Le dieu vagabond, Fabrizio Dori

Quatrième de couverture

Eustis le vagabond a d’étranges pouvoirs de divination… Rien de plus normal : il faisait partie autrefois de la cour de Dionysos, le dieu de l’ivresse. Ah, quelles fêtes c’étaient !
Maudit des dieux, il se retrouve condamné à partager le quotidien des humains, dans un monde tristement dépourvu de magie.
Jusqu’au jour où Hécate, la reine des spectres, lui confie une mission : le voilà parti en quête de son monde perdu, accompagné d’un drôle de fantôme et d’un petit professeur à la vue basse…

Mon avis

De prime abord, je n’aurai pas été vers cette bande dessinée si un libraire n’en avait pas fait l’éloge au cours d’une présentation à la bibliothèque. La couverture ne m’engageait pas. Eh bien, grand merci au libraire car ce qu’il en a dit m’a donné envie de lire Le dieu vagabond et j’ai adoré ! 🙂

Nous suivons Eustis, vagabond de notre monde moderne. Eustis qui se dit satyre, un satyre ayant perdu ses attributs mais qui conserve l’étrange capacité d’offrir des réponses aux requêtes les plus personnelles de ses visiteurs. Est-il un vagabond qui aurait trop abusé du vin ou un véritable suivant de Dionysos, perdu dans notre époque dénuée de magie ? La suite de l’histoire nous le dira.

Le dieu vagabond est l’épopée de ce satyre. C’est un récit pétri de mythologie grecque, une histoire qui souligne la cruelle absence de magie de notre univers envahi par la science et le béton. Et pourtant… plus on tourne les pages, plus on s’émerveille. Eustis n’a pas oublié d’où il vient. Partout où il passe, derrière l’apparente banalité des choses, se cachent les créatures et les dieux des légendes, peut-être oubliés mais toujours là, si bien adaptés au monde moderne qu’ils en deviennent presque imperceptibles. Presque.

Loin d’être tragique ou triste, l’épopée d’Eustis se suit avec un ravissement que le dessin, splendide, ne fait qu’accroître. Les cases relatant le passé paradisiaque du satyre adoptent le style des peintures ornant les vases antiques. D’autres cases, au fil de la bande dessinée, reprennent la patte des peintures de Vincent van Gogh – à dessein, comme on le comprendra au cours de l’histoire – ou encore celui des estampes japonaises.

L’ensemble forme une superbe bande dessinée, bel hommage à la mythologie comme aux légendes anciennes et nous invite à re-découvrir le monde d’un oeil neuf. Avec une touche de magie. Un petit chef d’oeuvre !

Éditions Sarbacane, 156 pages, 2019

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Point Plume – Janvier

Photo CC0 by Clark Young via Unsplash

Cela faisait longtemps – trèèès longtemps – que je ne vous avais pas gratifié d’un Point Plume. L’an dernier, et même avant, je voulais vous faire un Point trimestriel mais au final, cette périodicité ne semblait pas me convenir puisqu’il n’y en a eu aucun.

Cette année, et au vu de l’efficacité de la méthode Getting Things Done (merci à Lionel Davoust pour l’avoir partagée, ça change vraiment la vie !), j’ai décidé de faire du Point Plume un bilan mensuel.

Commençons donc pour ce mois de janvier 🙂

Parutions

Au début du mois est parue ma nouvelle Tyger, Tyger, sur support numérique. Il se trouve que cette nouvelle datait de 2013, date à laquelle je l’avais rédigée pour un appel à textes. Autant dire que j’étais très heureuse de voir cette histoire, inspirée en partie du poème The Tyger de William Blake et en partie par la mythologie hindoue, trouver preneur aux éditions Alter Real. Vous pouvez vous la procurer auprès de toutes les bonnes librairies numériques.

Tyger, Tyger n’est pas mon seul de texte de 2013 qui paraît en 2019 (comme quoi l’une des vertus de l’auteur(e) est la patience !). Lors de leur billet présentant le programme de parutions 2019, les éditions Realities Inc. ont annoncé la publication cette année de l’anthologie Berceaux, Vies et Tombeaux sur le thème des mythologies des pays du Croissant Fertile et à bord de laquelle je figure. L’anthologie devait paraître initialement aux défuntes éditions Argemmios, dans le cadre de leur collection d’anthologies portant sur les mythologies. Reprise par les éditions Realities Inc., elle paraîtra enfin cette année. Là encore, je suis heureuse – et impatiente ! – de voir ce texte partir à la rencontre de lecteurs ! 🙂

Écriture

Durant ce mois de janvier, je me suis consacrée aux corrections de Bibliomancienne. J’en vois désormais le bout et j’ai la certitude de pouvoir entamer les soumissions auprès des éditeurs avant la fin du mois de février.

Autour de la Plume

J’ai adhéré à la Ligue des Auteurs Professionnels ! 🙂 Je voulais le faire depuis l’annonce de sa création mais j’avais cru comprendre qu’il fallait avoir publié en solo pour ce faire, or je n’avais jusqu’alors publié que dans des ouvrages collectifs. Comme je compte à présent une publi’ en solo, j’ai pu sauter le pas.

Prévisions pour février

Outre la fin des corrections pour Bibliomancienne suivi de l’envoi du bébé à des éditeurs, février sera consacré à d’autres corrections, celles de LSDC. En parallère, je reprendrai aussi le « floconnage » de TCDF. Et je me laisserais peut-être tenter par quelques nouvelles. Plusieurs ATs ont en effet titillé ma curiosité (Time Travel chez Nutty Sheep, Halloween pour la revue Gandahar et Fables et contes pour Etherval) et, pour deux d’entre eux, la deadline est fin avril. La machine à idées est donc d’ores et déjà lancée ! 😉

Illuminae t. 3 : Dossier Obsidio, Amie Kaufman et Jay Kristoff

Quatrième de couverture

Rebelles comme Kady, Ezra, Hanna et Nick, ou simple officier enrôlé par BeiTech comme Lindstrom, réfugiés à bord du vaisseau Mao ou résistants sur la planète Kerenza…

Tous attendent l’ultime combat.

Mais personne n’imagine un instant comment Aidan, l’intelligence artificielle la plus imprévisible de l’espace, a décidé de jouer le dernier coup de la partie.

Mon avis

Première lecture de l’année 2019, Dossier Obsidio est aussi le point final de la trilogie Illuminae. Nous y retrouvons les personnages principaux des deux premiers tomes ainsi que quelques petits nouveaux.

[SPOILER ALERT] Ce billet porte sur le dernier volume de la trilogie. En toute logique, certains éléments des précédents tomes apparaîtront au cours de la critique. Si vous n’êtes pas à jour dans votre lecture de la série, passez votre chemin !

L’avertissement étant posé, parlons maintenant de ce fameux dernier tome. J’avais adoré les autres volumes (voir mes avis du tome 1 et du tome 2), inutile de dire que j’étais impatiente de découvrir la conclusion de ce space opera YA ! 🙂 Le procédé stylistique reste le même : le tome est un dossier rassemblant extraits de conversations par e-mails ou radio, description de vidéos recueillies sur des caméras de surveillance ou personnelles, plans, schémas, etc. Après deux tomes du même style, je suis désormais habituée à ce procédé original qui permet aux pages de se tourner toutes seules, malgré l’épaisseur du livre, et qui nous plonge aussi dans l’action sans souci.

Les protagonistes survivants des précédents volumes sont en route vers Kerenza. Un chemin pavé d’embûches car le vaisseau où ils ont trouvé refuge n’est pas conçu pour accueillir autant de monde. Sans compter que la station Heimdall étant hors service, les différentes destinations au vu du carburant disponible ne sont pas légion et les chances d’être secouru, infimes, pour ne pas dire impossibles.

À Kerenza, les survivants de la première attaque vivent sous le joug des troupes de BeiTech, elles aussi coincées sur place du fait des dommages causés sur leur système de propulsion. C’est là que nous faisons notamment la connaissance du couple-phare du tome, qui a ceci de particulier que leur situation équivaut à celle de Roméo et Juliette : l’une est une survivante, l’autre un membre de BeiTech. Et ils ne sont plus ensemble depuis quelques années, leur relation tumultueuse ayant autrefois causé la vindicte de leurs familles.

Autant dire que dans un cas comme dans l’autre, la situation est explosive.

Dossier Obsidio remplit ses promesses en terme de suspense, de personnages attachants et de péripéties. J’ai aimé aussi la façon dont les auteurs présentent les soldats de BeiTech – loin d’en faire des « méchants » caricaturaux, ce sont des hommes et des femmes avec toutes les nuances de gris possible, ni tous blancs, ni tous noirs. Cela ne les rend que plus humains, surtout lorsqu’ils sont confrontés à des choix moraux, et rend plus abjects encore les actes de ceux qui font le choix de la brutalité. Les résistants ne sont pas non plus dépeints comme les « gentils », eux aussi ont leur lot de personnalités différentes, aux réactions différentes face à une situation traumatisante. D’ailleurs, des passages sur Kerenza comme le Mao me rappelaient certains événements de la série Battlestar Galactica (à ceci près qu’il n’y a pas de Cylons) (enfin, sauf si on considère Aidan comme un cousin éloigné des Cylons…). Une comparaison que j’avais eu aussi à l’esprit lors de ma lecture du tome 1 et, dans les deux cas, sans que cela soit péjoratif, au contraire.

J’ai juste été déçue par le final cousu de fil blanc. Mais ma foi, le voyage aura été si mouvementé dans ces trois tomes, l’histoire tellement captivante, que je pardonne bien volontiers ce bémol, surtout que les romans de space op’ ne sont pas légion en Young Adulte, en tout cas de cette qualité !

Un beau final pour cette trilogie, dont j’aurai dévoré chaque tome avec un plaisir renouvelé ! 🙂

Éditions Casterman, 631 pages, 2018

Parution de Tyger, Tyger


Nous sommes le 4 janvier et c’est aujourd’hui que sort dans toutes les bonnes librairies numériques ma nouvelle Tyger, Tyger ! 🙂

L’histoire nous entraîne dans les pas de Camille, une étudiante passionnée par les tigres et qui se rend en Inde pour les observer dans leur milieu naturel. Un voyage qui va la changer à tout jamais.

Inscrit dans le genre de la fantasy urbaine, ce texte m’a été inspiré par le poème éponyme de William Blake (mon poème favori, merci au dessin animé Batman de me l’avoir fait connaître !) et par une légende issue de la mythologie hindoue. Ainsi, bien sûr, que par mon intérêt pour le tigre, un animal qui me fascine depuis longtemps – et ce n’est pas le seul ! – et qui tient une place centrale dans l’histoire. Je n’en dis pas plus pour vous laisser découvrir Tyger, Tyger tout à votre aise.

C’est Cover My (E)Book qui illustre la couverture et je l’en remercie car elle a bien su capter l’essence du texte.

J’espère que cette nouvelle vous plaira et n’hésitez pas à partager votre avis après lecture ! 🙂

Tyger, Tyger, éditions Alter Real, janvier 2019, 1,99 euro (support numérique uniquement, commander)

Quatrième de couverture

Depuis toujours, Camille rêve d’observer des tigres dans leur milieu naturel. Elle parvient enfin à réunir l’argent nécessaire à un voyage en Inde et se rend dans une réserve pour réaliser son rêve. Sa rencontre avec les tigres, en ces terres imprégnées de légendes, la changera à tout jamais…

Critiques de « Tyger, Tyger »

C’est vraiment une nouvelle fort sympathique qui nous fait juste regretter le fait qu’elle soit courte en longueur. Je me suis plongée dedans et je n’ai relevé la tête qu’à la fin. Je recommande cette lecture à tout ceux qui veulent passer un bon moment de lecture. Une bien belle découverte!!!!

Du fait du format court proposé, l’histoire se lit très vite […] cette nouvelle pourrait servir de préambule à un roman plus étoffé, dans lequel seraient expliqués les origines du tigre présenté et de la déesse. L’écriture est assez fluide, même si j’avoue avoir été frustrée de ne pas en savoir plus sur certains points. Néanmoins, cela se laisse lire sans prise de tête.

Bonne année 2019 ! :)

Photo CC0 par Eli DeFaria via Unsplash

Une année se termine, une autre commence, comme on referme un bon livre pour en ouvrir un autre aussitôt. J’espère que votre année 2018 fut heureuse et je vous souhaite une belle année 2019, créative et joyeuse ! 🙂

Comme chaque année, j’en profite pour partager un petit bilan de mes lectures et de mes projets d’écriture.

Lecture

En 2018, je m’étais fixé les objectifs suivants :

Pour 2018, l’objectif va être simple : baisser ma PAL ! Cela fait des années qu’elle possède de belles proportions et il est temps que je m’en occupe, au lieu d’emprunter encore et encore des livres (en même temps, je travaille dans une bibliothèque, c’est sûr qu’il est difficile de résister quand les collections vous passe entre les mains régulièrement ^^ »). Je rempilerai pour le challenge Summer Star Wars et, m’étant réinscrite pour le challenge À la recherche de Faerie, je vais essayer de faire mieux cette fois-ci.

Sans surprise, ma PAL n’aura guère diminué cette année – elle a même augmenté un peu, suite à une paire de descentes en librairie ^^ ». Ma LAL, par contre, a baissé grâce à mes nombreux emprunts à la bibliothèque, ça compense donc un peu. Côté challenges de lecture, j’ai participé comme d’habitude à Summer Star Wars mais avec un seul billet au lieu des trois au moins que j’avais en tête, la faute à une connexion Internet des plus récalcitrantes. En revanche – et la connexion n’y est pour rien – À la recherche de Faerie est complètement passée à la trappe ! :-s

J’ai également entamé un challenge Goodreads après m’y être créé un compte. Sur les 100 lectures que je m’étais fixé, je boucle l’année avec 93 au compteur, soit un résultat plus qu’honorable.

Pour 2019, je vais faire simple en terme d’objectifs : le traditionnel et estival challenge Summer Star Wars, un nouveau challenge de 100 lectures sur Goodreads et, au passage, baisser ma fameuse PAL d’au moins 10 livres !

Écriture

L’année dernière, mes objectifs en terme d’écriture étaient les suivants :

Pour 2018, mes objectifs seront, sans surprise, de boucler les corrections de Bibliomancienne et de LSDC, ainsi que de finaliser mon projet de recueil de nouvelles. S’y ajouteront le bouclage du roman-surprise (dont le nom de code est TCDF) et, très probablement, la rédaction d’une novella qui, bien qu’indépendante, prendra place dans le même univers que Bibliomancienne.

Vous connaissez la rengaine. Comme d’habitude, je suis en retard, en retard, j’ai rendez-vous quelque part… Ai-je rempli ces objectifs ? La réponse est donc non. La faute à deux choses. La première, c’est un gros projet personnel (et un chouette ! :)) dont la concrétisation a phagocyté une bonne partie de mon année 2018, me réclamant beaucoup de temps et d’énergie, m’occasionnant aussi du stress, faisant ainsi passer l’écriture à l’arrière-plan. La seconde, plus récurrente, est un problème de procrastination (et non pas d’organisation, puisque je suis quelqu’un d’organisé par nature). Je mène deux boulots de front : celui de bibliothécaire et celui d’auteure. Or, quand j’ai terminé ma journée de bibliothécaire, surtout quand elle me bouffe une partie de la soirée ou de mes weekends, j’ai envie de souffler, pas d’enfiler ma casquette d’auteure, même si ça ne m’empêche pas de réfléchir à mes intrigues n’importe quand et même si j’adore ça, écrire. Écrire reste un travail (ce n’est pas mes collègues écrivains qui me contrediront, alors qu’on a tant de peine à faire reconnaître ce métier comme un métier, justement !). Écrire nécessite du temps et de l’énergie et je ne maîtrise pas encore très bien l’articulation entre mes deux métiers à ce niveau. Sans parler de la vie familiale et sociale, que je me refuse à sacrifier – heureusement, j’ai la chance d’avoir un mari très compréhensif quand j’ai besoin d’être dans ma bulle pour écrire. Tout cela fait donc que mes projets avancent peu, depuis que je suis passée du format nouvelle au format roman. Et ça me frustre d’autant plus que je fourmille d’idées. Si vous saviez le nombre de projets de romans, novellas et nouvelles que j’ai dans mes carnets…

Or, je peux travailler sur ces derniers points. J’ai tâtonné, testé différents outils (me fixer des deadlines personnelles, un journal d’écriture, etc) sans succès. Depuis quelques mois, j’utilise le Bullet Journal et j’ai récemment pris en main la méthode GTD (Getting Things Done), vue chez Lionel Davoust et que Dominique Lémuri expérimente également. Il est encore trop tôt pour savoir si ces deux outils couplés portent leurs fruits mais j’ai bon espoir qu’ils me permettront d’avancer plus efficacement.

Malgré tout, l’année 2018 ne fut pas si improductive que cela. D’une part, côté Bibliomancienne, même si les corrections sur le papier ont avancé à la vitesse d’un escargot, mentalement, ça a beaucoup turbiné. J’ai désormais une vision très claire de l’ensemble de la trilogie (oui, il y aura trois tomes ! ^^) et je suis super contente de la direction que prend ce projet qui m’enthousiasme depuis le début. Normalement, le bébé (c’est-à-dire le tome 1) devrait être soumis aux éditeurs en début d’année. Je croise les doigts très fort pour qu’il trouve preneur ! 🙂 (à ce propos, LPC cherche encore preneur. Mis à part les refus-type, je n’ai pas reçu de refus décourageants donc je ne décroise pas les doigts ! ^^).

D’autre part, j’ai participé à trois appels à textes et ai été retenue pour l’un d’entre eux mais il est encore trop tôt pour en dire plus. L’autre bel accomplissement de 2018, c’est l’acceptation par les éditions Alter Real de ma nouvelle Tyger, Tyger qui paraîtra au format numérique pas plus tard que demain ! 🙂

Pour 2019, les objectifs d’écriture seront donc simples : boucler ces satanées corrections (Bibliomancienne et LSDC), boucler TCDF (ce coquin de roman qui réclame de l’architecture alors que je suis une jardinière !) et boucler ce fameux projet de recueil de nouvelles qui traîne depuis trop longtemps. Quant aux éventuels projets supplémentaires, je préfère ne pas m’avancer si tôt. On verra au fil de l’année ! 😉

Et vous, avez-vous réalisé vos objectifs prévus pour 2018 ? Quels sont ceux que vous vous fixez pour 2019 ?

Très bonne année à toutes et tous ! 🙂