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De bons présages, Terry Pratchett et Neil Gaiman

debonspresagesQuatrième de couverture

L’Apocalypse ! Depuis le temps qu’on en parle… Eh bien, c’est pour demain. Enfin, dans onze ans, très exactement. Depuis que Dieu a créé le monde et Satan l’enfer, chacun des deux cherche à tirer la couette à lui. Pour défendre leurs intérêts respectifs, ils ont leurs envoyés spéciaux sur terre. Côté Bien : Aziraphale (ange de son état, bibliophile et libraire à mi-temps). Côté Mal : Rampa (démon, lunettes noires et boots en peau de serpent, propriétaire d’une Bentley). Et l’Apocalypse, ça ne les arrange pas du tout. Parce que, vous savez ce que c’est, quand on vit quelque part depuis des siècles, on a ses petites habitudes. Alors ange et démon vont doubler leurs patrons et tout mettre en oeuvre pour faire capoter l’Apocalypse.

Mon avis

Terry Pratchett est l’auteur des inénarrables et drôlatiques Annales du Disque-Monde. Neil Gaiman a créé des romans marquants (Neverwhere, American Gods, …) et une série de comics qui l’est tout autant (Sandman). Entre autres, pour les deux artistes. Alors quand les deux s’associent pour écrire un roman, ça donne De bons présages et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce livre envoie du pâté ! 😉

L’Antéchrist arrive ! L’Apocalypse est donc proche – elle arrivera lorsque l’Antéchrist atteindra sa onzième année, très exactement. Rampa – un démon – et Aziraphale – un ange – sont donc avertis par leurs autorités respectives que la grande bataille entre le Bien et le Mal approche. Mais Rampa et Aziraphale traînent sur Terre depuis longtemps. Très longtemps. En effet, chacun donnent de petits coups de pouces (vers le Bien ou le Mal, selon leurs camps respectifs) pour pousser un peu les âmes humaines vers tel ou tel camp. Mais, à travailler ainsi côte à côté depuis si longtemps, ils ont développés une sorte de camaraderie, comme deux collègues d’entreprises rivales fraterniseraient à force de se croiser sur un lieu de travail commun. Et puis la Terre est tout de même bien agréable à vivre. Si elle devenait un Enfer ou un Paradis permanent, elle deviendrait franchement invivable ! (oui, même si le Paradis l’emportait, car dans celui présenté par nos deux auteurs, seuls très peu de musiciens ont pu y accéder. Et ce ne sont pas les plus populaires. Même Aziraphale grimace en imaginant l’univers musical d’une Terre sous la coupe du Paradis).

Voilà pour le tableau de base ! Ajoutez à cette paire improbable (mais pourtant très attachante !) des chasseurs de sorcières à côté de la plaque (ou pas), un ordre religieux satanique ayant fait voeu de bavardage, un livre de prophéties très détaillé et précis, une Bentley où toutes les musiques jouées finissent invariablement par se transformer en morceaux de Queen, les Cavaliers de l’Apocalypse (quoique Pestilence a pris sa retraite, Pollution ayant pris le relais), un plan ineffable et une bande de gamins dont l’imagination débordante va s’avérer bien plus riche en conséquences qu’ils ne le pensaient au premier abord.

Le résultat ? Un roman décapant qui a titillé mes zygomatiques plus d’une fois, des passages à l’ironie mordante, des réflexions pas piquées des vers sur notre petit monde d’humains et ses croyances (les premières pages donnent le ton d’emblée, avec les réflexions de Rampa sur la fameuse pomme interdite du jardin d’Eden !) et une vision de l’Apocalypse aussi irrévérencieuse que respectueuse des poncifs (si si, c’est possible !). Sans oublier un bel hommage à l’enfance et à l’imagination, au passage.

Si certains chapitres m’ont paru porter plus la marque de l’un ou l’autre auteur, je dois dire que leur travail commun est vraiment de haute volée. Si vous êtes en mal de bonne lecture délirante (et pourtant qui tient la route !), si le monde actuel vous désespère, ou si, tout simplement, vous avez envie d’une bonne lecture, De bons présages est pour vous ! Pour ma part, j’ai adoré ! 🙂

Et, fraise sur le gâteau (j’aime pas les cerises), Neil Gaiman a récemment annoncé qu’une adaptation pour le petit écran était actuellement dans les tuyaux, Terry Pratchett lui ayant donné (de façon posthume) sa bénédiction pour une telle entreprise.

Éditions J’ai Lu, 2010, 439 p.

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Je suis éclectique (catégorie Fantasy) du forum Mort-Sûre.

challenge_jesuiseclectique2016

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Lasser t. 4 : Dans les arènes du temps, Sylvie Miller et Philippe Ward

lasser4Quatrième de couverture

1937, Le Caire. Ils sont fous, ces Romains ! Quand la déesse Isis lui ordonne de partir à Pompéi récupérer une statue volée, Lasser se demande dans quel pétrin il va bien pouvoir se fourrer. Son instinct ne le trompe pas : là-bas, il doit tour à tour frayer avec la Mafia, travailler pour Jupiter, affronter la colère d’un volcan et… devenir l’assistant de Fazimel.
L’affaire se complique encore lorsque, par accident, Lasser est propulsé dans les arènes du temps, là où les dieux eux-mêmes n’osent pas mettre les pieds.
Tentatives de meurtre, complots en tous genres, poursuites échevelées, ces aventures vont faire émerger de nouvelles facettes des deux détectives.

Mon avis

Revoilà Jean-Philippe Lasser, le célèbre détective des dieux, plongé dans une enquête qui va s’avérer des plus trépidantes ! À voir l’épaisseur du livre (le plus gros des 4 volumes que compte à ce jour la série, c’est lui), on s’attend à ce que l’enquête ne se passe pas aussi bien ni aussi vite que prévu. Et on n’est pas déçu ! 🙂

Après l’Égypte, la Mésopotamie et la Grèce, voici donc le tour du panthéon romain d’être revisité par Sylvie Miller et Philippe Ward. Les deux auteurs démontre une nouvelle fois leur connaissance de la mythologie pour mieux l’épicer d’humour et d’une touche moderne des plus jouissives !

Dans les arènes du temps est une enquête en deux parties (nos héros soufflent un peu entre deux, et heureusement, car le rythme est échevelé !). Fazimel, l’assistante pleine de ressources de Lasser, va cette fois être au premier plan, les chapitres offrant tantôt son point de vue, tantôt celui de Lasser – jusqu’alors, nous n’avions que Lasser comme narrateur.

Outre le plaisir d’en savoir plus sur ce personnage jusque là secondaire, ce changement de narrateur apporte une fraîcheur des plus agréables (Lasser a beau être très attachant, ses ronchonneries perpétuelles ne font pas le poids face à la pétillante Fazimel ! ^^). Mais, évidemment, c’est toujours un plaisir, aussi, de voir Lasser se fourrer dans les pires pétrins – et on peut dire qu’il va en voir de toutes les couleurs (pardon : les époques !) cette fois ! 😉 Fazimel ne sera pas en reste, puisqu’elle sera au coeur de l’action également.

Au menu, donc, une double enquête en pays romain. Et qui dit dieux romains dit caprices des dieux, orgies, arènes, catastrophes naturelles et un dieu mineur véhément. Ajoutez à cela un Jean-Philippe Lasser en perdition dans les « arènes du temps », une Fazimel au passé comme aux accointances troubles, un hommage à une oeuvre et son auteur très connus (le moment où je l’ai réalisé, j’ai pensé « bon sang mais c’est bien sûr ! ») et, comme toujours, l’humour omniprésent et le frisson du danger, et vous aurez là une chouette lecture mêlant policier, light fantasy, aventure, uchronie et voyage dans le temps ! 🙂

4e tome peut-être, mais les auteurs, loin de s’essouffler, nous proposent une nouvelle suite de haut vol – vivement le prochain tome ! 🙂

Éditions Critic, 2015, 481 pages.

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Je suis éclectique du forum Mort-Sûre (catégorie Fantasy).

challenge_jesuiseclectique2016

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Les annales du Disque-Monde : Le Père Porcher, Terry Pratchett

pere_porcherQuatrième de couverture

La nuit du père Porcher…
Neige, rouges-gorges, chorales et sapins décorés…
Mais le gros bonhomme de rouge vêtu, celui qu’on attend en cette nuit de fête… a disparu.
En lieu et place, faisant fonction, un autre bonhomme de rouge vêtu, dans son traîneau tiré par des cochons sauvages, avec sa hotte, sa fausse barbe et son oreiller pour simuler un ventre qu’il n’a pas. Un bonhomme plus habitué à manier la faux qu’à descendre dans les cheminées distribuer des jouets par milliers.
Mais quand le devoir appelle…
Car certains préméditent l’assassinat du père Porcher. Et s’ils arrivent à leurs fins…
… le soleil ne se lèvera pas.

Mon avis

Pour Noël dernier, en guise de lecture de saison, j’ai choisi Le Père Porcher de Terry Pratchett – car quoi de mieux qu’un volume des Annales du Disque-Monde qui parodie Noël pour être dans l’esprit des fêtes ? 😉 L’emploi du temps rempli aidant, je n’ai terminé ma lecture que début 2016. Mais peu importe, car c’est l’une des meilleures lectures sur et de Noël que j’ai lues. LA meilleure, même ! 🙂

Si j’ai eu un peu de mal à accrocher au début – l’intrigue suit plusieurs personnages situés en des lieux différents et l’auteur zappe des uns aux autres – une fois dedans, il m’a été impossible de lâcher le roman !

Imaginez… C’est le coeur de l’hiver sur le Disque-Monde. Tout le monde s’apprête à célébrer la fête du Porcher (le Porcher étant un bonhomme barbu et vêtu de rouge qui distribue des cadeaux aux enfants sages durant la nuit du Porcher, aidé de son traîneau tiré par des cochons). Tout le monde ? Non. Dans l’ombre, de mystérieux êtres mettent en place un plan machiavélique : éliminer le père Porcher, à l’aide d’un assassin particulièrement effrayant, embauché auprès de la Guilde. Mais retirer un tel personnage du monde risque de déséquilibrer les forces magiques… surtout quand la Mort décide alors d’endosser le rôle du père Porcher.

Voilà pour la base de l’intrigue. Si vous ne connaissez pas l’univers du Disque-Monde, ne soyez pas effrayés par la mention de la Mort. Dans le monde imaginé par Terry Pratchett, la Mort est de sexe masculin, s’exprime en majuscules, et porte une certaine affection aux humains (d’ailleurs il prend très à coeur son rôle de père Porcher remplaçant, trop même, selon son assistant !). Bref, c’est un personnage attachant que je n’avais fait que croiser jusque là et c’est un plaisir d’en savoir plus sur lui.

Parmi la galerie de personnages hauts en couleurs qui mènent le récit se trouve également Suzanne, gouvernante qui chasse les monstres de sous le lit à coups de tisonnier (et ce, quand bien même les autres adultes ne voient rien et pensent qu’il s’agit de psychologie enfantine rusée) et qui est, accessoirement, la petite-fille de la Mort.

On croise également les mages de l’Université (Ridculle, qui fait ouvrir une porte pourtant marquée d’une mention indiquant qu’il ne faut l’ouvrir sous aucun prétexte, l’économe, et bien d’autres !), des bandits un peu dépassés, la Mort-aux-Rats et un corbeau, et un oh bon dieu de la gueule de bois qui n’a pas la charge facile !

Comme d’habitude avec Terry Pratchett, le roman nous régale de nombreux moments savoureux (malgré l’inquiétant monsieur Lheureduthé, l’assassin). Tellement nombreux et savoureux que je préfère ne pas vous en citer quelques exemples afin que vous gardiez intacte la surprise si vous vous lancez dans la lecture du Père Porcher ! 😉

Mais loin d’être une simple parodie qui vous fera rire et sourire (et frissonner avec Lheureduthé), Le Père Porcher est une belle revisitation de notre fête de Noël. Tout y passe : de ses racines folkloriques à son aspect consumériste d’aujourd’hui, de son ancienne signification de changement de saison (Noël marque la nuit la plus longue de l’année et le début du rallongement des jours) célébrée par tous à sa récupération commerciale qui en fait une fête pour les enfants, bref, tous les aspects de Noëls sont abordés, parfois étrillés, parfois détournés, parfois sous forme d’hommage, mais rien n’est oublié !

Et c’est ce qui fait tout le sel de ce roman. Que vous aimiez Noël ou que vous vilipendiez cette célébration, croyez-moi, Le Père Porcher est la lecture de Noël qu’il vous faut ! Pour ma part, je me suis ré-ga-lée ! 🙂 Je savais déjà que Terry Pratchett était un auteur de talent, je savais que je passerai un bon moment, mais pour le coup, cette lecture de Noël a plus que dépassé mes attentes et est un gros coup de coeur ! 🙂

D’ailleurs, j’ai vu qu’il avait été adapté sous forme de téléfilm et je sais donc déjà quel sera mon film de Noël 2016 😉

Éditions L’Atalante, 397 pages, 2002.

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Lasser t. 3 : Mystère en Atlantide, Sylvie Miller et Philippe Ward

lasser3Quatrième de couverture

1936, Le Caire. « Nom de Zeus ! » C’est ce que pourrait s’écrier Jean-Philippe lasser lorsque le roi des dieux grecs vient l’engager pour retrouver l’Atlantide. Mais comment localiser un continent disparu depuis trois mille ans ? Les dieux eux-mêmes ignorent son emplacement !
Troquant sa panoplie de détective contre celle d’aventurier, Lasser se lance dans cette quête impossible. Dans son périple l’accompagnent un mystérieux professeur d’archéologie, un djinn malicieux et un chat… qui déteste autant l’eau que lui. Ensemble, ils vont voyager hors de l’Égypte, à travers la Mare Nostrum, et même au-delà…
Entre découvertes, tempêtes, émotions fortes et révélations, le détective découvrira que l’amitié peut prendre d’autres dimensions.

Mon avis

Et voici Jean-Philippe Lasser, le détective des dieux, embarqués dans une nouvelle aventure ! La fin du tome précédent en annonçait la couleur : nous partons cette fois-ci en terres crétoises, à la recherche d’une île mythique : l’Atlantide. C’est que Zeus a engagé Lasser pour la retrouver, avec pour seul indice le disque de Phaïstos. Inutile de dire qu’une fois de plus, notre détective amateur de whisky va devoir partir de peu pour arriver au bout de son enquête… et il n’a pas le choix, s’il ne retrouve pas la mystérieuse île disparue, Zeus sera très mécontent. Or, les dieux en colère ont tendance à vaporiser les humains qui essuient leurs foudres divines.

C’est avec bonheur que j’ai retrouvé l’univers développé par Sylvie Miller et Philippe Ward, un univers presque semblable au nôtre mais dont le cours de l’histoire a dévié car les dieux vivent et marchent parmi les hommes. C’est aussi le cas de créatures mythologiques et folkloriques – comme Amr, le djinn rencontré dans le tome 2, qui accompagne Lasser dans ce 3e volet.

Dans les tomes précédents, j’avais pu explorer le panthéon égyptien, puis avoir un bel aperçu de la Mésopotamie, et voici à présent la Crète et l’Atlantide ! D’autres petites références se sont glissées au fil des pages (l’illustration de couverture vous en spoile une ;)) et ça fait plaisir de voir comment les auteurs ont intégré dans le récit les différentes déités et mythes. Leur essence est respectée, mais, bien sûr, le tout est adapté à cet univers d’aventures, auquel s’ajoute une touche d’humour – et du charme ! Lasser n’a rien à envier à Indiana Jones… certes, avec une bouteille en place de chapeau et nombre de compagnons d’enquêtes.

Si j’ai trouvé ce tome 3 moins riche en rebondissements que ses prédécesseurs et que certaines révélations étaient facilement devinables bien avant, je n’en ai pas moins été ravie par la balade ! Si Lasser déteste l’eau, moi, j’adore, et cette quête de l’Atlantide, mêlée aux mythes grecs, fut un vrai régal à lire !

En résumé, si vous êtes déjà mordu du détective, vous apprécierez cette nouvelle aventure. Et si ce n’est pas le cas, les auteurs rappellent les aventures précédentes et les circonstances de rencontre de tel ou tel compagnon, si bien que vous pouvez embarquer à bord dès ce volume !

Amateurs de mythologie, d’aventures, de polar, de légèreté, d’uchronie, n’hésitez pas à vous lancer à la suite de Lasser ! 🙂

Éditions Critic, 2014, 338 pages.

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Je suis éclectique du forum Mort-Sûre (catégorie Thriller).

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Lasser t. 2 : Mariage à l’égyptienne, Sylvie Miller et Philippe Ward

lasser2Quatrième de couverture

1935, Le Caire. Enfin ! Jean-Philippe Lasser vient de décrocher le jackpot, l’affaire qui lui vaudra la Une des journaux… ou la rubrique nécrologique.

Le mariage inédit qui doit rapprocher dieux grecs et égyptiens risque de prendre une fâcheuse tournure : la future mariée a disparu ! Fugue ? Enlèvement ? Complot ? Si la promise ne réapparaît pas très vite, le vin de noces pourrait bien tourner au vinaigre.

Armé de son intuition et de son pur malt, Lasser plonge au cœur des intrigues divines, où mensonge et trahison sont la règle. Le compte à rebours est lancé : le détective des dieux n’a pas le droit à l’erreur, et encore moins de tomber amoureux…

Mon avis

Jean-Philippe Lasser, le détective des dieux, est de retour ! Et, cette fois encore, Isis lui fait une proposition qu’il ne peut pas refuser sous peine de se faire vaporiser : retrouver Aglaé, fille de Zeus, qui a disparu quelques jours avant ses noces avec Horus, fils d’Isis. Déjà que l’union d’un dieu égyptien avec la fille d’un dieu grec n’est pas vu d’un bon oeil par les familles respectives, si sa disparition venait à se savoir, cela donnerait lieu à un chaos indescriptible ! Lasser va donc devoir mener l’enquête et elle ne sera pas de tout repos…

Si vous avez lu et aimé le premier volume, vous pouvez vous jeter dans ce second volet les yeux fermés (façon de parler, il vous faudra les ouvrir pour pouvoir lire, quand même ! ^^). Si vous n’avez pas encore lu le premier volume, il vaut mieux le lire auparavant. Même si les auteurs font de brefs rappels au fil du texte au cas où, les aventures de Lasser sont un tel bonheur en barre qu’il serait dommage de se priver de les lire dans l’ordre ! 🙂

Dans Mariage à l’égyptienne et à l’inverse d’Un privé sur le Nil, nous avons affaire à une seule enquête, sur tout l’ouvrage (un vrai roman, donc). Les rebondissements se suivent et ne se ressemblent pas, pour notre plus grande joie. Comme toujours Lasser aura fort à faire, entre divinités capricieuses, ennemis nombreux, whisky tentant et bagarres à gogo (desquelles Lasser ne sort pas toujours vainqueur). Mais cette fois on y ajoute une dose épicée, de la sensualité, bref, Lasser va perdre la tête face à une femme qui n’est pas n’importe qui !

L’intrigue est bien menée : à l’instar de notre truculent détective, on part sans aucun soupçon, on se plante, on tâtonne, jusqu’à ce que les pièces du puzzle s’emboîtent enfin. Le ton, comme dans le premier volume, reste dynamique et empreint de cet humour pince-sans-rire qui fait qu’on aime Lasser. Les personnages secondaires – beaucoup ayant été croisés dans le premier volume – sont tous hauts en couleurs et bien construits. Ils sont nombreux, à épauler Lasser dans cette enquête, tant anciens alliés que nouveaux, et tous sont attachants. Aucun ne fait de la figuration carton-pâte, en quelques lignes ou quelques mots, les auteurs parviennent à leur donner vie.

Mariage à l’égyptienne nous offre une exploration plus avancée de l’univers développé par Sylvie Miller et Philippe Ward. Parfums, goûts, couleurs, on s’y croirait ! Et, bonheur suprême, après l’Egypte et son gotha divin, nous avons droit à un festival de dieux étrangers (grecs, mésopotamiens, romains, gaulois…) et même… mais chut, gardons un peu de mystère ! Tout ce que je dirai, c’est que non seulement on retrouve tout ce qui faisait le régal du premier volume, mais en plus on a droit à d’autres surprises, toutes aussi agréables ! 🙂

Une chose est sûre, ce second volet offre une très bonne suite, dans la veine du premier tome, et j’ai hâte de découvrir la prochaine aventure de Jean-Philippe Lasser et consorts qui s’annonce très grecque ! 🙂

Éditions Critic, 2013, 306 pages

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Je suis éclectique du forum Mort-Sûre (catégorie Thriller).

challenge_jesuiseclectique2015