Nos têtes audacieuses, Louisa May Alcott

Les Quatre filles du docteur March est l’un de mes romans préférés, depuis l’enfance. Je ne compte plus le nombre de mes relectures et j’ai visionné plusieurs de ses adaptations. Aussi ai-je été curieuse de connaître un peu plus l’autrice de ce célèbre roman jeunesse, à travers ce corpus de lettres choisies !

La collection Les plis des éditions L’Orma a ceci de particulier que chacun de ses titres (tous des extraits de correspondance commentés d’une/un intellectuel) est contenu dans une couverture amovible et refermable, à la façon d’une enveloppe, pour l’expédier à une personne de notre choix. Une mise en abyme ludique, en somme !

De fait, l’ouvrage est au format poche et ne comporte qu’une soixantaine de pages. Soixante pages au fil des lesquelles nous découvrons des extraits de la correspondance de Louisa May Alcott, accompagnés de commentaires qui les remettent dans leur contexte.

Et c’est passionnant ! Je savais que l’autrice s’était inspirée de sa propre vie pour concevoir ses soeurs March, tout comme je savais qu’elle-même se rapprochait le plus de Jo – personnage passionné de littérature et d’écriture, au caractère prompt et qui ne désire rien tant que rester libre.

C’est autre chose que de lire, de la plume même de l’autrice des propos qui sonnent encore avec beaucoup de modernité ! Que ce soit ses réflexions sur l’égalité homme-femme (comme quoi ce combat ne date pas d’hier), notamment au travail ou encore sa pique suite aux premiers votes réalisés par des femmes et auxquels elle a fièrement assisté, Louisa May Alcott était clairement une femme indépendante et qui ne désirait rien tant que permettre à ses consoeurs une identique liberté de choix dans leur destinée. Ce sont d’ailleurs là des thématiques que conservait la dernière adaptation en date des Quatre filles du docteur March, signée Greta Gerwig, en un bel hommage à l’autrice !

Les extraits de sa correspondance permettent aussi de connaître une femme qui s’est battue pour l’abolition de l’esclavage et qui désirait vivre de sa plume – ce qui n’était pas simple déjà à l’époque. Un souhait qui l’obligeait parfois à répondre à des commandes, la poussant à appeler certains de ses textes des « poubelles ». Quant au succès des Quatre filles du docteur March, j’ai été quelque peu surprise d’apprendre que le personnage de Friedrich Bhaer, dans sa suite, avait été imaginé par l’autrice en un pied de nez pour ses fans qui réclamaient à cors et à cris l’union de Jo et Teddy (ce qu’elle refusait) ! Surprise, et j’avoue amusée.

Le seul reproche que l’on pourrait faire, c’est qu’il s’agit d’extraits de lettres, et non pas simplement d’une sélection de la correspondance de Louisa May Alcott. C’est parfois frustrant de ne pas avoir la totalité de la missive. Mais l’ouvrage offre ainsi un aperçu rapide de la personne derrière le livre, ainsi qu’un éclairage intéressant quant à l’oeuvre, et donne envie de creuser davantage le sujet !

Livre reçu dans le cadre de l’opération Masse critique de Babelio, merci aux éditions L’Orma pour leur confiance.

Éditions L’Orma, 62 pages, 2022

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :