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Archives de Catégorie: Monde du livre

ReLIRE : suite… et fin ?

CC Elliot Lepers pour OWNI.fr (Source)

CC Elliot Lepers pour OWNI.fr (Source)

Il y a deux ans, j’avais publié et partagé en ces lieux plusieurs articles sur ReLIRE. Bref rappel : ReLIRE est un projet de numérisation des oeuvres indisponibles (c’est-à-dire qui ont cessé d’être commercialisées) du XXe siècle. Or, le droit de propriété intellectuelle stipule que l’auteur conserve le droit exclusif de son oeuvre durant son vivant, puis ses ayant-droit durant 70 ans. Droit que les instigateurs du projet ReLIRE se sont permis de contourner grâce à une loi de mars 2012.

Et comme si ça ne suffisait pas, aucun auteur n’a été contacté pour les informer que leurs textes allaient être numérisés puis commercialisés. De fait, si, en théorie, il leur était possible d’indiquer leur désaccord et de soustraire ainsi leurs textes de l’opération, dans la pratique et vu l’absence quasi complète de communication, on peut dire que l’avis des auteurs n’a clairement pas été demandé (ce qui est un comble !). Face à un tel mépris des droits les plus élémentaires des auteurs, une mobilisation s’était mise en place contre ReLIRE. (pour tous les détails concernant cette affaire, je vous renvoie aux différents articles que j’avais rédigés sur ce sujet)

Qu’en est-il deux ans après ? L’affaire ReLIRE a été portée jusqu’à la justice européenne et, ce jour, l’avocat général de la Cour de justice de l’Union européenne à rendu ses conclusions : ReLIRE est illégal. Cela marque-t-il la fin de ReLIRE ? Il est trop tôt encore pour l’affirmer, mais cette nouvelle est déjà une grande victoire pour tous ceux qui s’étaient mobilisés contre ce projet.

Pour en savoir plus quant à ces conclusions, je vous invite à lire l’article d’Actualitté sur le sujet.

 
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Publié par le 7 juillet 2016 dans Monde du livre

 

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[Livre sonore] Young Adult Friction de The Pains of Being Pure At Heart

Après les livres dans l’art, les livres dans les longs et courts métrages, pourquoi ne pas explorer les livres dans la musique ? À l’exception des poèmes – souvent repris en musique – les livres se font rares dans les chansons. Souvent, ils ne font qu’office de figurants. Quant aux bibliothèques, elles sont les lieux d’idylles qui se font et se défont, comme dans le titre que je vais vous évoquer de suite.

Le premier des morceaux qui ont retenu mon attention est Young Adult Friction de The Pains of Being Pure At Heart. Ce titre est un jeu de mots qui parlera immédiatement aux lecteurs, en particulier les adeptes de YA (= Young Adult Fiction, pour qualifier vite fait les ouvrages qui ciblent un public adolescents et jeunes adultes, et si je ne suis pas une adepte à proprement parler pour ma part, je vais parfois manger à ce râtelier aussi car il y a de très bonnes choses ! :)).

Fin de la parenthèse, revenons à notre chanson qui, je disais donc, apparaît sur le premier album éponyme du groupe. Si vous ne connaissez pas, Pheno avait en parlé brièvement sur La Lune Mauve.  Non content d’évoquer une bibliothèque et une idylle qui se termine au milieu des rayonnages, le groupe s’est également mis en scène en train de lire dans le clip.

 
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Publié par le 21 février 2015 dans Monde du livre

 

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Books in Town : des livres-bancs pour célébrer la littérature

Cet été – du 2 juillet jusqu’au 15 septembre très exactement – Londres célèbre la littérature dans ses rues. Disséminés dans la capitale anglaise, des bancs en forme de livres ouverts invitent les passants à admirer la peinture dont ils sont recouverts et qui évoque une oeuvre littéraire. Au total, cinquante livre-bancs – ou BookBench – attendent les visiteurs. Ils arborent les oeuvres d’une cinquantaine d’artistes et célèbrent des classiques littéraires de tous genres : cela va du Tour du monde en 80 jours de Jules Vernes aux albums pour enfants ayant pour héros l’éléphant Elmer, de l’hilarante saga de science-fiction Le Guide du routard galactique de Douglas Adams à l’essai De l’origine des espèces de Charles Darwin.

Mi-septembre, les bancs seront enlevés et, début octobre, ils seront vendus aux enchères (vous pouvez même d’ores et déjà vous inscrire pour la vente, si votre porte-monnaie le permet). Les bénéfices de cette vente iront au National Literacy Trust, un organisme de charité qui cherche à promouvoir la littérature, notamment auprès des populations défavorisées et des jeunes. À l’heure où nombre de bibliothèques anglaises sont forcées de fermer, faute de finances, une telle initiative ne peut qu’être applaudie.

Pour accompagner cette exposition surprenante et urbaine, diverses petites actions ont également lieu, listés sur le site officiel de l’événement. Sur ce site, vous y trouverez également la totalité des bancs ainsi que des plans des quartiers où ils sont disposés et des suggestions d’itinéraires. Une idée originale pour parcourir Londres à pied ! 🙂 Si vous vous rendez là-bas durant vos vacances, vous pourrez donc flâner à la recherche de ces livre-bancs, vous prendre en photo en compagnie du bibliothécaire de l’Université invisible (personnage des Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett). Profitez-en, d’ailleurs, pour visiter quelques belles bibliothèques ou hauts lieux du livre dans le pays !

(et n’oubliez pas de m’envoyer une carte postale, puisque, encore une fois, je ne dispose pas d’un Tardis pour m’y rendre ^^ »)

Petite sélection des bancs pour donner un aperçu :

 
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Publié par le 12 juillet 2014 dans Monde du livre

 

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Fermeture des éditions Argemmios

L’annonce est parue sur le profil Facebook de la maison d’édition :

Ce matin, nous sommes en mesure de vous annoncer officiellement la fin des éditions Argemmios.
La maison d’édition ne sera pas reprise (et nous pensons qu’au final, c’est mieux comme ça).
Les délais légaux avant cessation totale d’activité nous permettront d’assurer encore quelques ventes sur la boutique en ligne. Nous allons solder tout ce que nous avons le droit de solder. Ensuite, il faudra vous arranger directement avec les auteurs (du moins, ceux d’entre eux qui souhaiteront racheter à prix coûtant tout ou partie de leurs livres) ou fureter sur le marché de l’occasion.
Nous ne regrettons rien : ce fut une belle aventure qui aura permis de belles rencontres, mais même les meilleures choses ont une fin.
Nous vous remercions par avance d’accueillir cette information avec courtoisie et dignité, sans colère ni bêtises proférées, sans colporter de rumeurs mensongères quant aux raisons de tout ceci, et de respecter notre deuil, car c’est un rêve (et une certaine idée de la littérature de « mauvais » genre) que nous nous apprêtons à enterrer. Là, nous venons de débrancher le respirateur artificiel. Le cœur va lentement cesser de battre, puis nous procéderons en temps voulu à l’inhumation définitive.
Les éditions Argemmios ont bien vécu, en faisant de leur mieux. Puisse-t-on les laisser reposer en paix.

Je vous avais annoncé, l’an dernier, la recherche d’un repreneur par la maison. Au final, Argemmios ferme ses portes. C’est avec tristesse que j’apprends cette nouvelle, ayant été enchantée par nombre des parutions estampillées Argemmios. Mais c’est aussi avec compréhension.

Si vous souhaitez compléter votre collection, la boutique est encore ouverte (mais pour peu de temps) et les livres soldés.

Quant à moi, je remercie l’équipe pour cette belle aventure qui a donné naissance à tant de superbes ouvrages, pour ces lectures enchantées qu’ils nous on offertes. Merci !

 
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Publié par le 7 avril 2014 dans Monde du livre

 

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ReLIRE : la suite

Logo de la pétition sur Change.org

Logo de la pétition sur Change.org

L’an dernier, le collectif Le Droit du Serf avait déposé un recours auprès du Conseil Constitutionnel concernant ReLIRE. ReLIRE, opération qui consiste à numériser et commercialiser les oeuvres indisponibles du XXe siècle sans en parler aux auteurs auparavant (c’est à eux de s’informer et de s’opposer avant la date limite). J’avais déjà évoqué ce projet plus d’une fois sur ce blog, ainsi que mon désaccord vis-à-vis de ce projet qui traite par-dessus la jambe de le rôle de l’auteur et son investissement dans ses créations.

Et le verdict est tombé récemment : le Conseil Constitutionnel a jugé ReLIRE conforme à la Constitution.

La réaction de la communauté des écrivains ne s’est pas faite attendre : Lionel Davoust, Silène Edgar, Lucie Chenu et Léa Silhol se sont déjà exprimés face à ce verdict. Je partage leur fatigue, leur dégoût, face à ce verdict qui ne tient pas compte des attentes légitimes des auteurs.

Je connais des gens qui trouvent que ReLIRE est une bonne initiative. Pensent-ils seulement à l’auteur qui a passé de longues heures sur son oeuvre ? Qui y a mis son âme, ses tripes, son coeur ? Qui est complètement mis de côté dans le processus alors que c’est lui, le créateur de ces oeuvres ?

Un auteur = un être humain. Un être humain qui entretient une relation très intime avec ses créations : ne sont-elles pas issues de son esprit, des profondeurs de son être ? En rendant ce verdict, le Conseil Constitutionnel fait plus qu’ignorer les revendications légitimes des auteurs. Il balaie leur statut de créateur.

La mobilisation est-elle donc finie, avec ce verdict ? Je ne le sais pas. Mais, ainsi que le dit Silène Edgar en évoquant l’exemple de Thomas Bernhard, dont les ayant-droits n’ont pas respecté son souhait testamentaire :

Nous sommes vivants.
Et nous ne renonçons pas.

 
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Publié par le 6 mars 2014 dans Monde du livre

 

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