Poumon vert, Ian R. MacLeod

Quatrième de couverture

Lors de sa douzième année standard, pendant la saison des Pluies Douces habarienne, Jalila quitte les hautes plaines de Tabuthal. Un voyage sans retour — le premier. Elle et ses trois mères s’installent à Al Janb, une ville côtière bien différente des terres hautes qui ont vu grandir la jeune fille. Jalila doute du bien-fondé de son déménagement. Ici, tout est étrange. Il y a d’abord ces vaisseaux, qui percent le ciel tels des missiles. Et puis ces créatures d’outre-monde inquiétantes, qu’on rencontre parfois dans les rues bondées. Et enfin, surtout, la plus étrange des choses étranges, cet homme croisé par le plus pur des hasards — oui, un… mâle. Une révélation qui ne signifie qu’une chose : Jalila va devoir grandir, et vite ; jusqu’à percer à jour le plus extraordinaire secret des Dix Mille et Un Mondes…

Mon avis

Cet opus de la collection Une heure lumière a été un coup de coeur pour ma part ! Le résumé et les critiques auguraient déjà une lecture des plus plaisantes mais lorsque je commençais à en parcourir les premières lignes, j’ai su que j’étais, indubitablement, ferrée.

Poumon vert raconte, avant tout, l’histoire de Jalila. Elle vit sur Habara, planète fascinante colonisée par une population humaine qui offre deux particularités : la première, c’est qu’il s’agit d’une population dont la culture est d’inspiration arabe et musulmane. La seconde, c’est qu’elle est entièrement féminine. Pas un homme à l’horizon – à deux exceptions près – et c’en est au point où le vocabulaire, la grammaire même de la langue dans laquelle s’exprime Jalila est féminisée. D’ailleurs, chapeau bas à la traductrice pour avoir su rendre cette prédominance du féminin dans le texte. Cela participe à l’immersion dans cette culture si particulière tout en prêtant à sourire – en tant que lectrice, j’avoue que ça m’a bien plu ! 🙂

La planète Habara, même si l’action se déroule quasi intégralement à Al Janb, une ville côtière, et ses environs, est des plus fascinantes. À l’instar de Dune, on plonge dans un texte où des termes n’ont d’abord pas d’explications particulières mais, au fur et à mesure que l’on progresse dans l’histoire, nous pouvons nous en construire une image mentale, plus ou moins précise. Au fil des mois, nous découvrons les différents visages des saisons de Habara ainsi que les activités des habitantes, liées à ces saisons. J’ai adoré découvrir, au fil d’une langue riche, ces paysages, cette faune, cette flore, bien qu’elle ne soit décrites qu’à petites touches, en arrière-plan.

Car le sujet principal de Poumon vert, c’est Jalila. Jalila qui se trouve dans une période charnière, au sortir de l’enfance mais pas encore adulte. Jalila qui va mûrir, au fil de son séjour à Al Janb et de ses amitiés, notamment avec Kalal, l’un des deux seuls représentants du sexe masculin sur Habara. Jalila, qui va apprendre à se découvrir et à lever, petit à petit, le voile sur son véritable désir pour l’avenir.

C’est un récit initiatique sur fond de planet opera, qui laisse aussi entrevoir, un peu, les Dix Milles et Un Mondes, ces autres mondes colonisés par l’humanité. Un récit initiatique qui m’a envoûtée, servi par un style impeccable, avec un personnage qui évolue sous nos yeux jusqu’à trouver puis s’engager sur la route qu’elle s’est choisie. Un personnage entouré de ses mères, de ses paires et d’un ami si étrange de par sa non-féminité.

Voilà une belle petite pépite, dont je ne saurai que trop vous recommander la lecture ! 🙂

Éditions Le Bélial’, 126 pages, 2017

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Summer Star Wars : Solo organisé par RSF Blog.

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Colonies, Laurent Genefort

Quatrième de couverture

Dix récits. Dix histoires de colonies futures, planétaires ou spatiales. Et huit lettres pour un mot qui porte en lui l’essence du space opera. Que Laurent Genefort revisite en maître via la multipolarité de son sujet : l’imaginaire colonial, l’idéologie coloniale, l’aventure coloniale, les horreurs coloniales…
La nature humaine sous l’éclairage de soleils exotiques et lointains, en somme. Le coeur battant de la science-fiction.

Mon avis

Ce livre a été lu et chroniqué suite à sa réception dans le cadre de l’opération Masse Critique. Merci aux éditions Le Bélial ainsi qu’à Babelio pour leur confiance !

Bien que grande amatrice des genres de l’imaginaire, je lis peu de science-fiction pure et dure, privilégiant davantage les genres fantasy et fantastique. Mais quand je me lance dans la lecture d’un ouvrage SF, je me tourne souvent vers du space opera. Et un même auteur revient régulièrement dans mes rayonnages : Laurent Genefort. Avec Colonies, l’auteur nous propose un recueil de nouvelles, un format différent des romans que j’avais lu de lui jusqu’alors. Colonies s’attache à nous présenter différentes nouvelles appartenant au sous-genre du space opera (ça tombe bien, c’est mon chouchou dans la SF ! ^^). Des nouvelles où sont abordés différents aspects de la colonisation, en l’occurrence spatiale et planétaire.

Fidèle à mes habitudes, je vais vous présenter chaque texte et donner mon avis pour chacun !

Le Lot n°97 démarre tout en fanfare et en poésie. Dans ce texte tout aussi fascinant que révulsant par moments, Laurent Genefort s’attache à nous présenter différentes émanations artistiques au travers d’un collectionneur si passionnée qu’il en frôle la folie. Une jolie réflexion sur le sens de la beauté artistique, transposée aux cultures les plus exotiques qui soient – celles non humaines.

Le Dernier salinkar nous jette dans une toute autre ambiance. Les salinkar sont d’étranges et placides créatures qui se meuvent sur la planète où le personnage principal habite. Tellement placides qu’ils sont facilement tués. Une nouvelle qui évoque la terrible manie de l’Homme à bouleverser les écosystèmes des lieux où il se fixe.

Le Bris est une superbe nouvelle entièrement sise sur une planète très étrange, couverte d’un liquide gélatineux et vivant appelé le sum. Une poignée de gens survivent tant bien que mal sur une bande de terre émergée, essayant de repousser la montée inexorable du sum. À la fois poétique et désespérée, ce texte m’a rappelé Solaris de Stanislas Lem par son décor mais la ressemblance s’arrête là. L’histoire de Laurent Genefort possède son ambiance et ses réflexions propres.

Je me souviens d’Opulence est un texte au format original : un colon, sur une planète nommée Opulence, se rappelle par fragments différents souvenirs de sa vie, de la petite enfance à la grande vieillesse. Autant de fragments qui esquissent, petit à petit, la vie sur cette planète.

Le Jardin aux mélodies se place comme une enquête policière, le narrateur étant un commissaire chargé de retrouver la soeur disparue de Bathilde. L’intrigue se déroule, comme de bien entendu, sur une autre planète. L’autre particularité, c’est la passion qu’entretenait la disparue pour les plantes venues d’autres planètes et qui ont la capacité de générer des sons. Une nouvelle charmante, malgré son contexte issu du roman noir.

Longue vie nous emmène au sein d’un jeu terrible que dispute Idun, une très très vieille dame éternellement jeune grâce aux avancées génétiques. Ce texte froid analyse finement les conséquences de l’isolement comme d’une telle longévité.

T’ien-Keou reste dans le côté glacé de la SF, où la technologie efface l’humanité. On change en revanche de contexte culturel, la station spatiale où se déroule l’histoire étant peuplée des descendants d’un peuple d’origine asiatique. Malgré les siècles, des traditions ont perduré. Mais là aussi, les progrès technologiques ont modifié la donne. La chute est aussi glaçante qu’inattendue !

La Fin de l’hiver propose une très beau quoique très dur texte autour d’un petit groupe issu d’une contrée éternellement sombre et gelée, un groupe persuadé que leur salut est dans les cieux. Mais encore faut-il échapper au filet invisible qui découpe tout être passant contre ses mailles.

Proche-Horizon est, je crois, ma préférée du recueil, même si toutes les nouvelles se valent en qualité. Elle se déroule sur un astéroïde où les colons vivent en symbiose avec des sortes d’insectes intelligents, les osmos. Une jeune femme, Olga, arrive dans l’optique de leur vendre un produit de sa société. Son véritable but diffère quelque peu. La façon de vivre de ces humains, toute étrange qu’elle soit, offre un singulier contraste avec celle présentée dans Le dernier salinkar. Malgré la révulsion qui peut prendre dès lors que l’on parle d’insectes, j’ai trouvé ce texte empreint d’une certaine sérénité.

L’Homme qui n’existait plus clôt le recueil à la manière d’un bon coup de poing asséné dans l’estomac. Il s’agit d’un huis clos. On est très rapidement plongé dans l’ambiance, se sentant tout aussi pris au piège que le personnage principal. Comme la plupart des nouvelles de ce recueil, Laurent Genefort propose en sous-texte de fines analyses des différents comportements humains, mais j’ai encore des frissons rien qu’à me rappeler certains passages de ce texte véritablement angoissant par son côté enfermant, voire même aliénant. La chute est une totale réussite et assomme complètement le lecteur par un bon revers du droit. Un bijou !

Sous une superbe couverture de Manchu, Colonies est un superbe recueil de nouvelles de science-fiction. Chaque texte est bien écrit et nous emmène dans des univers différents. Chaque texte, cependant, provoque son lot d’émotions chez le lecteur. Si la noirceur prédomine souvent, quelques nouvelles, voire même des passages dans certains textes les plus sombres, offrent une poésie bienvenue. Avec ce recueil, Laurent Genefort prouve qu’il est aussi doué pour la forme courte que pour le format long. À lire absolument si vous aimez la science-fiction – a fortiori le space op’ – et les univers froids, mais variés, où évoluent des personnages à la psychologie travaillée.

Éditions Le Bélial, 345 pages, 2019

BIOS, Robert Charles Wilson

biosQuatrième de couverture

Situé à quelques années-lumière de la Terre, Isis est un monde verdoyant à l’écosystème complexe. Un monde classé zone de biomenace de niveau 4. La moindre molécule de son biotope est capable de tuer un être humain au terme d’une terrifiante agonie.
Et pourtant, Isis constitue la découverte la plus prometteuse de ce XXIIe siècle : berceau d’une vie fondamentalement
différente, elle pourrait en miroir éclairer notre propre nature.
Zoé Fisher a été conçue pour explorer Isis. Son organisme a été génétiquement optimisé pour s’adapter à l’environnement inhospitalier de cette planète ; sa personnalité patiemment construite autour de cette seule mission.
Quels dangers imprévus Zoé affrontera-t-elle sur cette planète grandiose et meurtrière ? Devra-t-elle sacrifier son humanité pour en découvrir tous les secrets ?

Mon avis

Tout d’abord, un grand merci à Lune puisque c’est grâce à elle que ce livre a atterri sur mes étagères. J’avais en effet remporté BIOS lors du concours organisé sur son blog pour le Ray’s Day de 2014 (oui, il aura mis 2 ans avant de sortir de ma PAL. Ce qui, somme toute, n’est pas un si long délai considérant que j’ai sur mes étagères certains ouvrages qui attendent d’être lus depuis bien plus longtemps… ^^ »)

Et ça a été une très bonne lecture, même si elle n’a pas été de tout repos ! BIOS nous emmène dans un futur pas forcément très réjouissant, notamment au niveau social. Une planète, Isis, a été découverte et son potentiel en termes pharmacologiques est fabuleux. Seul hic – et il est de taille – le biotope en est mortel pour l’homme. Une station orbitale et quelques avant-postes sur la planète (en zone maritime, arctique et forestière) servent à déterminer comment explorer la planète sans risques. Zoé Fisher, qui a été génétiquement modifiée pour minimiser un maximum le risque de contracter l’un des virus mortels qui grouillent sur Isis, est envoyée sur place.

Pourquoi ma lecture n’a pas été de tout repos ? Eh bien parce que lire les péripéties de plusieurs groupes de scientifiques aux prises avec un écosystème sans pitié – que ce soit pour les humains ou pour le matériel – offrait des frissons dignes de ceux qui nous parcourent à la lecture d’un polar palpitant ! Sauf qu’ici, le meurtrier est invisible, il s’agit d’un (en fait, plusieurs) virus. Les symptômes ne sont pas sans rappeler ceux des virus de type Ebola qui se baladent déjà dans certaines zones de notre planète. Autant dire qu’au frisson de la lecture se rajoute un autre frisson quand on se dit que cette partie-là du livre n’est pas vraiment de la science-fiction. Robert Charles Wilson sait rappeler à son lectorat que face à l’infiniment petit, nous sommes aussi peu de choses que face à l’infiniment grand de l’espace.

Le roman ne fait pas qu’offrir une exploration d’Isis à tâtons et sous le signe du danger, il nous fait également une peinture sociale de ce monde du XXIIe siècle, où la société est dominée par les Familles, où les corps sont trafiqués, où même les émotions sont régulées. Un monde qui fait froid dans le dos, d’autant plus qu’il est plausible.

Mais même si les questions de société semblent être en premier plan, elles ne forment pas le sujet principal du livre. BIOS nous parle avant tout d’Isis, la planète à l’écosystème mortel, Isis qui demeure en arrière-plan et qui pourtant pèse tout au long du roman. Isis n’est pas qu’un décor, cette planète possède une réelle présence. C’est pourquoi j’ai été plutôt déçue que, danger microbiologique mis à part, on n’en sache finalement aussi peu sur l’écosystème d’Isis. Certes, la fin m’a beaucoup plu – elle n’a pas été sans me rappeler Solaris de Stanislas Lem – mais elle n’a fait que renforcer ma déception. J’aurai vraiment aimé que l’auteur développe un peu plus son propos, d’autant plus qu’enfin, lors de ce final, on touchait du doigt Isis. Littéralement.

Malgré tout, BIOS reste un roman palpitant, effrayant même par certains aspects. Le personnage de Zoé gagne autant notre attachement que notre peine face aux traitements qu’elle a subis et la planète offre de nombreuses interrogations quant aux éventuelles et futures explorations d’exoplanètes.

Pour résumer, BIOS est un planet-opera qui se rapproche de la hard science et qui se pare d’un soupçon de thriller épidémique.

Éditions Folio, 308 pages, 2008

Cette lecture s’inscrit dans les challenge Summer Star Wars : Episode VII du blog RSF Blog et Je suis éclectique (catégorie Science-fiction) du forum Mort-Sûre.

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Les Astronautes, J.-H. Rosny Aîné

les_astronautes_rosnyaineQuatrième de couverture

Dans Les Astronautes, on retrouve les héros des Navigateurs de l’infini, dont la sublime martienne Grâce. Confrontés de nouveau au fatalisme des Tripèdes, on apprend à mieux connaître les particularités des Zoomorphes, mais aussi à découvrir la troisième grande espèce martienne, les Éthéraux, qui vivent à l’état gazeux dans le ciel de Mars… Une nouvelle ode à la compréhension et à l’harmonie entre les peuples, quelles que soient leurs différences et leur destin, car nulle espèce ne peut échapper au grand cycle de la vie.

Mon avis

Les Astronautes est la suite de la nouvelle Les Navigateurs de l’infini. Si vous n’avez pas lu celle-ci, vous pourrez tout de même embarquer à bord des Astronautes, mais vous perdriez tout le charme de la découverte de Mars par les personnages principaux et surtout le développement de la relation entre le narrateur et la Martienne qu’il nomme Grâce. Je vous recommande donc de lire en premier Les Navigateurs de l’infini avant de vous lancer dans Les Astronautes (les deux textes sont disponibles en numérique, seuls, ou inclus dans divers recueils, au format papier comme numérique).

J.-H. Rosny Aîné est un auteur de science-fiction que l’on peut considérer comme un classique non seulement pour le côté visionnaire de certaines de ses oeuvres (comme la nouvelle La Mort de la Terre), mais aussi parce que ses écrits datent de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. À la lecture de son oeuvre, on ne ressent pourtant pas un tel décalage.

Dans Les Navigateurs de l’infini, on suivait l’exploration de Mars par trois astronautes. Ils y découvraient une faune étonnante et une civilisation au bord de l’extinction. C’est parmi cette civilisation que le narrateur rencontre Grâce, dont il tombera sous le charme étrange – une relation très particulière, puisque Grâce est totalement extraterrestre. Le texte était empreint d’humanisme dans le sens où la découverte de ce peuple se faisait sous le signe de l’échange et de l’amitié.

Les Astronautes nous conte le retour de ces astronautes sur Mars, accompagnés cette fois de Violaine, fiancée bien humaine du narrateur. Les personnages principaux vont découvrir les évolutions qui se sont produites depuis leur départ (ils avaient aidé les Martiens dans leur lutte pour la survie, devenue incertaine face au développement d’une espèce invasive qui se nourrit de radiations et tue les créatures vivantes en aspirant leurs radiations). Si la faune locale est survolée – elle était plus détaillée dans Les Navigateurs de l’infini – cette nouvelle offre cependant au lecteur un approfondissement de l’univers de Mars imaginé par Rosny Aîné. On en apprend enfin plus sur le mystérieux peuple des Éthéraux. Et découvrir le destin des Martiens sous un meilleur jour est aussi un plaisir, ainsi que retrouver Grâce.

Si le ton du texte peut paraître naïf aux yeux du lecteur moderne, je trouve plaisante cette exploration d’une planète Mars fantasmée, où vivent des animaux totalement autres et une population comparable à l’humanité mais très différente par son physique comme sa culture. Le fait que les moyens scientifiques soient peu détaillés permet à la nouvelle de traverser le temps sans trop en pâtir, même si l’on peut légitimement s’interroger sur l’incidence de l’introduction d’espèces extraterrestres sur le sol terrien !

Les Astronautes est un texte à lire sans attendre d’explications scientifiques poussées ni d’aventures trépidantes. À l’instar des Navigateurs de l’infini, c’est un texte qui fait la part belle à l’émotion, où le narrateur n’a pas peur de se présenter plusieurs fois comme un être sensible, un texte empreint d’humanisme et, surtout, d’un amour de l’autre presque naïf mais sincère, que cet autre soit humain ou non. On y découvre une vision fantasmagorique et enthousiaste de la planète rouge en forme d’ode à cette même planète. À l’heure où Mars fait de nouveau rêver, c’est un petit texte issu du passé que l’on ne peut que relire et redécouvrir ! 🙂

Éditions Milady, 99 pages, 2011

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Summer Star Wars : Episode VII du blog RSF Blog.

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[Le mardi c’est permis !] The Dig

The_Dig Amatrice de point-n-click, et en particulier de bons vieux oldies, j’ai profité d’un bundle de ce type de jeux pour approfondir un peu ma connaissance des jeux LucasArts. Et c’est ainsi qu’a démarré mon aventure dans The Dig ! 🙂 Paru en 1995, le jeu affiche ce dessin en 2D un peu pixellisé qui lui donne tout son charme rétro – avec des cinématiques qui lorgnent tantôt du côté du dessin animé, tantôt vers le réalisme virtuel auquel tendait Myst.

The Dig devait, à la base, être un film, Steven Spielberg ayant eu l’idée du concept pour sa série Amazing Stories. Mais comme cela aurait été trop coûteux à réaliser, pour l’époque, c’est le support vidéoludique qui fut privilégié. Que le projet devait au départ être un film explique sans doute pourquoi la bande-son est aussi belle. Composée par Michael Land, elle épouse fort bien les différentes périodes du jeu et se fait à la fois contemplatrice et évocatrice durant les phases d’exploration.

L’histoire démarre par la découverte d’un astéroïde de grande taille qui menace d’entrer en collision avec la Terre. Une expédition est planifiée afin d’aller implanter des explosifs sur l’astéroïde pour modifier sa trajectoire. La navette Atlantis se dirige donc vers l’astéroïde et trois astronautes sortent pour implanter les charges : le commandant Boston Low (doublé en VO par Robert Patrick, le fameux T-1000 de Terminator 2 !), la journaliste Maggie Robbins et l’archéologue Ludger Brink. Une fois leur mission accomplie, les trois astronautes découvrent avec surprise que l’aérolithe est creux ! Ils vont commencer à l’explorer mais se retrouvent pris au piège alors que le bolide accélère et les emmène loin, bien loin de la Terre. Et lorsque Boston, Maggie et Ludger sortent de l’astéroïde enfin arrêté, c’est pour découvrir qu’ils sont désormais sur une planète étrangère. Commence alors la quête d’un moyen pour rentrer à la maison…

thedig1The Dig s’inscrit donc dans le registre du planet-opera. Le joueur dirige Boston Low, commandant de l’expédition et personnage principal de l’histoire. Comme dans tout bon point-n-click, il va falloir explorer, fouiller, ramasser des objets et prêter attention aux indices afin de pouvoir résoudre les puzzles qui émaillent le jeu. Certains sont d’ailleurs particulièrement ardus (si vous êtes novices dans le genre, mieux vaut vous faire la main avec un autre jeu avant, ou bien ne pas culpabiliser de recourir aux solutions en ligne ;)). Mais l’exploration des lieux est tellement passionnante, ou plutôt devrais-je dire dépaysante, pour ne pas souffrir d’impatience lorsque l’on va et vient dans les différentes sections en quête d’un indice ou objet que l’on aurait manqué – et c’est une impatiente-née qui vous le dit ! ^^

L’ambiance m’a rappelé la série Stargate SG-1, par ce côté exploration d’une planète étrangère et découverte d’une technologie alien complètement différente de la nôtre. Il y a même quelques cristaux à trifouiller (Samantha Carter aurait été ravie) ! La grande différence réside sans doute dans l’absence presque totale d’humour. Si les personnages se permettent parfois un peu de sarcasme ou de blagues, ces dernières se font rares et l’histoire en elle-même est complètement dépourvue de l’humour qui faisait tout le sel des autres jeux de la firme. Est-ce pour autant un mal ? Pour ma part, cela ne m’a pas manqué tant j’étais ravie de pouvoir me balader sur cette planète extraterrestre et d’en découvrir peu à peu les secrets ! 🙂

Par ailleurs, il y a une réelle histoire dans le jeu. Progresser dans les différentes énigmes donne l’impression de parcourir les pages d’un roman du genre (ou de voir un film, justement !), même si les passages où l’on bloque donnent le sentiment de relire encore et encore la même page pour avoir le droit de lire la suivante ^^ » Si l’on aime le planet-opera et le point-n-click, c’est vraiment un jeu à conseiller ! Rien ne manque : paysages qui font rêver, faune locale exotique, technologie extraterrestre à appréhender… et bien sûr traces de la présence des dits extraterrestres.

Pour résumer, The Dig est un petit bijou rétro que je vous recommande chaudement ! 🙂 Je vous laisse avec sa bande-son, à défaut d’un trailer (je préfère vous laisser découvrir l’intro si jamais vous décidez vous aussi d’aller creuser sur cet astéroïde ;)).

Cet article s’inscrit dans le cadre du challenge Summer Star Wars épisode VII organisé par RSF Blog.
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