Books in Town : des livres-bancs pour célébrer la littérature

Cet été – du 2 juillet jusqu’au 15 septembre très exactement – Londres célèbre la littérature dans ses rues. Disséminés dans la capitale anglaise, des bancs en forme de livres ouverts invitent les passants à admirer la peinture dont ils sont recouverts et qui évoque une oeuvre littéraire. Au total, cinquante livre-bancs – ou BookBench – attendent les visiteurs. Ils arborent les oeuvres d’une cinquantaine d’artistes et célèbrent des classiques littéraires de tous genres : cela va du Tour du monde en 80 jours de Jules Vernes aux albums pour enfants ayant pour héros l’éléphant Elmer, de l’hilarante saga de science-fiction Le Guide du routard galactique de Douglas Adams à l’essai De l’origine des espèces de Charles Darwin.

Mi-septembre, les bancs seront enlevés et, début octobre, ils seront vendus aux enchères (vous pouvez même d’ores et déjà vous inscrire pour la vente, si votre porte-monnaie le permet). Les bénéfices de cette vente iront au National Literacy Trust, un organisme de charité qui cherche à promouvoir la littérature, notamment auprès des populations défavorisées et des jeunes. À l’heure où nombre de bibliothèques anglaises sont forcées de fermer, faute de finances, une telle initiative ne peut qu’être applaudie.

Pour accompagner cette exposition surprenante et urbaine, diverses petites actions ont également lieu, listés sur le site officiel de l’événement. Sur ce site, vous y trouverez également la totalité des bancs ainsi que des plans des quartiers où ils sont disposés et des suggestions d’itinéraires. Une idée originale pour parcourir Londres à pied ! 🙂 Si vous vous rendez là-bas durant vos vacances, vous pourrez donc flâner à la recherche de ces livre-bancs, vous prendre en photo en compagnie du bibliothécaire de l’Université invisible (personnage des Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett). Profitez-en, d’ailleurs, pour visiter quelques belles bibliothèques ou hauts lieux du livre dans le pays !

(et n’oubliez pas de m’envoyer une carte postale, puisque, encore une fois, je ne dispose pas d’un Tardis pour m’y rendre ^^ »)

Petite sélection des bancs pour donner un aperçu :

Magical Books : une expo, des livres et de l’imaginaire

Affiche de l'exposition Magical Books à la Bodleian Library

En ce moment et jusqu’au 27 octobre 2013 se tient à la Bodleian Library, à Oxford, une exposition intitulée Magical Books : From the Middle Ages to Middle Earth (désolée pour les non anglophones, je n’ose le traduire en français, on perd dans la poésie de l’intitulé ;)).

La thématique ? Les livres et la magie. Qu’elle soit alchimique ou liée à la sorcellerie, qu’elle soit présente dans les classiques de l’imaginaire que sont les oeuvres de J.R.R. Tolkien, C.S. Lewis et Philip Pullman, la magie en mots et en images se dévoile ! Mieux, des oeuvres issues des réserves de la bibliothèque seront exposées pour la toute première fois. Ajoutez à cela que la bibliothèque en elle-même, que j’avais évoquée dans mon billet sur les bibliothèques anglaises, a également servi de décor pour les plans dans la bibliothèque de l’école des sorciers où étudie Harry Potter.

Parmi les oeuvres présentée, on trouvera donc : des manuscrits, dessins et éditions anciennes d’oeuvres d’auteurs tels que Tolkien, Pullman, Lewis, mais encore Beatrix Potter et William Shakespeare. Également, des manuscrits et incunables concernant l’alchimie, la sorcellerie – que ce soit des traités pour la pratiquer ou des manuels à destination des chasseurs de sorcières. Et, aussi, des documents concernant le roi Arthur.

C’est donc une exposition à ne pas rater si vous aimez l’imaginaire, l’histoire et les livres (ou l’un des deux) ! 🙂

Mais comment faire si l’on n’a pas les moyens et/ou le temps de se rendre à Oxford, mis à part hurler de frustration ? (C’est mon cas) (Oui, j’ai hurlé de frustration et alors ? Je vais très bien, merci).

Eh bien la Bodleian Library y a pensé ! Elle a mis en ligne les oeuvres exposées. Certes, cela donne moins le frisson de voir une photographie ou un scan des pages présentées que d’admirer l’oeuvre en papier et en encre, mais c’est tout de même une consolation ! Par contre, je ne sais pas si le contenu des conférences qui seront données en lien avec l’exposition seront mis en ligne par la suite.

Pour visiter l’exposition en ligne, c’est par ici !

Et pour vous donner l’eau à la bouche, une petite sélection :

(PS : Si vous possédez un Tardis ou connaissez le Docteur Who pour que je puisse me rendre à cette expo, je suis preneuse ! En retour, vous obtiendrez ma reconnaissance éternelle)

Bibliothèques autour du monde #2 : l’Angleterre

Après l’Irlande, voguons vers une autre île, toute proche, j’ai nommé : l’Angleterre. Et pour démarrer ce petit tour (non exhaustif) des bibliothèques anglaises, Londres !

British Library

Photographie personnelle
Photographie personnelle

La British Library est la bibliothèque nationale du Royaume-Uni. À ce titre, elle est donc chargée du dépôt légal et reçoit un exemplaire de tous les ouvrages publiés dans le pays. Son fonds est tout simplement énorme et fait d’elle l’une des plus importantes bibliothèques du monde. Jugez plutôt : 150 millions de références, dont 14 millions de livres. 12 millions d’ouvrages imprimés, 300 000 manuscrits, 10 millions de journaux reliés en volumes ou microfilmés, plus d’un million de disques, 170 000 cassettes et autres enregistrements audios et vidéos. Des chiffres à donner le vertige…

Pourtant, la British Library n’est pas si ancienne. Le bâtiment situé près de la gare de St Pancras n’a ouvert qu’en 1997. Jusque là, les collections de la bibliothèques étaient dispersées en divers lieux, notamment dans la bibliothèque du British Museum, qui date de 1753.

Photographie personnelle
Photographie personnelle

Vu le nombre impressionnant de ses collections, il n’est guère étonnant de constater que la British Library recèle des trésors ! Des manuscrits de Léonard de Vinci, la Magna Carta qui date de 1215, l’enregistrement du discours de Nelson Mandela à son procès, des originaux des Beatles… ainsi que l’unique exemplaire au monde ayant survécu à l’Histoire du manuscrit du poème médiéval Beowulf, exemplaire datant du Xe siècle. En suivant le lien, vous pourrez voir la page que la British Library a dédiée à ce manuscrit, où sont également détaillés l’origine de ce poème et ses réinterprétations modernes, au cinéma notamment. La British Library possède aussi le plus vieil ouvrage imprimé complet et daté au monde. Il s’agit d’un exemplaire du Sūtra du Diamant qui date de 868. Bien que rédigé en chinois, le texte fait partie des grands textes du bouddhisme.

Tournée tant vers les nouvelles technologies que vers les lecteurs les plus éloignés, la British Library propose des expositions virtuelles ainsi qu’un programme informatique permettant non seulement de voir des ouvrages (manuscrits, imprimés, carnets, etc…) mais aussi de les feuilleter.

Site Internet de la British Library

National Art Library

Source
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Située au premier étage du Victoria and Albert Museum, à Londres, la National Art Library est, tout comme le musée qui l’abrite, dédiée aux arts décoratifs. Malgré cette spécialisation, elle conserve tout de même des ouvrages remarquables par leur histoire ou leur rareté. Manuscrits enluminés, livres pour enfants pouvant remonter jusqu’au XVIe siècle, chapbooks côtoient ainsi de nombreux ouvrages de référence sur les arts décoratifs. Et elle offre également un très beau cadre aux lecteurs qui en franchissent les portes.

Site Internet de la National Art Library

Quittons désormais Londres pour se diriger vers une ville célèbre grâce à son université : Oxford. Non contente d’avoir eu pour habitants J. R. R. Tolkien, auteur du Seigneur des Anneaux, de Bilbo le Hobbit et du Silmarillion, ainsi qu’un autre membre des Inklings, C. S. Lewis (auteur des Chroniques de Narnia), Oxford abrite une bibliothèque remarquable dont je vais vous parler ci-dessous. Les lecteurs grands admirateurs du maître de la fantasy (je parle bien sûr de Tolkien), pourront porter leurs pas vers les lieux fréquentés par l’auteur, notamment le pub The Eagle and Child où lui et les membres du club des Inklings se retrouvaient souvent.

Mais puisque je parle là de bibliothèques, revenons au vif du sujet :

Bodleian Library

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La bibliothèque Bodléienne est la seconde plus grande bibliothèque anglaise, la première étant la British Library. Si l’on peut dater la création de la bibliothèque telle qu’elle apparaît à 1602, son histoire trouve ses racines en des temps plus lointains encore puisqu’au XIVe siècle, une petite collection de manuscrits formaient déjà ce qui allaient devenir la bibliothèque Bodléienne. Ces manuscrits composaient la petite bibliothèque de l’évêque Thomas Cobham. Puis, au XVe siècle, Humphrey de Lancaster, duc de Gloucester, fit don d’une grande collection de manuscrits enluminés. La bibliothèque connaît ensuite une période assez sombre, due aux vicissitudes de l’histoire anglaise, et peine à se maintenir, perdant tant du mobilier qu’une partie de ses collections. Il faut attendre 1598 et l’arrivée de Thomas Bodley pour qu’elle trouve un nouveau souffle. Les efforts de Bodley pour redonner son éclat à la bibliothèque furent couronnés de succès et lui valurent de donner son nom à la bibliothèque.

Au fil des siècles, la bibliothèque s’est donc agrandie au niveau des fonds, mais aussi au niveau de ses bâtiments : elle s’étend aujourd’hui sur plusieurs sites. C’est qu’il en faut, de la place, pour héberger les quelques 11 millions de documents qu’elle possède ! Les différentes salles et sites qui composent la bibliothèque sont, pour certains, de vrais joyaux d’architecture qui enchantent les férus d’atmosphères anciennes, voire magiques. Ce n’est pas par hasard si plusieurs parties de la Bodleian Library ont servi de lieux de tournage pour figurer certains espaces de Poudlard, l’école de sorciers où Harry Potter fait son apprentissage de la magie.

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Et en parlant de magie, parmi les nombreux documents précieux abrités par la bibliothèque figurent plusieurs manuscrits de J. R. R. Tolkien (vous pouvez voir une page du manuscrit illustré par Tolkien himself du Seigneur des anneaux ci-dessous) . Un véritable trésor pour les fans de fantasy, en particulier ceux qui ont aimé les oeuvres du maître ! Notons aussi la présence de lettres de Percy Shelley (époux de Mary Shelley, l’auteur de Frankenstein), de l’une des quarante-deux copies encore existantes de la Bible imprimée par Gutenberg aux alentours de 1455, un manuscrit de la Chanson de Roland datant des environs de  1140-1170 ainsi que le manuscrit Vernon, considéré comme le plus important manuscrit en anglais médiéval tardif ayant survécu à l’Histoire. Ce dernier est rédigé dans un dialecte qui était parlé dans l’Ouest de l’Angleterre aux alentours de 1400.

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En dépit des apparences, la bibliothèque bodléienne est résolument moderne. Elle a créé une bibliothèque électronique permettant, entre autres, d’accéder aux collections numérisées.

Site Internet de la Bodleian Library

Allons à présent du côté de Bristol.

Central Library

© *Firefox

La bibliothèque Centrale de Bristol a été construite en 1906 par Charles Holden. Le bâtiment a été construit suite à un legs de 50 000 livres sterling destiné à financer la construction d’une nouvelle bibliothèque pour remplacer l’ancienne, située sur King Street. Le résultat, c’est ce bâtiment, dont l’architecture extérieure a été pensée pour être en harmonie avec l’abbaye Gatehouse, qui jouxte la bibliothèque. Un bien bel écrin, quoique très british, pour abriter des livres.

(La photographie de la Bristol Central Library est utilisée avec l’aimable autorisation de son auteur)

Page Internet sur la bibliothèque centrale de Bristol

Terminons notre petite visite des bibliothèques d’Angleterre par Hereford, et plus exactement par sa cathédrale qui renferme une bibliothèque assez spéciale…

Hereford Cathedral Library

Source

La cathédrale de Hereford date de 1079 et comporte l’une des plus grandes bibliothèques enchaînées au monde. Bibliothèque enchaînée ? Mais oui. Au Moyen-Age, les manuscrits les plus précieux étaient souvent pourvus de chaînes et de serrures les fixant aux étagères qui les supportaient, afin qu’ils ne soient pas dérobés furtivement. Et la bibliothèque de la cathédrale de Hereford comporte pas moins de 229 manuscrits, ainsi qu’environ 1500 incunables ayant encore cette particularité. À noter qu’une partie de cette collection n’est pas pourvue de chaînes, mais comme vous pouvez le voir sur la photographie, le nombre de livres enchaînés est tout de même impressionnant.

Site Internet de la bibliothèque de la cathédrale Hereford

Toutes ces bibliothèques peuvent être visitées, aux horaires et tarifs indiqués sur leurs sites Internet.

Bonus : le bureau de Rudyard Kipling

© National Trust Images / Geoffrey Frosh

Et pour vous remercier d’avoir lu ce long article jusqu’au bout, un petit bonus avec l’étude de Rudyard Kipling, auteur du célèbre Livre de la jungle. De 1902 à sa mort, en 1936, l’auteur a vécu à Bateman, nom de la propriété qu’il possédait à Burwash. Si ce n’est pas dans ce bureau qu’il écrivit son ouvrage le plus fameux, l’un de ses poèmes lui fut inspiré par ces terres. Et, bien qu’il ne s’agisse pas d’une bibliothèque publique à proprement parler, je ne pouvais pas ne pas parler de ce lieu dans cet article ! 🙂 Par ailleurs, il est possible de visiter l’endroit – ainsi, donc, que ce bureau où Kipling a rédigé une partie de son oeuvre, certes pas la plus connue, durant les trente dernières années de sa vie.

Page Internet contenant les informations touristiques inhérentes à Bateman

Bonus #2 : un bel hommage à J. R. R. Tolkien

On s’éloigne encore un peu du sujet mais puisque j’ai parlé plus haut de la Bodleian Library qui contient quelques manuscrits de J. R. R. Tolkien, je ne pouvais pas achever cet article sans vous parler de cet étudiant allemand qui s’est lancé dans la folle entreprise de réaliser, seul et (évidemment) à la main un manuscrit enluminé du Silmarillion. Une interview très intéressante (en anglais) accompagnée de photographies de cet exemplaire unique et absolument sublime est visible sur le site de Tolkien Library (en cliquant sur le lien, vous tomberez directement sur l’interview illustrée en question ;)). Un bien bel hommage au maître, un bien bel écrin pour cette oeuvre à laquelle l’écrivain consacra une grande partie de sa vie.