Sous le sceau de l’Hiver, Hermine Lefebvre

Quatrième de couverture

Paris, de nos jours.

Les hommes ont découvert l’existence de la magie et des Cours Faëriques, l’Été et l’Hiver. Après des années de conflits sans merci, la paix établie demeure fragile. Et lorsque des chevaliers de la Cour d’Été disparaissent sans laisser de trace, elle ne tient plus qu’à un fil… Accusée, Medb, la reine de l’Hiver, fait régner par vengeance un hiver glacial dans les rues de la capitale.

Le jour où Virgile, changelin doué de magie et orphelin, tente de se suicider, Medb le sauve contre son gré et lui propose un pacte : s’il veut mourir, il n’a d’autre choix que d’enquêter pour retrouver les chevaliers disparus et prouver l’innocence de l’Hiver. Heureusement, il croise le chemin de Camille, qui a des contacts privilégiés avec les Faës et lui offre son aide. C’est le début d’une course contre la montre effrénée pour éviter une nouvelle guerre et sauver Virgile…

Mon avis

Après avoir lu trois livres de Léa Silhol se déroulant dans l’univers de Cours Féeriques, et dont le personnage principal appartenait à l’Hiver, je n’ai guère été dépaysée avec Sous le sceau de l’Hiver de Hermine Lefebvre ! Pourtant, l’approche d’Hermine Lefebvre est très différente de celle de Léa Silhol. Là où la seconde nous plaçait du côté des Faes, Hermine Lefebvre s’attache à l’Humain. Dans son livre, les Cours cohabitent – difficilement – avec notre univers depuis 1990. Deux jeunes, Virgile et Camille, vont se retrouver à devoir s’épauler pour découvrir ce qui est arrivé aux chevaliers de Titania, reine de l’Été, avant qu’une nouvelle guerre n’éclate entre Faës et humains.

L’histoire est précédée d’un avertissement et de fait, au cours des premières pages, je n’étais pas très sûre de ce que serait mon avis final. Sous le sceau de l’Hiver aborde de front des thèmes très durs, et ce dès le départ : Virgile est dépressif, suicidaire et drogué. Sa narration, à la première personne, accentue de fait la difficulté à s’attacher à lui, alors qu’il rejette tout et tout le monde et fait preuve d’un caractère des plus antipathiques. En contrepoint, il y a Camille, dont la narration est à la troisième personne. Camille, sympathique, lumineux, mais qui souffre aussi. Camille se remet difficilement d’une maladie qui a laissé des séquelles aussi importantes que douloureuses. Camille est intersexe et non-binaire, ael peine à se faire accepter tel qu’ael est alors qu’hormis ses parents, tout le monde fait pression pour qu’ael choisisse d’être fille ou garçon.

Deux personnages aux caractères très différents, mais confrontés à des épreuves. Deux personnages que les événements vont forcer à faire équipe, à contre-coeur pour Virgile qui ne cesse de ruer dans les brancards. Pourtant, au fil des pages, j’ai fini par m’attacher même à Virgile. À mesure qu’il baisse, lentement et par à-coups, ses barrières face à la douceur et la compréhension de Camille, à mesure que l’on découvre dans quel univers il a grandi, difficile de ne pas éprouver de l’empathie pour lui, en dépit de ses sautes d’humeurs et de son addiction à l’héroïne.

C’est cet équilibre entre ces deux personnages, aux caractères différents mais pourtant complémentaires, qui porte tous deux leurs propres fardeaux, un équilibre renforcé par une alternance entre leurs deux points de vue, qui fait toute la richesse de ce roman.

L’univers est bien brossé, ce Paris alternatif où l’humanité a du apprendre à vivre avec la Faërie, où les brouillards recèlent des créatures mortelles, où Titania et Medb font régner, tour à tour, l’été puis l’hiver, où les pixies sont facétieuses et les sirènes, dans la Seine, rôdent en quête d’une proie.

L’enquête est bien menée, bien dosée : Virgile et Camille font avec leurs moyens, progressent par à-coups, et la tension monte progressivement jusqu’à atteindre son paroxysme vers les deux-tiers du récit, où tout s’accélère et où je ne pouvais définitivement pas lâcher le livre avant de connaître le dénouement !

Destiné à un public Young Adult, Sous le sceau de l’Hiver aborde des thématiques dures sans concession, au sein d’un univers féerique, certes, mais pas enchanteur pour autant. Un roman qui m’a beaucoup plu, une fois passés mes préjugés sur Virgile et mes appréhensions quant aux thèmes difficiles évoqués.

J’avais déjà noté de lire La Chasse fantôme, roman précédent de Hermine Lefebvre, je m’y pencherai sans hésiter, après la claque que fut Sous le sceau de l’Hiver.

Oh, et la fin ! Qu’est-ce que j’ai aimé cette fin !

Éditions Scrinéo, 2021, 452 pages

Cette lecture s’inscrit dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge, menu Automne enchanteur, catégorie Princesse Princesse

5 commentaires sur « Sous le sceau de l’Hiver, Hermine Lefebvre »

  1. Je ne connaissais pas du tout mais de ce que tu en dis, ça à l’air d’être un récit vraiment intéressant. Personnellement, j’ai toujours un peu peur de lire des œuvres qui comportent des sujets importants comme la dépression ou l’identité et que ce soit bâclé parce qu’il y a pas assez de recherches. Mais pour le coup, tu m’as convaincue de l’ajouter à ma PAL !

    1. Il est très très bien, en dépit de ses thèmes difficiles ! J’ai d’ailleurs apprécié l’avertissement, on sait où on met les pieds. On sent que Hermine Lefebvre a bien creusé son sujet et ses personnages sont bien travaillés.

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