Maison hantée, Shirley Jackson

Quatrième de couverture

Un maison est comme un visage. Quand elle exhale l’arrogance et la haine, quand elle est sans cesse à l’affût, elle ne peut être que dangereuse. Et Hill House semblait s’être érigée seule, selon ses propres plans. Il n’y avait pas en elle la moindre place pour l’homme, ni pour l’amour, ni pour l’espoir.

Elle était l’abomination, la mort. Elle m’attendait, maléfique et patiente…

Mon avis

Avant de lire Maison hantée, l’une des oeuvres maîtresses de Shirley Jackson, j’en connaissais l’intrigue. J’avais en effet vu l’adaptation par Robert Wise, l’excellent La Maison du diable. C’est donc sans surprise que j’ai ouvert mon livre, un soir, pensant que cette connaissance du récit risquait d’en ôter une partie du frissons.

Quelques soirées de lecture suivies d’insomnies plus tard, j’ai révisé mon jugement : même en connaissait le déroulement des événements, le talent de Shirley Jackson distille son malaise au point de chasser le sommeil, une fois toute lumière éteinte.

Dans Maison hantée, nous accompagnons Eleanor alors qu’elle se met en route pour Hill House, à l’invitation du docteur Montague. Ce dernier désire étudier la maison, réputée hantée, en invitant des personnes triées sur le volet à y séjourner. Eleanor – qui vient de perdre sa mère, à qui elle dévouait ses soins – retrouve ainsi l’excentrique Theodora, le pragmatique Luke et, bien sûr, le docteur Montague à Hill House.

Point d’esprit frappeur ou de grands effets dans Maison hantée ! La maison maudite prend son temps. Lentement, insidieusement, des choses bizarres se passent. Des pièces agencées subtilement, créant le malaise ; une zone de froid inexpliqué. De petites choses. Et puis… et puis, petit à petit, le malaise grandit, les événements surnaturels aussi. Et nos personnages, en particulier Eleanor, de commencer à perdre pied…

Le roman met en avant deux personnages : Eleanor et Hill House. Pour cette dernière, qui donne son titre au livre, on comprend aisément pourquoi. C’est elle qui crée la peur chez ses habitants, tout comme chez le lecteur (clairement, avoir lu ce roman le soir n’a pas été une bonne idée ! ^^ »). Eleanor, la sensible Eleanor est elle aussi le personnage central du roman. Nous arrivons à Hill House à ses côtés. Nous avons appris à la connaître durant ce voyage, nous apprenons à la connaître davantage au cours de son séjour. Eleanor, qui paraît susciter l’intérêt de la maison.

Dès lors, la question se pose : la maison a-t-elle en effet jeté son dévolu sur la jeune femme, pour en faire sa prochaine proie ? Ou Eleanor, fragilisée par son deuil et par une vie menée en solitaire, à l’imagination et la sensibilité si vives, bascule-t-elle lentement au fil de son séjour dans cette maison si étrange ? Le doute est permis. Ou pas. C’est là qui fait que le malaise monte en puissance, là qui donne à son final son côté le plus terrifiant.

Shirley Jackson est une brillante autrice de récits fantastiques et, avec Maison hantée, elle nous livre un chef d’oeuvre du genre. Ce n’est pas pour rien que Stephen King tient cette oeuvre en haute estime ! Elle le mérite amplement et est un classique à lire absolument, dans le genre du fantastique comme sur le thème de la maison hantée.

À l’époque où j’avais acheté d’occasion ce livre, il n’était plus édité en français mais, depuis, les éditions Rivages se sont chargées de rééditer ses oeuvres.

Je vous conseille également la lecture du numéro de Bifrost qui est consacré à l’autrice et qui vous permettra tant d’en savoir plus sur elle que sur son oeuvre – avec notamment un aperçu des coulisses de l’écriture de Maison hantée.

Éditions Pocket, 1993, 253 pages

7 commentaires sur « Maison hantée, Shirley Jackson »

  1. Ooh, voilà qui fait envie de lire cette histoire. En plus, les lecteurs sont à la recherche de frissons à l’approche d’Halloween, cela tombe à point nommé.

  2. J’ai très envie de le lire surtout que j’ai adoré The haunting of hill house et que je suis dans la Bly Manor. En plus c’est la saison. Il faut juste que je me trouve du temps 🙂

    1. Si tu as adoré The Haunting of Hill House, il te plaira ! Bien sûr la série a réinterprété (une famille au lieu d’étrangers ; contexte contemporain) mais quand on connaît le roman, on voit que la série a gardé le coeur du livre, de son message et de ses symboles (symboles qui ont d’autant plus attiré mon attention qu’ils étaient évoqués par l’autrice dans la retranscription de son essai dans Bifrost). Bref, tout ça pour dire : oui c’est la bonne saison pour le lire ! 🙂

    1. Ce n’est pas tout à fait le même registre ^^ » D’ailleurs je ne connaissais pas ce texte-là… je me rappelle d’une histoire de Lovecraft avec une maison construite autour d’un géant monstrueux, vampirique, mais pas de Cthulhu.

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