Noor, princesse-espionne, Laufeust

Synopsis

Juin 1943. Alors que la guerre fait rage et que Paris est occupée par les nazis, Noor Inayat Khan est décidée à risquer sa vie pour sauver celle des autres : sous une identité secrète, elle traverse la Manche pour prêter main-forte au réseau Prosper, un groupe de résistants dont elle devient la nouvelle opératrice radio. Mais l’armée allemande et ses terribles SS, sur les traces du réseau, se mettent bientôt en chasse. Une série Rocambole tirée de faits réels.

Mon avis

Une fois n’est pas coutume, vous noterez que je ne parle pas de quatrième de couverture mais de synopsis pour résumer ce livre. Et pour cause : Noor, princesse-espionne n’est pas un livre, même pas un livre numérique, c’est une série épisodique littéraire numérique ! Éditée avec bien d’autres séries par Rocambole, je me suis abonnée à la plateforme pour la découvrir, et pourquoi pas lire d’autres séries littéraires.

Noor, princesse-espionne parle de l’espionne éponyme, figure historique injustement oubliée des livres d’Histoire et dont j’avais eu pour la première fois connaissance grâce à la série de vidéos de AudeGG, Virago, qui met en lumière des femmes oubliées. Une vidéo lui était consacrée et je me rappelle que les phrases finales m’avaient mis les larmes aux yeux. Alors que j’hésitais à m’abonner à Rocambole (pile à lire énorme, lectures en retard, tout ça), j’ai sauté le pas sans hésiter quand l’équipe a annoncé la parution prochaine d’une série consacrée à Noor, cette espionne britannique qui a participé aux opérations durant la Seconde Guerre Mondiale.

Le principe de Rocambole, c’est de proposer des séries littéraires dont chaque épisode se lit entre 5 et 10 minutes. L’idéal pour une lecture dans les transports, quand on n’a pas forcément le temps de se plonger dans un livre ou qu’on ne souhaite pas se charger d’un lourd pavé ; ou dans une situation d’attente.

De fait, j’ai littéralement dévoré cette série ! Composée de 9 épisodes, tous sortis en même temps, je voulais d’abord la lire durant mes trajets en transports en commun mais, outre que, tellement prise par le récit, j’ai failli rater mon arrêt, j’ai trop accroché pour attendre et j’ai fini par lire le reste des épisodes le soir, chez moi. Pourtant, je connaissais déjà l’histoire de Noor, mais Laufeust a su rendre un suspense incroyable dans son histoire.

Noor, princesse-espionne se concentre sur le temps passé par l’espionne en France, de son arrivée à sa capture. Le dénouement tragique que je connaissais y figure également. Mais on a beau savoir, on ne peut s’empêcher de lire avidemment, de s’accrocher à un menu espoir. C’est dire que Laufeust sait ferrer ses lecteurs !

Le récit respecte les faits historiques tout en apportant une dynamique qui rend les événements aussi vivants que s’ils se déroulaient sous nos yeux. On s’attache très vite à Noor, on le reste jusqu’au bout et on frémit pour elle, on se révolte avec elle.

Laufeust rend un très bel hommage à cette femme avec sa série et je ne peux que vous encourager à la lire si vous vous intéressez à ces destins exceptionnels qui sont injustement tombés dans l’oubliette de l’Histoire.

Rocambole, série en 1 saison (9 épisodes, terminée), 2020.

Le Prince Sans Sourire – Louise Le Bars et Laurent Cazuguel

Quatrième de couverture

Au pays de Mont-Breloc, la vie est difficile pour ses habitants. Le royaume est gouverné par une famille bien trop riche. Jusqu’au jour où Barbatine la sorcière va tout changer…

Mon avis

Le Prince sans sourire est la toute première parution dans la nouvelle collection des éditions Noir d’Absinthe, Pousse d’Absinthe, destinée à la jeunesse. Ayant quelques avides petits lecteurs dans mon entourage, j’ai voulu jeter un oeil curieux à cette publication.

Le prince Frusquin se réveilla un jour, à huit ans, en ayant perdu son sourire, dérobé par la sorcière Baratine qui cherche à se fabriquer un philtre de jeunesse. Arrivé à l’âge adulte, le prince n’a toujours pas retrouvé son sourire et les malheureux sont nombreux à chercher à franchir la porte gardée par un monstre, gardien de ce sourire perdu. En vain. L’énigme posée par le monstre demeure irrésolue. Et Mirabel arrive un jour. Mirabel, qui pourrait bien détenir la clé qui résoudra tous ces soucis !

C’est une très jolie histoire que celle imaginée par Louise Le Bars. Inscrite dans les contes traditionnels, elle s’en détache cependant par toute la bienveillance qui s’en dégage. Comme beaucoup de récits pour enfants, Le Prince sans sourire met en avant des valeurs telle que la joie, la gentillesse, l’attention portée aux autres. Mais Le Prince sans sourire va plus loin, et c’est pour cela que j’ai beaucoup apprécié cette histoire : elle propose aussi des opposants capables de changer, grâce, justement, aux valeurs mises en lumière. Cela change des fins violentes réservées souvent aux « méchants » dans les contes traditionnels et permet de tourner la dernière page… eh bien le sourire aux lèvres, justement ! 🙂

J’ai aimé également le fait que l’on se trouve en présence d’un prince en détresse et d’une femme, courageuse villageoise, qui se porte à son secours. Voilà qui est rafraîchissant !

Les illustrations de Laurent Cazuguel agrémentent bien cette histoire. J’ai eu du mal avec leur style, au début, et puis, enchantée par l’histoire, je me suis rapidement laissée portée tant par les mots que par les images.

J’ai lu cet ouvrage dans sa version numérique mais une chose est sûre, lorsqu’il sera à nouveau possible de commander des ouvrages, j’en achèterai un exemplaire au format papier. Il fera un parfait cadeau pour certaine petite lectrice de ma connaissance ! 😉

(N.B. : pendant toute la durée du confinement, les éditions Noir d’Absinthe proposent généreusement leur catalogue numérique à prix libre)

Éditions Noir d’Absinthe, 2020, 48 pages

Comme un conte, Graham Joyce

Quatrième de couverture

Il y a vingt ans, une adolescente nommée Tara disparaît sans laisser de trace. Son corps n’a jamais été retrouvé, et sa famille a fini par accepter son deuil. Pourtant, le soir de Noël, on frappe trois coups à la porte. Sur le seuil se tient une jeune fille qui ressemble étrangement à Tara. Et elle a l’air toujours aussi jeune… après la joie des retrouvailles, des questions se posent. Peter, qui ne croit pas aux miracles, croit encore moins à l’histoire de sa soeur, qui prétend avoir été enlevée par des fées…

Mon avis

Comme un conte, d’entrée de jeu, aborde une thématique fréquente dans les légendes féeriques : le passage d’un être humain au pays des fées. À l’instar de Thomas le Rimeur, Tara a un jour disparu. Envolée, l’adolescente. Vingt ans plus tard, ses proches ont reconstruit ce qu’ils ont pu sur le trou béant laissé par l’absente. Vingt ans plus tard, une jeune femme se présente à la porte du domicile parental et se désigne comme la disparue. En vingt ans, elle n’a pas pris une ride. Son frère Peter peine à croire qu’il s »agit bien d’elle, tout comme il peine à croire son histoire. Tara aurait, en effet, suivit un homme-fée en terres féeriques…

Voilà pour le postulat de départ. Tout au long du roman, l’auteur reste dans un constant équilibre sur le fil, laissant au lecteur le doute subsister quant à la véracité du récit de Tara. De fait, le point du vue de Peter, celui qui doute, est le plus souvent abordé. Mais le frère et la soeur ne sont pas les seuls personnages qui viennent apporter leur grain de sel dans cette histoire. Il y a Richie, l’ex-petit ami de Tara qui avait été suspecté par la police lors de sa disparition et dont la vie fut tout aussi dévastée par cette disparition que la famille de Tara. Il y a les enfants de Peter, il y a cette vieille voisine. Et il y a Tara. Tara et ses mystères.

Les amateurs de féerie seront décontenancés par la description du pays des fées réalisée par Tara. Pourtant, quand on connaît bien les fées, on sait qu’elles ont leur propre système de morale, différent de celui des humains. J’ai donc été plutôt heureuse de voir que, tout en respectant ce point, Graham Joyce a livré sa propre version du code moral si étranger des fées, de leurs façons de vivre, à la fois si bizarrement séduisantes et si dérangeantes en même temps.

Le fait que le doute subsiste constamment, ou presque, se marie très bien avec le contexte contemporain de l’histoire. La magie se glisse à petites touches, permettant ainsi plus facilement le glissement vers le surnaturel.

Comme un conte, j’ai eu du mal à rentrer dedans et puis, finalement, je me suis laissée prendre au récit de Tara, aux dilemmes de Peter, tiraillé entre sa joie de retrouver sa soeur et ses doutes, et à tout ce qui arrive aux différents personnages.

Une variation sympathique sur le thème de l’enlèvement par les fées, dans un contexte contemporain, et sur la difficulté des enlevés à refaire leur vie lors de leur retour dans le monde réel. Entre fantasy et fantastique, Comme un conte est un roman subtil qui pourra plaire autant aux amateurs de fées qu’à celles et ceux qui n’ont pas l’habitude de lire ce genre de récits.

Éditions Bragelonne, 384 pages, 2015

Rat de bibliothèque, Charles-Etienne Ferland

Quatrième de couverture

Qui ne connaît pas les grands classiques de la littérature tels « Le conte de montres et cristaux », « Les mises érables » et « L’étroit mousquetaire » ? Suivez l’éducation littéraire d’un jeune homme par un rat de bibliothèque qui n’a pas la langue dans sa poche lorsqu’il est question de recommander un peu de lecture.

Mon avis

Vous me connaissez, en bonne rate de bibliothèque, je ne pouvais pas résister à une nouvelle avec un titre et une couverture pareils ! ^^

Rat de bibliothèque est une courte nouvelle qui se lit en une bouchée, idéale donc, si vous n’avez qu’un peu de temps devant vous et l’envie de lire malgré tout. D’ailleurs ça tombe bien : les livres sont justement le propos de ce sympathique petit texte !

Jérémy déteste lire. Il est cependant forcé de décrocher de son jeu vidéo pour aller à la bibliothèque. Bougon, ne sachant que choisir pour satisfaire son non-goût de la lecture, le voilà qui chute sur le parquet fraîchement nettoyé. Un rat se porte à son secours et lui propose de l’aider à trouver LA lecture qui lui plaira. Il lui propose ainsi des classiques comme L’étroit mousquetaire ou La plaine nette des saints jeux. Le rat n’hésite pas d’ailleurs à délivrer un bref résumé de ces oeuvres.

Vous l’aurez deviné, tous ces titres sont des jeux de mots autour de grands classiques bien connus. Les résumés donnés par le rat sont aussi des délices de détournement. Les découvrir prête à sourire, tant c’est bien trouvé.

Une liste, à la fin du récit, donne le titre des véritables oeuvres classiques qui se cachent derrière tous ces détournements, ce qui permettra aux lecteurs ne possédant pas ces connaissances de ne pas se sentir exclus des jeux de mots qui parsèment le récit.

Et qui sait, cela donnera peut-être envie à certains récalcitrants, tout comme à Jérémy, de se lancer dans la lecture de quelques classiques ?

Éditions Alter Real, 6 pages, 2018

Parution de Tyger, Tyger


Nous sommes le 4 janvier et c’est aujourd’hui que sort dans toutes les bonnes librairies numériques ma nouvelle Tyger, Tyger ! 🙂

L’histoire nous entraîne dans les pas de Camille, une étudiante passionnée par les tigres et qui se rend en Inde pour les observer dans leur milieu naturel. Un voyage qui va la changer à tout jamais.

Inscrit dans le genre de la fantasy urbaine, ce texte m’a été inspiré par le poème éponyme de William Blake (mon poème favori, merci au dessin animé Batman de me l’avoir fait connaître !) et par une légende issue de la mythologie hindoue. Ainsi, bien sûr, que par mon intérêt pour le tigre, un animal qui me fascine depuis longtemps – et ce n’est pas le seul ! – et qui tient une place centrale dans l’histoire. Je n’en dis pas plus pour vous laisser découvrir Tyger, Tyger tout à votre aise.

C’est Cover My (E)Book qui illustre la couverture et je l’en remercie car elle a bien su capter l’essence du texte.

J’espère que cette nouvelle vous plaira et n’hésitez pas à partager votre avis après lecture ! 🙂

Tyger, Tyger, éditions Alter Real, janvier 2019, 1,99 euro (support numérique uniquement, commander)

Quatrième de couverture

Depuis toujours, Camille rêve d’observer des tigres dans leur milieu naturel. Elle parvient enfin à réunir l’argent nécessaire à un voyage en Inde et se rend dans une réserve pour réaliser son rêve. Sa rencontre avec les tigres, en ces terres imprégnées de légendes, la changera à tout jamais…

Critiques de « Tyger, Tyger »

C’est vraiment une nouvelle fort sympathique qui nous fait juste regretter le fait qu’elle soit courte en longueur. Je me suis plongée dedans et je n’ai relevé la tête qu’à la fin. Je recommande cette lecture à tout ceux qui veulent passer un bon moment de lecture. Une bien belle découverte!!!!

Du fait du format court proposé, l’histoire se lit très vite […] cette nouvelle pourrait servir de préambule à un roman plus étoffé, dans lequel seraient expliqués les origines du tigre présenté et de la déesse. L’écriture est assez fluide, même si j’avoue avoir été frustrée de ne pas en savoir plus sur certains points. Néanmoins, cela se laisse lire sans prise de tête.