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[Le mardi c’est permis !] Galaxy Trucker

galaxy-truckerPrésentation de l’éditeur

Vous avez une tête de pigeon! euh de pilote ? ça tombe bien, Corp. Inc. a besoin de vous !

On ne le sait pas assez mais la conquête spatiale passe par de bonnes canalisations d’égout. Or leur transport est risqué et hors de prix. Chez Corp. Inc., on a eu une idée géniale : plutôt que de transporter les matériaux avec un vaisseau, pourquoi ne pas les utiliser! pour construire le vaisseau lui-même ? Il ne manque qu’un pigeon! euh, un pilote pour livrer le tout à bon port.

C’est là que vous entrez en scène. Signez là, juste là, et vous pourrez vous bichonner un vaisseau préfabriqué à partir de canalisations d’égouts. Et hop ! direction la Périphérie de la galaxie. Pourrez-vous construire un vaisseau suffisamment résistant pour traverser un essaim de météorites ? Vous défendre contre les pirates ? Ou arriver le premier ? Bien sûr que vous le pouvez ! Devenez un camionneur galactique, un vrai, et profitez du voyage !

Mon avis

Inutile d’en préciser davantage que l’éditeur, son résumé vous donnera déjà le ton de ce jeu qui vous garantira de trépidantes aventures spatiales – que vous soyez fauchés ou non, vous aussi, vous pourrez voguer dans l’espace ! 🙂 Mais attention, la galaxie regorge de dangers… et puis, en échange de vos services, Corp. Inc. entend bien que vous arriviez avant vos concurrents, et si possible avec un vaisseau en bon état !

Galaxy Trucker est un jeu à la thématique space opera mais aussi puzzle. En effet, au début de la partie, votre vaisseau est en pièces détachées – puisque votre mission est de convoyer les dites pièces détachées à bon port. Mais vous n’êtes pas le seul sur les rangs ! Ainsi, chaque tour (il y en a trois) débute par une phase d’assemblage du vaisseau. Les pièces sont mélangées, face cachée, et mises en tas au centre de la table. Au top départ, les joueurs se servent et assemblent leur vaisseau – avec une seule main et les tuiles devant être dévoilée au-dessus de votre plateau personnel, sinon c’est trop facile :p . Bien évidemment, arrivera toujours ce moment où les tuiles dont vous avez désespérément besoin auront d’ores et déjà été récupérées par l’un de vos voisins.

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Photographie personnelle

En plus de veiller à être rapide pour ne pas être doublé par un concurrent sur une tuile, il vous faudra faire attention à ce que votre vaisseau soit correctement assemblé – il y a trois types de connectiques et il faudra bien évidemment que les pièces soient accolées à des connectiques qui leur correspondent. Ajoutez à ça le fait qu’il vous faudra aussi penser en terme d’efficacité : laser, bouclier, cabine de pilotage, espace de stockage, réacteurs, toutes ces tuiles vous seront utiles mais votre espace est limité. Il faudra équilibrer le tout… quand les autres vous en laissent le choix !

S’en suit une phase de voyage à travers la galaxie. On retourne des cartes, le paquet ayant préalablement été préparé (durant la phase d’assemblage, vous pouvez jeter un oeil aux premières cartes histoire d’avoir un aperçu des pépins folles aventures qui vous attendent… et vous aider à décider si, oui ou non, un 4e laser est bien nécessaire !). Ces cartes vous indiqueront si vous croisez le chemin d’une sympathique planète où vous pourrez faire des courses, ou d’un essaim de météorites qui criblera votre vaisseau de trous (ou non, là c’est les dés et la solidité de votre esquif qui décideront des dégâts !). Les espaces intersidéraux sont l’occasion de mettre la gomme pour être en tête de la course (c’est là que le nombre de réacteurs s’avère utile), les épidémies pourront faire des ravages parmi votre équipage si vous avez eu le malheur d’accoler vos cabines de pilotage, les pirates vous pourchasseront, ou pire encore, bref, vous atteindrez la ligne d’arrivée épuisé après toutes ces péripéties !

Ensuite, on compte les points ou plutôt devrais-je dire les crédits. L’entreprise vous récompense si votre vaisseau arrive intact, mais aussi selon votre position sur la ligne d’arrivée et elle vous rachète les cargos éventuels que vous auriez récupérés. Ensuite, c’est parti pour un autre tour. À chaque tour, la taille du vaisseau grandit. Il devient dont plus difficile de construire des vaisseaux à la fois beaux et efficaces ! À la fin du troisième tour, on décompte tous les crédits cumulés et celui qui en a le plus remporte la partie.

Précisons que, naturellement, tout vaisseau sans pilote perd la course, idem si vous perdez tous vos réacteurs, en cas de nouvel espace intersidéral, vous dériverez pour toujours et serez donc exclu de la course… Eh oui, Corp. Inc. n’a jamais dit que voyager dans l’espace serait une croisière de plaisance !

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Starlord, pilote aguerri (Photographie personnelle)

Galaxy Trucker est donc un très chouette jeu, amusant jusque dans son livret de règles. S’il peut être un peu long à être appréhendé – du fait de son côté puzzle et rapidité – son mécanisme offre justement de beaux instants ludiques. La phase de voyage spatial est toujours riche en émotions (et en amusement… enfin, tout dépend des situations et du joueur qui en fait les frais ^^ »). Il existe des extensions, histoire de varier les plaisirs, mais le mécanisme de base reste le même. À noter, de jolis clins d’oeil au monde de la SF, comme ce plateau où l’on peut choisir la forme classique de vaisseau ou son alternative, l’Enterprise ! 😉

Alors, prêt à jouer les camionneurs de l’espace ?

Un jeu de Vlaada Chvatil, éditions Iello, pour 2 à 4 joueurs, 2011

Pour en savoir plus

Cet article s’inscrit dans le challenge Summer Star Wars : Episode VII du blog RSF Blog.

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BIOS, Robert Charles Wilson

biosQuatrième de couverture

Situé à quelques années-lumière de la Terre, Isis est un monde verdoyant à l’écosystème complexe. Un monde classé zone de biomenace de niveau 4. La moindre molécule de son biotope est capable de tuer un être humain au terme d’une terrifiante agonie.
Et pourtant, Isis constitue la découverte la plus prometteuse de ce XXIIe siècle : berceau d’une vie fondamentalement
différente, elle pourrait en miroir éclairer notre propre nature.
Zoé Fisher a été conçue pour explorer Isis. Son organisme a été génétiquement optimisé pour s’adapter à l’environnement inhospitalier de cette planète ; sa personnalité patiemment construite autour de cette seule mission.
Quels dangers imprévus Zoé affrontera-t-elle sur cette planète grandiose et meurtrière ? Devra-t-elle sacrifier son humanité pour en découvrir tous les secrets ?

Mon avis

Tout d’abord, un grand merci à Lune puisque c’est grâce à elle que ce livre a atterri sur mes étagères. J’avais en effet remporté BIOS lors du concours organisé sur son blog pour le Ray’s Day de 2014 (oui, il aura mis 2 ans avant de sortir de ma PAL. Ce qui, somme toute, n’est pas un si long délai considérant que j’ai sur mes étagères certains ouvrages qui attendent d’être lus depuis bien plus longtemps… ^^ »)

Et ça a été une très bonne lecture, même si elle n’a pas été de tout repos ! BIOS nous emmène dans un futur pas forcément très réjouissant, notamment au niveau social. Une planète, Isis, a été découverte et son potentiel en termes pharmacologiques est fabuleux. Seul hic – et il est de taille – le biotope en est mortel pour l’homme. Une station orbitale et quelques avant-postes sur la planète (en zone maritime, arctique et forestière) servent à déterminer comment explorer la planète sans risques. Zoé Fisher, qui a été génétiquement modifiée pour minimiser un maximum le risque de contracter l’un des virus mortels qui grouillent sur Isis, est envoyée sur place.

Pourquoi ma lecture n’a pas été de tout repos ? Eh bien parce que lire les péripéties de plusieurs groupes de scientifiques aux prises avec un écosystème sans pitié – que ce soit pour les humains ou pour le matériel – offrait des frissons dignes de ceux qui nous parcourent à la lecture d’un polar palpitant ! Sauf qu’ici, le meurtrier est invisible, il s’agit d’un (en fait, plusieurs) virus. Les symptômes ne sont pas sans rappeler ceux des virus de type Ebola qui se baladent déjà dans certaines zones de notre planète. Autant dire qu’au frisson de la lecture se rajoute un autre frisson quand on se dit que cette partie-là du livre n’est pas vraiment de la science-fiction. Robert Charles Wilson sait rappeler à son lectorat que face à l’infiniment petit, nous sommes aussi peu de choses que face à l’infiniment grand de l’espace.

Le roman ne fait pas qu’offrir une exploration d’Isis à tâtons et sous le signe du danger, il nous fait également une peinture sociale de ce monde du XXIIe siècle, où la société est dominée par les Familles, où les corps sont trafiqués, où même les émotions sont régulées. Un monde qui fait froid dans le dos, d’autant plus qu’il est plausible.

Mais même si les questions de société semblent être en premier plan, elles ne forment pas le sujet principal du livre. BIOS nous parle avant tout d’Isis, la planète à l’écosystème mortel, Isis qui demeure en arrière-plan et qui pourtant pèse tout au long du roman. Isis n’est pas qu’un décor, cette planète possède une réelle présence. C’est pourquoi j’ai été plutôt déçue que, danger microbiologique mis à part, on n’en sache finalement aussi peu sur l’écosystème d’Isis. Certes, la fin m’a beaucoup plu – elle n’a pas été sans me rappeler Solaris de Stanislas Lem – mais elle n’a fait que renforcer ma déception. J’aurai vraiment aimé que l’auteur développe un peu plus son propos, d’autant plus qu’enfin, lors de ce final, on touchait du doigt Isis. Littéralement.

Malgré tout, BIOS reste un roman palpitant, effrayant même par certains aspects. Le personnage de Zoé gagne autant notre attachement que notre peine face aux traitements qu’elle a subis et la planète offre de nombreuses interrogations quant aux éventuelles et futures explorations d’exoplanètes.

Pour résumer, BIOS est un planet-opera qui se rapproche de la hard science et qui se pare d’un soupçon de thriller épidémique.

Éditions Folio, 308 pages, 2008

Cette lecture s’inscrit dans les challenge Summer Star Wars : Episode VII du blog RSF Blog et Je suis éclectique (catégorie Science-fiction) du forum Mort-Sûre.

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Les Astronautes, J.-H. Rosny Aîné

les_astronautes_rosnyaineQuatrième de couverture

Dans Les Astronautes, on retrouve les héros des Navigateurs de l’infini, dont la sublime martienne Grâce. Confrontés de nouveau au fatalisme des Tripèdes, on apprend à mieux connaître les particularités des Zoomorphes, mais aussi à découvrir la troisième grande espèce martienne, les Éthéraux, qui vivent à l’état gazeux dans le ciel de Mars… Une nouvelle ode à la compréhension et à l’harmonie entre les peuples, quelles que soient leurs différences et leur destin, car nulle espèce ne peut échapper au grand cycle de la vie.

Mon avis

Les Astronautes est la suite de la nouvelle Les Navigateurs de l’infini. Si vous n’avez pas lu celle-ci, vous pourrez tout de même embarquer à bord des Astronautes, mais vous perdriez tout le charme de la découverte de Mars par les personnages principaux et surtout le développement de la relation entre le narrateur et la Martienne qu’il nomme Grâce. Je vous recommande donc de lire en premier Les Navigateurs de l’infini avant de vous lancer dans Les Astronautes (les deux textes sont disponibles en numérique, seuls, ou inclus dans divers recueils, au format papier comme numérique).

J.-H. Rosny Aîné est un auteur de science-fiction que l’on peut considérer comme un classique non seulement pour le côté visionnaire de certaines de ses oeuvres (comme la nouvelle La Mort de la Terre), mais aussi parce que ses écrits datent de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. À la lecture de son oeuvre, on ne ressent pourtant pas un tel décalage.

Dans Les Navigateurs de l’infini, on suivait l’exploration de Mars par trois astronautes. Ils y découvraient une faune étonnante et une civilisation au bord de l’extinction. C’est parmi cette civilisation que le narrateur rencontre Grâce, dont il tombera sous le charme étrange – une relation très particulière, puisque Grâce est totalement extraterrestre. Le texte était empreint d’humanisme dans le sens où la découverte de ce peuple se faisait sous le signe de l’échange et de l’amitié.

Les Astronautes nous conte le retour de ces astronautes sur Mars, accompagnés cette fois de Violaine, fiancée bien humaine du narrateur. Les personnages principaux vont découvrir les évolutions qui se sont produites depuis leur départ (ils avaient aidé les Martiens dans leur lutte pour la survie, devenue incertaine face au développement d’une espèce invasive qui se nourrit de radiations et tue les créatures vivantes en aspirant leurs radiations). Si la faune locale est survolée – elle était plus détaillée dans Les Navigateurs de l’infini – cette nouvelle offre cependant au lecteur un approfondissement de l’univers de Mars imaginé par Rosny Aîné. On en apprend enfin plus sur le mystérieux peuple des Éthéraux. Et découvrir le destin des Martiens sous un meilleur jour est aussi un plaisir, ainsi que retrouver Grâce.

Si le ton du texte peut paraître naïf aux yeux du lecteur moderne, je trouve plaisante cette exploration d’une planète Mars fantasmée, où vivent des animaux totalement autres et une population comparable à l’humanité mais très différente par son physique comme sa culture. Le fait que les moyens scientifiques soient peu détaillés permet à la nouvelle de traverser le temps sans trop en pâtir, même si l’on peut légitimement s’interroger sur l’incidence de l’introduction d’espèces extraterrestres sur le sol terrien !

Les Astronautes est un texte à lire sans attendre d’explications scientifiques poussées ni d’aventures trépidantes. À l’instar des Navigateurs de l’infini, c’est un texte qui fait la part belle à l’émotion, où le narrateur n’a pas peur de se présenter plusieurs fois comme un être sensible, un texte empreint d’humanisme et, surtout, d’un amour de l’autre presque naïf mais sincère, que cet autre soit humain ou non. On y découvre une vision fantasmagorique et enthousiaste de la planète rouge en forme d’ode à cette même planète. À l’heure où Mars fait de nouveau rêver, c’est un petit texte issu du passé que l’on ne peut que relire et redécouvrir ! 🙂

Éditions Milady, 99 pages, 2011

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Summer Star Wars : Episode VII du blog RSF Blog.

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Chanur, Carolyn J. Cherryh

chanurQuatrième de couverture

Au spatioport, on a vu l’inconnu errer, hagard, apeuré, apparaissant et disparaissant dans le dédale des conteneurs, des ponts et des passerelles.
Et c’est lui que la capitaine Chanur et son équipage découvrent à bord de leur vaisseau. Quel est cet être à la peau pâle et nue, sans crocs ni griffes, et qui ne semble pas comprendre leurs questions ?
Qui sont-elles, se demande-t-il à son tour, ces navigantes mi-femmes mi-louves, dont la fourrure rousse scintille de bijoux d’or ?
Tandis que le vaisseau fend l’espace, deux mondes, deux langages vont découvrir leurs différences. Pour s’affronter ou se répondre ?

Mon avis

Plusieurs fois lauréate du prix Hugo, Carolyn J. Cherryh est une auteure qui a laissé une belle empreinte dans la littérature de science-fiction. Elle écrit encore de nos jours mais je vais plutôt vous parler de son roman Chanur, paru pour la première fois en 1981 (édition en VF en 1983). Il n’est plus réédité aujourd’hui ce qui est bien dommage, car c’est très bon space opera !

Chanur met en scène un équipage hani, les Hanis étant une race mi-féline, mi-humanoïde. Une telle description, couplée à l’illustration de couverture, n’a pas manqué de me faire visualiser les Hanis à l’image des CosmoCats ! ^^ Oubliez cependant la posture des personnages de la couverture car chez les Hanis le sexe faible, c’est le mâle ! En effet, l’auteur s’est inspiré du mode de vie des lions pour décrire le fonctionnement sociétal des Hanis, à savoir qu’ils sont répartis en clans – Chanur suivant une capitaine issue du clan idoine – dirigés par des mâles, les jeunes mâles quittant le clan pour vivre à l’écart jusqu’au jour où ils reviennent pour tenter de prendre le pouvoir. Par ailleurs, ce sont les femelles qui s’occupent de subvenir aux besoins du clan, notamment en voyageant dans l’espace pour commercer avec les autres espèces intelligentes peuplant l’espace connu. Autant dire que l’équipage hani du vaisseau L’Orgueil de Chanur ne fera jamais appel à l’aide d’un quelconque mâle, même dans les pires instants, ce qui fait que la couverture est vraiment en contradiction avec l’histoire à ce niveau-là.

Le quotidien de Pyanfar Chanur, capitaine du vaisseau, va cependant être bouleversé alors qu’elle fait affaire à la Jonction, grande base stellaire où différentes races commercent entre elles. Un passager clandestin s’infiltre dans son vaisseau et il appartient à une race jamais vue auparavant. Le lecteur, à la description de ce passager, aura vite fait de l’identifier comme étant humain mais aux yeux de Pyanfar, il reste longtemps une créature inconnue. De plus, il amène un paquet de problèmes car il a fui un vaisseau kif, une espèce à l’aspect physique saurien et au comportement naturel des plus vindicatifs. Or, les Kifs réalisent rapidement que leur précieux prisonnier a pris place à bord de L’Orgueil de Chanur et vont prendre ce dernier en chasse.

Nous suivons donc la fuite de Pyanfar et de son équipage face aux Kifs, mais aussi leur tactique pour s’en sortir, leur enquête sur l’identité de leur passager clandestin et les alliances qui seront nouées pour tenter de s’en sortir. Pyanfar est une Hani expérimentée, de rang élevé au sein de son clan, et elle étudie souvent plusieurs solutions avant de déterminer laquelle sera la clé de sa survie et de celle de son équipage. Le roman est centré sur son point de vue et de fait, ce point de vue extraterrestre donne tout son intérêt à Chanur. L’humain n’y a somme toute qu’une place très minime, voire même perturbatrice. Tout est vu selon la vision hani. Un tel point focal est suffisamment original pour donner tout son intérêt au roman, mais s’y ajoute également le talent de l’auteur pour nous faire appréhender facilement cette société particulière ainsi que l’univers dans lequel les Hanis évoluent. C’est par petites touches que leur mode de fonctionnement, leur culture, se dévoile, de même que ceux des différentes races que l’on croisera au fil du roman.

On est aussi bien servi avec la diversité des races présentées ! Les Hanis ne ressemblent en rien aux Shtso, pas plus que les Kifs n’ont de points communs avec les Knnn – cette dernière espèce étant d’ailleurs encore un mystère aux yeux des autres tant elle est étrange. Et il en existe d’autres ! Les quelques lieux spatiaux visités sont aussi décrits avec brio – en quelques mots, l’auteur parvient à nous en brosser un portrait très évocateur – et la vie à bord du vaisseau est elle aussi très bien rendue.

Chanur est un excellent space opera et ouvre un cycle composé de cinq livres au total. Cependant, l’intrigue est bel et bien bouclée à la fin du roman, vous ne serez donc pas frustrés si vous n’avez pas la suite du cycle sous la main. Quant à moi, la raison pour laquelle je vais me lancer dans la suite est toute simple : suivre Pyanfar dans de nouvelles aventures ! 🙂

Éditions J’ai Lu, 317 pages, 1983

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[Le mardi c’est permis !] The Dig

The_Dig Amatrice de point-n-click, et en particulier de bons vieux oldies, j’ai profité d’un bundle de ce type de jeux pour approfondir un peu ma connaissance des jeux LucasArts. Et c’est ainsi qu’a démarré mon aventure dans The Dig ! 🙂 Paru en 1995, le jeu affiche ce dessin en 2D un peu pixellisé qui lui donne tout son charme rétro – avec des cinématiques qui lorgnent tantôt du côté du dessin animé, tantôt vers le réalisme virtuel auquel tendait Myst.

The Dig devait, à la base, être un film, Steven Spielberg ayant eu l’idée du concept pour sa série Amazing Stories. Mais comme cela aurait été trop coûteux à réaliser, pour l’époque, c’est le support vidéoludique qui fut privilégié. Que le projet devait au départ être un film explique sans doute pourquoi la bande-son est aussi belle. Composée par Michael Land, elle épouse fort bien les différentes périodes du jeu et se fait à la fois contemplatrice et évocatrice durant les phases d’exploration.

L’histoire démarre par la découverte d’un astéroïde de grande taille qui menace d’entrer en collision avec la Terre. Une expédition est planifiée afin d’aller implanter des explosifs sur l’astéroïde pour modifier sa trajectoire. La navette Atlantis se dirige donc vers l’astéroïde et trois astronautes sortent pour implanter les charges : le commandant Boston Low (doublé en VO par Robert Patrick, le fameux T-1000 de Terminator 2 !), la journaliste Maggie Robbins et l’archéologue Ludger Brink. Une fois leur mission accomplie, les trois astronautes découvrent avec surprise que l’aérolithe est creux ! Ils vont commencer à l’explorer mais se retrouvent pris au piège alors que le bolide accélère et les emmène loin, bien loin de la Terre. Et lorsque Boston, Maggie et Ludger sortent de l’astéroïde enfin arrêté, c’est pour découvrir qu’ils sont désormais sur une planète étrangère. Commence alors la quête d’un moyen pour rentrer à la maison…

thedig1The Dig s’inscrit donc dans le registre du planet-opera. Le joueur dirige Boston Low, commandant de l’expédition et personnage principal de l’histoire. Comme dans tout bon point-n-click, il va falloir explorer, fouiller, ramasser des objets et prêter attention aux indices afin de pouvoir résoudre les puzzles qui émaillent le jeu. Certains sont d’ailleurs particulièrement ardus (si vous êtes novices dans le genre, mieux vaut vous faire la main avec un autre jeu avant, ou bien ne pas culpabiliser de recourir aux solutions en ligne ;)). Mais l’exploration des lieux est tellement passionnante, ou plutôt devrais-je dire dépaysante, pour ne pas souffrir d’impatience lorsque l’on va et vient dans les différentes sections en quête d’un indice ou objet que l’on aurait manqué – et c’est une impatiente-née qui vous le dit ! ^^

L’ambiance m’a rappelé la série Stargate SG-1, par ce côté exploration d’une planète étrangère et découverte d’une technologie alien complètement différente de la nôtre. Il y a même quelques cristaux à trifouiller (Samantha Carter aurait été ravie) ! La grande différence réside sans doute dans l’absence presque totale d’humour. Si les personnages se permettent parfois un peu de sarcasme ou de blagues, ces dernières se font rares et l’histoire en elle-même est complètement dépourvue de l’humour qui faisait tout le sel des autres jeux de la firme. Est-ce pour autant un mal ? Pour ma part, cela ne m’a pas manqué tant j’étais ravie de pouvoir me balader sur cette planète extraterrestre et d’en découvrir peu à peu les secrets ! 🙂

Par ailleurs, il y a une réelle histoire dans le jeu. Progresser dans les différentes énigmes donne l’impression de parcourir les pages d’un roman du genre (ou de voir un film, justement !), même si les passages où l’on bloque donnent le sentiment de relire encore et encore la même page pour avoir le droit de lire la suivante ^^ » Si l’on aime le planet-opera et le point-n-click, c’est vraiment un jeu à conseiller ! Rien ne manque : paysages qui font rêver, faune locale exotique, technologie extraterrestre à appréhender… et bien sûr traces de la présence des dits extraterrestres.

Pour résumer, The Dig est un petit bijou rétro que je vous recommande chaudement ! 🙂 Je vous laisse avec sa bande-son, à défaut d’un trailer (je préfère vous laisser découvrir l’intro si jamais vous décidez vous aussi d’aller creuser sur cet astéroïde ;)).

Cet article s’inscrit dans le cadre du challenge Summer Star Wars épisode VII organisé par RSF Blog.
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