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Parution de l’anthologie Les Eléments III : L’eau

eau_200Comme annoncé, l’anthologie Les Éléments III : L’Eau, dirigée par Magali Duez, est parue aux éditions Griffe d’Encre le 25 mai dernier. Vous y trouverez donc mon texte Les âmes des anciens, aux côtés d’oeuvres de Tepthida Hay, Isabelle Guso, Marianne Lesage et bien d’autres plumes – neuf en tout en comptant la mienne ! 🙂

Les âmes des anciens est une nouvelle à mi-chemin entre fantastique et fantasy urbaine. Pierre, quinze ans, en est le héros. L’adolescent doit faire face à sa peur de l’eau depuis qu’il a été attaqué par un requin. Et sa vie pourrait bien changer davantage lors d’un séjour sur l’archipel des Tuamotu…

C’est un texte qui me tient particulièrement à coeur – non pas que mes autres textes me plaisent moins, bien entendu – du fait de son sujet et de la légende sur laquelle je me suis basée pour le rédiger. Je suis donc d’autant plus heureuse qu’il figure à bord de l’anthologie ! 🙂

L’anthologie sera présente sur le stand de l’éditeur aux Imaginales, ce week-end. Si vous faites partie des chanceux qui y vont, vous pourrez donc vous la procurez et profiter d’une bafouille de Magali Duez (l’anthologiste), Tepthida Hay et Andoryss Mel (auteurs figurant au sommaire).

Les Éléments III ; L’Eau, anthologie dirigée par Magali Duez, éditions Griffe d’encre, mai 2015, 15 euros (commander)

Sommaire :

  • Lacrimosa de Andoryss Mel
  • RH250 de Alix Le Guinec
  • Mare a mare de Livia Galeazzi
  • Fleur d’eau de Marie Barthelet
  • Larmes de pluie de Isabelle Guso
  • L’Hiver est ma demeure de Marianne Lesage
  • A consommer sans modération de Michel Féret
  • Mémoire d’une teigne marine de Tepthida Hay
  • Les âmes des anciens de Magali Lefebvre

Quatrième de couverture

Elle couvre 70% de la planète et compose de 55 à 75% du corps humain. Autant dire que l’eau est un élément qui a de quoi mettre la pression.

Ils ont levé la tête vers les cieux gorgés de pluie, plongé au cœur des océans, des lacs et des rivières, parcouru les banquises…

Leur eau peut être douce ou salée, abondante ou insuffisante, porteuse de vie ou de désastre…

Venez le découvrir, et dans ces pages assouvir votre soif d’imaginaire.

Critique des « Éléments III : L’Eau » :

[…] Le recueil se termine sur l’océan, les vagues et les requins, une inquiétante attraction avec « Les âmes des anciens » de Magali Lefebvre. Neuf nouvelles, neuf mondes, neuf facettes d’un élément aux formes infinies.

Des récits qui coulent de source

Magali Duez a fait un très bon travail de sélection : le lecteur rencontre des mondes différents et des approches originales autour de ce thème de l’eau au fil de ces neuf nouvelles. L’eau est tour à tour compagnon, ennemi, mystère, nécessité. Quand l’un parle de sciences, un autre explore d’anciennes mythologies.[…]

[…] Magali Lefebvre propose elle un homme-requin (Âmes des Anciens) dans un récit agréable mais trop conventionnel

[…] Un peu à part, on découvre Les âmes des anciens, récit fantastique qui puise sa source dans les croyances anciennes des îles pacifiques.

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À paraître : une nouvelle dans une anthologie des éditions Griffe d’Encre

eau_200C’est annoncé depuis ce jour sur le site de l’éditeur, l’anthologie Les Éléments III : L’Eau paraîtra aux éditions Griffe d’Encre à la fin du mois. Et, vous l’aurez deviné, je figure à son sommaire, accompagnée de 8 autres auteurs 🙂 Il s’agit là du fameux texte accepté dont je vous parlais dans mon bilan de l’année passée et j’ai hâte de découvrir les oeuvres de mes compagnons de sommaire ! 🙂

Voici donc le sommaire complet de l’anthologie, ainsi que la quatrième de couverture :

Elle couvre 70% de la planète et compose de 55 à 75% du corps humain. Autant dire que l’eau est un élément qui a de quoi mettre la pression.

Ils ont levé la tête vers les cieux gorgés de pluie, plongé au cœur des océans, des lacs et des rivières, parcouru les banquises… 

Leur eau peut être douce ou salée, abondante ou insuffisante, porteuse de vie ou de désastre…

Venez le découvrir, et dans ces pages assouvir votre soif d’imaginaire.

  • Lacrimosa de Andoryss Mel
  • RH250 de Alix Le Guinec
  • Mare a mare de Livia Galeazzi
  • Fleur d’eau de Marie Barthelet
  • Larmes de pluie de Isabelle Guso
  • L’Hiver est ma demeure de Marianne Lesage
  • A consommer sans modération de Michel Féret
  • Mémoire d’une teigne marine de Tepthida Hay
  • Les âmes des anciens de Magali Lefebvre

La couverture est illustrée par Magali Villeneuve et l’ouvrage, dont la sortie est prévue pour le 25 mai prochain, sera bientôt en souscription.

EDIT : ça y est, la souscription est ouverte ! 🙂

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Virus, anthologie dirigée par Magali Duez

Virus, anthologie dirigée par Magali DuezQuatrième de couverture

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8 virus détectés.

Mon avis

Voici venue la dernière anthologie en date des éditions Griffe d’Encre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle arrive au bon moment : l’automne est là et les virus et autres microbes se frottent les mains car c’est leur saison, avec l’hiver. Rhumes, grippes et compagnie font la fête. Et les virus, c’est justement la thématique de cette anthologie ;). À noter que des virus informatiques se sont aussi glissés dans le sommaire – ils ont même fait planter la 4e de couverture, les bougres.

C’est partis pour 8 textes vérolés à souhait :

H5N1 de Frédérique Lorient : le virus H5N1 s’étant répandu dans le monde, les oiseaux sont désormais pourchassés et tués sans pitié. Seuls les bâtiments fermés permettent aux humains de poser leurs masques respiratoires. Alors qu’une mère et sa fille – qui ignore donc à quoi ressemble un oiseau – visitent un musée, une mésange s’introduit dans les lieux… On commence avec un premier texte fort. H5N1 est un virus existant, qui fait déjà planer son ombre depuis quelques années – la fameuse grippe aviaire. Frédérique Lorient imagine un futur pas si lointain où le monde vit dans la peur d’être contaminé, suite à une pandémie. À tel point que la vie quotidienne en est transformée – masques respiratoires, chasse à l’oiseau et autre chose que je vous laisserai découvrir dans ce texte court, mais glaçant.

Rouge cerise à pois blancs de Véronique Pingault : le rédacteur d’articles humoristiques est pris d’un début de rhume, une catastrophe pour lui puisque son inspiration lui vient de bains quotidiens. Mais le rhume anodin en question va s’avérer différent, particulier. Et se propager aussi rapidement que le rhume commun. C’est un rhume qui va mettre le monde sans dessus dessous, un rhume créatif. Après le terrifiant H5N1, un bon éclat de rire, ça fait du bien ! Ici, le virus mis en scène est imaginaire (ou pas, ça expliquerai certaines personnalités fantaisistes et donnerait l’espoir que même le plus austère peut être pris de folie créatrice 😉 ) et provoque des situations cocasses, où l’imaginaire de la personne atteinte est décuplé. Un petit grain de folie bien innocent et très rafraîchissant, on aimerait en voir plus souvent des virus comme ça 🙂 (enfin, avec modération quand même, trop de fantaisie peut aussi nuire à la santé…)

Utopie en sursis de Isabelle Guso : dans un monde où tout a un sens, une jeune enquêtrice a affaire avec une mystérieuse mort : il semblerait que la victime se soit suicidée. Impensable, dans un monde où tout est traqué avant naissance pour empêcher ce genre de déviance. Oui mais… les cas se multiplient, des cas de folie grandissante, et la fille même d’Audrey se retrouve atteinte du mal. Que se passe-t-il donc ? Retour dans une histoire qui fait froid dans le dos avec ce monde utopique qui cache, on s’en doute, un revers de médaille bien sombre. Si, arrivé à un certain point, on devine très vite où l’auteur veut en venir (j’ai notamment pensé aux Sims), cette longue nouvelle n’en est pas moins fort bien construite au niveau de ses personnages, avec une fin qui prête à réflexion quant aux inventions intelligentes de l’homme, leur statut et leur devenir.  Sans compter une autre réflexion mais je vous laisse la découvrir.

Mise à jour de Pénélope Chester : un droïde domestique doit être mis à jour, sa maîtresse attendant un enfant. Mais le droïde ne veut pas, de peur d’être infecté par un virus informatique. Tant de cochonneries traînent, de nos jours… nouvelle alternance, on retourne à l’humour avec ce petit texte qui s’amuse à inverser les rôles et fait vraiment sourire. J’ai beaucoup apprécié ce droïde qui m’a rappelé ces personnes qui évitent tout contact de crainte d’attraper un microbe.

Quand les clowns en treillis font gémir la musique de Fabien Clavel : une mystérieuse épidémie transforme physiquement les personnes atteintes en simulacre de clown. Celles-ci sont mises au ban de la société, même après qu’un traitement ait été trouvé. Dans ce texte, on retrouve en filigrane de la science-fiction bien des aspects sombres de notre réalité contemporaine, comme la façon dont sont souvent perçues les personnes séropositives ou l’accès non égal aux soins selon sa fortune. Une nouvelle de science-fiction qui étreint le coeur car elle rappelle bien notre société réelle.

Intrafolie de Raymond Iss : quand son implant est infecté par un virus informatique, un homme se voit obligé d’entendre en boucle Itsi Bitsi Petit Bikini de Dalida. Retour à l’humour, mais bien grinçant cette fois ! Ou quand les objets de technologie de pointe, ces gadgets dont tout le monde raffole, deviennent un enfer ambulant. Et comme en plus, je suis plutôt du genre anti-gadget dernier cri, je dois dire que les mésaventures de ce pauvre homme m’ont bien fait rire. Même malgré sa fin. Comme quoi, mieux vaut toujours se méfier des nouvelles technologies, surtout quand elles sont marketées à qui mieux mieux !

Flocon rouge de David Osmay : dans un monde où l’on a pu trouver un remède à la vieillesse, car la science a découvert qu’un virus en était à l’origine, virus que tous portent à la naissance, vit une fillette de douze ans. Physiquement. Car, vaccinée par son père, elle n’a plus vieilli d’un pouce depuis plusieurs années. Or, voici qu’un nouveau virus fait son apparition. Qui n’atteint que les Vaccinés. Et leur redonne le poids des ans. Entre réflexion sur la quête d’immortalité et sur le fait d’être bloqué dans un corps immuable, un très beau texte qui rappelle tout l’intérêt de vivre au jour le jour, de voir le temps laisser ses marques. Délicat et sensible, un texte qui laisse son empreinte.

Contagion de Bruce Holland Rogers : pour terminer, un texte bref d’un auteur américain. Dans un futur proche, une pandémie explose. Les médias ne cessent de décrire le mal et de donner les conseils afin d’éviter la contagion. Dans le secret du gouvernement, politiques, militaires et PDG se rencontrent. Eux connaissent la véritable identité du virus et savent que si la vérité venait à se répandre, le monde serait intenable pour eux… pour clore l’anthologie, ce petit texte se pose parfaitement ! Je n’en dirai pas grand-chose pour ne pas en déflorer l’intrigue, si ce n’est qu’il laisse rêveur et souriant 🙂

Au final, une anthologie qui, si elle est brève, n’en est pas moins composée que de pépites. On passe du rire à l’effroi, et vice-versa, on découvre une palette de virus biologiques et informatiques, ainsi que les réactions variées des contaminés ou proches de contaminés. 8 textes dont je serai bien incapable de dire que j’en moins apprécié un, tellement tous sont de qualité. Une anthologie à recommander ! À l’exception des lecteurs hypocondriaques, cependant, ils auraient là de quoi craindre d’autres maux.

Éditions Griffe d’Encre, 2013, 141 pages.

Challenge nouvelles & novellas

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La Porte, Karim Berrouka

La porte, Karim BerroukaQuatrième de couverture

Un nain tout de métal bardé errant dans le désert, deux Loupas-Garous philosophes — et une légère crise de foi —, trois femmes belles et mystérieuses, une horde de barbares à l’humour barbare et aux manières barbares, vingt-quatre cadavres presque morts et une pénurie d’allumettes…
Et bien sûr, une porte.
Ouverte ou fermée, grattée, toquée ou explosée, de chêne (massif, renforcé de fer forgé) ou de frêle bouleau, elle est le pivot grinçant de ce petit conte férocement dégondé.

Mon avis

Le blog Un monde de nouvelles, qui met en avant (comme son nom l’indique) les nouvelles appartenant au genre SFFF*, a nommé le mois d’octobre « Mois de la novella » et invité d’autres blogs à y participer. Comme j’ai eu l’occasion de lire des novellas et que j’apprécie Un monde de nouvelles, je me suis dit que j’allais participer.

Mais qu’est-ce qu’une novella ? C’est un texte trop long pour être qualifié de nouvelle et trop court pour être qualifié de roman. Un texte qui n’entre pas dans une case précise. Et pourtant, vous en avez très certainement lu une un jour : cette longue nouvelle, dans ce recueil / cette anthologie ou ce très court roman était peut-être une novella… Certaines maisons d’édition n’hésitent pas à publier des novellas estampillées comme telles. C’est le cas de Griffe d’Encre qui leur dédie une collection, rien de moins ! Et, ma foi, c’est pour le meilleur car de très bons titres se bousculent au sein de cette collection.

C’est d’ailleurs d’une novella griffée dont je vais parler dans ce billet. « La Porte » de Karim Berrouka est sous-titrée « Petit conte sans philosophie ». Et ce sous-titre a d’ailleurs son importance dans l’histoire… On suit les dérangements continuels de Premier Loup-Garou et Deuxième Loup-Garou, colocataires sanguinaires mais qui passent leurs soirées soit à tenter d’atteindre un état d’esprit leur permettant la décorporation, soit aux activités sportives, ou encore aux débats argumentés et ampoulés. Ce n’est pas parce qu’ils se nourrissent de chair fraîche (avec une préférence pour le missionnaire, Loup-Garou oui, mais absence de goût non !) qu’ils sont d’une bêtise crasse. Bien au contraire !

Et donc, nos deux philosophes aux dents et au poil longs se voient dérangés plusieurs soirs de suite par de bien indélicats visiteurs, venus frapper à leur porte pour obtenir hospitalité pour la nuit. C’est là le point de départ de cette novella qui mêle excellemment érudition et drôlerie ! Car comment ne pas sourire entre le comique de répétition, les comportements des visiteurs – où l’auteur s’amuse à dérouler les clichés liés à leur genre jusqu’au bout, comme pour les femmes à forte poitrine ou les barbares hurleurs, tout en les manipulant à sa guise – ou encore le jugement expéditif dont seront victimes les loups-garous ?

Érudition car entre les dialogues savants de nos deux héros, le sous-texte pas si évident à décrypter (pied de nez aux poncifs de la fantasy, dénonciation de l’absurdité des procès de l’Inquisition, voire même de l’obscurantisme religieux si l’on creuse encore plus) et la chute, à la fois si logique, si drôle, si parfaite pour ce texte, on se régale de ce mélange ! « La Porte » – qui n’a donc rien à voir avec une autre nouvelle du même auteur, parue dans une anthologie consacrée aux… portes – est un récit plein de verve, aux phrases parfois ampoulées – mais c’est pour mieux de te faire sourire et te régaler de mots absurdes choisis avec soin, lecteur ou lectrice ! – et au récit bien prenant. Un texte qui se dévore et se déguste, avec délectation (gare aux gloutons !).

Et si vous voulez découvrir d’autres novellas, n’hésitez pas à jeter un oeil au blog Un monde de nouvelles qui en présente plusieurs dans le cadre de ce « Mois de la novella » ou à vous pencher sur la collection dédiée de Griffe d’Encre. Je vous recommande ainsi les titres Novae d’Elisabeth Ebory, Jouvence d’Alain Le Bussy ou encore La Vieille Anglaise et le continent de Jeanne A-Debats, le dyptique des Poubelles de Guillaume Suzanne… et ce n’est là qu’une petite sélection !
Éditions Griffe d’Encre, 2007, 76 pages.

*Science-Fiction, Fantastique, Fantasy

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Destination Univers, anthologie dirigée par Jeanne-A Debats & Jean-Claude Dunyach

Destination UniversQuatrième de couverture

Qui n’a pas rêvé des étoiles ?
Franchir le seuil de la lumière, foncer dans l’hyperespace par des chemins secrets, filer au cœur des astres mourants, plonger dans la chevelure des nébuleuses et s’aveugler à la lumière des supernovæ ; rêver parce que le ciel au-dessus de nous est à la fois fascinant et irrésistible.
Mais la navette Atlantis a atterri et ne repartira plus, le ciel nous est désormais fermé .
Huit auteurs ne se sont pas résignés, ils ont pris leur envol dans cette anthologie. Ils nous ont chanté les planètes lointaines et les océans spatiaux, les stations orbitales et les vaisseaux rutilants sous des étoiles inconnues. Ils ont peuplé l’univers immense de dangers incommensurables, d’aventuriers exceptionnels, d’intelligences artificielles, de civilisations oubliées et de trésors fabuleux.
Parce que, même si le ciel nous est fermé, il nous reste le rêve.
Et qu’on ne rêve jamais assez.

Mon avis

En matière de romans et nouvelles, la science-fiction n’est pas vraiment ma tasse de thé. Je préfère voir les grandes épopées de vaisseaux spatiaux dessinées (en BD, manga ou film) plutôt que décrites à grands renforts de termes techniques et d’explications scientifiques. Que voulez-vous, je suis littéraire jusqu’au bout des ongles ! ^^ Mais je ne suis pas non plus une réfractaire – ainsi j’ai adoré les 2 premiers volumes de Dune de Frank Herbert, apprécié les nouvelles d’Arthur C. Clarke (par contre, la lecture de 2001: odyssée de l’espace reste un mauvais souvenir).  Simplement, à cause de ma crainte de me retrouver noyée dans un récit scientifico-technique, j’ai tendance à m’approcher du genre avec circonspection.

Sauf si la 4e de couv’ me promet un récit attirant, dépaysant, apportant tant réflexion que divertissement, comme ce fut le cas avec Dune. Et Destination Univers, justement, promettait tout cela. Aussi n’ai-je pas hésité à me procurer l’ouvrage !

Cette anthologie a été publiée par Griffe d’Encre à l’occasion du Festival Zone Franche de Bagneux, qui portait sur ce thème cette année. Elle rassemble des plumes confirmées et d’autres plus « jeunes », mais la différence ne se sent pas à la lecture, l’écriture étant parfaitement bien maîtrisée dans chaque nouvelle. Voilà pour l’avis global, s’agissant d’une anthologie, je vais détailler mes impressions texte par texte :

Les Tiges de Thomas Geha : un récit poignant, dramatique même, où l’humanité n’est plus qu’un jouet dans la guerre qui oppose deux espèces extraterrestres. J’ai apprécié l’univers développés par l’auteur, les explications biologiques et les termes techniques inventés sont bien amenés et assez clairs, bref une bonne entrée en matière qui m’a poussée à poursuivre ma lecture quoi qu’il arrive !

Évaporation et sublimation d’Anthony Boulanger : premier coup de coeur. Une histoire qui tient plus de la poésie, du mythe mâtiné de science-fiction que l’inverse. En fait, je pourrai même parler de cosmogonie. J’ai adoré ce texte à cause de cet aspect et son écriture apporte également beaucoup à la poésie de l’histoire.

Le Bal des méduses de Célia Deiana : au titre je m’étais dit : « chouette ! encore un texte empreint d’une certaine poésie, d’un certain onirisme » Du coup, lors de la première page, j’étais un peu déçue que ce ne soit pas le cas. Je me suis tout de même laissée emporter par ce court mais beau texte, poignant, et dont la chute m’a autant ravie que serré le coeur. Inutile de préciser que la petite déception des premières lignes a eu vite fait de s’envoler !

Sleeping Beauty d’Anne Fakhouri : là aussi le titre est trompeur, puisqu’il s’agit en fait du nom du vaisseau à bord duquel l’action débute. Une histoire assez classique, mais qui embarque jusqu’au bout, avec des traits d’humour et une fin qui laisse le lecteur poursuivre l’histoire au-delà. Classique peut-être, mais plaisant à lire, assurément.

Le Gambit de Hunger d’Olivier Gechter : une histoire de duel entre une chasseuse de primes et sa proie, où le chassé ne l’est pas forcément. Le tout avec une IA et un jeu d’échecs, comme le titre le laisse présager. C’est le texte que j’ai le moins aimé, à cause du jeu d’échecs, car n’étant pas très familière avec les termes techniques de ce jeu, j’ai l’impression d’avoir manqué des subtilités dans l’histoire.

Le Marathon des trois lunes d’Aurélie Ligier : attention, coeurs sensibles, attachez vos ceintures et cachez vos yeux ! Aurélie Ligier nous emmène dans un texte violent, qui fait remonter les plus bas instincts à cause d’une bactérie. L’écriture et la narration parviennent (trop) bien à instaurer le malaise chez le lecteur. En tout cas, ça a bien fonctionné sur moi. Une histoire terrible et sanglante.

Les Dieux bruyants de Laurent Genefort : heureusement que cette nouvelle est placée juste après le texte d’Aurélie Ligier ! Après tant de violence, une bouffée d’optimisme et de poésie était la bienvenue et Laurent Genefort nous l’offre avec cette belle histoire d’extraterrestres intelligents qui communiquent par la couleur changeante de leur peau. Les différentes termes désignant la faune et la flore de cette planète ne m’ont pas dérangée du tout, bien qu’ils soient nombreux et tous inventés. J’ai vraiment aimé les particularités de cette espèce dont la culture se base sur le récit de mythes et d’histoires. Le texte en lui-même est une fable écologique teintée d’espoir, malgré des passages difficiles où l’on a le coeur serré devant tant de cruauté humaine, avec une fin qui laisse planer autant d’espoir que de crainte. C’est avec regret que je suis passée au texte suivant et ai quitté les charmants pilas. Les Dieux bruyants est mon deuxième coup de coeur.

Le Khan Mergen d’Olivier Paquet : l’anthologie se clôt avec ce texte qui parvient à merveille à retranscrire tant l’émerveillement provoqué par un ciel étoilé que la culture mongole placée dans un contexte futuriste. Bien que mes connaissances en la matière soit rudimentaire, si jamais l’auteur a inventé des aspects culturels, tout est écrit de telle manière, et l’ambiance si bien instillée que rien de tel ne paraît. L’histoire évoque également le dépassement d’un certain conditionnement, d’une habitude de vivre. Et, apparemment, l’univers évoqué par l’auteur sera développé dans une série de romans à paraître. Ayant beaucoup apprécié cette nouvelle (c’est mon troisième coup de coeur), je pense que je lirai les romans aussi à leur parution !

Destination Univers a donc tenu toutes ses promesses et j’ai passé un excellent moment de lecture, au milieu des étoiles 🙂

Destination Univers
Anthologie dirigée par Jeanne-A Debats et Jean-Claude Dunyach
Éditions Griffe d’Encre, 2012, 240 pages.