Fairest t. 3 : Le retour du Maharaja, Sean E. Williams, Stephen Sadowski, Phil Jimenez

fairest_3Quatrième de couverture

Loyale et éblouissante, elle est l’unique protectrice d’un village dépossédé de ses hommes depuis l’attaque de l’Adversaire. Son nom est Nalayani et elle ne ressemble à aucune femme que le Prince Charmant ait connue. Après trois mariages ratés et un sacrifice au nom de Fableville, l’incontrôlable séducteur a fait le choix de s’installer en tant que Maharaja dans un Royaume lointain et enchanté. De l’argent, du pouvoir et un harem à sa disposition, que pourrait-il vouloir de plus ? Nalayani est sur le point de le lui montrer…

Mon avis

Attention, cet avis de lecture peut contenir des spoilers sur la série-mère, Fables. Si vous ne l’avez pas encore lue ou n’en êtes encore qu’aux premiers volumes, il y a des spoilers !

Après un second volume qui nous entraînait au Japon, le troisième est tout aussi dépaysant puisque nous voilà transportés en Inde ! L’Inde des légendes, évidemment. Cette fois, point de personnage féminin célèbre des contes occidentaux, c’est Nalayani qui est l’héroïne de l’histoire. Le nom m’étant absolument inconnu, une petite recherche Internet s’est imposée et m’a permis de la relier à un personnage du Mahabharata, épopée sanskrite. Cet article (en anglais), où les scénaristes s’expriment, permet d’en savoir un peu plus sur elle et sur les connaissances qu’ont les auteurs des légendes indiennes, sur lesquelles ils se sont appuyés pour élaborer l’histoire.

Pour ma part, mes connaissances en la matière sont plutôt succinctes et, en l’absence de notes explicatives, il se peut que j’ai manqué des références. Mais, et c’est là le point positif, on ne peut que saluer l’effort des auteurs d’explorer les contes et légendes d’autres pays ! Par ailleurs, l’histoire est compréhensible, les éléments légendaires de l’Inde bien amenés, si bien que, malgré mon manque de connaissance en la matière, j’ai dévoré ce troisième tome d’une traite, sans trop me poser de questions sur les personnages et créatures rencontrés, issus du terreau des légendes de l’Inde.  J’ai regretté, d’ailleurs, que ces derniers ne soient pas plus nombreux mais, à la réflexion, je pense que cela évite justement à un public de néophytes d’êtres trop perdus.

Comme le principe de Fairest est de suivre les personnages féminins des contes, on ne pas fait exception avec les aventures de Nalayani. Celle-ci est décidée à sauver son village des dholes, qui ne cessent de l’attaquer. Pour se faire, elle se rend auprès du nouveau Maharaja, afin de demander de l’aide, car il n’y a plus un seul homme valide dans le village suite à la bataille contre l’Adversaire et, si elle-même se débrouille fort bien au combat, ce n’est pas le cas de tous les habitants restants. Quant à l’identité de ce nouveau Maharaja… il s’agit ni plus ni moins du Prince Charmant !

Attachez donc vos ceintures de chasteté, le Prince est de retour ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que, malgré son sacrifice durant la guerre qui aurait pu faire évoluer son caractère, il n’a pas changé d’un iota ! Toujours aussi séducteur, volage, charmeur, et en plus, cette fois il dispose d’un harem. De fait, il en éclipse presque Nalayani, avec sa sexualité insatiable et les conséquences qui suivent ! Mais, heureusement, Nalayani est un personnage à part et elle saura conserver une place de premier plan dans l’intrigue. Elle réserve même une sacrée surprise pour le Prince ! 😉

Je n’en dis pas plus, toujours est-il que, si j’ai trouvé ce troisième tome en-dessous du précédent (mais ce dernier plaçait la barre tellement haut qu’il est difficile de garder le niveau tout du long ^^ »), je n’en ai pas moins savouré cette petite épopée dans l’Inde légendaire, aux côtés d’un personnage féminin qui ne s’en laisse pas conter. Les auteurs ont vraiment cherché à rendre certains éléments des contes de l’Inde sans perdre leur lectorat, y sont parvenus avec succès, et le dessin, superbe, épouse parfaitement le récit.

Décidément, Fairest est véritablement un spin-off à suivre pour les fans de Fables ! 🙂

Éditions Urban Comics, 132 pages, 2015

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Fairest t. 1 : Le grand réveil, Bill Willingham, Phil Jimenez

fairest_1Quatrième de couverture

Héroïne incontestée de la guerre menée par la petite communauté des Fables contre l’Adversaire, la Belle au Bois Dormant n’en a pas moins payé le prix fort. Plongée dans un profond sommeil, elle attend depuis le baiser de l’amour véritable. Qui aurait pu prévoir que l’heureux élu serait le célèbre et présomptueux Prince des voleurs, Ali Baba ? Accompagné d’un odieux petit génie, tous trois doivent à présent trouver le moyen d’échapper au bras droit de l’ennemi vaincu : la glaçante Reine des Neiges.

Mon avis

Si vous ne connaissez pas la série de comics Fables, que les contes de fées revisités vous plaisent, je vous conseille d’arrêter là la lecture de cet avis de lecture et de filer chez votre libraire ! 🙂 En effet, Fairest est un spin-off (autrement dit, une série dérivée) de Fables et est très lié à la série-mère. Si vous ne la connaissez pas, vous risquez donc de ne y pas comprendre grand-chose. Et ne vous inquiétez pas, le tome final de Fables devant paraître dans le courant de l’année (tout du moins en VO, mais l’éditeur français étant très réactif, je ne pense pas que l’on attendra longtemps sa traduction), j’en profiterai pour faire un avis de lecture sur la série-mère. En attendant, désolée pour mes lecteurs qui ne connaissent pas (encore) cette merveilleuse série de comics…

Mais si vous connaissez Fables, alors laissez-moi vous parler de ce premier volume de Fairest ! 🙂 Le principe de ce spin-off (qui devrait comporter, au total, cinq volumes), c’est de se consacrer aux personnages féminins de l’univers des Fables. Les Fables – petit rappel au cas où – ce sont tous les personnages des contes de fées qui ont du fuir leurs royaumes respectifs suite à l’envahissement brutal et sanglant d’un mystérieux Adversaire (quoique plus vraiment mystérieux au point de la série où nous sommes ^^ »). Ce qui fait, vous vous en doutez, un paquet de personnages mais la série-mère n’en suit vraiment qu’une poignée. Alors, pour donner plus de place aux personnages féminins des contes, Fairest est né. Mais, au fil de la lecture, on va vite se rendre compte que Fairest n’est pas qu’un spin-off visant à mettre en lumière certains personnages… la série apporte véritablement à Fables en développant des personnages essentiels à son intrigue.

Parlons donc de ce premier volume ! L’action se déroule peu après le tome Super Team, où nous avions laissé Églantine, la Belle au Bois Dormant, plongée dans un profond sommeil, de même que la Reine des Neiges, victime aussi de l’enchantement. Ali Baba, à la recherche de trésors, va tomber sur un djinn piégé dans une bouteille avant de découvrir les deux femmes. Et, vous vous en doutez, il va les réveiller d’un baiser, comme dans le conte. Mais la Reine des Neiges ne va pas se réveiller du bon pied !

Histoire principale de ce premier volume, les péripéties d’Ali Baba et de la Belle au Bois Dormant face à la Reine des Neiges vont surtout permettre d’approfondir nos connaissances des deux personnages féminins. On découvre ainsi le passé d’Églantine et la raison de sa malédiction, tout comme les différentes nuances du caractère de la Reine des Neiges, qui jusque là n’apparaissait que comme une beauté glaciale, au coeur froid. Le grand réveil change la donne à niveau-là. Il offre aussi des répliques bien senties et pleines d’humour, pour notre plus grand bonheur, le tout servi par un dessin qui, s’il tranche un peu avec le style habituel de Fables, n’en est pas moins agréable à regarder ! 🙂

fairest_extraitLe volume se clôt par une histoire courte, contée et dessinée à la façon d’un polar des années 40, qui lève le voile sur un secret concernant la Belle et la Bête. Courte, donc, mais avec des révélations fracassantes. D’où le fait que je trouve que ce spin-off apporte quand même de sacrées pierres à la série-mère.

Un premier tome qui augure du très bon pour la suite et qui est du même niveau de qualité que Fables. À noter également que la fan de Firefly que je suis à été ravie de découvrir que le scénariste aussi regrettait la fin prématurée de cette excellente série TV de Joss Whedon, qui n’a hélas connu qu’une seule saison – un clin d’oeil a été glissé dès les premières pages ! 🙂 (cf image ci-contre)

Éditions Urban Comics, 168 pages, 2014

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Winter Mythic Fiction.winterfiction