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Par bonheur, le lait de Neil Gaiman et Boulet

bonheur-gaiman-boulet-couvertureQuatrième de couverture

Un concentré d’action tonique et débridée, hommage au petit-déjeuner, à l’imagination, aux enfants et à tous les parents.

Mon avis

Étant une fan du travail de Boulet et appréciant les écrits de Neil Gaiman, je me suis précipitée sur cette collaboration. Est-ce qu’elle est aussi bonne que le laissait présager l’union de ces deux noms ? La réponse est oui.

Court roman jeunesse, abondamment illustré par Boulet, Par bonheur, le lait est, avant tout, une ode à la fantaisie. Neil Gaiman – à travers le personnage du père parti acheter le lait et qui explique pourquoi il a mis autant de temps à revenir – nous embarque dans un voyage complètement délirant, illogique, mais tellement dépaysant par ces trouvailles complètement incongrues. À chaque page, on se dit qu’il ne peut guère nous emmener plus loin dans le loufoque et à chaque page on est surpris de voir que si, Neil Gaiman va plus loin. Et le pire, c’est qu’on le suit sans sourciller, heureux de pouvoir lâcher toute barrière ! 🙂

Les illustrations de Boulet apportent un gros plus à ce texte pas comme les autres. Je pense que le récit fonctionnerait moins bien sans. D’autant plus que la patte de Boulet se marie très bien avec la fantaisie de Par bonheur, le lait.

Le livre plaira autant aux enfants qu’aux parents. Il rend hommage tant à ceux-ci qu’à l’imagination. En plus, sa brièveté (comme sa fantaisie joyeuse) en fait le récit parfait pour entamer sa journée ! Un conseil : lisez-le pendant que vous prenez votre petit déjeuner 😉

Éditions Au Diable Vauvert, 104 pages, 2015

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Je suis éclectique (catégorie Jeunesse) du forum Mort-Sûre.

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Les Nécrophiles anonymes t. 1 : Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue, Cécile Duquenne

na1_cduquenneQuatrième de couverture

Népomucène, préposé à la Morgue, mène une vie tranquille et nocturne en compagnie de Bob, vampire d’environ 150 ans d’âge. Lorsqu’il manque devenir la cinquième victime d’un mystérieux assassin, son ami de longue date mène l’enquête. L’immortel est certain qu’une autre créature surnaturelle a commis le massacre.

Mon avis

Tout d’abord, un grand merci à Cécile Duquenne puisque c’est grâce à elle que j’ai pu lire cet ouvrage : l’auteur avait en effet organisé un concours sur son site. Je ne suis pas sûre que j’aurais lu le roman, autrement, car, je ne sais pourquoi, il ne m’attirait pas plus que ça. Comme quoi, on peut se tromper, car à la lecture j’étais plutôt contente que le tirage au sort ait joué en ma faveur.

Nous suivons Népomucène, un employé de la morgue au caractère introverti et dont le meilleur ami est un vampire qui crèche dans une chambre froide. Le récit se passe à notre époque, malgré le prénom peu courant du héros et le caractère dandy de Bob l’éponge, le vampire. Mais quatre collègues de Népomucène sont retrouvés morts devant la morgue. Commence une enquête riche en rebondissements… Voilà, dès le départ, le ton est donné : on est dans un mélange de policier et de fantastique, le tout relevé d’une sauce humoristique des plus piquantes !

L’action est présente, il y a des instants de suspense, mais c’est l’humour mordant qui donne toute sa saveur à ce premier volume des Nécrophiles anonymes. Un humour décalé qui s’assume, qui flirte parfois avec l’humour noir, autant vous dire que ma lecture fut un plaisir – avec quelques frissons lors des passages où nos héros risquaient leur peau, bien entendu. Je pense que le fait que je ne sois pas une grande fan de la bit-lit a du jouer dans mon appréciation puisque Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue envoie valser sans aucune once de respect les poncifs du genre !

J’ai également beaucoup apprécié la référence à Buffy contre les vampires – surtout la réflexion de Bob sur l’acteur interprétant Spike 😉 ! Et, bien entendu, j’ai encore plus apprécié le fait que le roman comporte son lot de loups-garous. Car oui, les vampires ne sont pas les seules créatures fantastiques présentes dans ce roman, les garous ont aussi la part belle. Cécile Duquenne a d’ailleurs imaginé plusieurs types de garous et j’étais contente de voir qu’ils ne faisaient pas que de la figuration dans le roman mais avaient bel et bien un rôle de taille.

En résumé, nous avons là un court roman dont l’intrigue ne casse pas trois pattes à un canard, certes, mais dont le ton très décalé donne toute la saveur. Si vous aimez les vampires, les garous et les romans peu conventionnels, tentez votre chance ! 🙂

Éditions Voy’el, 185 pages, 2012

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Attention à la pleine lune du forum Mort-Sûre

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Illuminae t. 1 : Dossier Alexander, Amie Kaufman et Jay Kristoff

illuminae1Quatrième de couverture

Ce matin de 2575, lorsque Kady rompt avec Ezra, elle croit avoir vécu le pire moment de sa vie. L’après-midi même, leur planète est attaquée par une entreprise interstellaire sans foi ni loi – BeiTech. Obligés de fuir, Kady embarque sur le vaisseau Hypatia, Ezra sur l’Alexander.
Très vite, Kady soupçonne les autorités de leur cacher la vérité. Avec l’aide d’Ezra – le seul en qui elle peut avoir confiance -, elle pirate le réseau informatique de leur flotte, accédant ainsi à des données confidentielles qui mettent en cause leur propre état-major.
Alors qu’ils sont toujours traqués par BeiTech, l’Intelligence Artificielle censée les protéger se met à agir d’une façon étrange…

Mon avis

À voir le livre, on peut être un peu effrayé par son côté pavé. Mais quand on l’ouvre et qu’on commence à le lire, on découvre qu’en fait de pavé, l’histoire est des plus accrocheuses et la présentation des textes, peu commune. Car Illuminae t. 1 : Dossier Alexander est ce que le titre nous indique, un dossier contenant rapports de conversations par e-mails ou de surveillances vidéo, plans de vaisseau, rapports d’avaries et autres documents. Cet aspect est assez déroutant au début mais on s’y fait rapidement car le tour de force des auteurs, c’est de réussir à capter notre attention malgré cette forme qui rappelle les romans épistolaires sans en être un.

Le livre démarre par les interrogatoires d’un psychologue de Kady et Ezra. Ils viennent de survivre à l’attaque de leur planète minière, survenue le jour même de leur rupture. Le traumatisme est là, mais les épreuves sont loin d’être terminées : l’entreprise qui a détruit leur planète poursuit la flotte survivante composée d’un vaisseau militaire, l’Alexander, seul venu à la rescousse et à en être sorti indemne, d’un vaisseau de recherche, l’Hypatia, et du Copernicus. Bien évidemment, la flotte belliqueuse ne compte pas les secourir quand elle les rattrapera mais bien achever le travail de destruction. Ici, le résumé doit vous rappeler fortement Battlestar Galactica, et en effet, le rapprochement est assumé par les auteurs qui résument leur livre comme « un mélange de Battlestar Galactica et de 10 bonnes raisons de te larguer ». Kady et Ezra ne sont pas interrogés pour leur seul bien-être psychologiques, mais pour les évaluer. Là où Kady est jugée inapte – mais on apprend bien vite qu’elle s’est arrangée pour que personne ne repère son talent de pirate informatique – Ezra est recruté pour pallier au manque d’effectifs parmi les pilotes. Je pensais encore à Battlestar Galactica lors des combats spatiaux entre petits vaisseaux, et la présentation est fort bien choisie, puisque lors des sorties dans l’espace de nos pilotes, on suit le fil de leur histoire sous la forme du tracé de leur vol. Un procédé immersif, qui permet même aux personnages les plus secondaires de se valoir l’attachement du lecteur.

Mais la menace de voir les vaisseaux de BeiTech surgir n’est bientôt plus le seul problème auquel les survivants vont devoir faire face… ajoutez à cette situation déjà difficile que l’IA de l’Alexander, endommagée lors de la première attaque, présente des signes de malfonctions préoccupants (coucou, HAL 9000 !) et que des personnes semblant atteintes d’un trouble du stress post-traumatique se transforment graduellement en fous criminels assoiffés de sang sous l’effet d’un virus (coucou, les Reavers de Serenity !). Au milieu de ça, il y a Kady et Ezra, deux ados qui, malgré la rupture qui aura marqué le jour de l’attaque, s’aiment encore. Chacun va tenter de survivre et, surtout, que l’autre survive, car ils ont tant perdu que l’idée de se perdre l’un l’autre leur est insupportable.

Malgré les nombreuses références à d’autres oeuvres de SF (qui ne seront pas forcément notées par le public visé, d’ailleurs), Illuminae dégage sa propre identité en se centrant sur deux personnages qui ont l’âge de nos lycéens et sur sa mise en forme. L’intrigue, vite passionnante, m’a fait tourner les pages à toute vitesse. Même les documents qui semblent les plus ennuyeux telle la liste des victimes d’un vaisseau valent le détour (il y a de jolis Easter Eggs dedans 😉 ). Mais ne vous fiez pas non plus à l’étiquette Young Adult du livre : il y a des passages violents et bien que l’intrigue amoureuse soit plus ou moins cousue de fil blanc, les différents personnages, adultes ou non, possèdent des caractéristiques cohérentes et l’intrigue n’est pas si simpliste que ça.

Au final, Illuminae est un très bon livre de SF Young  Adult, qui s’appuie sur de bonnes références pour construire son propre univers. Kady et Ezra, par leur courage et leur débrouillardise, mais aussi par la façon dont ils réagissent à cet événement qui les oblige à grandir trop vite, sont très touchants. Je me suis vraiment régalée avec ce livre – peut-être, justement, parce qu’il évoquait des oeuvres SF qui m’ont marquée, mais je ne pense pas que ce soit la seule raison – je l’ai dévoré en peu de temps au regard de son épaisseur. La bonne SF de type space opera n’est pas si fréquente dans la littérature Young Adult, aussi ce livre mérite-t-il le détour malgré un élément de sa fin un peu trop  téléphoné.

Vivement la suite !

Éditions Casterman, 607 pages, 2016

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Je suis éclectique (catégorie Jeunesse) du forum Mort-Sûre.

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L’année du loup-garou, Stephen King

Quatrième de couverturealbin24512-2012

Tout a commencé en janvier, une nuit de pleine lune… Le premier hurlement fut celui d’un employé des chemins de fer quand il sentit les crocs lui déchirer la gorge. Depuis, chaque nuit de pleine lune, la petite bourgade de Tarker Mills est en proie à l’horreur. Qui sera le prochain ?

Mon avis

La première fois que j’ai lu ce roman de Stephen King, c’était dans sa version poche intitulée Peur Bleue. Cette version contenait également le scénario tiré du roman et des photographies noir et blanc du film. Plusieurs années plus tard, Albin Michel a réédité le roman, cette fois sans scénario ni photo mais avec les illustrations de Bernie Wrightson qui accompagnaient l’édition originelle.

Si, à l’époque de ma lecture de Peur Bleue, j’étais dans ma période romans d’horreur – je lisais tout ce que je pouvais trouver de la plume de Stephen King, Dean Koontz et Graham Masterton – lorsque je me suis lancée dans une relecture grâce à cette réédition, c’était cette fois pour satisfaire mon intérêt pour cette créature fantastique qu’est le loup-garou.

Que donne le garou à la sauce King ? Rien que du très classique : bête sanguinaire à la pleine lune, suspect longuement recherché, et à la fin une balle en argent. Mais Stephen King s’est amusé avec le calendrier lunaire (il s’excuse d’ailleurs auprès des lecteurs les plus tatillons sur ce point) et a calé des dates emblématiques du calendrier américain aux nuits de pleine lune évoquées dans son livre. Ce, pour notre plus grand bonheur ! 🙂 Par ailleurs, l’identité humaine du garou offre une ironie assez mordante…

Peu de frissons d’horreur, donc, le récit étant trop classique pour cela, mais un bon moment de lecture quand même. Car le véritable point fort de L’année du loup-garou, c’est le personnage de Marty. Marty, petit garçon d’une dizaine d’année, est le héros de l’histoire. Marty va avoir à affronter le garou, sous sa forme animale comme humaine. Marty est paraplégique. Voilà, tout est dit ! Il est assez rare, dans les livres, de trouver des personnages principaux qui soient handicapés. Stephen King a choisir de faire de son héros un garçon en fauteuil roulant, autant dire une proie toute trouvée pour le garou. Mais Marty est plein de ressources et, même si son handicap est présenté sans fard (sa soeur en souffre beaucoup et à certains passages, Marty va se trouver en grande difficulté à cause de ses jambes paralysées), il reste un petit garçon comme les autres et s’oppose au garou avec beaucoup de courage, là où les adultes font chou blanc.

En résumé, si l’amateur de garou ne trouvera guère d’originalité, le lecteur se régalera tout de même avec ce court récit où Stephen King propose une histoire de garou plaisante et, surtout, marque avec un héros peu ordinaire. J’aimerais en voir plus souvent, des personnages principaux comme Marty ! 🙂

Éditions Albin Michel, 125 pages, 2012

Cette lecture s’inscrit dans les challenges Attention à la pleine lune et Je suis éclectique (catégorie Fantastique) du forum Mort-Sûre ainsi que le challenge Halloween organisé par Hilde & Lou.

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BIOS, Robert Charles Wilson

biosQuatrième de couverture

Situé à quelques années-lumière de la Terre, Isis est un monde verdoyant à l’écosystème complexe. Un monde classé zone de biomenace de niveau 4. La moindre molécule de son biotope est capable de tuer un être humain au terme d’une terrifiante agonie.
Et pourtant, Isis constitue la découverte la plus prometteuse de ce XXIIe siècle : berceau d’une vie fondamentalement
différente, elle pourrait en miroir éclairer notre propre nature.
Zoé Fisher a été conçue pour explorer Isis. Son organisme a été génétiquement optimisé pour s’adapter à l’environnement inhospitalier de cette planète ; sa personnalité patiemment construite autour de cette seule mission.
Quels dangers imprévus Zoé affrontera-t-elle sur cette planète grandiose et meurtrière ? Devra-t-elle sacrifier son humanité pour en découvrir tous les secrets ?

Mon avis

Tout d’abord, un grand merci à Lune puisque c’est grâce à elle que ce livre a atterri sur mes étagères. J’avais en effet remporté BIOS lors du concours organisé sur son blog pour le Ray’s Day de 2014 (oui, il aura mis 2 ans avant de sortir de ma PAL. Ce qui, somme toute, n’est pas un si long délai considérant que j’ai sur mes étagères certains ouvrages qui attendent d’être lus depuis bien plus longtemps… ^^ »)

Et ça a été une très bonne lecture, même si elle n’a pas été de tout repos ! BIOS nous emmène dans un futur pas forcément très réjouissant, notamment au niveau social. Une planète, Isis, a été découverte et son potentiel en termes pharmacologiques est fabuleux. Seul hic – et il est de taille – le biotope en est mortel pour l’homme. Une station orbitale et quelques avant-postes sur la planète (en zone maritime, arctique et forestière) servent à déterminer comment explorer la planète sans risques. Zoé Fisher, qui a été génétiquement modifiée pour minimiser un maximum le risque de contracter l’un des virus mortels qui grouillent sur Isis, est envoyée sur place.

Pourquoi ma lecture n’a pas été de tout repos ? Eh bien parce que lire les péripéties de plusieurs groupes de scientifiques aux prises avec un écosystème sans pitié – que ce soit pour les humains ou pour le matériel – offrait des frissons dignes de ceux qui nous parcourent à la lecture d’un polar palpitant ! Sauf qu’ici, le meurtrier est invisible, il s’agit d’un (en fait, plusieurs) virus. Les symptômes ne sont pas sans rappeler ceux des virus de type Ebola qui se baladent déjà dans certaines zones de notre planète. Autant dire qu’au frisson de la lecture se rajoute un autre frisson quand on se dit que cette partie-là du livre n’est pas vraiment de la science-fiction. Robert Charles Wilson sait rappeler à son lectorat que face à l’infiniment petit, nous sommes aussi peu de choses que face à l’infiniment grand de l’espace.

Le roman ne fait pas qu’offrir une exploration d’Isis à tâtons et sous le signe du danger, il nous fait également une peinture sociale de ce monde du XXIIe siècle, où la société est dominée par les Familles, où les corps sont trafiqués, où même les émotions sont régulées. Un monde qui fait froid dans le dos, d’autant plus qu’il est plausible.

Mais même si les questions de société semblent être en premier plan, elles ne forment pas le sujet principal du livre. BIOS nous parle avant tout d’Isis, la planète à l’écosystème mortel, Isis qui demeure en arrière-plan et qui pourtant pèse tout au long du roman. Isis n’est pas qu’un décor, cette planète possède une réelle présence. C’est pourquoi j’ai été plutôt déçue que, danger microbiologique mis à part, on n’en sache finalement aussi peu sur l’écosystème d’Isis. Certes, la fin m’a beaucoup plu – elle n’a pas été sans me rappeler Solaris de Stanislas Lem – mais elle n’a fait que renforcer ma déception. J’aurai vraiment aimé que l’auteur développe un peu plus son propos, d’autant plus qu’enfin, lors de ce final, on touchait du doigt Isis. Littéralement.

Malgré tout, BIOS reste un roman palpitant, effrayant même par certains aspects. Le personnage de Zoé gagne autant notre attachement que notre peine face aux traitements qu’elle a subis et la planète offre de nombreuses interrogations quant aux éventuelles et futures explorations d’exoplanètes.

Pour résumer, BIOS est un planet-opera qui se rapproche de la hard science et qui se pare d’un soupçon de thriller épidémique.

Éditions Folio, 308 pages, 2008

Cette lecture s’inscrit dans les challenge Summer Star Wars : Episode VII du blog RSF Blog et Je suis éclectique (catégorie Science-fiction) du forum Mort-Sûre.

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