L’épopée de Chanur, C. J. Cherryh

Quatrième de couverture

Oui, un jour, Chanur et Tully s’étaient déjà rencontrés : elle, la navigante extraterrestre, la belle créature mi-femme mi-fauve, lui, l’homme à la peau étrangement nue et pâle. Et cette rencontre avait valu à Chanur la haine des siens et de toute la Communauté non terrienne. Attaquée, traquée, elle avait su riposter avec succès.

Or, voici que Tully réapparaît, porteur d’un contrat qui offre à l’astronef de Chanur toute la liberté et toutes les richesses de l’espace humain. Et un asile, en cas de danger.

Peut-elle trahir sa Communauté ? Si elle acquiesçait, serait-ce par cupidité ou parce que Tully, l’être différent, le citoyen d’un monde inconnu, exerce sur elle une fascination inavouée ?

Mais ne lui tend-il pas un piège ?

Mon avis

Après la première aventure de Pyanfar Chanur, qui m’avait réjouie, il était temps de me lancer dans la lecture de ses péripéties suivantes ! Et ça tombe bien, car L’épopée de Chanur prend place une année environ après les événements relatés dans Chanur et l’intrigue va dérouler des conséquences de ces derniers.

Oubliez la quatrième de couverture qui veut mettre un soupçon de romance là où il n’y en a aucune trace (sérieusement, ce résumé m’a fait hausser les sourcils avant et après ma lecture, tellement ça ne représentait pas du tout la relation entre Pyanfar et Tully, que l’on peut qualifier au mieux d’amicale). Pyanfar est embarquée dans les ennuis dès la première page : Or-Aux-Dents lui remet une cargaison mystère alors qu’elle met tout juste le pied sur le quai de la Jonction. Cargaison qui s’avère contenir Tully, accompagné de papiers dont le contenu fait vite comprendre à la Hani qu’elle vient de se retrouver dans un beau noeud d’embêtements.

Si l’action est de mise dès le départ, les ennuis qui accablent Pyanfar ont pour source tout un écheveau d’intrigues fomentés par différents individus appartenant à différentes espèces. Car, il faut remettre les choses dans leur contexte si vous n’aviez pas lu le premier tome des aventures de Chanur, l’humanité est dans ce coin de l’espace une race tout juste découverte. Le personnage principal est hani – une espèce humanoïde aux traits félins – et les autres espèces, toutes plus différentes les unes des autres ! Un glossaire, à la fin, permet d’ailleurs de remettre tout ce petit monde en tête, caractéristiques physiques et, surtout, fonctionnement politique et social compris.

Ces intrigues ne sont pas forcément très claires – ni pour Pyanfar ni pour nous, mais la lumière se fait au fil des pages. Et les ennuis, eux, se multiplient ! Jusqu’à la dernière page, qui ne résout pas du tout l’arc narratif, qu’il faudra poursuivre dans le volume suivant. Il est impensable d’entamer le cycle de Chanur par ce volume, si la série vous intéresse, je vous recommande de la lire dans l’ordre – elle a été rééditée dans une intégrale en deux volumes depuis. Et il apparaît évident que les aventures de Chanur ont besoin de ces volumes pour trouver leur juste place.

Les amateurs de space opera sans temps mort seront ravis avec ce livre, mais ce qui m’a le plus ravie, c’est l’inventivité et la soin dont fait preuve Carolyn J. Cherryh dans la conception de ses races extraterrestres. Que ce soit les Knnn, tellement étranges que même les autres ne les comprennent pas, à part peut-être les chi ou les tc’a, dont la façon de communiquer est des plus particulières ; les Kifs si agressifs ou encore les Hanis. Chez les Hanis, ce sont les mâles qui constituent le sexe faible, et j’avoue avoir éprouvé un plaisir vif face à cette inversion des rôles, car dans ce volume, Pyanfar a embarqué son époux dans son vaisseau, où il souhaite se rendre utile. Et clairement, elle le considère avec le même mépris que les hommes regardaient de haut les femmes s’immisçant dans les métiers dit « masculins ». Un renversement qui souligne bien l’absurdité de l’inégalité des sexes et qui trouve sa logique dans le fait que la société hanie est basée sur celle des lions. Tout cela fait réfléchir, de façon subtile, au sexisme humain, sans éclipser l’action présente ni le dépaysement offert par ces espèces et ces voyages mouvementés à travers l’espace.

En résumé, je me suis régalée avec ce deuxième volume comme avec le premier ! Vite, la suite ! 🙂

Éditions J’ai Lu, 283 pages, 1991

Cette lecture s’inscrit dans le cadre du challenge Summer Star Wars organisé par RSF Blog.

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