Publié dans Monde du livre

Fermeture des éditions Argemmios

L’annonce est parue sur le profil Facebook de la maison d’édition :

Ce matin, nous sommes en mesure de vous annoncer officiellement la fin des éditions Argemmios.
La maison d’édition ne sera pas reprise (et nous pensons qu’au final, c’est mieux comme ça).
Les délais légaux avant cessation totale d’activité nous permettront d’assurer encore quelques ventes sur la boutique en ligne. Nous allons solder tout ce que nous avons le droit de solder. Ensuite, il faudra vous arranger directement avec les auteurs (du moins, ceux d’entre eux qui souhaiteront racheter à prix coûtant tout ou partie de leurs livres) ou fureter sur le marché de l’occasion.
Nous ne regrettons rien : ce fut une belle aventure qui aura permis de belles rencontres, mais même les meilleures choses ont une fin.
Nous vous remercions par avance d’accueillir cette information avec courtoisie et dignité, sans colère ni bêtises proférées, sans colporter de rumeurs mensongères quant aux raisons de tout ceci, et de respecter notre deuil, car c’est un rêve (et une certaine idée de la littérature de « mauvais » genre) que nous nous apprêtons à enterrer. Là, nous venons de débrancher le respirateur artificiel. Le cœur va lentement cesser de battre, puis nous procéderons en temps voulu à l’inhumation définitive.
Les éditions Argemmios ont bien vécu, en faisant de leur mieux. Puisse-t-on les laisser reposer en paix.

Je vous avais annoncé, l’an dernier, la recherche d’un repreneur par la maison. Au final, Argemmios ferme ses portes. C’est avec tristesse que j’apprends cette nouvelle, ayant été enchantée par nombre des parutions estampillées Argemmios. Mais c’est aussi avec compréhension.

Si vous souhaitez compléter votre collection, la boutique est encore ouverte (mais pour peu de temps) et les livres soldés.

Quant à moi, je remercie l’équipe pour cette belle aventure qui a donné naissance à tant de superbes ouvrages, pour ces lectures enchantées qu’ils nous on offertes. Merci !

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Noëls d’hier et de demain, anthologie dirigée par Pierre-Alexandre Sicart

Noëls d'hier et de demain, Pierre-Alexandre SicartQuatrième de couverture

Vive le vent, vive le vent, vive le vent d’hiver…

Voici Saint Nicolas, venu annoncer la période des fêtes, accompagné de ses rennes, de ses lutins, et parfois du Père Fouettard. Voici la Befana, qui le remplace en Italie. Voici les rois mages, sur le chemin qui les mènera jusqu’à l’enfant Jésus, qui ignore encore qu’il mourra sur la croix. Voici le temps des fêtes, qui font rêver enfants et commerçants. Voici le temps des cadeaux et des bonbons, de la chaleur familiale, et des sans-logis qui, sous le grand manteau blanc, lentement meurent de froid.

Voici le temps des histoires – au coin du feu, ou dans une lointaine station spatiale où il ne neige jamais que des étoiles.

Mon avis

Noël, c’est dans quelques jours. Il est donc de bon ton de se plonger une lecture de circonstance ;). Et quoi de mieux qu’une anthologie intitulée Noëls d’hier et de demain ? Concoctée par Pierre-Alexandre Sicart, cette anthologie qui revisite Noël est destinée à un public adulte – vous y trouverez de la science-fiction, du fantastique, de la fantasy, de l’inclassable, du réaliste et, surtout, du rire autant que de l’effroi, des larmes et des frissons. Mais rien d’enfantin, rien qui ne soit destiné aux plus jeunes. C’est une anthologie de Noël pour les grands ! 🙂

Et une excellente : plusieurs coups de cœur parsèment l’ouvrage, certains textes m’ont provoqué de beaux cauchemars, d’autres m’ont absolument ravie, d’autres encore m’ont bien fait rire – quand ils ne me serraient pas le cœur.

En avant pour un avis texte par texte :

Quand Jésus descend par la cheminée de Ian Watson : c’est le soir de Noël. Face à son enfant qui refuse de se coucher, une mère décide de lui raconter l’origine du Père Noël et de la fête de la Nativité. On démarre avec le rire – certes teinté d’ironie – avec cette histoire où vous découvrirez bien des choses, même si vous pensiez tout savoir sur ces sujets ! Une nouvelle désopilante, agrémentée d’une vision critique de notre société mercantile et individualiste d’aujourd’hui. Premier coup de cœur. L’antho démarre très bien 🙂

La Méthode Noël de Nicolas Saintier : Noël Claus dirige un orphelinat mais il est bien difficile de gérer autant d’enfants avec peu de moyens. Lorsqu’une petite fille lui exprime le désir de posséder une poupée, il va avoir une idée qu’il estime géniale pour être sûr que les orphelins demeurent sages en toutes circonstances – et travailleurs… Un texte sans joie, cette fois, sur l’exploitation et les maltraitances des enfants. Qui n’est pas sans rappeler certains usages encore en cours de par le monde, hélas !

Noël en solitaire de Léa Silva : le héros de cette nouvelle, agacé par le côté commercial de Noël, décide de faire un contre-réveillon. C’était sans compter ce vieil homme chargé de cadeaux et perdu dans la ville… une jolie histoire qui commence dans l’amertume et se finit… et bien lisez-la pour le savoir 🙂

Du sang sur des mains de givre d’Olivier Boile : en Russie, la fille du Père Noël, ulcérée par la façon dont il la traite, en vient au crime. Cette histoire ancrée dans le folklore russe ne m’a pas vraiment convaincue car je n’ai pas saisi le pourquoi du comment de toute l’histoire. En fait, je n’ai pas réussi à saisir le conte d’origine dont s’inspirait l’auteur, ce qui fait que, à mes yeux, l’histoire manquait de profondeur. On appréciera cependant le changement de décor et la découverte de cette jeune fille des neiges issue du folklore russe, malgré son cœur plein de haine. EDIT l’auteur a fourni un lien vers la légende d’origine. Je vous conseille de la lire après Du sang sur des mains de givre (pas avant, pour ne pas ruiner la découverte du texte), au cas où vous souhaiteriez creuser la question, car elle apporte un éclairage à la version d’Olivier Boile.

Befana d’Anne Rossi : dans un futur pas si lointain. Un petit garçon qui vit surprotégé, enfermé dans l’immeuble, aime à voir sa vieille et excentrique voisine. Un soir, celle-ci l’invite à la suivre à l’extérieur, via une caméra. L’enfant va alors découvrir que derrière les mur, là où le monde est si pollué qu’il en est mortel, vivent des gens, des enfants qui n’ont pas les moyens de vivre protégés. Une histoire qui témoigne à la fois d’un futur possible et du fait que la chaleur humaine, la compassion et l’amour de son prochain restent l’espoir. Le tout avec la Befana, qui, en Italie, fait office de Père Noël 🙂

Le Sauveur d’Alain Rozenbaum : dans un futur pas si lointain (encore). Un vieil homme bougon s’apprête à fêter Noël – même s’il déteste ça. En plus, l’appareil qui synthétise de la nourriture n’a plus assez de carburant ! Le repas de Noël va solliciter tout ce qu’il reste et pour son anniversaire à venir, le vieux n’aura pas son gâteau préféré… C’est alors qu’arrive le Père Noël. Un texte horrible, par son humour noir et son personnage principal égoïste et insupportable, sans parler de sa fin… Un monde tout aussi glaçant. Ici, point d’esprit de Noël ! La technologie a supplanté toute émotion dans les coeurs. Brrr !

Miriam, Messie de Dean Whitlock : Miriam, jeune fille encore célibataire vivant à l’époque romaine, est visitée par l’ange Gabriel qui lui annonce un destin extraordinaire. Ce texte, un énorme coup de cœur pour ma part, nous raconte la Nativité. Mais pas vraiment celle enseignée au catéchisme. La Nativité de Dean Whitlock, cela donne une nouvelle prenante, aux personnages bien vivants, avec une réflexion des plus intéressantes sur le patriarcat qui règne de façon si présente dans les plus grandes religions du monde, rabaissant le rôle de la femme à un rôle mineur ou lié au Mal. Une vraie réussite, le tout sans un ton moralisateur. C’est véritablement un texte prenant, à la chute douloureuse, mais magnifique dans sa façon de voir la Nativité. Quelque soit votre confession, un texte fort qui devrait vous aller droit au coeur. Bravo M. Whitlock pour cette belle vision, malgré son final pessimiste, et pour cette réflexion fort intéressante présentée d’une aussi belle et forte manière !

Gloire éternelle de Meddy Ligner : Première Guerre Mondiale. Noël. Un jeune homme, qui s’est engagé pour devenir un héros adulé, est confronté à l’horreur des tranchées. Mais ce soir, c’est Noël. Tout peut arriver… vous pensez connaître la suite de l’histoire ? Je le pensais aussi. Mais Meddy Ligner fait plus original que ça 😉 Une histoire en forme de conte cruel, dont j’aime particulièrement la chute. Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher ! Un coup de coeur.

Poupée et vieux journaux de David Baquaise : deux femmes, deux soeurs, s’apprêtent à affronter, comme tous les ans, leur esprit de Noël. Celui de leur soeur décédée petite fille, sans avoir pu ouvrir son cadeau. Mais cette année, leur mère n’est plus là pour les accompagner dans cette épreuve… une histoire douce-amère pour ce conte fantômatique de Noël. Les thèmes de l’enfance sont là, mêlés à la tragédie, et forment une belle histoire poignante.

Nuit de Noël à l’Octogone de Jean-Marc Ligny : un sans-abri cherche un refuge contre le froid. Il se rend à l’Octogone, un vieux bâtiment dont on n’a pas percé tous les secrets. Sauf que c’est la nuit de Noël… une histoire déroutante mais qui a le mérite de donner une légende à ce monument qui existe réellement.

Le Don de Damien X. Nortier : un petit garçon trop curieux va voir son grand-père dans son bureau. Il y apprend l’histoire des rois mages… une très jolie nouvelle qui revisite la venue des Rois Mages de façon très prenante, en y mêlant la légende d’un quatrième visiteur. Je me suis régalée à lire, j’ai aimé ce petit garçon féru de lecture dans lequel je me suis revue, petit rat de bibliothèque (oui, bon, on ne se refait pas ^^), et ce conte du Grand-Père, et cette fin mystérieuse autant que magique… Coup de coeur là aussi !

À nos espoirs d’Ophélie Bruneau : soir de Noël. Une adolescente qui n’a guère envie de réveillonner seule avec sa mère (ses parents ont divorcé) décide de vadrouiller un peu en ville. Elle croise un jeune homme étrange, qui se dit originaire de Polynésie. Pendant ce temps-là, une brigade très spéciale est chargée de récupérer un fugitif spécial lui aussi. Peu de suspense dans ce drôle de récit, mais l’histoire est si rigolote qu’on s’en fiche pas mal. Un conte de Noël qui sort complètement des sentiers battus et une brigade que j’espère recroiser à l’occasion – j’aime bien ses membres, ils ont l’air sympa, et j’aimerai en savoir plus sur cet univers. Si l’auteur m’entend…

Un Jour par an de Claude Mamier : un soir de désespoir, un homme veut se jeter par la fenêtre. Il en est empêché par le Père Noël. Le vrai. Mais c’est un Père Noël qui jure comme un charretier et qui lutte contre d’effroyables créatures : les lutins maléfiques de Noël. Un texte noir, très noir, qui m’a laissé toute remuée. Âmes sensibles, s’abstenir !

A Christmas Carol de Pierre Gévart : Noël dans l’espace, ça vous dit ? Ce sera le cas avec ce petit texte sympathique qui vous emmène dans une station spatiale, où l’équipage va faire une drôle de rencontre.

Le Village de M. Noël d’Élodie Meste : une petite fille reçoit, comme chaque jour, un nouveau jouet. Mais le soir de Noël, il lui faudra tout rendre. C’est qu’elle vit dans le village où se fabriquent les jouets, là où travaillent ses parents. Sauf que… à mesure que l’histoire avance et que l’envers du décor se dévoile, on s’aperçoit que derrière la jolie couche de neige blanche il y a des choses bien sales ! Une histoire qui marque, qui fait réfléchir et qui vous embarque tout en même temps dans ce monde de science-fiction pas si irréaliste que ça, voilà le tour de force que réalise Elodie Meste ! Une auteur à suivre.

Le Voeu secret des anges de Léo Lamarche : une petit enfant trop conscient des difficultés financières de ses parents ne sait que demander dans sa lettre au Père Noël. Une histoire où l’innocence fraye avec les soucis prosaïques du quotidien, où l’enfant plie sous le poids des soucis des adultes mais où les anges propagent l’esprit de Noël.

Le Père Noël de Muriel Essling : dans une voiture, deux enfants et leurs parents en route pour fêter Noël avec les grands-parents. Dans une autre, un homme qui vient d’être largué par sa petite amie après l’avoir trompée, furieux. Rien de magique ni d’irréel dans ce texte fort qui vous laissera le coeur en miettes. D’autant plus fort qu’ancré dans une triste réalité. La route et ses dangers frappe quelque soit le jour. Hélas.

Pour une pincée de poussière d’Orson Scott Card : on clôt l’anthologie sur une note d’espoir, une note plus lumineuse. Un petit garçon vient d’apprendre qu’il va déménager en Arizona, loin, très loin de là, dans l’espoir que le changement de climat sauvera sa mère atteinte d’une grave maladie. Resté seul dans un magasin de jouets qui périclite, il suit une fillette bizarrement coiffée jusqu’à une mystérieuse porte cachée. Derrière cette porte l’attend tout un univers étrange, où les écureuils sont mortels et où une poignée de poussière magique peut tout guérir… une jolie histoire, sur le thème de l’enfance, des mondes merveilleux cachés derrière les plus banals objets, des épreuves traversées et de l’espoir que, malgré tout, l’histoire se termine bien, malgré le temps qui passe et l’âge qui vient éparpiller les rêves d’enfants.

Une anthologie de circonstances, avec des explorations de la Nativité, des contes lumineux, des récits futuristes plus tristes mais teintés d’espoir et des textes franchement horrifiques, le tout sur le thème de Noël. Une anthologie de Noël qui parcourt toute une gamme d’émotions et ne vous laissera pas indifférent. A lire en ce moment, à relire aux prochaines fêtes de fin d’année, une tasse fumante dans les mains, un frisson – de froid, de peur ou de joie – qui court sous l’échine malgré le plaid tout chaud et le chat ronronnant, avec les flocons qui tombent au dehors…

Bon Noël à toutes et tous ! 🙂

Éditions Argemmios, 2013, 391 pages.

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À paraître : une nouvelle dans une anthologie des éditions Argemmios ou Rivière Blanche

Souvenez-vous, durant le Camp NaNo d’avril, j’avais rédigé un texte pour l’AT Berceaux, Vies et Tombeaux des éditions Argemmios. Les auteurs qui figureront au sommaire de l’anthologie ont été annoncés publiquement par les anthologistes, Mathieu Rivero et Guillaume Parodi. De ce fait, je puis donc l’annoncer aussi en ces lieux (mais vous aurez d’ores et déjà deviné la suite ^^) : je suis à bord ! 🙂

Voici les auteurs au sommaire de l’anthologie Berceaux, vies et tombeaux :
– Jacques Fuentalba ;
– Manon Bousquet ;
– Fabien Clavel ;
– Lilia Kessens ;
– Romain Jolly ;
– Magali Lefebvre;
– Anthony Boulanger ;
– Olivier Boile ;
– Nicolas Saintier ;
– Ophélie Bruneau ;
– Bénédicte Coudière;
– Dean Venetza ;
– Marie-Anne Cleden.

Nous remercions tous les participants de l’appel à texte. Sans eux, l’anthologie n’aurait pas pu se faire !

L’anthologie aura pour thème les mythes des pays du Croissant Fertile, c’est-à-dire les mythes et légendes de Judée, de Mésopotamie, d’Assyrie, de Sumer, etc… Elle a été lancée pour s’inscrire dans la collection Périples mythologiques des éditions Argemmios, qui comprend déjà deux opus – l’un sur la mythologie grecque, l’autre sur les légendes amérindiennes, toutes deux d’excellente qualité ! Un troisième titre, sur les mythologies nordiques, devrait paraître prochainement. Mais si vous suivez les billets de ce blog, vous n’aurez pas manqué de voir que les éditions Argemmios recherchaient un repreneur. Quid dans ce cas de Berceaux, Vies et Tombeaux ? Eh bien, l’éditrice en parlé :

L’anthologie paraîtra soit chez Argemmios (si elle est prête rapidement et peut paraître tant que Nathalie Dau est en fonction, ou si le repreneur final en est d’accord) soit chez un autre éditeur (a priori, Rivière Blanche serait d’accord). Dans tous les cas, elle paraîtra 🙂

Dans tous les cas, je suis heureuse (et fière, aussi, je l’avoue) de figurer dans ce sommaire – comme vous le savez, j’apprécie énormément les parutions d’Argemmios, alors me retrouver dedans, et même si l’anthologie paraîtra peut-être ailleurs, ça me fait quelque chose… *^_^* Et puisque j’avais corrigé ce texte avec l’aide de grenouilles de Cocyclics, j’en profite aussi pour remercier mes bêta-lecteurs : merci !

Il n’y a pas de date de parution d’annoncée pour le moment, ni même de certitude quant à l’éditeur final comme vous l’aurez compris, mais je ne manquerai pas de donner des nouvelles à ce sujet lorsqu’il y en aura 😉

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Zoo des Chimères, Chantal Robillard

Zoo des Chimères, Chantal RobillardQuatrième de couverture

C’est l’histoire d’un parc zoologique, situé – devinez où ? Pas sur Terre, en tout cas !

Surgit une tornade, tout est ravagé, alors on nomme une équipe en quête de rentabilité, et voici que le zoo se déglingue davantage encore et devient un très étrange parc à thème, où rien ne va se passer ainsi qu’on le prévoyait.

Entrer dans l’esprit d’un loup, chevaucher le monstre du loch Ness, s’éprendre d’une licorne… Oui, dans Zoo des Chimères, le bizarre, le fabuleux mais aussi le danger vous attendent au détour des pages !

Un ouvrage pareil à une mosaïque, où se dissimulent des passages oulipiens à contraintes de formes. Des textes à lire… et à dire.

Mon avis

Lecteur, lectrice, attention ! Si vous vous apprêtez à ouvrir les pages de ce Zoo des Chimères, attendez-vous à une expérience de lecture ! Oui, une véritable expérience où les mots joueront sous vos yeux, où l’histoire ne ressemble à rien de ce que vous auriez pu lire auparavant. Car le Zoo des Chimères est un recueil de nouvelles pas tout à fait comme les autres. Chantal Robillard s’est amusée à y glisser des textes oulipiens.

Oulipiens ? Mais oui ! L’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle), association d’artistes qui s’amusent à se créer des contraintes pour mieux explorer leur créativité. L’exemple le plus connu en est le roman La disparition de Georges Perec, roman qui ne contient pas de lettre e. Pas une seule fois. Et, donc, l’on retrouve au sein du Zoo des Chimères divers textes à contraintes. Comme Le blues de la belle boudeuse, où la plupart des mots commence par la lettre b, offrant un récit que l’on a fort envie de déclamer ensuite à haute voix, tant les phrases glissent admirablement bien dans la bouche avec tous ces mots en b. Et il y en a d’autres, des jeux de mots, des jeux oulipiens, au sein du recueil. À vous de les découvrir ! 😉 L’auteur vous donnera la liste et le nom des contraintes à la fin, parce que si vous ne cherchez pas d’abord lesquels sont à contrainte lesquels ne le sont pas, ce n’est plus du jeu ^^.

Par ailleurs, ce n’est pas la seule particularité de l’ouvrage. Qui dit recueil de nouvelles dit textes différents, peut-être sur un même thème, peut-être reliés par un fil rouge, mais en tout cas des textes différents. Certes, nous avons là plusieurs récits, plusieurs contes. Mais tous sont en fait pièces d’un puzzle. Le Zoo des Chimères, à la fois titre et nom du lieu que l’on découvre, ne se laisse pas visiter d’un seul coup ! Chaque texte en offre un aperçu et une fois tous lus, on voit enfin à peu près ce qu’est ce fameux zoo en pleine débandade. À noter qu’une nouvelle se poursuit même sur 5 récits (oulipiennes, en plus), comme un petit fil rouge qui tisse tous les morceaux du puzzle.

Et, pour ne rien gâcher, les petites histoires, qui brossent le tableau de ce zoo reconstruit n’importe comment après une tempête, offrent diverses émotions. Du rire, beaucoup. J’ai régulièrement éclaté de rire devant les mésaventures des employés et les références aux contes, récits bien connus ou autres mythes glissés ici et là. Mais vraiment. Un bon gros éclat de rire bien franc, chose qui m’arrive assez rarement quand je lis. C’est dire ! Et puis, aussi, un peu d’émotion plus triste, avec le coeur serré, comme par exemple avec Un Chant de détresse où un loup pleure sa meute perdue.

Une belle expérience de lecture que ce Zoo des Chimères qui offre une vision différente des mots, qui donne envie de lire à voix haute, à voix basse, en silence, bref de lire et relire pour bien goûter tous les jeux de sonorités, les clins d’oeil. Le tout nous emmenant sur cette planète où se tient le zoo (je ne vous dirai pas où, à vous de trouver ! ;)). Apparemment, il s’agit du premier opus d’une série appelée Galaxie Conte, bien que ce Zoo des Chimères forme un tout complet. Mais vu comment j’ai apprécié l’expérience, j’ai hâte d’en lire d’autres ! 🙂

Éditions Argemmios, 2013, 103 pages.

Challenge nouvelles & novellas

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Les éditions Argemmios recherchent un repreneur

logo_argemmiosLes éditions Argemmios, j’en ai déjà parlé lors de ma chronique de Sigiriya : le Rocher du Lion, roman d’Alain Delbe paru chez cette maison.  Je n’ai pas encore parlé de leurs anthologies mythologiques (des bijoux !) ; quant à d’autres oeuvres, j’en avais parlé sur Fées Divers ou La Lune Mauve. C’est dire que je connais bien (et apprécie) leurs publications. Les éditions Argemmios, donc, ont annoncé la nouvelle du départ de l’éditrice, Nathalie Dau, il y a quelques jours. Un départ motivé par des raisons de santé, un départ compréhensible, et je me doute que pour elle qui met tant de coeur dans son travail la décision n’a pas du être facile à prendre.

Voilà, Argemmios recherche un repreneur. Je partage la nouvelle ici car peut-être y aura-t-il parmi mes quelques visiteurs des personnes intéressées pour reprendre le flambeau. Je reprend ici le communiqué de la maison d’éditions :

Puisque Nathalie Dau en a parlé sur son mur et que ça commence à tourner, on va faire ici une annonce officielle.
Les éditions Argemmios vont bien. Les bilans n’ont fait que s’améliorer d’année en année, les chiffres de vente sont tout à fait corrects, certains titres sont quasiment épuisés ce qui prouve qu’ils ont trouvé leur public, les ventes en salon sont le plus souvent excellentes, les premiers ouvrages numériques sont apparus au catalogue et la maison d’édition n’a aucune dette.
Les ouvrages publiés reçoivent globalement des critiques et chroniques élogieuses. En 6 années d’activité, trois textes ont emporté un prix : le prix Imaginales pour la nouvelle de Romain Lucazeau et le prix Merlin pour la nouvelle d’Anthony Boulanger dans Les Héritiers d’Homère, le prix Oriande pour Brûlot le dragonneau de Valérie Frances, Christian Simon et Sophie Leta. Plusieurs nominations pour Masky de Viviane Etrivert, pour le collectif Flammagories et même une nomination pour Les Débris du Chaudron.
Tout ça a fonctionné pour deux raisons : quelques auteurs investis, qui n’hésitent pas à aller en salon pour défendre leurs ouvrages, et une équipe qui s’est également battue sur le terrain, participant à de très nombreux salons et festivals.
Car la micro-édition exige cette présence sur le terrain, cette vie de colporteur. C’est le seul moyen de rencontrer le lectorat, puisque la micro-édition n’a quasiment pas d’existence en librairie.
Sur le terrain, donc, Mathieu Coudray et Nathalie Dau se sont battus comme de beaux diables. Le stand était toujours plus beau, plus attractif. Bien décoré, avec des présentoirs pour mettre les ouvrages en valeur. La collection de cartes postales a également rencontré un grand succès et contribué pour une part non négligeable aux rentrées financières. La charte graphique a été revue afin de rendre les livres toujours plus attractifs, visuellement parlant. La maison d’édition a constamment cherché à baisser les coûts de production et le prix de vente des livres, car son but a toujours été de permettre aux gens de découvrir des auteurs talentueux et des récits passionnants même si parfois un peu exigeants.
Et puis la santé de Nathalie Dau l’a lâchée.
Il y a des maladies comme ça, invisibles de l’extérieur, mais qui vous grignotent les forces et vous livrent à la douleur. Fin mars, pendant Trolls et Légendes, le corps de Nathalie a dit stop. Elle a voulu assurer les Imaginales tout de même, et elle en a bien bavé. Mais la décision avait été prise dans l’intervalle : il fallait qu’elle arrête.
Les éditions Argemmios cherchent donc un repreneur. Une ou plusieurs personnes capables de reprendre ce beau flambeau et de permettre à l’esprit Argemmios de perdurer.
Nathalie ne pouvant imaginer une seule seconde de laisser tomber brutalement ses auteurs, elle a planifié son départ de la sorte :
– 12 mois pour publier les ouvrages retenus et dont le contrat a été signé.
– 12 mois de plus pour exploiter ces ouvrages (le gros des ventes ayant lieu au cours de la première année d’exploitation).
Si, durant cette période, Argemmios trouve un repreneur, alors la maison d’édition pourra continuer et publier les livres retenus mais pas encore signés (la plupart des auteurs dans cette situation ont choisi d’attendre, emplis d’espoir, plutôt que d’aller tout de suite voir ailleurs).
Si aucun repreneur sérieux ne se manifeste, alors la maison d’édition cessera son activité en mai 2015.
Voilà la situation.
Bien sûr, les lecteurs peuvent nous aider en achetant nos livres car moins le stock sera volumineux, moins le rachat d’Argemmios sera coûteux pour le repreneur.
En vous remerciant de votre compréhension et de votre soutien,
L’équipe Argemmios.

Si jamais les éditions Argemmios devaient fermer faute de repreneur, j’en serai triste. Triste car leurs publications, leur ligne éditoriale, me plaisent beaucoup. Triste parce que j’ai déjà assisté à la fermeture d’une maison d’édition chère à mon coeur, il y a plusieurs années, maison que je regrette encore aujourd’hui. L’Oxymore, pour ne pas la nommer.

Dans le même temps, je comprends et respecte la décision de l’éditrice. Au contraire, à mes yeux, sa santé doit passer avant la maison d’édition. Pas l’inverse. L’humain fait d’ailleurs partie des éditions Argemmios, à tel point que l’éditrice s’efforce de trouver une terre d’accueil pour les anthologies dont les ATs viennent tout juste ou vont bientôt se clore.

Voilà, n’hésitez donc pas à transmettre le communiqué si vous connaissez quelqu’un susceptible de prendre la suite de Nathalie Dau.

Quant à moi, si je croise les doigts pour qu’Argemmios puisse poursuivre sa route, je souhaite à l’éditrice une meilleure santé et beaucoup, beaucoup de bonheur auprès des siens. Avec tout ce qu’elle a donné, elle a bien mérité un peu de repos !

Pour contacter les éditions Argemmios :