L’hiverrier, Terry Pratchett

Quatrième de couverture

L’esprit de l’hiver s’est épris de Tiphaine Patraque. Il lui offre des icebergs, se déclare par des avalanches et la couvre de flocons – témoignages d’amour un peu rudes pour une apprentie sorcière de treize ans, mais qui ne manquent pas de… fraîcheur.

« Miyards ! »

Ah! Oui, et revoici les Nac mac Feegle, les ch’tis hommes libres, venus donner un coup de main, que ça lui plaise ou non. Car si Tiphaine ne fait pas entendre raison à son soupirant, il n’y aura plus jamais de printemps.

Mon avis

Cela faisait longtemps que je n’étais pas retournée du côté du Disque-Monde, l’univers dans lequel Terry Pratchett situe la plupart de ses romans. Après un mois de novembre difficile, où les mauvaises nouvelles se sont accumulées sur le plan personnel, mon moral était en petite forme et je me suis dit que c’était le moment pour retrouver la plume drôle et maligne de cet auteur de génie (oui oui, cet homme était un génie, vraiment !).

Comme l’hiver s’en venait, j’ai jeté mon dévolu sur L’hiverrier, un roman qui s’inscrit dans une série destinée à un public adolescent et jeune adulte. À l’instar des Annales du Disque-Monde, cette série de romans peut se lire dans n’importe quel ordre. L’hiverrier est ainsi le tome 4, mais je n’ai pas été frustrée de n’avoir pas lu les 3 volumes précédents (la série n’est d’ailleurs pas numérotée, pas plus que sa grande soeur, les Annales), car chaque tome est indépendant et l’auteur sait rappeler avec subtilité les événements survenus auparavant, s’ils sont nécessaires, sans pour autant trop en dévoiler. De quoi donner envie de lire les autres volumes sans pour autant se sentir perdu ! Bref, un joli travail d’équilibriste 🙂

Mais venons-en au fait ! Tiphaine Patraque est apprentie sorcière auprès de Mademoiselle Trahison. Alors qu’elle assiste en secret à une danse Morris noire, l’adolescente ne peut s’empêcher d’entrer dans la danse. Monumentale erreur : cette danse était là pour inviter l’esprit de l’Hiver sur terre, et en s’y introduisant, Tiphaine a pris la place de la Dame de l’Été. Pire : l’Hiver s’est épris d’elle et commence à la courtiser à coup de flocons à son image ou de fleurs gelées. Et comme si cela ne suffisait pas, comme ennuis, voilà que Mademoiselle Trahison va mourir (les sorcières savent en avance le jour de leur mort). Comment Tiphaine va-t-elle pouvoir se dépêtrer de tout ça et rétablir la danse des saisons ? Les Nac mac Feegle, ces petits hommes bleus aussi braves que pas très malins, pourront-ils lui être une aide ?

L’hiverrier diffère des Annales par le fait que les couches de textes possèdent moins de strates – le talent de Terry Pratchett, c’est d’offrir plusieurs niveaux de lecture, sans qu’il soit frustrant de ne pas tous les saisir. Mais il reste un roman qui allie avec beaucoup d’intelligence le divertissement et la réflexion. Terry Pratchett manie en effet la parodie avec brio, pour mieux souligner son regard aussi critique que tendre sur notre société bien humaine, qu’elle soit présente ou passée. Ainsi, les passages sur le livre La chasse aux sorcières pour les nuls m’ont bien fait rire (et je ne vous dirai pas pourquoi, il vous faudra lire le roman pour le savoir !), de même que ceux sur le pipo.

D’ailleurs, les personnages des sorcières étaient mes préférés dans les Annales, et j’étais ravie de les retrouver ici ! On assiste aussi à un bel hommage au cycle des saisons et à la façon dont, dans les communautés rurales en particulier, la vie quotidienne est construite autour d’elles, que ce soit par le rythme des travaux ou par les fêtes et coutumes.

Tiphaine s’avère une adolescente attachante, aussi maligne que courageuse, qui commet des erreurs mais qui est bien entourée et guidée, ce qui lui donne la confiance nécessaire pour progresser. Même si elle doute, même si elle s’effraie parfois des actes de l’hiverrier (se retrouver nez à nez avec son image en iceberg n’est pas particulièrement rassurant…), elle sait qu’elle peut compter sur les autres comme sur elle-même.

Je me suis régalée avec ce volume, parfaite lecture hivernale, où se mêlent sorcières, danse des saisons, humour, réflexion et fromage coulant (si si !). Au point que je lirai les autres volumes de cette courte série que Terry Pratchett a dédié aux adolescents et jeunes adultes, en plus de poursuivre mon exploration des Annales !

Cette lecture s’inscrit dans le cadre du Cold Winter Challenge, menu Magie de Noël, catégorie Lettre au père Noël.

Éditions L’Atalante, 394 pages, 2009

2 commentaires sur « L’hiverrier, Terry Pratchett »

    1. Si tu n’aimes pas les livres de Terry Pratchett, en effet, mieux vaut ne pas tenter… Après, je ne sais pas lesquels tu as lu ? Quand j’ai commencé, j’avais essayé avec La huitième couleur que je n’ai pas aimé. Et puis mon chéri (un grand fan !) m’a mis Mécomptes de fées dans les mains et j’ai adoré ! Alors, je ne suis pas fan de tout Pratchett (je n’ai pas trop accroché à Nobliaux et sorcières), mais je me régale souvent. Après, je comprends que ça ne soit pas au goût de tout le monde – on a tous nos préférences et affinités littéraires ! 🙂

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