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Rachel Morgan t. 2 : Le bon, la brute et le mort-vivant, Kim Harrison

rachel_morgan_2Quatrième de couverture

Rachel Morgan est une femme indépendante, sexy… et sorcière ! Elle gagne sa vie comme chasseuse de primes dans la banlieue glauque de Cincinnati. Les vamps et les garous ne lui font pas peur, et elle peut même s’en tirer contre un ou deux démons. Mais sa mission se complique quand un tueur en série se met à semer les cadavres sur son passage. Et pas n’importe quelles victimes : des spécialistes d’une redoutable magie noire ! Cette fois, Rachel aura de la chance si elle s’en tire sans y laisser sa peau… ou son âme.

Mon avis

Après un tome 1 réjouissant, place au tome 2 dont le titre laisse augurer une toute aussi bonne lecture ! 🙂 Et l’attente est amplement comblée ! À noter qu’il s’agit de la suite directe du tome précédent, ce qui signifie qu’il est donc indispensable de lire cette série dans l’ordre. Mais vous pouvez lire cet avis – garanti sans (trop de) spoilers – si vous voulez vous rassurer quand à la qualité égale des romans au fil des tomes 😉

On retrouve Rachel quelques mois après la conclusion des événements du tome 1. J’avais dit que l’un des aspects de la série qui me plaisait était que l’intrigue n’était pas exclusivement centrée sur la vie sentimentale de l’héroïne, avec en arrière-plan une sous-intrigue quelconque. Non ! Dans Rachel Morgan, on suit les aventures policières et magiques de Rachel, tout en découvrant son quotidien (sentimental compris) à côté. Kim Harrison évite l’écueil du jeu amoureux avec ses hésitations et autres atermoiements qui peut si facilement virer au mièvre ou à l’ennuyeux en évitant carrément cette étape. Celle-ci est laissée dans l’ellipse temporelle située entre les deux tomes et, ma foi, ne pas connaître comment Rachel et son petit ami se sont tournés autour avant de se fréquenter ne m’a absolument pas manqué, d’autant plus qu’il était clair dans le tome 1 que l’alchimie fonctionnait entre ces deux-là.

Par contre, l’auteur approfondi les relations entre Rachel et Ivy, sa colocataire vampire. Une relation complexe, et pour cause au vu de la nature d’Ivy ! On découvre aussi davantage de choses concernant le passé de notre sorcière préférée, en particulier familial, et ce pour notre plus grand plaisir. Kim Harrison développe ses personnages comme son univers avec une plume toujours aussi agréable à lire et une maîtrise du détail impressionnante – ainsi certains éléments paraissant peu importants s’avèrent des indices de taille par la suite.

L’intrigue principale de ce tome 2 tourne donc autour des crimes annoncés en quatrième de couverture. Notre héroïne va s’y trouver mêlée bien malgré elle et son enquête ne sera pas de tout repos, loin de là ! Le suspense est bien ménagé, les scènes d’action se succèdent aux scènes plus calmes pendant que lentement, le voile se lève sur le meurtrier (et sur d’autres mystères, mais chut ! À vous de lire ! ;)).

L’humour ironique qui m’avait bien plu dans le tome 1 est toujours présent. Rachel garde sa propension à se fourrer dans des situations catastrophiques et à attirer la poisse, ce qui m’a fallu quelques fous rires ^^ (la pauvre !). Mais ce tome 2 s’avère aussi plus sombre, notamment dans le passage où l’héroïne parcourt les dossiers concernant les victimes. Âmes sensibles, attention, les descriptions contenues dans ce passage particulier peuvent vous heurter. Malgré cette atmosphère plus noire, Le Bon, la brute et le mort-vivant a été aussi chouette à lire que Sorcière pour l’échafaud et c’est donc sans hésitation que je m’attaquerai au tome 3 de la série 🙂

Éditions Milady, 572 pages, 2010.

Cette lecture s’inscrit dans les challenges Je suis éclectique du forum Mort-Sûre, catégorie Bit-Lit, et SFFF au féminin du Dragon galactique.

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L’Épouse de bois, Terri Windling

epouse_de_boisQuatrième de couverture

Maggie Black est écrivain, auteur d’études sur des poètes. Elle apprend qu’un de ses plus anciens correspondants, David Cooper, vient de mourir en lui laissant tous ses biens en héritage. Maggie décide d’aller s’installer dans l’ancienne maison de Cooper, pour enfin s’atteler à la rédaction d’une biographie du grand écrivain. Mais elle n’avait pas prévu que Cooper habitait en plein désert, dans les montagnes de l’Arizona (près de Tucson). Là, la vie n’a pas le même rythme qu’ailleurs. Les choses sont plus pures, les formes plus essentielles, les mystères plus profonds…

Pourquoi Cooper est-il mort noyé dans un lit de rivière asséché ? Pourquoi des coyotes rôdent-ils autour de sa maison ? Qui est l’étrange fille-lapin qui s’abrite sous les grands cactus ? La magie de ces collines désertiques est puissante, Maggie Black devra prendre garde à ne pas y perdre la raison — ou la vie.

Mon avis

Cela faisait quelque temps que L’Épouse de bois attendait sur mes étagères et j’ai choisi de le lire pour débuter l’année 2015. Première lecture de l’an, premier coup de coeur ! (non, ce n’est pas Fairest, puisque bien que chroniqué en 2015, je l’avais lu en 2014). Et un gros, gros coup de coeur ! C’est aussi la raison pour laquelle cet avis de lecture a tardé à venir. Car je ne sais comment mettre des mots sur ce que roman m’a fait éprouver.

Nous accompagnons Maggie Black, qui vient de recevoir en héritage les biens et les terres du poète Davis Cooper, avec qui elle entretenait une correspondance. Surprise tant de cette volonté testamentaire que de la mort du vieil homme, retrouvé noyé dans un lit de rivière asséché, elle se rend chez lui, dans le désert d’Arizona. Si les quelques habitants de ce coin perdu l’accueillent à bras ouverts, Maggie Black va vite découvrir que le désert abrite bien des secrets. Et que d’étranges esprits le parcourent, comme cette fille-lièvre ou cet homme trop beau pour être réel.

L’Épouse de bois s’inscrit dans le genre de la fantasy urbaine, bien que l’intrigue se déroule dans un paysage inhabituel : le désert d’Arizona. Terri Windling a été inspirée, pour ce roman, par une oeuvre de Brian Froud (reproduite en couverture) et lui rend hommage tout au long du livre avec des allusions à ses peintures. Étant très admiratrice de cet artiste, j’étais donc déjà séduite par l’habillage de l’ouvrage ! 🙂 (bien qu’il existe en poche, je vous recommande donc plutôt d’acquérir le grand format, pour mieux profiter de sa sublime couverture). Le texte, lui, ne m’a pas déçue du tout. À vrai dire, je m’attendais à une belle lecture car j’avais déjà lu des anthologies dirigées par Terri Windling (les six excellentes anthologies de nouvelles revisitant les contes de fées, dont seul le premier volume fut traduit en français) et exploré quelque peu son site, qui comporte entre autres articles et bibliographies sur le même thème.

L’Épouse de bois, disons-le tout net, a été pour moi un ensorcellement plus qu’un enchantement. Dès le début, je me suis trouvée happée par l’histoire, par l’Arizona, par ses habitants qu’ils soient humains, animaux ou féeriques. Au fil du récit, à mesure que Maggie Black s’enfonce du côté surnaturel des lieux, je me suis moi-même retrouvée de plus en plus happée profondément. C’était au point que, autant au début j’arrivais à poser le livre pour vaquer à mes occupations, autant arrivée vers la moitié, il m’était impossible de le lâcher. Peu importait que l’heure de plonger dans les bras de Morphée fût depuis longtemps passée. Je ne pouvais tout simplement pas poser le livre. Il me fallait lire encore un chapitre, puis encore un autre. Jusqu’à la fin.

Cela faisait longtemps qu’un livre ne m’avait pas fait un tel effet, comme un hypnotique, un sort, un charme. Longtemps que je n’avais pas ressenti une telle magie exsuder d’un récit. Une magie aussi belle que dangereuse, une magie sans loi ni morale. Les esprits, même féeriques, ne répondent pas aux mêmes règles que le monde des hommes et cela, cette étrangeté, ce mélange de beauté, de danger et de douceur, cet aspect résolument autre, Terri Windling a su le rendre à la perfection. Ses personnages humains sont tous aussi bien rendus, leur psychologie finement abordée et quant à l’Arizona, ah ! Elle nous y emmène littéralement. C’est tout juste si l’on sent le souffle sec du vent chaud sur notre peau, même lorsqu’on lit le roman en plein hiver.

L’Épouse de bois, c’est tout un hommage au désert d’Arizona, sa faune, sa flore, son folklore, ses habitants. C’est aussi un roman qui ne met pas seulement en scène des esprits. Il traite également de l’art et de l’inspiration, deux thèmes qui m’ont d’autant plus parlé que, vous le savez, je suis moi-même une « scribouilleuse ». Si les personnages de Davis Cooper et Maggie Black sont des poètes, on croise également des peintres et des musiciens. C’est véritablement l’art, ce qu’il implique – que ce soit les problèmes inhérents à l’inspiration lorsqu’elle vient à manquer, ou lorsqu’elle se fait trop présente – qui est abordé avec beaucoup de force, dans un style époustouflant, et au travers de personnages magnifiquement campés.

Un roman riche, donc, à la plume superbe (malheureusement écaillée ici et là de vilaines coquilles). Un livre infusé de magie et que l’on referme avec, encore aux oreilles, le chant des coyotes et le murmure des esprits.

Éditions Les Moutons électriques, 320 pages, 2010

Cette lecture s’inscrit dans les challenges Je suis éclectique du forum Mort-Sûre (catégorie Fantasy), Winter Mythic Fiction et SFFF au féminin.

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Par ton regard, Vanessa Terral

par_ton_regard_terralQuatrième de couverture

Sandra est reporter free-lance. Son sujet actuel la conduit à voyager à la frontière de l’Inde et de la Birmanie, en compagnie de quelques écologistes. Cependant, l’un d’entre eux fait tache, autant par son physique — du genre à ne pas s’y frotter — que par sa vigilance : Joachim. Sandra le soupçonne d’être un agent secret. Lorsqu’une fusillade éclate, elle n’a plus de doute. Et, désormais, elle lui doit la vie…
Mortellement blessé, Joachim ne peut plus dissimuler la vérité à Sandra. Elle seule est en mesure de le sauver, à une condition : qu’elle unisse son existence à la sienne.

Mon avis

Tout d’abord, je remercie Vanessa Terral pour m’avoir proposé gracieusement cette nouvelle. Vanessa, si tu me lis, merci beaucoup ! ❤ Car ce fut une lecture des plus agréables, une lecture qui m’a fait du bien à un moment où, je l’avoue, j’avais le moral dans les chaussettes.

Par ton regard est une nouvelle appartenant au genre de la romance. C’est donc sans surprise que l’on verra se nouer une idylle entre les deux personnages principaux… mais celle-ci ne se nouera pas forcément comme on pourrait le croire ! Déjà, l’auteur a soigné ses personnages. Sandra et Joachim ne sont pas des clichés sur pattes, ils sont crédibles, ont chacun leur personnalité, leurs passions, et même leurs failles. C’est ce qui a fait que je me suis immédiatement prise de sympathie pour eux et que mon petit coeur a littéralement fondu quand les sentiments sont venus se mêler de l’intrigue.

L’autre chose qui m’a plu c’est que, comme toujours avec la plume de Vanessa Terral, le folklore et la mythologie ne sont jamais bien loin. Je ne dévoilerai pas quelles créatures sont évoquées – il faut vous garder un peu de surprise, quand même ! – mais je ne spoilerai personne en annonçant que des métamorphes sont de la partie (l’éditeur l’a glissé comme mot-clé. Il sait qu’il y a des amateurs et, d’ailleurs, le procédé fonctionne car j’ai d’ores et déjà noté d’autres oeuvres à acquérir dans le futur chez ce même éditeur, où métamorphes ou loups-garous ont la part belle ! ;)). Revenons-en à Par ton regard. On pourrait penser que j’étais conquise d’office par la présence de métamorphes et par le fait que j’apprécie beaucoup la plume de l’auteur. Eh bien, certes, c’est vrai, mais d’autres éléments sont venus s’ajouter pour faire peser la balance vers le coup de coeur : le traitement de l’histoire d’amour, qui sort un peu des sentiers battus tout en restant dans les codes du genre et une réflexion de fond.

En effet, romance ne signifie pas nécessairement niaiserie ! Par ton regard le prouve puisque l’action nous emmène entre l’Inde et la Birmanie, que les personnages ont des motivations écologistes (et vu la déforestation et autres trafics de peaux de bêtes qui règnent là-bas, on comprends la raison de leur présence). Ce souci de l’environnement demeurera d’ailleurs tout au long de l’histoire, en toile de fond, juste assez en retrait pour ne pas devenir un récit moralisateur – et là je salue le talent d’équilibriste de l’auteur ! On peut même, dans un certain passage, flairer un plaidoyer pour l’anti-spécisme mais j’extrapole peut-être. En tout cas, je l’ai ressenti comme tel et ma sensibilité écologique en a été ravie 🙂 Mais rassurez-vous, comme je le disais, ce sujet ne vient pas piétiner tout le charme de la romance, au contraire, il l’enrichit.

En résumé, j’ai dévoré cette nouvelle avec un plaisir évident, d’autant plus que, malgré le sujet de fond plutôt sérieux, nos deux tourtereaux sont des plus croquignolets (pour ne pas dire séduisant, concernant un certain Joachim… ;)), surtout quand on voit leur idylle se construire. Une romance qui réchauffe le coeur, qui se dévore hélas trop vite (je crois que si je devais trouver un reproche, ce serait celui-là ^^).

Coup de coeur sans équivoque, donc, pour cette jolie histoire de coeur avec métamorphe et écologie au menu ! 🙂

À noter que la nouvelle n’est pour l’instant disponible que pour les abonnés aux éditions Láska, elle sera mise en vente pour tous le 1er décembre. Vous pouvez cependant, si vous n’êtes pas abonnés, avoir un avant-goût de Par ton regard en en découvrant les premières pages.

Éditions Láska, 41 pages, 2014

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Rachel Morgan t. 1 : Sorcière pour l’échafaud, Kim Harrison

Quatrième Rachel Morgan 1, Kim Harrisonde couverture

Rachel Morgan est une jeune femme comme les autres… mais il ne faut pas se fier aux apparences : c’est une sorcière ! Après sept ans passés à chasser les criminels qui se cachent parmi les créatures de la nuit, Rachel démissionne et lance sa propre agence.

Le seul problème, c’est que personne n’est censé quitter cette police très spéciale, et Rachel est aussitôt traquée par des tueurs munis d’un bel assortiment de malédictions bien vicieuses. Le seul moyen de s’en sortir ? S’associer avec une vampire envoûtante et pour le moins inquiétante…

Mon avis

Comme je l’avais dit lors d’un précédent avis de lecture, la bit-lit, j’ai du mal. Les différentes quatrièmes de couverture que je parcours ne me tentent guère et si j’ai eu de bonnes surprises, j’ai aussi eu des confirmations de ma répulsion envers ce genre. Cependant, les bonnes lectures m’ont donné envie de m’accrocher et de fouiner à la recherche d’autres romans qui me parleraient. C’est ainsi que je suis tombée sur les aventures de Rachel Morgan et, après avoir refermé ce premier tome (un petit pavé en poche), je dois dire que j’ai aussitôt mis la main sur le second. Conquise ? Et comment ! 🙂

On suit donc Rachel Morgan, sorcière de son état qui travaille pour le SO – le Service de Sécurité de l’Outremonde. Mais la jeune femme a la poisse : elle récupère des affaires peu intéressantes et de surcroît, son équipier Jenks, pixie de son état, n’a pas sa langue dans sa poche. La jeune femme finit par lâcher son job, entraînant avec elle Ivy, une vampire non-pratiquante (c’est-à-dire qu’elle refuse de se sustenter d’humains – non elle ne brille pas de mille feux au soleil ! Vous vous trompez de roman ! ;)). Or, personne ne démissionne du SO. Rachel se retrouve donc avec un contrat sur la tête et des tas de personnes vouées à l’assassiner pour remporter le pactole. À moins qu’elle ne règle le dit-contrat mais pour cela, il lui faut une affaire juteuse… et quoi de plus juteux que d’enquêter sur le mystérieux Trent Kalamack, dont personne à l’heure actuelle n’a pu déterminer s’il s’agissait d’un humain ou d’un Outre ? (nom donné aux créatures surnaturelles, telles les pixies, vampires et sorcières).

Voilà pour le pitch. Concernant le monde mis en place par Kim Harrison et dans lequel évolue nos personnages, il est similaire au nôtre à ceci près que, lors des avancées des recherches sur l’ADN, un accident génétique (et viral) a provoqué un changement conséquent. C’est le Tournant. Je n’en dis pas plus, car découvrir cet épisode de l’histoire de cet univers alternatif est l’un des passages les plus chouettes de ce roman ! 🙂 Tout ce que je dirais, c’est que c’est à la fois crédible et absurde, un mélange détonnant qui correspond bien au ton de l’histoire, d’ailleurs.

Oui, le récit est empreint d’un certain humour, un ton de second degré qui fait du bien et qui est sans doute du au fait que Rachel est la narratrice de l’histoire. Rachel est attachante, par cet humour, sa propension à se fourrer dans des situations catastrophiques et sa ténacité. Les personnages secondaires ne sont pas en reste : de l’envoûtante mais dangereuse Ivy à l’agaçant Jenks, qu’on finit pourtant par bien aimer, on a vite fait de s’attacher au trio et de suivre leurs péripéties avec intérêt. Oui, le roman est un petit pavé mais les pages se tournent toutes seules tant le récit sait se faire accrocheur !

Ajoutez à cela que la romance n’est pas le sujet principal de l’intrigue (je la devine pour plus tard, vu l’arrivée d’un certain personnage, mais elle est totalement absente de ce premier volume), qu’on est plus dans un récit d’action et d’enquête, avec des personnages fouillés, et vous obtenez un roman qui, pour ma part, m’a rappelé le ton de la série Buffy The Vampire Slayer (bien sûr, les deux histoires n’ont rien à voir sur le fond). Et puis, avec des titres qui jouent sur les western spaghettis (surtout dans les tomes suivants), on ne peut pas dire que l’on est trompé sur la marchandise : il y a du suspense, de l’action, et de l’humour à revendre là-dedans !

En bref, je pense avoir trouvé là une série de romans bit-lit que je vais poursuivre avec plaisir – en tout cas j’ai adoré ce premier volume ! 🙂 Seul hic : l’éditeur en a cessé la parution au volume 5 alors que, en VO, Rachel Morgan en est déjà à sa 13e aventure – la 13e marquant le final. Et il s’agit bel et bien d’une série, le premier volume terminant un arc narratif mais en laissant un autre (et pas des moindres) ouvert. Si, pour ma part, mon niveau d’anglais est suffisant pour poursuivre ensuite en VO (même si ça m’agace d’avance de me dire que j’aurai une série dépareillée, d’autant plus que les couvertures de l’édition française sont, à mon goût, plus jolies que celles de l’édition VO), ce n’est pas forcément le cas de tout le monde.

Dommage, donc, car vu ce premier tome, Rachel Morgan est vraiment une série de bit-lit fort sympathique et originale.

Éditions Milady, 572 pages, 2011

Cette lecture s’inscrit dans les challenges Je suis éclectique du forum Mort-Sûre, catégorie Bit-Lit, et SFFF au féminin du Dragon galactique.

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Ainsi commence la nuit, Vanessa Terral

ainsi_commence_la_nuit_terralQuatrième de couverture

On les appelle parfois les « habitants de la Nuit ». Ils errent dans ces heures incertaines où l’humain n’est plus très sûr de ce qu’il voit. À la lisière de notre monde et de nos perceptions, leurs pas claquent sur le bitume en écho aux légendes urbaines et aux puissances oubliées.

Mon avis

Ce recueil de Vanessa Terral regroupe des nouvelles parues en fanzines dont les numéros sont épuisés, ainsi qu’un texte et un poème inédits. L’occasion, donc, pour les amateurs de la prose de l’auteur de découvrir ses oeuvres de jeunesse ! 🙂 Ainsi commence la nuit a pour fil rouge la thématique du vampire – même si d’autres créatures nocturnes se sont glissés entre les pages 😉 Et, s’il s’agit effectivement « d’oeuvres de jeunesse », avec quelques tournures maladroites ici et là, la plume talentueuse de Vanessa Terral est déjà là, bien visible, avec son univers bien à elle et ses histoires prenantes, qui mêlent cadre moderne et fantastique puisant aux racines du folklore. Le recueil se lit donc avec grand plaisir. Mais penchons-nous dessus d’un peu plus près…

Mystères :une première nouvelle qui nous emmène au sein d’un asile, où est retenue une étrange malade… première incursion dans le monde de la nuit, une bonne mise en bouche qui s’amuse à brouiller nos repères.

Cet homme dans l’ombre du cyprès… : Mélissa passe des vacances en Grèce avec des amis. Lorsque soudain, dans l’ombre du cyprès, alors que le soleil vient de se coucher, elle aperçoit un homme mystérieux…En lisant ce texte, j’avais au départ une impression de déjà-vu, avec en tête le souvenir d’un texte plus ancien, d’un autre auteur, dont les éléments étaient les mêmes. Mais à mesure que j’ai avancé, j’ai petit à petit oublié cet autre texte qui lui ressemble, car le dénouement de l’histoire n’a clairement rien à voir à ce à quoi je m’attendais ! Une bonne surprise 🙂

La Fontaine des Innocents : une jeune femme aime à lire la nuit, près de la Fontaines des Innocents… un texte frais, pétri de magie urbaine, une pépite de lumière obscure au milieu des ténèbres. À savourer ! L’action a pour cadre un lieu réel, je pense qu’une lecture du texte dans le lieu dit apportera un cachet indéniable à la nouvelle, mais même sans cela, la lecture reste une belle expérience 🙂

Red Cloud : un homme entre dans un bar avec une mission : celle de tuer. Une histoire de tueur à gages. Un tueur un peu spécial, engagé par quelqu’un d’aussi spécial, mais même comme ça, je pensais au début de la nouvelle avoir à faire ce genre d’histoires que l’on voit au cinéma d’action. Comme d’habitude, Vanessa Terral en profite pour mieux nous tromper par la suite ! Red Cloud, c’est plus qu’une banale histoire de tueur à gages en mission, c’est un aperçu de l’univers vampirique de l’auteur, des personnages plus profonds qu’il n’y paraît au premier abord, et, au final, une histoire qui nous emmène complètement ailleurs, éberlués de voir nos préjugés s’envoler en fumée.

Et si un chat… : une chasse étrange qui mêle des créatures de la nuit. Je n’en dis pas plus, si ce n’est pour dire que cette traque, cette chasse tient en haleine et laisse de délicieux frissons. Les amoureux des chats regarderont les matous aux balades nocturnes d’un autre oeil…

Manu Sarmans, chroniques vampiriques est en fait le titre d’un ensemble de cinq nouvelles mettant en scène une même héroïne, Manu Sarmans. Je préfère ne pas évoquer ces différents textes un à un car chacun apporte sa pierre à l’édifice constitué par Manu, montre son évolution. Cette vampire a bien du mal à accepter sa condition et pourtant nous la verrons mûrir et gagner en confiance au fil des nouvelles, jusqu’au dernier texte qui prend des airs d’Indiana Jones ! 🙂 Ce récit final est d’ailleurs mon préféré du recueil, pas seulement à cause du mélange de mystère, d’aventure et de fantastique, mais parce que Manu y apparaît en pleine maîtrise d’elle-même, après des doutes et des épreuves. Un point final aux quatre récits précédents, sans qui ce dernier texte n’aurait pas tant de saveur.

La Morsure froide est un poème qui clôt le recueil et qui laisse un goût de glace, d’obscurité sur la langue.

Au total, toutes ces nouvelles laissent apercevoir différents pan d’un même monde vampirique et nocturne, comme autant de fragments d’une même image qui, une fois tous lus, parcourus, laissent enfin se dévoiler le tableau final. Un recueil placé sous le signe des ténèbres et des créatures qui y vivent, qui dévoile déjà le talent de la plume de Vanessa Terral. Pour ne rien gâcher, les textes comportent des illustrations en noir et blanc.

Un recueil pour tous les amateurs de fantastique, de vampires, ou de la nuit, tout simplement.

TheBookEdition, 2012, 162 pages.

Cette lecture s’inscrit dans le challenge SFFF au féminin du Dragon Galactique.

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