Parce que les tatouages sont notre histoire, Héloïse Guay de Bellissen

Quatrième de couverture

Héloïse Guay de Bellissen, dont le corps revêt de nombreux dessins et inscriptions, s’interroge en écrivain sur la signification, l’esthétique, la portée du tatouage. Dans le salon de son mari tatoueur, elle assiste à des scènes drôles, bouleversantes, intrigantes, qu’elle mêle ici à ses propres expériences et à d’autres histoires ou légendes provenant de tous les coins du monde et de toutes les époques… Pour creuser le sens de ce geste ancestral qu’est le tatouage, Héloïse Guay de Bellissen donne aussi la parole à la peau, à la cicatrice, au symbole… Son texte pénètre le corps et l’esprit comme une musique, tour à tour douce et tranchante, capable de nous emmener dans les recoins les plus sombres et mystérieux de l’écriture, pour d’un coup s’envoler avec légèreté vers la beauté.

Mon avis

Parce que les tatouages sont notre histoire n’est pas un roman ordinaire. C’est un roman en forme de collage, un roman qui mêle le fictif au réel, le récit de plusieurs vies au récit imaginé (et imagé) de la peau, de la cicatrice, du sentiment amoureux ou encore de l’addiction. Un roman qui mêle l’histoire de l’autrice à celle de plusieurs des clients qui ont poussé la porte du salon de tatouage de son mari, ainsi que l’histoire de tatoués de tous lieux et toutes époques.

Où s’arrête le réel, où commence la part romancée ajoutée par Héloïse Guay de Bellissen ? On ne le sait pas et, au final, peu importe. Car ce roman-collage est rédigé avec une plume aussi limpide qu’elle est poétique. Une plume qui décrit à merveille ce qu’est le tatouage, son impact pour la personne qui le porte, sa symbolique, sa raison d’être.

Est-ce parce que je suis moi-même marquée à l’encre que ce roman m’a autant frappée par son message ? Je ne saurai le dire. En tout cas, j’ai compris tous les aspects du tatouage que l’autrice décrit. Il y a celui, en forme de catharsis, pour aider à porter une blessure trop profonde, trop douloureuse. Celui pour faire la paix avec soi, avec son corps. Celui pour se souvenir. Celui pour se cacher. Celui qui revêt la forme d’un rite d’initation. Celui qui donne l’appartenance à une famille. Il y a même l’erreur de jeunesse. Et d’autres encore.

Tant de raisons pour vouloir graver dans sa peau un dessin indélébile, tant de symboles, d’émotions, d’histoires qui se dissimulent derrière ces méandres d’encre. Héloïse Guay de Bellissen explore nombreux de ces chemins qui conduisent au tatouage, dévoilant même certains des siens.

Elle donne aussi la parole à la peau, cet épiderme malmené pour y faire pénétrer l’encre, y graver un motif. Mais aussi à divers éléments, plus ou moins abstraits. Autant de voix, autant de récits qui font de ce roman un livre qui entre en résonance, en particulier lorsque l’on a soi-même, déjà, franchi le pas du tatouage.

Ce livre est un coup de coeur pour moi, une lecture qui ne m’a pas du tout laissée indifférente, surtout alors que je suis dans une longue période de réflexion pour un second tatouage. C’est un livre écrit par une autrice qui, en plus de savoir de quoi elle parle, a le talent pour rendre avec justesse l’éventail des raisons qui peuvent pousser à être tatoué, l’éventail des émotions humaines qui émanent de ces motifs. Elle évoque aussi ses propres sentiments, toujours avec une très belle plume.

Et pour terminer cette chronique, je vous laisse avec un extrait de l’introduction qui m’a emportée d’office :

Se tatouer, c’est aussi profond, même lorsque cela devient une erreur de jeunesse, que d’entamer l’écriture d’un livre. Les deux sont intimes, c’est à l’intérieur et ça doit se terminer en dehors.

Éditions Robert Laffont, 176 pages, 2019

Supersaurs : les Raptors de Paradis, Jay Jay Burridge

Quatrième de couverture

Imaginez un monde ou les dinosaures auraient survécu et évolué en… Supersaurs.
C’est dans ce monde qu’est née Béa Kingsley, dont les parents explorateurs ont disparu alors qu’elle n’était qu’un bébé.
Lorsque sa grand-mère l’emmène dans des îles reculées d’Indonésie, Béa se doute que ce n’est pas uniquement pour aller voir les somptueux raptors de paradis. On lui cache quelque chose… mais quoi ?
Plongez dans une fascinante aventure, à la croisée d’Indiana Jones et de Jurassic Park, et découvrez les dinosaures comme vous ne les avez jamais vus !

Mon avis

Quand j’ai vu cet ouvrage parmi la sélection de services de presse proposés par Masse Critique, j’ai été attirée par les mots Indiana Jones et Jurassic Park. Un mélange des deux ? Un roman d’aventures jeunesse avec des dinosaures dedans et une héroïne comme personnage principal ? J’ai candidaté et, à ma grande surprise, j’ai eu la chance de recevoir le livre. J’en profite donc pour remercier Babelio comme les éditions Robert Laffont pour cet ouvrage !

Quid du roman ? Eh bien, il remplit fort bien ses promesses ! 🙂 De l’aventure, on en a à revendre, avec cette visite mouvementée d’une île réputée pour ses magnifiques raptors de paradis et ses mystérieux raptors fantômes. Raptors, vous avez dit raptors ? Tout à fait : l’intrigue se déroule dans un monde uchronique où les dinosaures n’ont pas disparu et ont, au contraire, évolué au fil des siècles. Certains ont été domestiqués, d’autres non. En somme comme notre monde sauf qu’en lieu et place de mammifères, ce sont les sauriens qui représentent la majorité des espèces qui côtoient l’homme comme animaux domestiques ou bêtes de somme.

On suit l’équipée de Béa, sa grand-mère et son oncle adoptif. Les parents de Béa ont disparu sur cette île des années auparavant et la grand-mère de Béa espère résoudre ce mystère en suivant leurs traces. Hélas, la petite famille, quoique bien accueillie par les habitants locaux, va vite comprendre que le véritable maître de l’île n’est autre que le détestable Hayter, qui fait régner la terreur à l’aide de son Monstre…

Les Raptors de Paradis est un roman destiné à la jeunesse. De fait, l’intrigue reste plutôt simple mais le style est solide et ne craint pas d’employer parfois un vocabulaire varié. Les aventures de nos personnages principaux sont tantôt émaillées d’humour, tantôt véritablement marquée par le suspense – même si, au vu du public-cible, un lectorat adulte (comme moi ^^) se doutera bien du développement de l’histoire !

J’ai beaucoup aimé l’univers créé par l’auteur, cette idée de dinosaures qui côtoient l’humanité, ainsi que le message écologique sous-jacent concernant le trafic d’animaux sauvages. Les personnages d’enfants et d’ados (Bea a treize ans) sont attachants et s’attireront facilement la sympathie des jeunes lecteurs. L’intrigue ne connaît pas de temps mort et emporte facilement. C’est bien simple : je l’ai lu avec grand plaisir ! 🙂

À noter que l’éditeur a créé une application gratuite qui permet, lorsqu’on scanne les illustrations avec son smartphone, de les voir s’animer. Je n’ai malheureusement pas pu la tester, mon appareil ayant une trop petite mémoire pour disposer d’une application supplémentaire, mais j’ai quand même pu profiter des belles illustrations noir et blanc qui émaillent le roman.

Si vous avez des enfants passionnés par les dinosaures ou les romans d’aventures, vous pouvez leur offrir ce livre : vous ferez leur bonheur ! Et si, comme moi, vous êtes de « grands enfants », vous pouvez aussi vous lancer dans la lecture de ce livre qui, c’est bien vrai, mêle l’aventure chère à Indiana Jones aux dinosaures de Jurassic Park 😉

Cet ouvrage a été lu dans le cadre de Masse critique – merci à Babelio et aux éditions Robert Laffont Jeunesse pour leur confiance.

Éditions Robert Laffont, 391 pages, 2017