La fille du monstre, Florence Aubry

Quatrième de couverture

Comment vivre avec un papa qui a voulu partir?
Un père qui a voulu en finir.
Un père qu’on ne reconnaît plus, dont le visage aimé a disparu, pulvérisé. Et devenir du jour au lendemain la fille d’un monstre aux yeux des autres…

Mon avis

C’est avec beaucoup d’appréhension que j’ai abordé La fille du monstre. Le sujet principal du livre, à savoir le suicide et ses conséquences sur les proches, est en effet des plus délicats. Et quand on est, comme moi, une âme sensible, il y a de quoi s’inquiéter de la façon dont le livre pourrait traiter un sujet aussi douloureux.

Mais Florence Aubry traite ce difficile thème avec une délicatesse rare. Nous vivons l’histoire du point de vue de Tess. Depuis le jour où son père a tenté de se tuer. Un acte désespéré auquel il survit, certes, mais qui le laisse défiguré à vie. Et pour Tess commence alors un douloureux chemin. Dans son village, elle n’est désormais plus que « la fille du monstre », un sobriquet lourd à porter quand on est encore une petite fille. Surtout, elle ne comprend pas la raison de cette tentative de suicide.

Le livre est court mais il n’a pas besoin d’être plus long. Avec les mots de Tess, avec sa sensibilité, l’autrice met en lumière les conséquences du suicide sur les proches. Elle nous présente le cheminement d’une adolescente qui mettra des années avant d’accepter, puis de pardonner à ce père qui, un jour, lui est soudainement devenu si étranger. Et elle le fait avec une plume précise, à la fois pudique mais sincère, sans tirer le sujet vers le glauque ou le pathos.

Un exercice d’équilibre d’autant plus remarquable qu’il est brillamment réussi. Malgré tout, si le livre s’adresse à un public d’adolescents et de jeunes adultes, si le sujet est bien traité, je pense que sa lecture nécessite un minimum d’accompagnement pour les plus jeunes ou les plus sensibles.

Éditions Gallimard Jeunesse, 192 pages, 2019