Cemetery Boys, Aiden Thomas

Quatrième de couverture

Yadriel est un brujo. Pas une bruja. Si les femmes peuvent guérir, les hommes, eux, savent rappeler les esprits. Parce qu’il tient à prouver à sa famille qu’il possède bien les pouvoirs de son genre, il se rend dans l’église du cimetière afin d’invoquer un fantôme. Arme magique au poing et meilleure amie pour l’aider, il fait alors de son mieux pour convoquer l’âme de son cousin décédé, afin de comprendre les raisons de sa mort.

Alors qu’il pense avoir réussi, il découvre que le fantôme qu’il vient de ramener au milieu de l’église familiale n’est pas tout à fait le bon…

Mon avis

Je poursuis mes lectures automnales avec Cemetery Boys de Aiden Thomas, un roman édité chez Naos (ActuSF) et parfait pour une lecture en ce début novembre ! (oui, ma chronique arrive bien plus tard…). C’était une lecture que j’attendais avec impatience, ayant repéré le roman en VO. J’ai été ravie qu’il soit traduit, et encore plus que la superbe couverture de Mars Lauderbaugh soit conservée. En attendais-je trop ? Toujours est-il que je referme l’ouvrage quelque peu déçue.

On va commencer par ce que j’ai adoré : les personnages ! Yadriel est un garçon trans qui aimerait trouver sa place de brujo au sein de sa communauté ; Julian, un spectre bouillonnant d’énergie, aussi insupportable qu’attachant. La relation entre eux, électrique, va peu à peu se tisser en une romance aussi forte qu’adorable. J’ai ainsi adoré suivre leurs échanges, la façon dont ils apprennent chacun à découvrir l’autre. À travers ses deux héros, Aiden Thomas transmets de beaux messages sur la construction de soi et l’affirmation de son identité de genre, en dépit d’un entourage pas toujours conciliant. Pourtant, Yadriel comme Julian ont leurs alliés – des amis proches, un membre de la famille… Une bonne dose d’humanité, qui rend ses personnages encore plus vrais, et qui fait qu’on suit leurs péripéties avec émotion comme intérêt.

L’univers, ensuite : l’auteur plante son intrigue au sein d’une communauté latinx. Le système de magie est fortement ancré dans la mythologie sud-américaine, la fête du Dia de Muertos très présente (à noter qu’il s’agit d’un roman ownvoice). J’ai souvent pensé au film Coco – mais c’est à peu près la seule référence que j’ai en terme d’oeuvres artistiques sur le sujet. On retrouve toute l’ambiance de fête autour du Dia de Muertos, l’importance de célébrer les disparus, la présence d’une grande famille, d’une communauté – que ce soit sous ses aspects positifs (solidarité, soutien) ou négatifs (pression sociale, traditions étouffantes). Les références mythologiques entrelacées forment un tout cohérent, solide, et que j’ai adoré.

Où le bat blesse, alors, me demanderez-vous ? Au niveau du rythme – l’intrigue est assez inégale. Il y a des longueurs et des scènes qui se répètent, apportant une sorte d’ennui. Ensuite, je ne sais pas si cela vient du fait que c’est du YA, mais ça fait tout de même le 3e roman YA d’affilée où je devine qui est l’antagoniste quasi dès son entrée en scène. Ou alors serait-ce le revers de la médaille, lorsqu’on est soi-même autrice ? À force de glisser des petits cailloux dans mes propres histoires pour donner quelques indices, je repère tout de suite ceux des autres ? Je ne sais pas, toujours est-il que ça commence à m’ennuyer, cette absence de suspense.

Dernier point noir : les coquilles ! On parle là de mots qui changent le sens de la phrase, d’erreur de prénom, bref, des grosses coquilles, et en nombre. Pour une ME de cette taille, je trouve que c’est limite. C’en était parfois où je devais relire la phrase plusieurs fois pour remettre en place le bon mot, comme si je trébuchais de tout mon long alors que je profitais du paysage, sur un joli sentier.

Au final, c’est donc une bonne lecture dans l’ensemble, mais sans plus. Je garderai en mémoire Yadriel, Julian, et leur entourage ainsi que l’univers, qui sont vraiment je pense de bonnes raisons pour lire ce livre – en revanche ne vous attendez pas à un suspense échevelé, ni à un rythme prenant. Mais rien que pour Yadriel et Julian, comme les thèmes abordés, ça vaut d’y jeter un oeil ! Pourquoi pas pour le prochain Dia de Muertos ?

Lecture réalisée dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge, menu Automne rayonnant, catégorie « We »re all born naked and the rest is drag »

Retrouvez également les avis de L’imaginaerum de Symphonie, Les fantaisies d’Amanda, Sometimes a Book et Temps de mots

Éditions Naos (ActuSF), 487 pages, 2022

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4 commentaires sur « Cemetery Boys, Aiden Thomas »

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