Les oiseaux du temps, Amal El-Mohtar et Max Gladstone

Quatrième de couverture

Bleu et Rouge, deux combattants ennemis d’une étrange guerre temporelle, s’engagent dans une correspondance interdite, à travers les époques et les champs de bataille. Ces lettres, ne pouvant être lues qu’une seule fois, deviennent peu à peu le refuge de leurs doutes et de leurs rêves. Un amour fragile et dangereux naîtra de leurs échanges. Il leur faudra le préserver envers et contre tout.

Mon avis

Ce livre paraîtra le 14 mai et a été lu dans le cadre d’un service presse. Merci aux éditions Mu pour leur confiance !

Rouge travaille pour l’Agence. Sise dans le futur (ou plutôt un des futurs), l’Agence l’envoie, avec d’autres, dans les différents brins du temps pour influer le passé. Car l’Agence, qui privilégie le mécanique déshumanisant, mène une guerre temporelle acharnée contre Jardin, situé dans un autre futur et qui, lui, tient plutôt de l’organique étouffant. Jardin, pour lequel travaille Bleu. Un jour, Rouge découvre une lettre laissée par Bleu. Elle la lit, puis lui répond. D’abord simples provocations d’agente à une autre, au fil de leur correspondance se noue un lien. La méfiance laisse place à la confiance, bientôt aux confidences…

La correspondance est une sorte de voyage dans le temps, tu ne trouves pas ?

Et ainsi se tisse délicatement une relation épistolaire pleine d’émotion. Couronné par les prix Hugo, Nebula et Locus en 2020 (rien que ça, mais franchement, c’est mérité), Les Oiseaux du temps nous entraîne sur les pas de Rouge et Bleu, à travers le temps, dans une guerre sans merci. Rouge et Bleu qui se laissent des lettres (oubliez le papier, vu leur situation et leurs technologies respectives très avancées, elles usent d’autres stratagèmes). Rouge et Bleu qui apprennent à s’aimer. Ces deux femmes, d’abord ennemies, vont en effet progressivement abaisser leurs barrières.

Dire que j’ai aimé ce court roman serait un euphémisme. Je le lâchais à regret le soir, tant je voulais connaître la suite. Porté par une plume lyrique, presque poétique, Les Oiseaux du temps est un récit très émouvant (ai-je eu une poussière dans l’oeil à la fin ? C’est très possible !). Les dernières pages m’ont beaucoup remuée. Les deux auteurs parviennent, au travers de simples messages entrecoupés de passages montrant des missions de Rouge et Bleu, à nous toucher profondément.

Et puis… je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé, mais parfois, on lit un livre et on tombe sur un passage dont on a l’impression qu’il s’adresse directement à soi. Uniquement à soi. Comme un message caché. Un sentiment magique que quelque chose, là, d’exceptionnel est à l’oeuvre dans cette lecture. Eh bien il y a un passage des Oiseaux du temps qui m’a fait cet effet-là. Il m’a parlé, a résonné en moi de façon très forte. Cela a rendu ma lecture d’autant plus précieuse.

Les mots peuvent blesser, mais ce sont aussi des ponts.

Je ne saurais qualifier ce court roman de romance épistolaire. Car il n’y a pas que de la correspondance. Car il ne suit pas les codes du genre (encore que… la romance mériterait vraiment qu’on cesse de la considérer à l’aune des idées reçues !). C’est une magnifique et subtile histoire d’amour qui se tisse à travers le temps, dans le fracas d’une guerre dont on ignore les tenants et aboutissants. C’est un rappel que des liens très forts peuvent se nouer même simplement au travers de lettres.

La plume magnifique achève de faire des Oiseaux du temps un vrai bijou que je vous recommande. J’ai noté plusieurs citations (deux figurent dans cette chronique), mais pas autant que je l’aurais souhaité, car parfois, je refusais de lâcher le livre, même pour seulement en noter un passage, tant j’étais portée par l’émotion qui s’en dégage. Ce sera pour ma prochaine lecture de ce livre, car je le relirai, c’est certain !

Éditions Mu, 188 pages, 2021

2 commentaires sur « Les oiseaux du temps, Amal El-Mohtar et Max Gladstone »

  1. Il est dans ma PAL VO depuis un petit moment, mais vu ton avis, je pense attendre la version française, du moins en première lecture, parce que je n’aimerais pas passer à côté de cette merveille juste à cause d’un problème de compréhension…

    1. La plume est superbe, lyrique, tu as raison de préférer commencer par la VF. Je l’avais aussi repéré en VO, mais la lecture VF me fatigue moins. Et je n’ai pas regretté d’avoir lu en VF, la traduction est très bien faite !

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