La Faune, Marie Tétart

Quatrième de couverture

Aller sur les routes

Chanter le bonheur du jour

Jouer, boire et cueillir l’amour

… telle est ma ballade, à moi, Frieda, conteuse qui divague ici et là en se moquant des lois des hommes et des dieux. La liberté, voilà ce qui nous anime, Niklaus, mon frère !

Cependant, une ombre nous guette, celle de l’Ordre. Si elle s’attaque à nous, c’est parce que nous appartenons à cette espèce rare de l’humanité, les leith, que l’on craint et que l’on pourchasse pour son don de clairvoyance. Piller les esprits, faire plier les volontés, voyager dans les rêves, prédire l’avenir : voilà ce dont on nous accuse.

Un espoir pour nous : Borovan, une terre mythique que l’on dit accueillante aux gens de notre espèce. Pour l’atteindre, il nous faudra traverser un royaume que la folie des hommes a plongé dans la guerre civile…

Mon avis

J’avais adoré Valadonne de Marie Tétart, qui figurait parmi mes coups de cœur 2021. Je me suis donc lancée les yeux fermés dans son roman suivant : La Faune, sous une splendide couverture d’Amaryan.

Le roman nous emmène nous emmène dans les pas de Frieda. Frieda, conteuse, vagabonde, femme libre dans un monde où cela est mal vu par l’Ordre. Surtout, Frieda est une leith, elle possède certains pouvoirs qui la rendent encore moins acceptable aux yeux de l’Ordre. Alors, pour survivre, elle part en quête d’une terre mythique, où vivre en paix. Mais la route est longue et semée d’embûches, et Frieda se retrouve malgré elle au milieu des conflits armés qui déchirent la contrée…

La Faune est situé dans le même univers que Valadonne, mais son intrigue est tout à fait indépendante, d’autant qu’elle se déroule dans une contrée différente. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir lu Valadonne au préalable, et vice-versa. Mais j’ai été ravie de retrouver dans La Faune un personnage que j’avais croisé dans Valadonne ! 🙂

J’ai adoré retrouver la plume de Marie Tétart ; ses descriptions de la nature qui nous font éprouver que l’on marche là, aux côtés de Frieda, dans les sous-bois ; son univers où paraît une critique des violences nées d’un système patriarcal, où la religion impose sa loi, où la guerre broie des innocents ; ses personnages ni tout noirs ni tous blancs. Les phrases coulent, pleine de poésie, enchantant nos sens. Les actes des uns nous réchauffent, ceux des autres nous font frémir ou nous mettent en colère.

La Faune est moins âpre et violent que Valadonne, mais cela reste âpre. Les scènes de guerre, l’exploitation des petites gens, les menaces qui pèsent sur Frieda, très réelles, tout cela est présent sans fard. Les passages dans la nature étaient alors un vrai souffle d’air ! C’était là que notre conteuse était libre, libre d’une société étouffante, libre des conflits armés et jeux de pouvoirs où les plus humbles ne sont que chairs à canon.

Cependant, Frieda est une héroïne nettement plus lumineuse qu’Aniélis, celle de Valadonne. Là où cette dernière était un brasier épris de vengeance, Frieda est un flambeau léger, au cœur de la nuit. Un flambeau qui réchauffe, juste ce qu’il faut.

Pourtant, j’ai moins accroché à ce roman qu’à Valadonne. Son rythme était plus lent. Il m’a manqué la fougue d’Aniélis, malgré son caractère insupportable, et la place plus présente dans ce roman qu’y avaient les thèmes chers à l’autrice – le féminisme, le poids de la religion quand on lui accorde trop de pouvoir politique, etc. J’ai apprécié voyager aux côté de Frieda, mais si je devais désigner un favori entre les deux, ce serait Valadonne.

La Faune reste une bonne lecture, et elle pourra plaire à celles et ceux qui souhaitent de la dark fantasy qui soit « soft », avec une héroïne libre, lumineuse, et une intrigue qui prend son temps, tout comme est longue la route vers Borovan. J’ai sur mes étagères le dernier roman paru de Marie Tétart, cette fois dans un tout autre univers, et je ne doute pas que le voyage sera, là encore, du genre inoubliable.

Auto-édition, 363 pages, 2021

2 commentaires sur « La Faune, Marie Tétart »

    1. ça reste de la dark fantasy, mais j’ai trouvé le ton moins sombre que dans Valadonne – et Frieda a une façon de vivre si libre, si pleine de lumière en dépit de ce qu’elle a vécu et vit, je pense que ça pourrait te plaire !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :