Publié dans Lecture

Thermae Romae, Mari Yamazaki

thermae_romae1Mon avis

Pas de quatrième de couverture pour ce manga puisqu’il n’y en a pas, aussi vais-je vous résumer brièvement l’histoire : Lucius, architecte romain dont l’inspiration s’essouffle, va se ressourcer aux bains publics. Soudain, c’est l’accident et il est aspiré par le siphon d’évacuation d’eau. Lorsqu’il parvient à regagner la surface, tout a changé : il n’est plus dans la Rome de l’Antiquité qu’il connaît bien, mais au Japon de notre époque moderne ! Choc culturel autant qu’historique pour cet homme, qui va donc se pencher sur ce qu’il connaît le mieux, à savoir les bains. Et étudier la façon dont les « visages plats », comme il les appelle, conçoivent leurs bains. Mais alors qu’il commence tout juste à s’adapter, le voilà de retour à son époque… avec en tête des idées innovantes, tirées de ce qu’il a vu au Japon du XXIe siècle.

Thermae Romae, c’est, à la base, un manga que j’avais vu par hasard en librairie lors de la sortie du tome 1. Un ami libraire me l’avait également conseillé, je m’étais donc lancée dans la lecture du volume 1 qui s’était avéré un gros coup de coeur ! Mais j’aurai mis du temps à lire la série en entier (PAL énorme, tout ça…). C’est à présent chose faite, et je puis dire que si l’on peut craindre, lors des premiers volumes, que l’auteur use de manière répétitive les voyages dans le temps de Lucius, il n’en est rien. Progressivement, un fil rouge naît, l’intrigue se densifie et l’histoire s’achève avec le volume 6 sans laisser sur sa faim. Apparemment, l’auteur a écrit la suite du destin de certains personnages secondaires, mais, pour ma part, lorsque j’ai terminé ce 6e et dernier volume, je n’avais pas le sentiment de manquer d’éléments.

On s’en doute, les bains publics sont l’élément central de ce manga. L’auteur, Japonaise ayant étudié en Europe, est passionnée par le sujet et nous délivre, entre deux chapitres, une double page d’informations pour mieux creuser ce que l’on aura vu durant le chapitre précédent – que ce soit au niveau de l’usage des bains par les Romains ou par les Japonais, que sur les références historiques sur lesquelles elle base son histoire. Le tout – le récit comme ces digressions textuelles – est aussi passionnant qu’instructif, car le ton de l’auteur laisse filtrer un tel enthousiaste qu’il est difficile d’y résister ! ^^

Les voyages dans le temps de Lucius ne seront jamais expliqués et, ma foi, cela ne pose aucun problème. Ses allers-retours, via les bains (toujours, ou presque), entre Rome antique et Japon moderne permettent non seulement de relancer sa carrière avec des idées avant-gardistes, mais aussi de présenter des situations et des quiproquos très drôles ! Les expressions de Lucius ou ses pensées quand il découvre la culture des « visages plats » sont hilarantes, notamment lors de ses dégustations de leurs plats typiques. Le fait que Mari Yamazaki utilise les bains publics comme pont entre ces deux cultures que tout sépare – géographiquement, temporellement, culturellement – est aussi une très belle idée. Elle nous rappelle ainsi que, aussi différentes soient-elles, les civilisations peuvent posséder des points communs.

Humour, sujet intéressant traité avec brio, dessin particulièrement bien fait, je comprends sans peine pourquoi Thermae Romae a reçu des prix et je les trouve amplement mérités !

Casterman, collection Sakka, 2012-2013, 6 volumes (série terminée)

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Retour vers le futur organisé par Lune.

ChallengeRVLF_Retourverslefutur

Publié dans Lecture

Fairest t. 2 : Le royaume caché, Bill Willingham, Lauren Beukes et Inaki Miranda

fairest2Quatrième de couverture

Pour Raiponce, la pousse (trop) rapide de ses cheveux est le moindre de ses soucis. Sa belle-mère ne voit en elle qu’une lamentable dépravée, un sinistre message lui a récemment été apporté par un oiseau de papier, et les fantômes de son passé la poussent bientôt à gagner les terres du Soleil Levant. Sur place, deux rencontres risquent fort de bouleverser sa vie…

Mon avis

Le premier volume de Fairest présageait d’un spin-off de qualité et ce second volume le confirme puisqu’il relève encore plus le niveau, déjà de bonne facture.

L’histoire principale suit le personnage de Raiponce, que l’on n’avait fait guère plus que croiser ici et là dans la série-mère. Chronologiquement parlant, l’intrigue se déroule avant les événements relatés dans les premiers volumes de Fables, mais certains éléments de l’histoire risquent, à mon avis, de faire écho à des mystères soulevés dans les volumes Blanche-Neige et Camelot de Fables. Raiponce reçoit un message sous la forme d’origamis, message qui la pousse à retourner au Japon, accompagnée de Joël, son coiffeur attitré, et de Jack. Là-bas, elle va replonger dans un passé bien plus mouvementé qu’on pourrait le croire…

Le royaume caché nous permet donc de découvrir plus avant le personnage de Raiponce. Ici, on va bien plus loin que les pans connus de son histoire. Raiponce, étant une Fable, a un passé aussi long que chargé et c’est tout un pan de celui-ci qui nous est dévoilé, lié au Japon.

Jusque là totalement absent de l’univers de Fables – qui reprend les contes de fées – le folklore japonais fait une entrée fracassante dans cet opus ! Et quelle entrée ! Le traditionnel se mêle au moderne de manière fluide, enrichissant considérablement l’univers de cette série de comics. Kappa, kitsune, et bien d’autres créatures de la mythologie japonaise emplissent les pages de ce volume, avec à leurs côtés des créatures issues des légendes urbaines modernes, comme cette référence au spectre qui hante le film Ring de Nakata. Ce mélange détonnant est, par ailleurs, un bon reflet de la société japonaise qui marie ses traditions à des technologies de pointe.

Je puis le dire, j’ai été absolument ravie de découvrir enfin l’univers des contes japonais dans cet opus, de la même façon que le tome Les Mille et une Nuits (et jours) de la série-mère m’avait plu par son exploration des Fables issus des Mille et une Nuits. Avec Le royaume caché, l’équipe créatrice de Fables continue de montrer que le terreau de leur oeuvre, les contes, n’a pas de limites géographiques et c’est tant mieux !

C’est d’autant meilleur que le scénario a été confié à Lauren Beukes, romancière déjà couronnée par le prix Arthur C. Clarke en 2011 et le British Fantasy Award en 2014 – excusez du peu ! Avec une plume pareille, le scénario est garanti de qualité et en effet, l’intrigue offre une richesse et un lot d’émotions qui font de ce volume une vraie pépite. En plus d’offrir d’intéressantes hypothèses quant à certaines questions encore en suspens dans la série-mère, Lauren Beukes nous offre une vision de Raiponce toute en nuances et en profondeur. Elle aborde également des thèmes aussi forts que la maternité, les relations difficiles entre mère et fille, les relations amoureuses (et ici, peu importe qu’elles soient hétérosexuelles ou homosexuelles), la trahison, le mensonge ou le poids des erreurs et de la culpabilité.

Un volume dense, donc, servi par un dessin impeccable et illuminé ici et là d’un peu de légèreté grâce au personnage de Jack, qui n’a pas d’autre utilité que faire l’idiot tête-à-claques (comme d’habitude, me direz-vous ^^ ») mais qui permet au lecteur de respirer, tant Le royaume caché est riche en émotions.

Un second tome de très, très bon niveau et j’en attends avec d’autant plus d’impatience la suite de ce spin-off ! 🙂

Éditions Urban Comics, 168 pages, 2014

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Winter Mythic Fiction.

winterfiction

Publié dans Lecture

Daisy : lycéennes à Fukushima, Reiko Momochi

Quatrième de couverture

Daisy tome 1, Reiko momochi
Depuis le terrible tsunami qui a frappé Fukushima, Fumi n’ose plus sortir de chez elle. Trop inquiète pour sa santé, à cause des éventuelles radiations émises par la centrale. Pourtant, en dernière année de lycée, il faudra bien qu’elle se décide à retourner en cours. Mais est-il seulement possible de recommencer à vivre et de faire comme si de rien n’était, quand même une simple pluie représente la menace d’une contamination radioactive ? Heureusement, elle pourra compter sur Moé, Ayaka et Mayu, ses trois meilleures amies. Ensemble, elles comptent bien profiter de la vie, et surtout sortir toutes diplômées du lycée ! Elles décident alors de créer un groupe de musique, Daisy, pour se redonner du courage. Mais très vite, la réalité les rattrape et…

Mon avis

Le 11 mars 2011, un tsunami meurtrier balayait une partie du Japon après un tremblement de terre. Avec pour conséquence la destruction partielle de la centrale nucléaire de Fukushima.

2014. Les médias ont cessé de couvrir la catastrophe, de parler de la centrale toujours endommagée (et toujours pas sous contrôle). Pourtant, là-bas, des gens vivent encore dans les zones irradiées. Que deviennent-ils ? Comment vivre après pareil choc et sous une menace invisible, impalpable ? C’est ce qu’à voulu savoir Reiko Momochi après avoir lu le roman Pierrot. La mangaka n’a pas hésité et s’est rendue sur place. Elle a interrogé les habitants, jeunes et moins jeunes, et de tous ces témoignages en a tiré un manga en 2 volumes : Daisy. Les personnages y sont fictifs mais leurs émotions, leurs interrogations, leurs rêves et leurs questions quant à l’avenir sont réels.

On découvre une bande de quatre amies, quatre lycéennes qui devront choisir leur voie professionnelle. Dès les premières pages, le ton est donné : Fumi assiste à une dispute entre une mère et sa propre mère, la vieille femme souhaitant que son petit-fils puisse jouer dehors tandis que la mère craint pour sa santé. La pluie affole tout le monde. Tel est le quotidien des Japonais vivant dans la zone habitée près du site dangereux. Au fil des pages, on s’attache à ces jeunes adolescentes qui, somme toute, sont aussi préoccupées par des sujets de leur âge : amour, petits copains, mode, amitié, musique… mais, hélas, des sujets graves reviennent régulièrement dans leur conversations, dans leur vie. Car à quoi peut-on rêver lorsque l’on vit près de Fukushima ? Peut-on même rêver d’un avenir ?

Daisy n’est pas le genre de manga que l’on lit pour se détendre. C’est un manga profondément touchant, émouvant, qui serre le coeur. Il rappelle que là-bas, loin de nous, des personnes vivent, rêvent, espèrent, pleurent et rient, avec au-dessus de leur tête un nuage invisible de radiations. Des gens oubliés par les médias. Et Daisy a le mérite de les rappeler à notre souvenir, car les oublier serait une erreur impardonnable.

Si l’éditeur à l’indélicatesse d’utiliser comme slogan publicitaire pour cette mini-série « Le premier shôjo post-Fukushima », sachez que l’intrigue amoureuse est ici en filigrane. Elle n’est pas le sujet principal du récit. Non, l’intrigue tourne autour de la question suivante : qu’est-ce qu’être adolescent à Fukushima aujourd’hui ?

On aimerait que ces jeunes filles se préoccupent d’autre chose que leur santé et celle de leurs proches, qu’elles n’endossent pas toutes ces responsabilités qui ne sont pas de leur âge, qu’elles ne grandissent pas aussi brutalement, aussi vite, pressées par la situation. On aimerait qu’elles jouent, rient, s’amusent avec insouciance comme toutes les autres jeunes filles de leur âge.

Daisy tome 2, Reiko MomochiOui, Daisy est véritablement un manga poignant. L’auteur a su restituer avec finesse et pudeur les états d’âme des habitants de Fukushima, n’épargnant pas au lecteur de véritables faits, terribles – comme ce Tokyoïte qui préfère quitter sa petite amie de peur d’être irradié ou ce vieil homme qui a tout perdu et se suicide. Malgré tout, une petite lumière se fait le jour, une lueur d’espoir ainsi qu’une profonde solidarité qui évite au manga de sombrer dans le pathos. Une note positive dans une situation désastreuse qui, là aussi, invite le lecteur à s’interroger, mieux : à agir.

Je ne saurai quoi dire d’autre sur ce manga qui m’a profondément touchée. Je trouve qu’il traite avec beaucoup de soin un sujet difficile, brosse un beau portrait de jeunes filles, avec véracité, et interpelle bien le lecteur sur le sujet de la catastrophe comme celui du nucléaire en général. L’éditeur a fait également un bon travail, malgré sa publicité maladroite, en ajoutant des postfaces riches d’informations à la fin de chacun des deux volumes. Il a par ailleurs changé son système de catégorisation pour un autre, plus clair,accompagné de mots-clés. Daisy est ainsi destiné à un public adolescent, mixte et comporte comme mots-clés Quotidien, Société, Écologie.

Une lecture qui, pourtant, conviendra aux adultes comme aux ados, et je la recommande particulièrement à ces derniers, qui se reconnaîtront sans doute dans le portrait de ces 4 jeunes filles face à une situation trop grave pour leur âge.

Un manga pour ne pas oublier, un manga qui, d’ores et déjà, fait partie des essentiels.

Si vous souhaitez un aperçu, l’éditeur propose le premier chapitre en lecture en ligne.

Delcourt, collection Akata, 2014, 2 volumes (série terminée)

Publié dans Bibliothèques

Bibliothèques autour du monde #6 : le Japon

Après une période de pause, les billets sur les bibliothèques autour du monde reprennent ! 🙂

Comme le laissait présager un précédent billet, nous partons à l’Est, au pays du Soleil Levant : le Japon. Je n’ai malheureusement pas trouvé de bibliothèques traditionnelles (ou bien je n’ai pas su chercher) mais des bibliothèques modernes, qui allient aussi parfois l’ancien au nouveau, font preuve de belles architectures ! En avant pour un petit aperçu du Japon, à travers ses bibliothèques.

Kanazawa Umimirai

Le bâtiment de la bibliothèque Kanazawa Umimirai, à Kanazawa donc, a été conçu par l’agence d’architecture japonaise Coelacanth K&H. Tout de blanc et percé d’ouvertures rondes, cette bibliothèque résolument futuriste offre cependant un véritable confort d’étude et de lecture à ses usagers en raison de ces ouvertures, qui permettent une aération optimale pendant les mois les plus chauds, tout en diffusant une lumière naturelle très agréable. Une impression d’évoluer dans un décor d’un film de science-fiction.

Bibliothèque Kanazawa Umimirai © Satoshi Asakawa
Bibliothèque Kanazawa Umimirai © Satoshi Asakawa

Site Internet de la Bibliothèque Kanazawa Umimirai (en japonais)

Sendai Miya

À Sendai, la médiathèque a été conçue par un architecte japonais, Toyo Ito et revêt également un aspect résolument moderne, voire futuriste. Le bâtiment fut dessiné en 1995 et sa construction achevée en 2001. Située à la place d’un ancien dépôt de bus et de l’ancienne bibliothèque, la médiathèque a été pensée comme étant un élément intégré de l’environnement urbain contemporain, sans être en rupture complète avec la nature. Ainsi, des structures tubulaires me rappellent les bambous.

Photo de Ivan Mlinaric (CC)
Photo de Ivan Mlinaric (CC)

Site Internet de la Médiathèque de Sendai (en japonais et en anglais)

Bibliothèque de l’université Seikei

Toujours dans les ambiances futuristes, la bibliothèque de l’université Seikei (à Tokyo) propose des sortes de bulles posées sur des piliers où les étudiants peuvent se poser avec leurs livres pour étudier en toute quiétude, presque en apesanteur.

Source
Source

Shiba Ryotaro Memorial

Situé à Osaka, le Shiba Ryotaro Memorial est – comme son nom l’indique – entièrement dédié à l’écrivain japonais, décédé en 1996. Ses romans historiques ainsi que ses essais sur son pays ont fait sa renommée et le bâtiment qui lui rend hommage, à l’inverse des exemples que nous avons vu précédemment, est résolument traditionnel dans le sens : naturel.

Le bois est partout, les étagères hautes rappellent ces bibliothèques d’antan et, aux yeux de certains, figurent l’effort à fournir pour accéder à la profondeur de l’oeuvre de Ryotaro Shiba.

Source
Source

Yamakoya

Le Mémorial dédié à Ryotaro Shiba n’a pas le monopole de la bibliothèque en bois ! L’école de Hina-Higashi s’est vue octroire une bibliothèque toute en bois, conçue par l’architecte Ben Nagaoka qui a reçu le prix Good Design pour cette dernière. Entre le matériau et la forme, l’ensemble forme un nid douillet dans lequel il fait bon lire.

Source
Source

Malgré la crise économique, les bibliothèques japonaises se portent bien. Mieux : elles croissent ! Une bonne nouvelle qui console un peu des nombreuses fermetures de bibliothèque publiques au Royaume-Uni (pas moins de 74 bibliothèques ont fermé en entre 2012 et 2013).

Par ailleurs, le tremblement de terre de mars 2011 (et ses tristes conséquences que l’on sait…) a également fragilisé, voire détruit des bibliothèques. Mais le pays, très conscient de l’importance des livres et du savoir pour ses habitants, a pu voir de nombreuses personnes – bibliothécaires, bénévoles et lecteurs – s’activer pour pouvoir fournir à nouveau à la population livres et lecture.

La Médiathèque Sendai après le tremblement de terre Source
La Médiathèque Sendai après le tremblement de terre Source

L’IFLA (International Federation of Library Associations and Institutions) a par ailleurs créé une page (en anglais) où elle recense les articles concernant les bibliothèques affectées par le tremblement de terre de mars 2011 et les actions entreprises pour proposer à nouveau l’accès au livre et au savoir.

Vous me direz : que sont des livres face aux vies humaines emportées et à la catastrophe nucléaire en cours à Fukushima ? Mais justement : les efforts de la communauté concernant les bibliothèques et la multiplication de ces dernières comme l’augmentation des budgets dédiés montrent bien qu’aux yeux des Japonais, l’accès de tous à la lecture demeure un point important. Le livre, c’est le divertissement – et je pense que beaucoup de gens ont besoin de penser à autre chose, là-bas, ne serait-ce qu’un instant – mais c’est aussi l’information, le savoir. Qui demeurent d’une importance cruciale, encore plus en des temps difficiles.

Ce blog étant dédié au livre, mon propos reste centré sur celui-ci mais cela n’empêche pas, bien entendu, de rappeler le drame qu’a connu le Japon en mars 2011 et qu’il connaît encore avec la centrale nucléaire de Fukushima, qui n’est toujours pas sous contrôle à ce jour.

Bonus

Terminons sur une note humoristique. Comprenez bien qu’il ne s’agit pas d’une marque irrespectueuse de ma part envers la tragédie de mars 2011, mais de montrer un autre aspect du Japon et de son rapport aux bibliothèques, dans l’esprit des autres articles sur les bibliothèques du monde où j’essaie de présenter un éventail des rapports des habitants du lieu avec les bibliothèques, tant au travers des bâtiments en eux-mêmes que des actions menées pour ou dans ces lieux.

Voici un jeu télévisé imaginé par les Japonais qui a fait le tour du monde depuis (chez nous, il est arrivé sous le nom Chut, chut, chut). Sairento Toshokan (ou Silent Library) voit les participants jouer au sein d’une bibliothèque. Ils subissent des gages (plutôt des punitions, vu qu’ils sont douloureux) mais doivent rester silencieux, rapport au lieu où se déroule le jeu. Difficile cependant de garder le silence face à de tels supplices ! L’émission au sein de laquelle ce jeu est diffusé existe depuis 1989 et est toujours diffusée actuellement – c’est dire son succès malgré ces gages qui ne volent pas haut. Au moins y voit-on les bibliothèques sont un jour nettement moins impressionnant et moins sérieux.

Publié dans Monde du livre

L’art des piles de livres

L’un des [Livres d’images] vous avait proposé quelques piles de livres intéressantes, belles, artistiques. Des créations photographiques, sculptées ou dessinées autour de ces amoncellements de livres. Mais, dans la vraie vie, d’autres s’ingénient à faire de ces empilement un art. Ainsi, au Japon, des libraires et autres vendeurs de livres rivalisent de doigté et d’imagination pour offrir la plus originale et la plus belle pile de livres. Bien entendu, il s’agit aussi de s’offrir un peu de publicité par ce biais. Mais il n’en reste pas moins que ce sont de jolies piles ! 🙂

Voici quelques exemples en photo, d’autres sont à découvrir en suivant ce lien.

Notez cependant qu’il vaut mieux ne pas laisser trop longtemps des livres dans de telles constructions – cela risque de les abîmer au bout d’un moment.

 Source
Source
Source
Source