Éclosion t. 3 : Destruction, Ezekiel Boone

Quatrième de couverture

Toujours plus nombreuses, toujours plus grosses, toujours plus affamées, les araignées sont de retour.
Mais contre elles, que faire ? Les détruire toutes, au risque d’anéantir l’humanité elle-même dans une gigantesque explosion nucléaire ? Ou se laisser dévorer en attendant de trouver une solution scientifique et vraiment efficace ? Mourir ou mourir : il est des dilemmes plus rassurants.
Mais le monde est au bord de l’apocalypse et l’hésitation n’est plus de mise. L’heure de l’affrontement final a sonné. Face à ce monstrueux Jugement dernier en chair et en pattes, la civilisation trouvera-t-elle les ressources qui lui permettront de survivre ? S’enferrera-t-elle encore dans les conflits qui sans cesse la minent ? Saura-t-elle se transcender pour échapper à la double menace de destruction qui pèse sur elle ?

Mon avis

SPOILER ALERT : cette chronique concerne le dernier tome d’une trilogie et peut donc contenir des spoilers. Si vous n’êtes pas à jour, je vous conseille de ne pas poursuivre la lecture de cet article ! (mais sachez que le final est à la hauteur des autres tomes :))

Voici le tome final de cette trilogie horrifique qui voit le monde envahi par une espèce atavique d’araignées au goût prononcé pour la chair et le sang. Après deux tomes rondement menés, capables de tenir en haleine comme de faire frissonner, qu’en est-il du grand final ?

La deuxième vague invasive amorcée dans le tome 2 débarque. Au menu, cette fois, en plus des habituelles et redoutables araignées mangeuses d’homme, se trouvent quelques spécimens d’une taille plus que respectable. Parce que des araignées innombrables et assoiffées de sang ne suffisaient pas, l’auteur nous gratifie d’araignées géantes (ou presque) dotées du même régime alimentaire.

Une lueur d’espoir demeure cependant, plusieurs personnages oeuvrant pour percer les secrets de cette espèce d’araignée endormie depuis des millénaires. Or, connaître son ennemi, c’est connaître ses points faibles… et donc avoir une opportunité de l’éliminer.

Sauf que… vous connaissez l’espèce humaine ? Celle-là même qui, malgré toutes les alertes quant au dérèglement climatique et la disparition de la biodiversité, garde la tête dans le sable ? Eh bien dans Destruction, nous allons assister à de nouvelles grandes démonstrations de l’art très humain de (ne pas) résoudre de grandes crises mondiales. Vous l’aurez compris, les araignées ne seront pas le seul souci de nos personnages principaux… et en particulier de la présidente des Etats-Unis. Déjà que ses subordonnées n’étaient pas très fans d’une femme à la tête du pays, autant dire qu’en situation de crise, aucun cadeau ne lui est fait.

Si j’ai aimé ce tome 3 ? Autant que les précédents ! 🙂 Je l’ai lu d’une traite, le suspense est toujours de mise même si l’intrigue se resserre davantage autour des personnages survivants. Quelques uns font leur apparition (comme d’habitude, tout le monde ne verra pas le dénouement).

Mon seul bémol serait la fin qui arrive un peu trop vite à mon goût et la façon dont les événements se précipitent. Mais est-ce vraiment un mal ? L’auteur nous a tenu en haleine sur trois tomes, il a raison de conclure son histoire et il le fait bien (même si le côté américano-centré de cette conclusion me fait tiquer).

Si vous attendiez de savoir si le récit se tenait jusqu’au bout avant de vous lancer dans la trilogie, allez-y sans peur : elle se tient ! Et si vous aviez lu les tomes précédents, je vous rassure aussi : ce dernier volume reste d’un aussi bon niveau. Un niveau horrifique, cela va de soi 🙂

Éditions Actes Sud, 368 pages, 2019

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Éclosion t. 2 : Infestation, Ezekiel Boone

Quatrième de couverture

Il y a d’abord eu la nuée noire qui a englouti un homme, les irrégularités sismiques qui ont intrigué les scienti­fiques en Inde, la bombe atomique que la Chine a, de façon incompréhensible, lancée sur son propre territoire. Puis le laboratoire de la zoologue Melanie Guyer a reçu un colis contenant un mystérieux sac d’oeufs. Personne ne se doutait encore que, du jour au lendemain, la Terre serait consumée par des araignées tueuses en sommeil depuis des millénaires.
Très vite, Los Angeles n’est plus qu’un champ de ruines. New Delhi, une rumeur. Quant à Paris… Ravalée au rang de simple maillon dans une chaîne alimentaire dominée par le plus puissant prédateur que la nature ait connu, l’humanité semble avoir rejoint le contingent des espèces en voie de disparition.
Malgré l’ampleur des dégâts, politiques, scientifiques, survivalistes, bons pères de famille, tous tentent de s’or­ganiser pour lutter contre la menace. Quand, soudain, contre toute attente, les araignées semblent se retirer et mourir. L’humanité serait-elle sauvée ? N’y aurait-il plus qu’à panser les plaies du plus grand fléau de l’histoire ?

Mon avis

SPOILER ALERT : cette chronique concerne le second tome de la trilogie Éclosion. Elle contient donc des spoilers du premier volume. Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous conseille de revenir lire la critique après votre lecture (mais sachez que le tome 2 est aussi bon que le 1 ! :))

Après un premier tome terrifiant à souhaits, Ezekiel Boone poursuit sa trilogie arachnéenne avec Infestation. L’humanité se remet difficilement de la première vague d’attaque des araignées – pour rappel, une espèce atavique est sortie d’un sommeil millénaire, espèce qui a la particularité de se déplacer par groupes de milliers d’individus et dont les habitudes alimentaires se réduisent strictement au sang et à la chair d’êtres vivants.

Le tome 1 s’était achevé sur la constatation horrifiée par Melanie que ce n’est que la première vague d’une invasion. Le tome 2 va prendre le temps avant de nous donner un aperçu d’à quoi ressemblera cette fameuse seconde vague. Les personnages survivants se trouvent là dans l’oeil du cyclone, ils le savent confusément, le lecteur le sait, et la tension reste donc de mise.

Tous se préparent, comme ils le peuvent, au monstrueux visage que prendra la suite de l’invasion de ces araignées mangeuses d’hommes. Comme dans le premier tome, l’auteur se plaît à alterner entre différents personnages, laissant planer l’incertitude quant à leur devenir – plusieurs ne verront d’ailleurs pas la fin du tome 2, ou bien seront dans une posture telle que leur sort est scellé.

Cependant, quelques progrès sont réalisés dans la connaissance de cette nouvelle espèce d’araignée et dans les moyens de lutte. L’espoir reste donc à l’horizon malgré les mesures parfois radicales prises par des gouvernements pour endiguer l’invasion. Au passage, ce second tome peut rentrer dans la catégorie post-apo en raison du bouleversement complet de la civilisation humaine face à ce prédateur aussi redoutable qu’inattendu.

C’est donc un second volume sans temps mort, que j’ai dévoré avec autant d’avidité que le premier. Les frissons, s’ils sont un peu moins intenses du fait que la majorité de l’intrigue se déploie dans l’oeil du cyclone, restent présents. L’auteur dose bien la dissémination d’indices pour la menace suivante (qui devrait se dévoiler complètement dans le tome 3), laissant ainsi le lecteur comme ses personnages aux aguets.

Avant une partie finale qui vous laisse complètement transi d’horreur, avec un chapitre en particulier… j’en tremble encore ! Le tome 3 s’annonce encore plus terrifiant que le premier et je ne saurai que trop vous recommander cette trilogie si vous êtes en mal de littérature horrifique. Arachnophobes, cela va sans dire, passez votre chemin ! ^^ »

Éditions Actes Sud, 383 pages, 2018

Éclosion t. 1, Ezekiel Boone

Quatrième de couverture

Au cœur de la jungle péruvienne, une étrange et menaçante masse noire s’abat sur un groupe de touristes américains en excursion. Et les dévore vivants. Dans le Nord des États-Unis, un agent du FBI enquête sur le mystérieux crash de l’avion d’un milliardaire. Un peu partout dans le monde, des phénomènes anormaux et inexpliqués se produisent. Jusqu’à ce qu’une bombe nucléaire explose en Chine, transformant tout l’Ouest du pays en un vaste champ de ruines atomiques.
Que contient ce colis en provenance d’Amérique du Sud, qu’une scientifique renommée, spécialiste des araignées, vient de recevoir ? Est-ce là, à l’intérieur de ce fossile qui semble lutter pour revenir à la vie après un sommeil de plusieurs milliers d’années, que se trouve la clef de l’énigme ?

Mon avis

Halloween, c’est dans une semaine. C’est donc le moment pour se plonger dans des lectures à frissons ! Mais quel auteur choisir sur les rayonnages ? Stephen King, le maître de l’horreur ? Lovecraft, classique du genre ? Ou encore Dean Koontz, ou Graham Masterton ? Eh bien je vous propose un petit nouveau : Ezekiel Boone. Sous ce pseudonyme, l’auteur nous propose en effet le premier volume d’une trilogie qui promet d’être terrifiante à souhaits !

Quand on parle de littérature horrifique, l’une des créatures classiques qui vient à l’esprit est l’araignée. C’est autour de cette bestiole que le roman bâtit son intrigue. D’ailleurs, elle est présente sur la couverture, sur le logo du titre, discrète mais déjà terrifiante. Car l’araignée imaginée par Ezekiel Boone n’a rien du sympathique faucheux ou même de l’inoffensive, quoique énorme, tarentule. Dès les premières pages du récit, on est confronté à une espèce invasive, qui se déplace par dizaines de milliers d’individus et surtout, qui ne se nourrit que de chair et de sang.

Aux quatre coins du monde surgissent ces terrifiantes araignées. Face à la menace, les gouvernements tentent différentes tactiques. Au milieu du chaos, plusieurs personnages nous apportent leur point de vue sur le désastre annoncé – une spécialiste des araignées, un guide péruvien, une chercheuse indienne qui surveille l’activité sismique, un agent du FBI, l’assistant de la présidente des États-Unis, un millionnaire américain, des survivalistes américains, un jeune ouvrier chinois, un auteur écossais se succèdent ainsi pour nous placer au coeur de l’action.

Dire que j’ai dévoré ce livre serait un mauvais jeu de mots et pourtant, une fois commencé, j’avais du mal à le lâcher. Le récit suit plusieurs personnages que l’on retrouve de manière régulière. Le procédé nous permet d’être au cœur de l’action, partout dans le monde. Mais surtout, il induit un suspense certain quant au devenir des personnages. Car l’auteur les approfondit tous, sauf que tous ne seront pas vivants une fois la dernière page tournée…

L’autre intérêt du roman, c’est cette étrange fascination, mêlée de frissons d’horreur, qui nous prend lorsque l’espèce d’araignée atavique imaginée par l’auteur commence à se manifester de manière agressive. On ne peut s’empêcher de tourner les pages, curieux de savoir jusqu’où l’horreur à huit pattes va aller, curieux aussi de savoir d’où peut bien provenir cette espèce.

Éclosion est donc une réussite et le final, glaçant, augure d’une suite aussi prenante que le premier opus. Ezekiel Boone revisite avec maestria un thème classique et nous offre un excellent roman d’horreur à suspense. Autant dire que si vous êtes arachnophobes, ce livre vous est absolument déconseillé ! Mais si vous voulez frissonner, lecture recommandée ! 😉

Éditions Actes Sud, 363 pages, 2018