été laissée dans l’ombre or ce n’est pas le cas, on sait, lorsqu’on a refermé le livre, d’où vient la Tox, simplement l’auteur ne l’explique pas de manière détaillée mais cela reste suffisamment compréhensible tout de même ! J’ignore comment cette lectrice a pu passer à côté.

Vous vous en doutez, Wilder Girls est un roman young adult qui appartient au genre du fantastique et de l’horreur (je dirais même aussi du new weird), il n’est donc pas à mettre entre toutes les mains. Certaines scènes sont particulièrement sanglantes et d’autres très anxiogènes. Les liens puissants qui unissent le trio d’héroïnes en ressortent de façon d’autant plus lumineuses, à l’image de la chevelure de Reese qui fascine tant Hetty.

Un gros coup de coeur pour ma part – le fait que je l’ai lu en une journée en est une preuve ^^ – que je ne peux que chaudement vous recommander si vous recherchez ce type de récit !

Éditions Robert Laffont, 2020, 443 pages

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