La Trilogie Yan Solo, Ann C. Crispin

Quatrième de couverture

AN -10
Il fut sur Corellia un enfant sans passé, un gosse des rues, nourri de rien, puis recueilli par une bande de hors-la-loi de l’espace. Maintenant, las de leur tyrannie, hanté par des rêves de gloire, Yan choisit de poursuivre sa route, libre et indépendant.
Son rêve : devenir pilote dans la flotte impériale. Et, pour commencer, acquérir l’expérience nécessaire en vol spatial. Il prend alors un boulot sur la planète Ylesia – un monde de fanatisme religieux, de drogues, de sensualité illicite… un monde où les rêves sont détruits, l’évasion impossible.
Yan Solo a encore bien du chemin à parcourir et n’imagine pas un seul instant le destin qui sera le sien, de contrebandier à chef de file de la Rébellion…

Mon avis

Lorsqu’il a fallu choisir mon pavé pour cet été 2019, sachant que le nom du Challenge Star Wars de cette année serait Solo, autrement dit mon personnage chouchou de la saga Star Wars, je n’ai pas cherché bien longtemps. La Trilogie Yan Solo dormait en effet dans ma PAL depuis sa sortie fin 2016, c’était le moment idéal pour m’y plonger ! 🙂

On passera sur la nouvelle édition qui a conservé la même traduction qu’à l’époque, avec un Y au lieu d’un H pour le prénom du plus célèbre des contrebandiers de la galaxie. La couverture quant à elle reprend peu ou prou les codes des affiches des épisodes IV, V et VI, pour mon plus grand plaisir 🙂

Cette intégrale reprend les trois volumes parus séparément dans ses précédentes éditions et qui composent la Trilogie. On retrouve donc, réunis, Le Coup du ParadisLe Gambit du Hutt et L’Aube de la Rébellion.

On commence en fanfare avec un tout jeune Yan qui échappe à son mentor aussi bien que tourmenteur, au prix de la vie de la Wookie qui faisait office de mère de substitution à cet orphelin. Yan ambitionne de devenir pilote, le meilleur de toute la galaxie. Mais pour prétendre à l’Académie impériale, il lui faut des crédits. Il s’engage donc auprès d’Ylesia, planète de traitement d’épice. Où il découvre une vérité pas du tout rose, des gens mis en esclavage grâce à un lavage de cerveau. Parmi eux, une femme va attirer son attention, Bria.

Voilà pour le point de départ. Tout au long des trois volumes de cet omnibus, on retrouvera en fil rouge les événements survenus à Ylesia suite aux aventures de Yan ainsi que leurs conséquences. Au fil de ces pages, nous découvrirons également la naissance des amitiés de Yan (avec son coéquipier Chewbacca et avec Lando Calrissian), ses premiers démêlés avec le chasseur de primes Boba Fett, la racine de ses problèmes avec Jabba, la fameuse course de Kessel et, bien entendu, la façon dont il gagna le Faucon Millenium au cours d’une partie de sabbac !

L’éternel air canaille du contrebandier parcourt de bout en bout les pages, accompagné de sa propension à séduire la gent féminine. Leia ne fait qu’une apparition éclair, d’ailleurs, sous la forme d’un portrait, et Yan est alors loin de se douter du rôle que tiendra ce petit bout de femme dans sa vie plus tard ! 🙂

Nous sommes dans des romans Star Wars. Autrement dit, ce n’est pas là que vous trouverez des exercices de style poussés. Non, le style est direct, fluide, en lien avec l’action échevelée propre aux films Star Wars. Les personnalités des différents personnages iconiques sont respectées. Le personnage de Bria, qui apparaît d’abord comme une simple « demoiselle en détresse », connaît au fil des tomes un développement important, ce qui équilibre bien ses rapports avec Yan.

Entre batailles spatiales et contrebandes, on ne peut pas dire qu’on s’ennuie ! 🙂 Il y a aussi beaucoup de développement apporté au sujet des moeurs des Hutt, ça ne les rend pas plus sympathiques mais c’est plutôt intéressant de mieux comprendre leur façon de penser.

Bref, en bonne fan du personnage, je me suis régalée à suivre ses multiples aventures ! 🙂 C’était une excellente lecture estivale, pas prise de tête pour un sou, respectueuse de l’univers Star Wars et de ses personnages iconiques, avec un final qui fait le lien avec la première apparition du contrebandier et du Wookie dans La Guerre des Étoiles.

Ayant revu le film Solo récemment, je n’ai aussi pas pu m’empêcher de penser que les scénaristes avaient du puiser quelques idées dans cette Trilogie

Pour finir, je vous invite à également jeter un oeil à la chronique de Blanche sur cet ouvrage. Elle est également fan de ce cher Solo et sa chronique pétillante vaut la lecture ! 🙂

Édition Pocket, 859 pages, 2016.

Cette lecture s’inscrit dans les challenges Summer Star Wars : Solo organisé par RSF Blog et Pavé de l’été organisé par Sur mes Brizées.

Théâtre des dieux, Matt Suddain

Quatrième de couverture

Voici l’histoire de M. Francisco Fabrigas – explorateur, philosophe, physicien hérétique – qui embarque à bord d’un vaisseau plein d’enfants pour un voyage terrifiant vers une autre dimension, assisté par un capitaine juvénile, un brave garçon sourd, une fillette aveugle et futée, et une botaniste sensuelle, tous poursuivis par le pape de l’univers et un magnétiseur coquet.
Sombres complots, cultes démoniaques, jungles meurtrières, pagaille quantique, la naissance de la Création, la mort du Temps, et une créature nommée Sweety : tout cela et plus encore derrière le voile de la réalité.

Mon avis

Théâtre des dieux, en plus d’être un bon pavé pour avoir de quoi lire tout l’été, va aussi vous faire voyager ! Sur cette rime bien involontaire, penchons-nous un peu plus sur la bête. Bien que la couverture indique Matt Suddain comme auteur de la dite-oeuvre, la page de titre, elle, en attribue la paternité à un certain Volcannon, qui a interrogé le célèbre Francisco Fabrigas pour restituer la formidable aventure qu’il a vécue. Vous l’aurez compris, dans Théâtre des dieux, on retrouve l’usage de l’auteur fictif ! L’auteur (le vrai) a même poussé le vice jusqu’à interpeller le lecteur à plusieurs reprises en parlant de sa vie (fictive) (vous suivez ?).

Quid de l’histoire ? On est d’emblée mis dans le bain avant de bénéficier d’une exposition tranquille. L’intrigue se situe dans un univers où l’humanité a conquis l’espace, où elle est capable de transformer des étoiles en sphères habitables, où les voyages se font à bord de navire portant voiles et moteurs à essence. Le tout, dirigé par une reine. Et tout le monde peut respirer dans l’espace grâce à un implant, d’autres ont amélioré leurs capacités physiques qui, avec un bras artificiel, qui, avec une jambe artificielle, etc. Bref, vous l’aurez deviné, on se situe dans un roman de science-fiction qui mêle allègrement space opera, dieselpunk et transhumanisme.

Nous suivons la fantastique épopée de Francisco Fabrigas, convaincu que d’autres dimensions existent et sont même accessibles. Savant fou, mais pas que, il engage le capitaine Lambestyo pour mener une expédition, sur ordre de la reine (l’alternative étant la mort). Rapidement, ils vont découvrir deux passagers clandestins à bord de leur vaisseau : Lenore, jeune aveugle à la peau verte et  aux capacités surprenantes, et Roberto, sourd et capable lui aussi de choses surprenantes. Ce n’est que le début d’une suite de péripéties toutes aussi bariolées et dangereuses les unes que les autres…

Je dois dire qu’au début, j’ai eu un peu de peine à m’immerger dans l’histoire. L’univers imaginé par l’auteur brassant plusieurs sous-genres, j’avais du mal à me représenter tout cela. Mais j’ai fini par me laisser prendre par les aventures et mésaventures de nos héros, au point qu’une fois passé le premier écueil d’envergure, j’étais impatiente de retrouver l’équipage aussi rocambolesque qu’exceptionnel du Nécronaute. Il faut dire qu’entre deux saillies de l’auteur (fictif) (parfois entre deux moments palpitants, et vu comment je râlais tout haut, ça me prouvait que j’étais bien ferrée ;)), on a droit à un festival aussi inventif que fou : plantes carnivores aussi exotiques que létales, tribus cannibales (ou pas), sweety à tentacules qui porte mal son nom (ou alors si, mais la différence de taille explique les dégâts), un Homme bien habillé qui donne le frisson (brr), un pape à côté de la plaque (et donc dangereux), le tout saupoudré d’une bonne dose de folie mais aussi d’émotions. Oui, vous serez non seulement emporté dans un tourbillon mais aussi dans les émotions. Une fois prise dedans, je ne pouvais plus être indifférente au sort de Fabrigas, Lambestyo, Lenore, Roberto ou même la mystérieuse botaniste.

En bref, si vous avez envie de dépaysement, d’ébouriffement, d’émotions (pour les âmes sensibles, l’auteur a pensé à vous : une Petite Page de Calme est prévue pour retrouver sa zénitude entre deux passages trop violents), Théâtre des dieux est fait pour vous. Il sera difficile de l’emmener en vacances (pavé oblige), mais il vaut le coup de parcourir ses 669 pages !

Je concluerai ma chronique par un mot : homoncule (les vrais savent).

Éditions Au Diable Vauvert, 669 pages, 2017

Cette lecture s’inscrit dans les challenges Summer Star Wars : Rogue One du blog RSF Blog et Pavé de l’été du blog Sur mes brizées

La saga d’Uasti, Tanith Lee

saga_uasti_tanithleeQuatrième de couverture

Née du feu d’un volcan, Uasti, la mystérieuse déesse voilée , va parcourir le monde des hommes à la recherche de son destin. Tour à tour épouse de voleur ou de roi, guérisseuse, guerrière, sorcière, elle finira par comprendre le mystère de ses origines et se retirer de l’autre côté de l’océan. Mais elle a laissé derrière elle son fils, Tuvek, élevé par les barbares dans l’ignorance du secret de sa naissance. Lorsqu’il apprendra de qui il est l’enfant, Tuvek va jurer de se venger de cette mère qui l’a abandonné. Fort des pouvoirs magiques que son sang lui a transmis, il va aussi traverser les mers pour traquer sans relâche celle qu’il hait plus que tout au monde, sa mère, Uasti la sorcière blanche…

Mon avis

Tanith Lee fait partie de mes écrivains favoris et pourtant cela n’a pas empêché ce livre de dormir sur mes étagères pendant plusieurs années avant que je ne le lise enfin… Sans doute parce que ce petit pavé m’impressionnait, du haut de ses mille et quelques pages ! ^^ » Mais, une fois commencée, ma lecture s’est poursuivie rapidement et avec plaisir. Car comme toujours, Tanith Lee a fait montre de talent et a su créer un univers aussi chatoyant que sensuel au sein duquel se déroulent des histoires captivantes.

La saga d’Uasti comporte l’intégralité de la trilogie formée par La Déesse voilée, Vazkor et La Quête de la sorcière blanche. Dans la première partie, nous découvrons la narratrice qui s’éveille dans le noir, sans aucun souvenir de son identité ni du lieu où elle se trouve. Ce n’est qu’en s’extirpant de ce souterrain qu’elle découvre qu’elle était endormie sous un volcan. Elle masque son visage dès qu’elle le peut, car pour avoir vu son reflet, elle se sait maudite et ne devant pas offrir son visage à la vue des autres. Au fil de ses errances, elle se découvre des pouvoirs aussi fluctuants qu’insoupçonnés. Dans Vazkor, nous suivons le parcours de son fils qu’elle a abandonné, ne l’ayant jamais désiré – c’est un puissant sorcier, avide de pouvoir, qui l’a épousée en profitant de son ascendant sur elle, pour assurer une descendance avec celle qu’il considérait comme membre d’une espèce supérieure. Ce fils, élevé dans une tribu barbare et dans le secret de ses origines, va croiser de manière sanglante la route d’individus qui ont autrefois côtoyé son père – père auquel il ressemble beaucoup. Dès lors, Tuvek va cheminer pour découvrir sa parenté et concevoir un désir de vengeance sur cette mère qui l’a abandonné. Dans La quête de la sorcière blanche, Tuvek est parti par-là les mers pour retrouver sa mère biologique, dans l’optique d’assouvir sa vengeance. Mais la route sera semée d’embûches et d’illusions.

Vous l’aurez compris, l’un des thèmes majeurs de cette trilogie est la quête des origines. Pour Uasti (nom que notre narratrice se verra donner dans La Déesse voilée) comme pour Tuvek, cette quête des origines (qui se double d’une quête d’identité pour Uasti) sera le moteur de leur voyage. On pourrait même parler d’errance, d’ailleurs, concernant Uasti puisqu’elle sera ballottée au fil des événements, avant de décider seule de son destin lorsqu’elle aura enfin trouvé les clefs de son passé. Pour Tuvek, les choses sont quelque peu différentes. Il croit savoir qui il est mais découvrir l’identité de ses véritables parents va profondément bouleverser son regard sur son lui-même – et faire naître en lui une véritable haine pour cette mère qui l’a abandonné.

Le thème du pouvoir est également prégnant, Uasti comme Tuvek appartenant à une espèce non humaine, malgré leurs apparences, ils joueront souvent (parfois inconsciemment) de la suprématie que leur donne leurs pouvoirs mentaux. De ce fait, le lecteur ne s’identifiera pas à eux. Mais il sera ravi par les voyages des personnages au sein de contrées barbares ou soi-disant civilisées, le tout sous la plume toujours aussi poétique et sensuelle de Tanith Lee. De fait, malgré la violence qui pouvait entourer les deux personnages principaux (quand ils ne l’imposaient pas eux-même), j’ai beaucoup aimé ce voyage dans ces contrées imaginées par Tanith Lee. Elle a le don de déployer sous nos yeux des paysages, des villes, des cultures certes parfois barbares ou répugnantes, mais toujours avec un vocabulaire chamarré qui leur donne le poli des univers de contes. Le fait qu’elle s’attarde sur les descriptions et non sur l’action accentue d’ailleurs cet effet.

À noter que si la trilogie s’inscrit majoritairement dans le genre de la fantasy, La Déesse voilée contient une part de science-fantasy. Un mélange des genres qui se fait avec fluidité même s’il pourra surprendre, je pense, certains lecteurs en dépit des indices glissés par l’auteur pour annoncer cette transition.

La saga d’Uasti est donc un pavé mais un plaisant pavé, puisque les pages se tournent toutes seules et que l’auteur a su créer un univers aussi foisonnant que décrit en détails. Cette abondance de descriptions, bien que rédigées dans une écriture sensuelle, pourra peut-être rebuter certains mais pour ma part, elle a contribué à me donner le sentiment de lire une véritable et passionnante saga de science-fantasy. 🙂

Éditions J’ai Lu, 1041 pages, 2004

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Pavé de l’été organisé par le blog Sur mes brizées.

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