[Le mardi c’est permis !]Solo : A Star Wars Story, Ron Howard, Phil Lord et Chris Miller

Au départ, je voulais chroniquer Solo : A Star Wars Story lors du challenge Summer Star Wars de l’été 2018, mais le temps ainsi qu’une connexion Internet digne de ce nom m’ayant manqué, je ne le fais que cette année. Ce qui, au final, tombe plutôt bien vu que le challenge de cette année porte le doux nom de Solo, justement ! 🙂

Avec la reprise de la franchise Star Wars, Disney compte nous abreuver de films stand-alone en plus de trilogies et autres séries. Solo : A Star Wars Story fait partie de ces stand-alone et raconte l’histoire du plus iconique des contrebandiers spatiaux, j’ai nommé : Han Solo !

Des bas-fonds de Corellia aux rives désertiques de Savareen, nous suivons les aventures du jeune Han et découvrons comment il est devenu celui que nous rencontrons dans l’épisode IV : Un nouvel espoir. Tout commence lorsque Han parvient à mettre la main sur une fiole de coaxium, qui vaut assez de crédits pour lui payer, à lui comme à sa compagne Qi’Ra, leur liberté. Hélas, seul Solo parvient à s’échapper tandis que Qi’Ra est rattrapée par les sbires de leur maîtresse, l’horrible Lady Proxima. Han s’engage alors dans l’armée impériale, dans l’ambition d’y être pilote, avant d’en être éjecté pour finir comme simple troufion à pied. Jusqu’à ce que sa route croise celle de forbans, qu’il compte bien accompagner pour les aider dans leur boulot…

Voilà pour le point de départ du film. Nous restons dans un film de science-fiction léger, sans prise de tête, bref, à l’image du personnage. L’action ne connaît quasiment aucun temps mort et se situe en divers endroits de la galaxie, ce qui permet de visiter différents décors aussi impressionnants les uns que les autres.

J’avoue, avant de me rendre dans les salles obscures, j’avais quelques inquiétudes quant au choix de l’acteur pour incarner le personnage principal. Difficile de passer après l’inoubliable Harrison Ford ! 🙂 Pourtant, au cours du premier, puis second visionnage du film (oui, je l’ai revu cette année pour l’occasion du challenge :)) (on est fangirl ou on ne l’est pas ^^), j’ai été plutôt rassurée. Par moments, même, Alden Ehrenreich arbore des mimiques ou emploie un ton de voix où résonne le Han de la trilogie initiale. Du plutôt bon boulot, donc ! 🙂

Les attributs iconiques du personnage – son pistolet laser, son vaisseau – arrivent au fil de l’histoire, les débuts de sa longue amitié avec Chewbacca sont présentés, nous pouvons même assister à son célèbre parcours du Raid de Kessel en 12 parsecs ! 🙂 Autrement dit, le film remplit son cahier des charges pour ce qui est du respect du personnage. Idem pour l’aventure et l’action, Solo tient ses promesses avec des effets spéciaux bien employés, une musique qui colle bien à l’image et des décors à couper le souffle. Quelques trouvailles comme Enfys Nest viennent apporter un peu de fraîcheur dans cet univers bien connu, ce qui n’est pas un mal en soi.

Pas de surprises, donc, mais la très agréable sensation de familiarité à retrouver un personnage bien-aimé depuis mes 11 ans dans une portion de sa vie qui n’avait pas encore été racontée sur grand écran.

Si le film a été décrié par beaucoup de critiques, j’ai de mon côté beaucoup apprécié mes deux visionnages et je pense que je le visionnerai à nouveau à l’occasion. Han Solo reste mon chouchou (masculin) de la franchise, qu’il ait la trombine de Harrison Ford ou celle de Alden Ehrenreich ! 🙂

Solo : A Star Wars Story
Réalisé par Ron Howard, Phil Lord et Chris Miller, scénario de Lawrence Kasdan et Jonathan Kasdan, 2018, 2h25

Bande-annonce

Ce visionnage s’inscrit dans le challenge Summer Star Wars : Solo organisé par RSF Blog.

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[Le mardi c’est permis ! ] J.U.L.I.A. Among the Stars

Sorti en 2014, J.U.L.I.A. Among the Stars est un jeu vidéo de type point n click qui nous entraîne dans une balade dans un système solaire étranger. Le joueur suit en effet Rachel Manner, une astrobiologiste qui accompagnait une vaste expédition spatiale pour explorer ce système solaire. Mais Rachel est brutalement tirée de son sommeil cryogénique par J.U.L.I.A., l’Intelligence Artificielle qui gère le vaisseau, en raison d’avaries. Rachel découvre alors qu’elle a sommeillé pendant 60 ans et que, durant ce laps de temps, le reste de l’équipe d’exploration a disparu du vaisseau. Celui-ci orbitant autour d’une planète inconnue, Rachel, une fois les avaries réparées, n’a pas d’autre choix que d’explorer la planète pour savoir ce qu’il est advenu de ses anciens co-équipiers. J.U.L.I.A. lui fournit l’aide de MOBOT, un robot qui se chargera de ces explorations afin que Rachel reste en sécurité sur le vaisseau.

Voilà le point de départ de ce jeu qui appartient sans nul doute au genre du space opera. Dès le début, le joueur – par l’entremise de MOBOT – doit explorer une planète, plus exactement les restes de la station qui y avait été construite. Comme dans tout bon point n click, il faudra explorer l’environnement, ramasser des objets pour les analyser, être attentif aux informations données via les dialogues ou messageries retrouvées et résoudre quelques puzzles.

Là où le jeu fascine, c’est par son histoire. Une histoire portée par une bande-son (la musique participe à nous mettre dans l’ambiance), une histoire qui, à mesure que l’on progresse sur les différentes planètes de ce système solaire, révèle peu à peu sa tragédie. C’est bien simple : à un moment donné, j’étais tellement prise dans cette histoire que je ne pouvais plus lâcher le jeu, je voulais continuer jusqu’à ce que tout le mystère ait été levé sur le devenir de l’expédition à laquelle appartient Rachel Manner et, au-delà, décider de la marche à suivre pour la suite.

Une scène du jeu qui m’a rappelé un passage de The Dig.

La présence de l’IA et du robot dans les échanges dialogués est assez sympathique – surtout les remarques parfois sarcastiques bien qu’involontairement de MOBOT, qui rappelle parfois C3-PO dans ses meilleurs moments. Le fait que Rachel, en fouillant, peut trouver puis hacker les datapads des membres de l’équipage participe à mieux les connaître et, par ce biais, à reconstituer petit à petit le déroulement des événements.

Quelques cinématiques agrémentent le jeu mais son autre point fort, hormis l’histoire très bien écrite et prenante, ce sont les différents décors dans lequel le joueur va évoluer. Toutes les planètes ou presque du système solaire seront explorées, certaines disposeront de plus de tableaux que d’autres mais cela permet une véritable variété de paysages et d’ambiance, tout en étant liée les unes aux autres (vous ne pourrez donc pas faire l’impasse, il faudra visiter tout le système ! Un vrai space opera, je vous dis et j’en suis ravie ! :)).

Du côté des puzzles, le niveau reste accessible, surtout si l’on a l’habitude des point n click. Par contre, si vous ne parlez pas anglais, vous serez lésés car le jeu n’est disponible que dans cette langue.

Il existe un DLC appelé Untold pour retirer l’ultime zone d’ombre restante à la fin du jeu mais, à mon sens, elle est tout à fait dispensable car on peut facilement la deviner, cette petite part de l’histoire qui reste irrésolue. Sauf si vous avez adoré les puzzles de type blueprints que l’on trouve dans J.U.L.I.A., auquel cas vous serez ravi puisque Untold ne comporte que ce type de puzzle et à foison. Me concernant, ce n’était pas mes préférés…

En bref, si vous aimez les jeu en point n click, le space opera, les histoires pleines de mystères et de drames, les robots et surtout découvrir des planètes étrangères pas toujours aussi vides qu’elles en ont l’air, nul doute que vous apprécierez J.U.L.I.A. Among the Stars ! De mon côté, je me suis régalée ! 🙂

Bande-annonce

Cette chronique s’inscrit dans le challenge Summer Star Wars : Solo organisé par RSF Blog.

Colonies, Laurent Genefort

Quatrième de couverture

Dix récits. Dix histoires de colonies futures, planétaires ou spatiales. Et huit lettres pour un mot qui porte en lui l’essence du space opera. Que Laurent Genefort revisite en maître via la multipolarité de son sujet : l’imaginaire colonial, l’idéologie coloniale, l’aventure coloniale, les horreurs coloniales…
La nature humaine sous l’éclairage de soleils exotiques et lointains, en somme. Le coeur battant de la science-fiction.

Mon avis

Ce livre a été lu et chroniqué suite à sa réception dans le cadre de l’opération Masse Critique. Merci aux éditions Le Bélial ainsi qu’à Babelio pour leur confiance !

Bien que grande amatrice des genres de l’imaginaire, je lis peu de science-fiction pure et dure, privilégiant davantage les genres fantasy et fantastique. Mais quand je me lance dans la lecture d’un ouvrage SF, je me tourne souvent vers du space opera. Et un même auteur revient régulièrement dans mes rayonnages : Laurent Genefort. Avec Colonies, l’auteur nous propose un recueil de nouvelles, un format différent des romans que j’avais lu de lui jusqu’alors. Colonies s’attache à nous présenter différentes nouvelles appartenant au sous-genre du space opera (ça tombe bien, c’est mon chouchou dans la SF ! ^^). Des nouvelles où sont abordés différents aspects de la colonisation, en l’occurrence spatiale et planétaire.

Fidèle à mes habitudes, je vais vous présenter chaque texte et donner mon avis pour chacun !

Le Lot n°97 démarre tout en fanfare et en poésie. Dans ce texte tout aussi fascinant que révulsant par moments, Laurent Genefort s’attache à nous présenter différentes émanations artistiques au travers d’un collectionneur si passionnée qu’il en frôle la folie. Une jolie réflexion sur le sens de la beauté artistique, transposée aux cultures les plus exotiques qui soient – celles non humaines.

Le Dernier salinkar nous jette dans une toute autre ambiance. Les salinkar sont d’étranges et placides créatures qui se meuvent sur la planète où le personnage principal habite. Tellement placides qu’ils sont facilement tués. Une nouvelle qui évoque la terrible manie de l’Homme à bouleverser les écosystèmes des lieux où il se fixe.

Le Bris est une superbe nouvelle entièrement sise sur une planète très étrange, couverte d’un liquide gélatineux et vivant appelé le sum. Une poignée de gens survivent tant bien que mal sur une bande de terre émergée, essayant de repousser la montée inexorable du sum. À la fois poétique et désespérée, ce texte m’a rappelé Solaris de Stanislas Lem par son décor mais la ressemblance s’arrête là. L’histoire de Laurent Genefort possède son ambiance et ses réflexions propres.

Je me souviens d’Opulence est un texte au format original : un colon, sur une planète nommée Opulence, se rappelle par fragments différents souvenirs de sa vie, de la petite enfance à la grande vieillesse. Autant de fragments qui esquissent, petit à petit, la vie sur cette planète.

Le Jardin aux mélodies se place comme une enquête policière, le narrateur étant un commissaire chargé de retrouver la soeur disparue de Bathilde. L’intrigue se déroule, comme de bien entendu, sur une autre planète. L’autre particularité, c’est la passion qu’entretenait la disparue pour les plantes venues d’autres planètes et qui ont la capacité de générer des sons. Une nouvelle charmante, malgré son contexte issu du roman noir.

Longue vie nous emmène au sein d’un jeu terrible que dispute Idun, une très très vieille dame éternellement jeune grâce aux avancées génétiques. Ce texte froid analyse finement les conséquences de l’isolement comme d’une telle longévité.

T’ien-Keou reste dans le côté glacé de la SF, où la technologie efface l’humanité. On change en revanche de contexte culturel, la station spatiale où se déroule l’histoire étant peuplée des descendants d’un peuple d’origine asiatique. Malgré les siècles, des traditions ont perduré. Mais là aussi, les progrès technologiques ont modifié la donne. La chute est aussi glaçante qu’inattendue !

La Fin de l’hiver propose une très beau quoique très dur texte autour d’un petit groupe issu d’une contrée éternellement sombre et gelée, un groupe persuadé que leur salut est dans les cieux. Mais encore faut-il échapper au filet invisible qui découpe tout être passant contre ses mailles.

Proche-Horizon est, je crois, ma préférée du recueil, même si toutes les nouvelles se valent en qualité. Elle se déroule sur un astéroïde où les colons vivent en symbiose avec des sortes d’insectes intelligents, les osmos. Une jeune femme, Olga, arrive dans l’optique de leur vendre un produit de sa société. Son véritable but diffère quelque peu. La façon de vivre de ces humains, toute étrange qu’elle soit, offre un singulier contraste avec celle présentée dans Le dernier salinkar. Malgré la révulsion qui peut prendre dès lors que l’on parle d’insectes, j’ai trouvé ce texte empreint d’une certaine sérénité.

L’Homme qui n’existait plus clôt le recueil à la manière d’un bon coup de poing asséné dans l’estomac. Il s’agit d’un huis clos. On est très rapidement plongé dans l’ambiance, se sentant tout aussi pris au piège que le personnage principal. Comme la plupart des nouvelles de ce recueil, Laurent Genefort propose en sous-texte de fines analyses des différents comportements humains, mais j’ai encore des frissons rien qu’à me rappeler certains passages de ce texte véritablement angoissant par son côté enfermant, voire même aliénant. La chute est une totale réussite et assomme complètement le lecteur par un bon revers du droit. Un bijou !

Sous une superbe couverture de Manchu, Colonies est un superbe recueil de nouvelles de science-fiction. Chaque texte est bien écrit et nous emmène dans des univers différents. Chaque texte, cependant, provoque son lot d’émotions chez le lecteur. Si la noirceur prédomine souvent, quelques nouvelles, voire même des passages dans certains textes les plus sombres, offrent une poésie bienvenue. Avec ce recueil, Laurent Genefort prouve qu’il est aussi doué pour la forme courte que pour le format long. À lire absolument si vous aimez la science-fiction – a fortiori le space op’ – et les univers froids, mais variés, où évoluent des personnages à la psychologie travaillée.

Éditions Le Bélial, 345 pages, 2019

Illuminae t. 3 : Dossier Obsidio, Amie Kaufman et Jay Kristoff

Quatrième de couverture

Rebelles comme Kady, Ezra, Hanna et Nick, ou simple officier enrôlé par BeiTech comme Lindstrom, réfugiés à bord du vaisseau Mao ou résistants sur la planète Kerenza…

Tous attendent l’ultime combat.

Mais personne n’imagine un instant comment Aidan, l’intelligence artificielle la plus imprévisible de l’espace, a décidé de jouer le dernier coup de la partie.

Mon avis

Première lecture de l’année 2019, Dossier Obsidio est aussi le point final de la trilogie Illuminae. Nous y retrouvons les personnages principaux des deux premiers tomes ainsi que quelques petits nouveaux.

[SPOILER ALERT] Ce billet porte sur le dernier volume de la trilogie. En toute logique, certains éléments des précédents tomes apparaîtront au cours de la critique. Si vous n’êtes pas à jour dans votre lecture de la série, passez votre chemin !

L’avertissement étant posé, parlons maintenant de ce fameux dernier tome. J’avais adoré les autres volumes (voir mes avis du tome 1 et du tome 2), inutile de dire que j’étais impatiente de découvrir la conclusion de ce space opera YA ! 🙂 Le procédé stylistique reste le même : le tome est un dossier rassemblant extraits de conversations par e-mails ou radio, description de vidéos recueillies sur des caméras de surveillance ou personnelles, plans, schémas, etc. Après deux tomes du même style, je suis désormais habituée à ce procédé original qui permet aux pages de se tourner toutes seules, malgré l’épaisseur du livre, et qui nous plonge aussi dans l’action sans souci.

Les protagonistes survivants des précédents volumes sont en route vers Kerenza. Un chemin pavé d’embûches car le vaisseau où ils ont trouvé refuge n’est pas conçu pour accueillir autant de monde. Sans compter que la station Heimdall étant hors service, les différentes destinations au vu du carburant disponible ne sont pas légion et les chances d’être secouru, infimes, pour ne pas dire impossibles.

À Kerenza, les survivants de la première attaque vivent sous le joug des troupes de BeiTech, elles aussi coincées sur place du fait des dommages causés sur leur système de propulsion. C’est là que nous faisons notamment la connaissance du couple-phare du tome, qui a ceci de particulier que leur situation équivaut à celle de Roméo et Juliette : l’une est une survivante, l’autre un membre de BeiTech. Et ils ne sont plus ensemble depuis quelques années, leur relation tumultueuse ayant autrefois causé la vindicte de leurs familles.

Autant dire que dans un cas comme dans l’autre, la situation est explosive.

Dossier Obsidio remplit ses promesses en terme de suspense, de personnages attachants et de péripéties. J’ai aimé aussi la façon dont les auteurs présentent les soldats de BeiTech – loin d’en faire des « méchants » caricaturaux, ce sont des hommes et des femmes avec toutes les nuances de gris possible, ni tous blancs, ni tous noirs. Cela ne les rend que plus humains, surtout lorsqu’ils sont confrontés à des choix moraux, et rend plus abjects encore les actes de ceux qui font le choix de la brutalité. Les résistants ne sont pas non plus dépeints comme les « gentils », eux aussi ont leur lot de personnalités différentes, aux réactions différentes face à une situation traumatisante. D’ailleurs, des passages sur Kerenza comme le Mao me rappelaient certains événements de la série Battlestar Galactica (à ceci près qu’il n’y a pas de Cylons) (enfin, sauf si on considère Aidan comme un cousin éloigné des Cylons…). Une comparaison que j’avais eu aussi à l’esprit lors de ma lecture du tome 1 et, dans les deux cas, sans que cela soit péjoratif, au contraire.

J’ai juste été déçue par le final cousu de fil blanc. Mais ma foi, le voyage aura été si mouvementé dans ces trois tomes, l’histoire tellement captivante, que je pardonne bien volontiers ce bémol, surtout que les romans de space op’ ne sont pas légion en Young Adulte, en tout cas de cette qualité !

Un beau final pour cette trilogie, dont j’aurai dévoré chaque tome avec un plaisir renouvelé ! 🙂

Éditions Casterman, 631 pages, 2018

Illuminae t. 2 : Dossier Gemina, Amie Kaufman et Jay Kristoff

Quatrième de couverture

Sur la station spatiale Heimdall, tout le monde se prépare à la grande fête de Terra. Certains plus intensément que d’autres : la fille du commandant, Hanna Donnelly, experte en mode et en arts martiaux, aimerait bien faire la fête jusqu’au bout de la nuit.

C’est à ce moment précis que BeiTech lance son attaque, envahissant la station avec une violence inouïe. Ceux qui résistent sont éliminés. Les autres, capturés. Quant aux fuyards, ils sont traqués sans relâche.

Parmi les rescapés : Hanna et Nik, un véritable bad boy issu d’une grande famille mafieuse.

Les deux ados que tout sépare s’allient pour sauver leur peau. Pendant que s’amoncellent les cadavres, dont certains d’êtres très proches…

Mon avis

J’avais adoré le premier tome d’Illuminae et c’est avec un plaisir gourmand que je me suis plongée dans ce second volume. J’ai eu plus de difficulté à m’immerger dans l’histoire que dans le premier volume. En cause, le fait que je n’appréciais guère Hanna ni Nik au début, alors qu’ils sont pourtant les personnages principaux. Et puis… à mesure que les événements se sont précipités, ils ont révélé leur personnalité et je me suis attachée à eux, si bien que j’ai avalé les pages en quelques jours, inquiète pour leur sort et celui de leurs proches.

Autant le tome 1 d’Illuminae, Dossier Alexander, rappelait fortement la série Battlestar Galactica par cette fuite éperdue dans l’espace, autant le tome 2, Dossier Gemina, tient plutôt du huis-clos terrifiant. C’est parce que le vaisseau survivant du tome 1 s’approche que la station est attaquée, BeiTech cherchant toujours à éliminer tous les témoins de son attaque. Entre les habitants de la station Heimdall et les tueurs envoyés pour « faire le ménage », c’est une course contre la montre et pour la survie qui va s’enclencher.

Ajouter à cette ambiance déjà fortement tendue une bestiole peu ragoûtante qui rappelle (dans une moindre mesure) Alien et un trou de ver et vous aurez un roman brillant, qui utilise avec brio ces deux éléments supplémentaires pour offrir de belles nuances dans le suspense comme dans les retournements de situation. Alors que je râlais un peu sur certaines évolutions narratives cousues de fil blanc dans le tome 1, j’ai d’abord cru en retrouver ici mais j’avoue avoir été agréablement surprise, au final. J’ai aussi beaucoup aimé la façon dont sont amenées les utilisations du trou de ver. On sent que c’est bien documenté et que les auteurs ont extrapolés à partir des connaissances scientifiques existantes, sans pour autant recracher le tout de façon indigeste.

Du côté de l’intrigue sentimentale, malgré quelques développements que j’avais vus venir bien à l’avance, j’ai été ravie de découvrir que je n’avais pas toujours tout deviné. Le personnage d’Hanna, en particulier, révèle toute sa profondeur au fil du récit, effaçant mes premières impressions à son égard, qui étaient plutôt mauvaises.

Enfin, la forme est la même que le tome 1 : on a là un dossier rassemblant descriptions des caméras de surveillances, conversations par chat, extraits d’encyclopédie en ligne, communications internes et externes, pages du carnet de dessins d’Hanna, bref, une forme originale dans laquelle on se plonge, au final, plutôt facilement et qui rend la lecture de ce pavé étonnamment rapide !

Comme son prédécesseur, Dossier Gemina est donc une excellente lecture de science-fiction YA. Inutile de dire que j’attends avec impatience le tome 3 ! 🙂

Éditions Casterman, 688 pages, 2017

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Summer Star Wars : Episode VIII organisé par RSF Blog.