De pierre et d’os, Bérengère Cournut

Quatrième de couverture

Une nuit, la banquise se fracture et sépare une jeune femme de sa famille. Uqsuralik se retrouve livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Si elle veut survivre, elle doit avancer à la rencontre d’autres êtres vivants. Commence alors, dans des conditions extrêmes, une errance au sein de l’espace arctique, peuplé d’hommes, d’animaux et d’esprits.

Mon avis

J’ai lu ce livre dans le cadre d’une lecture commune avec Very Important Book – encore merci à elle pour cette chouette lecture ! 🙂

J’avais repéré ce livre à sa sortie, j’ai profité de l’occasion de la lecture commune comme de sa disponibilité à ma bibliothèque pour me lancer ! 🙂 Une nuit, une jeune femme se retrouve séparée de sa famille, sur la banquise. C’est le point de départ de son histoire, entrecoupée de chants qui donnent la parole à différents esprits, personnes, animaux… Car au fil de sa trajectoire, Uqsuralik va croiser d’autres personnes comme des esprits, elle va évoluer, grandir, et surtout se battre, pour survivre dans cet environnement sans pitié qu’est le Grand Nord.

Durant les premières pages, je n’ai pu m’empêcher de le comparer à Split Tooth (Croc-Fendu) de Tanya Tagaq, qui porte sur un thème similaire – mais dans un contexte contemporain, et à la différence notable que Tanya Tagaq est elle-même Inuite. C’était une erreur, car les deux livres ont leur voix propre, et De pierre et d’os a souffert de la comparaison.

La plume, quoique poétique, reste pourtant détachée – j’ai trouvé que le récit manquait d’émotions. Mais les chants qui égrènent le texte sont d’une poésie et d’une beauté qui rattrapent ce manque ! Par ailleurs, l’autrice retranscrit bien toute la dureté de l’environnement polaire : pas de place pour le doute ou la pitié, il en va parfois de la survie même du groupe. Se protéger du froid, la recherche de nourriture, sont les objectifs principaux de la journée comme de la nuit. Les coutumes viennent apporter leur souffle légendaire à ce quotidien si âpre.

L’autrice s’est beaucoup documentée – j’ai retrouvé des descriptions de coutumes que j’avais déjà lues dans le livre de Tanya Tagaq, j’en ai découvert d’autres. Pendant tout le récit, je me suis posé la question du contexte temporel de l’histoire, qui laissait sous silence la colonisation. Ce n’est qu’à la fin que j’ai compris pourquoi, et quelle était, au final, la période durant laquelle se déroulait l’histoire.

Au final, De pierre et d’os est une belle histoire qui nous emmène auprès des Inuits, dans le grand Nord. Poétique et subtile, elle manque cependant d’émotion, qui aurait rendu le texte encore plus marquant. Au lieu de cela, il est resté une distance, sans doute due au fait que Bérengère Cournut n’a jamais mis les pieds sur la banquise. C’est pourquoi, si je vous recommande tout de même la lecture de ce livre, car il reste une expérience de lecture qui m’a plu, je vous conseille d’en compléter la lecture avec celui de Tanya Tagaq.

TW : ce livre comporte une scène de viol (surlignez pour voir l’élément mis en spoiler)

Cette lecture s’inscrit dans le cadre du Cold Winter Challenge, menu Marcher dans la neige, catégorie Pôle Nord.

Éditions Le Tripode, 219 pages, 2019

4 commentaires sur « De pierre et d’os, Bérengère Cournut »

    1. Il m’a manqué trop de souffle pour le coup de coeur, mais c’était un bon moment de lecture (mis à part le passage que j’ai mis en TW – le ton trop détaché m’a d’autant plus gênée vu la scène)

  1. C’est marrant, moi j’ai détesté, je ne l’ai même pas fini (pourtant il n’est pas long !) Je n’ai pas pu me faire à ce détachement que tu décris. Je trouve que n’avoir jamais mis les pieds sur la banquise, ce n’est pas une raison : c’est le rôle d’un écrivain de tenter de se mettre à la place de ses personnages. Le sujet me tentait beaucoup mais au final j’ai trouvé le roman très pauvre. Comme quoi… 🙂

    1. Essaie peut-être le livre de Tanya Tagaq ? Pour un sujet similaire, le ton n’est pas le même, ça te plaira peut-être davantage !
      Je comprends que ça ne t’ait pas plu – tout comme je comprends que ça ait plu à d’autres personnes. La plume est poétique, mais froide, détachée, on aime ou on aime pas. J’ai apprécié ce roman, mais ça n’est pas non un coup de coeur.

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